Le Pôle Espoirs de Normandie : Une Structure Mixte pour les Futurs Talents du Football

Installé à Lisieux depuis cinq ans, le Pôle Espoirs de la Ligue de Normandie de football a connu un premier tournant en devenant mixte. La Ligue de Normandie (LFN) a présenté la nouvelle équipe d’encadrants de son pôle Espoirs, soulignant le rôle de cette structure d’entraînement particulière et son évolution majeure.

Photo de groupe pour le staff, les filles et les garçons du pôle espoir de Lisieux, à la rentrée de septembre 2025.

Une Transformation vers la Mixité

Élu en novembre 2024 à la tête de la Ligue de Normandie, Romain Féret avait parmi ses priorités le développement et la transformation du pôle Espoirs de Normandie. En y intégrant cette saison la section féminine, cette structure devient mixte. En effet, celui-ci intègre officiellement pour cette saison 2025-2026 des féminines dont la section avait été créée en 2023, faisant de ce centre de préformation le cinquième établissement mixte de ce type en France.

"Il a fallu négocier avec la Direction technique nationale pour que ce pôle Espoirs mixte voie le jour rapidement", indique Romain Féret, président de la Ligue depuis novembre 2024. "La priorité était de trouver une équité entre les filles et les garçons".

Les Défis de l'Équilibre

Un équilibre qui n’est pas encore total, à cause notamment d'infrastructures insuffisantes. "Nous n’avions pas assez de capacité en termes de terrains et d’hébergement," poursuit l’élu à la tête du football régional. "Il a fallu l’action de tous les acteurs : mairie de Lisieux, Département du Calvados et Région Normandie pour trouver des solutions."

Par manque de place, alors que les garçons sont hébergés dans les bâtiments du pôle situés juste en face du siège de la LFN à Lisieux, les filles sont logées à l’internat de la Cité Scolaire Marcel-Gambier se trouvant à quelques kilomètres à vol d’oiseau.

Un Emploi du Temps Rigoureux

Pour le reste, le programme est le même pour tout le monde : cours du matin jusqu’à 15 heures, séance à 15 H 30, études à 19 H 15, repas à 20 heures, temps libre jusqu'à 21 H 30 avant que tout le monde file au lit. Pour ces adolescents âgés de 13-14 ans, les journées sont chargées ; un emploi du temps nécessaire pour en faire de futurs sportifs et sportives de haut niveau.

La Vocation du Pôle Espoirs

Telle est la vocation de ce pôle Espoirs. "Nous sommes dans la préformation, quelques-uns de nos jeunes sont déjà destinés à rejoindre Malherbe ou le HAC ensuite. Les autres ont aussi l’espoir d’intégrer un centre de formation pro ensuite. On les accompagne dans ce cheminement", explique le Directeur technique régional (DTR), Pascal Lafleuriel.

Pôle Espoirs : comment nos jeunes abordent-ils un match amical ?

Ces joueurs sont recrutés en catégorie U13, ils passeront deux ans à Lisieux. Durant cette période, avec cinq jours par semaine au centre, ces jeunes ne seraient-ils pas déconnectés de leur club quand ils y retournent le week-end pour y disputer les matchs ? Non à en croire le DTR. "Nous sommes là pour former des joueurs de manière individuelle. Et puis ces jeunes ont été détectés dans leurs clubs, ils sont souvent les meilleurs de leur équipe, alors je ne pense pas que ce soit un souci.

Stéphane Beyrac : Nouveau Directeur du Pôle Espoirs

Pour faire fonctionner ce pôle Espoirs mixte, Stéphane Beyrac (51 ans) a été engagé pour remplacer Julien Meilhac, parti prendre la direction du centre de formation du Stade Malherbe. L’ancien joueur « pro » - avec 119 matchs de National au compteur avec le Nîmes Olympiques entre 2004 et 2008 - a ensuite embrassé une carrière d’éducateur chez les « Crocos » avec les U19. Il a ensuite pris en main la destinée des jeunes de cette même catégorie au RC Lens, puis au Stade de Reims avant de diriger la réserve de l’En Avant Guingamp durant l'exercice 2023-2024.

