Le club de football Le Poiré-sur-Vie, ancré dans la région vendéenne, a une histoire riche et passionnante, marquée par des moments de gloire en Coupe de France et un lien fort avec sa communauté. Le club soufflera ses 70 bougies, samedi 25 mai 2024, lors d’une journée festive, au Poiré-sur-Vie (Vendée). L’occasion d’un coup d’œil dans le rétroviseur.
Le public est venu en masse au stade de foot. En 70 ans, le stade a vu s'user les crampons de plusieurs générations. 1 500 personnes sont attendues samedi 25 mai à partir de 15 h à l’Idonnière, pour les 70 ans du club, ouvert à tous.
Le Vendée Poiré Football fête ses 70 ans ce samedi 25 mai. Les animations sont sympathiques. Un passage est obligé dans les vestiaires et le club house. Là, trônent les trophées et les photos du club. Joueurs, anciens, joueurs, famille et amis cherchent dans les années où jouait le papa ou encore l’enfant.
Un peu plus loin, le livre des 70 ans raconte l’histoire. Flavien Fritz, l’auteur, pense qu’il a passé 70 heures pour le réaliser. Ce qui était passionnant c’étaient les rencontres et les témoignages. Rabie Zeroual, l’entraîneur depuis seize ans au club, on le trouve bien sûr au centre du terrain, près des jeux de ballon et de cibles.
Cet article vous plonge au cœur de cette aventure, de la création du club à ses rencontres mémorables.

Les Débuts du Club
L'histoire du club commence en 1954 grâce à la motivation de Léon Letard et de ses amis, ainsi qu'à l'abbé Poissonnet, qui créent la première équipe de la Jeanne d’Arc du Poiré-sur-Vie. « Ramenez-moi une liste de 11 joueurs. On va relancer le football au Poiré. » Grâce à la motivation de Léon Letard et de ses copains (Armand Gauvrit, Gustave Lambert, Luc Jaunet, René Lambert, Michel Martineau, Jean Guillet, Marcel Gréaud, Moïse Letard, Léon Massieau et Yves Martineau), l’abbé Poissonnet peut, en 1954, créer la première équipe de la Jeanne d’Arc du Poiré-sur-Vie. Après le coup d’envoi donné par Léon Letard, fondateur du club en 1954 avec son comparse, Luc Jaunet.
Ce dernier donne le fin mot de l’histoire du match joué sans chaussure. Ma chaussure a cassé, alors j’ai enlevé l’autre aussi. Deux ans plus tard, le 6 octobre 1956, le club est officiellement affilié à la Fédération Française de Football. Deux ans plus tard, le 6 octobre 1956, le club est affilié à la Fédération Française de Football sous le n° 516561. Il est alors rattaché à la ligue du Centre-Ouest avant de rejoindre en 1967 la ligue de l’Atlantique nouvellement créée.
L'Ascension Progressive
Le club franchit une première étape en 1979 en accédant à la Division d’Honneur, le plus haut niveau régional. Il faut ensuite attendre l’année 2003 pour voir la JA du Poiré-sur-Vie accéder au niveau national en intégrant le CFA 2, le cinquième niveau chez les footballeurs français.
- 1979 : Accès à la Division d’Honneur, le plus haut niveau régional.
- 2003 : Intégration du CFA 2, le cinquième niveau national.
- 2006 : Retour en CFA2 après une saison en Division d'Honneur.
- 2010 : Accession au CFA sous le nom de Vendée Poiré-sur-Vie Football.
- 2011 : Montée simultanée de ses quatre équipes seniors en National, CFA2, DRH et deuxième division.
En 2004, les Vendéens réintègrent la Division d’Honneur qu’ils avaient quittée un an plus tôt. Déçus mais pas abattus, les joueurs de la Jeanne d’Arc vont trouver cette année-là leur plaisir dans la Coupe de France où, à l’occasion du huitième tour, et devant 4 500 spectateurs habillés en bleu, les couleurs du Poiré-sur-Vie, ils ne s’inclineront qu’à la dernière minute (2-1) face à Brest, alors classé 4e de la Ligue 2.
Les vainqueurs de la coupe de Vendée 1999 et de la coupe de l'Atlantique 2007 dans un match amical sur le demi-terrain synthétique. Les filles du club jouent sur un demi-terrain synthétique. À 17 h, l’équipe victorieuse de la coupe de Vendée 1999 affronte l’équipe qui a gagné la Coupe de l’Atlantique en 2007. La pointe de vitesse a un peu faibli, mais la technique est toujours là.
