Le Stade Poitevin Rugby est passé tout près de la montée en fédérale 2, mais a connu une défaite en 16e de finale contre le Stade Bordelais le 30 mai. Opposés à Bordeaux le 30 mai dernier, les joueurs se sont inclinés lors du match retour des 16e de finale.

Malgré la déception, le président Simon Allal retient avant tout une année pleine de promesses.
Une Saison en Demi-Teinte
Après s’être payé le RC Cadaujacais à domicile, le Stade poitevin rugby (SPR) a chuté dimanche sur le pré de Léognan (27-15), l'un des gros bras de la poule 13 de Fédérale 3. Après deux journées de championnat, le club se trouve donc entre deux eaux. Mais la dynamique sportive de la saison passée, conclue à une marche de l’accession, reste intacte.
« L’ambition ? C’est faire mieux que la saison passée, avec le top 2 de la poule et la montée », assène Simon Alal, le co-président du SPR.
Un adversaire coriace, toujours invaincu à domicile en championnat. "Sur la fin de saison, on a manqué d’étoffes dans l’effectif", explique ce lundi le président du club Simon Allal. "On a eu beaucoup de blessures tout au long de l’année. Même en Fédérale 3, c’est un niveau assez exigeant. Il nous faut un effectif un peu plus étoffé, notamment sur les postes clés comme les piliers et les talons."
La frustration reste limitée, car la montée ne figurait pas parmi les priorités du club cette année. "On a vécu trois saisons difficiles en Fédérale 2. L’objectif, c’était de soulager un peu les têtes, reprendre du plaisir, le goût à la victoire." Avec 12 victoires sur l’ensemble de la saison, dont 10 en phase de poules, le contrat est rempli.
Maîtrise Budgétaire et Ambitions Futures
Autre motif de satisfaction pour la direction du club : la maîtrise budgétaire : le budget est passé de 580.000 à 500.000 euros pour la saison 2024-2025. "Peut-être que le club vivait un tout petit peu au-dessus de ses moyens [la saison précédente]. Il a fallu qu’on resserre un peu les boulons. On devrait finir à l’étale, donc on a bien fait." Pour viser la montée en 2026, le Stade Poitevin prépare déjà une légère hausse de l’enveloppe. "On va pouvoir monter l’enveloppe de 50 à 60.000 euros sans se mettre à risque. On a créé un poste en CDI pour gérer les partenariats privés, ça commence à porter ses fruits."
Stade Poitevin Rugby 2024/2025
Un Vivier de Licenciés et le Développement du Rugby Féminin
Le Stade Poitevin peut aussi s’appuyer sur une base solide de licenciés. Plus de 650 joueurs et joueuses portent ses couleurs. "C’est une fierté. On mène beaucoup d’actions dans les écoles, les lycées. Notamment pour le rugby féminin, qui est l’un de nos axes de développement."
Les Mandragores, équipe senior féminine, ont brillé cette saison. Deuxième de leur poule, elles ont échoué en phases finales. Le club a même engagé une seconde équipe féminine à 10. "Peu de clubs en France ont la capacité d’engager deux équipes filles. C’est une vraie réussite."

Formation des Jeunes et Valeurs du Rugby
Le club travaille encore à stabiliser sa section cadette, catégorie clé pour préparer l’avenir. "On essaye de travailler avec les lycées, avec d’autres clubs de la région. C’est un effectif encore instable, mais stratégique." Pour les plus petites, jusqu’aux U12, la pratique reste mixte. Et l’image du rugby comme sport brutal ne doit pas effrayer. "Jusqu’à huit ans, il y a peu de contacts. On travaille sur la motricité, la dextérité, les valeurs. Arriver à l’heure, écouter les consignes. C’est un peu comme une école. Le rugby, c’est l’école de la vie", conclut Simon Allal.
Tableau Récapitulatif des Objectifs et Réalisations
| Aspect | Objectif | Réalisation |
|---|---|---|
| Montée en Fédérale 2 | Priorité secondaire | Échec en 16e de finale |
| Maîtrise Budgétaire | Réduire le budget | Budget ramené de 580.000 à 500.000 euros |
| Développement du Rugby Féminin | Axe de développement | Engagement de deux équipes féminines |
| Formation des Jeunes | Stabiliser la section cadette | Travail en cours avec les lycées et autres clubs |
Arrivée de Grégoire Pintiaux
Grégoire Pintiaux, 40 ans, occupe le poste depuis quelques mois et arrive à Rebeilleau avec un CV ronflant. L’ancien talonneur pro a été entraîneur adjoint à Montauban, Nevers et Bourgoin-Jallieu.
« Avec lui, le feeling a été immédiat, on est sur la même longueur d’ondes », assure le président. « Ici, le projet est ambitieux, dans une ville de 100 000 habitants et 30 000 étudiants, estime le manager général. Le club a toutes les chances de se développer, à condition de se structurer. »
Grégoire Pintiaux apprécie d’avoir de la latitude sur la politique sportive dans sa globalité, à commencer par les équipes jeunes qu’il veut voir « évoluer en championnat national ».
Attractivité et Exigences
Avec 1 200 spectateurs lors du premier match à Rebeilleau et « des brunchs d’avant-match qui plaisent », le Stade poitevin redevient attractif sur la place de Poitiers. Une dynamique à entretenir par les résultats sportifs. Ne pas décrocher la montée l’an passé a d’ailleurs peut-être un mal pour un bien.
« Nous n’aurions pas été prêts, juge Grégoire Pintiaux, lui qui se projette dans la Vienne sur du moyen terme, en quête d’« un peu de stabilité et de légèreté ». Signal positif : une quinzaine de joueurs ont grimpé dans le train des seniors à l’intersaison, ce qui offre davantage de possibilités pour constituer les groupes des équipes A et B le week-end.
S’il apprécie « les rapports humains plus simples » que dans le monde pro, Pintiaux ne transigera pas en revanche sur un élément : « C’est aux joueurs de s’adapter à mes exigences. » Jusque-là, tout va bien...