Le gallinacé que les rugbymen tricolores arborent au niveau du cœur symbolise la fierté, le courage et la bravoure. Pourtant, le coq n’a pas toujours incarné les vertus qu’on lui accorde. De l’Antiquité jusqu’au Moyen-Âge, il traînait une réputation sulfureuse, associée, en raison de son comportement, à la bêtise et la colère. Les Romains, brossant un portrait peu élogieux de cet animal de basse-cour, l’associèrent satiriquement à leurs ennemis venus de Gaulle, en constatant que dans leur langue latine le mot « Gallus » signifiait à la fois « coq » et « Gaulois ».
Un calembour repris gaiement durant le Moyen-Âge par nos voisins britanniques et germaniques, au fil des tensions et conflits ébranlant l’entente si fragile entre les royaumes. D’un objet de critique, le coq fut tourné en un symbole de gloire par la monarchie française. Louis XIV le faisant entrer au château de Versailles, représenté sur des gravures aux côtés de la fleur de Lys. Puis le gallinacé incarna la bravoure de tout un peuple français, se libérant de l’absolutisme royal durant la Révolution française.
Guère au goût de Napoléon lui préférant l’aigle, le coq devenait finalement un emblème officiel de la France à la suite d’une ordonnance de juillet 1830, imposant la présence du coq au sommet de l’étendard du drapeau tricolore et sur les boutons des officiers de la garde-nationale.

La Liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix, 1830.
L'Adoption du Coq par le Rugby Français
À l’occasion de leur premier match officiel disputé en janvier 1906 face à la Nouvelle-Zélande, les joueurs français, de blanc vêtus, arboraient sur leur poitrine deux anneaux bleu et rouge entrelacés. Le logo de l’USFSA (Union des Sociétés Françaises de Sport Athlétique). L’année précédente, après un match face à l’Écosse au terme duquel les rugbymen français signaient leur première victoire, ce troisième ligne suggéra à l’USFSA de broder un coq sur la poitrine des joueurs. La demande fut entendue.
Trois ans après les footballeurs tricolores, le XV de France adoptait à son tour le coq, apposé au-dessus des anneaux de l’USFSA. La fédération omnisports disparaissait au lendemain de la Grande Guerre, remplacée par la Fédération Française de Rugby qui conserva le gallinacé.
Évolution du Coq sur les Maillots
Sur la poitrine des joueurs, le coq devenait multicolore en 1945, doré durant les années 1970 avant de virer au rouge depuis 2019. Toujours accompagné d’un bas blanc et de chaussettes rouges jusqu’en 2003, année voyant l’arrivée d’un short bleu venant rompre avec la tradition.
Depuis, les équipementiers successifs s’octroyèrent quelques coquetteries en troquant parfois le célèbre assortiment bleu, blanc, rouge contre un ensemble intégralement bleu, porté par le XV de France à l’occasion des coupes du Monde 2007, 2011 et 2015. La tenue alternative, elle, reste blanche malgré une tentative de passer au rouge en 2015. Porté face à l’Écosse, l’assortiment ne fit guère l’unanimité.

Maillot Rugby XV de France Domicile Coupe du Monde 2023.
Le Coq Sportif : Un Retour aux Sources
En 2010, cinq ans après son rachat au groupe Adidas par le suisse Airesis, la marque fondée en 1882 par Emile Camuset s’est réinstallée à son adresse historique. A Romilly-sur-Seine, dans l’Aube, les ouvriers du Coq sportif mettent les bouchées doubles pour couper, assembler et floquer ces tuniques bleues à col blanc. Dans cette usine fermée en 1988, Le Coq sportif monte alors une équipe pour mettre au point ses prototypes. Elle ne compte alors que dix membres. Les effectifs s’élèvent aujourd’hui à « une centaine, dont 30 dans l’atelier », note David Pécard, directeur textile de la marque.
À quelques jours de la Tournée d’Automne, dont le premier match se déroulera le 10 novembre entre le XV de France et l’Afrique du Sud au Stade de France, le coq sportif et la Fédération française de rugby ont organisé, mardi dernier, une conférence de presse autour du partenariat et de la tenue de match des Bleus 100% faite en France. Une première depuis des décennies pour une équipe nationale.