"L’objectif est de donner aux filles et aux garçons, la chance d’accéder au haut niveau", annonce le technicien. "Le but d’un établissement comme le nôtre est d’optimiser la performance dans ce sens. On les prépare à l’entrée dans un centre de formation. Comment ? En mettant en place le projet défini par la fédération pour tous les pôles de France, via un cahier des charges stricte avec trois volets.

  • Le volet sportif vise à développer les joueurs et joueuses.
  • Le volet scolarité comporte un programme aménagé.
  • Le volet socio-éducatif, avec la relation avec la scolarité et une aide pour les études avec pour but d’obtenir leur brevet à la fin du cycle, mais aussi que ces jeunes aient gagné en autonomie une fois qu’ils sortent de chez nous.

Préparer les Jeunes au Haut Niveau

Répété plusieurs fois lors de cette conférence de presse de présentation par les différents intervenants, l’objectif est de développer des joueuses et des joueurs, de manière individuelle, les construire pour qu’ils aient les armes afin de bien se comporter et de s’intégrer dans des centres de formation où les exigences grimpent encore de plusieurs crans.

"Nous n’avons pas encore de chiffres sur les féminines, mais au niveau français, 60 % des joueurs qui sortent des pôles entrent en centre de formation", rappelle Stéphane Beyrac. "C’est difficile de faire plus, mais on essaie, notamment au niveau de la scolarité et au niveau du staff, d’augmenter ce chiffre. Il faut rappeler que 30 % des champions du Monde 2018 sont passés par un pôle Espoirs".

Le Rôle du Collège Marcel-Gambier

Tous les jours, une navette les amène au collège et vient les chercher à 15h50 pour les conduire à l’entraînement. Nommé cet été, le proviseur de la cité scolaire se réjouit d’accueillir ces jeunes sportifs. « C’est une chance pour notre collège d’avoir ce partenariat avec la Ligue de Normandie, souligne Hervé Lebarque. Il n’y a pas le collège d’un côté et le Pôle espoir de l’autre. Nous ne formons qu’une seule entité. Les élèves sont répartis sur trois classes par niveau et bien intégrés ».

Le chef d’établissement a connu une expérience similaire au lycée Aristide-Briand à Évreux, avec le pôle espoir de handball. Le dénominateur commun entre ces jeunes sportifs ? La détermination. « On sent chez eux une incroyable envie de réussir. Pour les autres élèves, non sportifs, ce sont des exemples à suivre. Ils s’entraînent 10 heures par semaine, c’est autant de temps qu’ils ne peuvent pas consacrer à la partie scolaire. Mais le travail est fait et les résultats sont au rendez-vous. La plupart d’entre eux sont de très bons élèves » insiste Hervé Lebarque.

La Sélection et l'Avenir des Joueurs

La place du collège est centrale dans le parcours des jeunes du Pôle espoir, y compris dans la phase de sélection. « Nous ouvrons les dossiers scolaires à partir des 50 derniers » précise Julien Meilhac. Et le dernier mot revient à l’établissement.

Après le pôle, ces joueurs peuvent rejoindre des sections sportives proposées dans certains lycées. Comme dans un centre de formation, le pôle espoirs de Lisieux dispose d’un encadrement de haut niveau avec un staff étoffé et une cellule médicale, qui intervient plusieurs heures chaque semaine.

Zohir Oissa rejoindra le centre de formation du FC Nantes après ses deux années au pôle espoir. En accord avec sa famille, le milieu offensif de 14 ans, également passé par le FC Rouen en U11, a choisi d’intégrer le centre de formation du FC Nantes à l’issue de ses deux années à Lisieux.

La Ligue de Normandie de football a tenu une conférence de presse ce mardi 16 septembre 2025 à Lisieux (Calvados), pour évoquer notamment la création d’un Pôle Espoir Mixte. Le cinquième en France.

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