C’est depuis l’usine historique de la marque située à Romilly-sur-Seine dans l’Aube que s’est déroulée cette présentation, au cœur même de son site de production, où travaille une centaine de personnes et où sont pensées, développées et assemblées les tenues du XV de France. Réouvert en 2010, il est aujourd’hui le cœur industriel textile de la marque.
Les matières, quant à elles, sont tricotées et teintes non loin, à Troyes, chez Aube Tricotage et France Teinture, deux entreprises qui renaissent grâce à la relocalisation de la marque française de sport et à ses récents partenariats sportifs.
Un Partenariat Historique
Une déclaration d’amour d’autant plus évidente que l’histoire entre le XV de France et le coq sportif n’est pas nouvelle… Dès les années 1930, le coq sportif devient l’un des fournisseurs officiels de la Fédération française de rugby. 1977 est une année de légende : le XV de France, équipé par le coq sportif, remporte le Grand Chelem lors du Tournoi des 5 Nations, sans encaisser un seul essai. Débute alors une collaboration de 9 ans jusqu’en 1986.
2018 : les deux coqs sont à nouveau réunis ! Partenaire de plus d’une vingtaine d’équipes et de nombreux joueurs professionnels par le passé, la marque est multiple vainqueur de championnats avec des équipes mythiques telles que le Racing Club de France, le RC Toulon, le FC Lourdes et l’AS Beziers. En 2016, avec le Racing 92, le coq sportif renoue avec fierté et avec émotion avec ce sport dont les valeurs d’authenticité, d’accessibilité et d’esprit d’équipe sont proches de celles de la marque.
Le Coq Sportif : Plus Qu'un Équipementier
Depuis 1882, la raison d’être du coq sportif réside dans la proximité que la marque bleu-blanc-rouge a su créer avec les sportifs, qu’ils soient champions ou amateurs passionnés, athlètes individuels ou membres d’équipes collectives. C’est ainsi que le coq sportif imagine et confectionne aujourd’hui les tenues qui accompagnent les épreuves et les exploits des joueurs du XV de France, de l’A.S. Saint-Étienne, de l’A.C.F. Fiorentina, des pilotes de Renault Sports dans la F1, des leaders du Tour de France. Mais aussi de nombreux clubs amateurs et d’icônes de leurs disciplines : Yannick Agnel, Richard Gasquet, Frédéric Michalak, Yannick Noah, Pauline Parmentier, Tony Yoka …
A travers le monde, le coq sportif rayonne aujourd’hui dans une soixantaine de pays.
La France joue pour la première fois avec un coq sur la poitrine le 31 août 1920, lors de la demi-finale des JO d’Anvers face à la Tchécoslovaquie. Jean Rigal, international entre 1909 et 1912, semble toutefois contredire ce fait, alors que les les rugbymen portent le coq dès 1913.
Début 1911, le capitaine de l’équipe de France de rugby suggère que les Français portent un coq en plus des anneaux de l’Union. La demande est validée quelques jours plus tard par l’USFSA.
L'histoire du maillot de l'Equipe de France de football
Dans le cadre du nouveau contrat équipementier signé pour 2018-2024, la Fédération Française de Rugby (FFR) fera bénéficier également les clubs amateurs avec une dotation offerte par le coq sportif.
« Le coq sportif est le partenaire équipementier de la FFR dans son ensemble, et donc aussi du Rugby amateur.
Tableau Récapitulatif de l'Évolution du Coq Sportif et le XV de France
| Période | Événement | Particularités |
|---|---|---|
| Antiquité - Moyen-Âge | Réputation du coq | Associé à la bêtise et la colère |
| Monarchie Française | Transformation du coq en symbole | Louis XIV introduit le coq à Versailles |
| Révolution Française | Le coq incarne la bravoure | Symbole de libération |
| Juillet 1830 | Emblème officiel | Présence sur l'étendard et les boutons |
| Janvier 1906 | Premier match officiel | Anneaux bleu et rouge sur la poitrine |
| Années 1930 | Partenariat officiel | Le Coq Sportif fournisseur de la FFR |
| 1977 | Grand Chelem | Victoire au Tournoi des 5 Nations |
| 2018 | Retour du partenariat | Le Coq Sportif redevient équipementier |