À la mi-temps, l’ancien joueur du club : El Hassan Maréga, fait une démonstration de foot free style. Démonstration de foot free style par un ancien joueur du club: El Hassan Maréga.
En 2014, le budget tournait autour de 2,4 millions d’euros, mais trouver des partenariats privés était compliqué. La raison l’a emporté sur la passion », résume Jean-Yves Cougnaud. Les Genôts disputent un 16e de finale de la Coupe Gambardella contre le Losc (Lille). C’est aussi l’année de création de la section féminine. « On va passer à 90 ou 100 licenciées.
2004 : La famille Cougnaud prend le club en main
Passionné de football, Yves Cougnaud, qui dirige la Société Yves Cougnaud, leader français de la construction industrialisée - dont le siège social situé à Mouilleron-le-Captif se trouve à une dizaine de km du stade de l’Idonnière du Poiré-sur-Vie - prend la présidence du club en 2004, avant de laisser celle-ci à son fils Patrice la saison suivante. Commence alors l’irrésistible ascension du club genôt qui retrouve le CFA2 en 2006. Les bons résultats de l’équipe durant la saison 2005-2006 mettent en évidence Richmond Forson qui est sélectionné pour disputer la coupe du monde 2006 en Allemagne avec l’équipe du Togo.
Si, après le Mondial allemand, le Togolais profite de sa nouvelle célébrité pour rejoindre Cherbourg en National, le club vendéen connaît, lui, une ascension fulgurante, passant de la DH au National en moins de dix ans. Après un bref retour en CFA, celui qu’on appelle désormais Vendée Poiré-sur-Vie Football retrouve le troisième échelon du foot français à partir de l’été 2011. Suivront quatre saisons durant lesquelles les Vendéens s’offrent une sixième place en 2013 et Hervé Bazile dans la foulée. Mais, après une douzième place au classement à l’issue de la saison 2014-2015, le Poiré-sur-Vie préfère quitter le National.
Président du club, Jean-Yves Cougnaud rembobine : « On a vécu de belles années en National, on en garde de beaux souvenirs. Mais ça a été un choix d’arrêter, ce n’est pas un dépôt de bilan. Un choix par rapport à des contraintes d’équipements et financières.
Les très beaux parcours en Coupe de France
Le-Poirée-sur-Vie connait ça. En 2004, les Vendéens ne s’inclinent qu’à la dernière minute face à Brest, alors classé 4e de Ligue 2, lors du huitième tour devant 4 500 spectateurs.
Après s’être hissé en CFA en 2010 sous son nouveau nom de Vendée Poiré-sur-Vie Football, le club vit une année faste en 2011 avec la montée simultanée de ses quatre équipes seniors en National, CFA2, DRH et deuxième division. Lors de sa deuxième saison en National, le club vendéen figure en bonne position (avec Metz et Créteil) pour rejoindre la Ligue 2. Mais une mauvaise passe (une seule victoire en douze matches) dans le dernier tiers de la compétition compromet les chances du Poiré qui termine finalement le championnat à la 6e place.
National : RC Strasbourg - Le Poiré Sur Vie VF 1 - 0
2008 : Le Match Face au PSG
En 2008, le club, alors en CFA, atteint les seizièmes de finale où il s'incline face au PSG à la Beaujoire. Dénommé en 2007 Le Poiré-sur-Vie Vendée Football, le club connaît son heure de gloire en 2008 en affrontant sous les caméras de la télévision le Paris SG à l’occasion des seizièmes de finale de la Coupe de France.
Délocalisée au stade de la Beaujoire à Nantes sur ordre de la Fédération française en raison des risques liés à la présence de supporters parisiens - même s’ils ne sont ce jour-là que 400 -, la rencontre se déroule devant 28 114 spectateurs, un record pour une équipe vendéenne. Les Vendéens s’inclinent face au PSG, devant 28 114 supporters. En février, les Genôts disputent les 16e de finale de la Coupe de France face au PSG à la Beaujoire, à Nantes.
Anthony Guilleux se souvient de cette soirée inoubliable : « On avait hâte d'y être, après trois semaines d'attente... Mise au vert, repérages, la veille, à la Beaujoire, engouement médiatique... On se serait cru dans un conte de fées. C'était comme tendre un bonbon à un enfant. On avait envie de le croquer ! »
Mi-temps : 0-0. « On les tenait... », s'émeut encore Anthony Guilleux, qui garde le meilleur pour la suite : « Paris ouvre le score (Mendy, 53'), mais on égalise sur une action construite (Pallier, 54'). Là, c'est énorme ! On fait se lever tout le stade, et je perçois de l'inquiétude, dans le regard des Parisiens.
En 2015, rebelote et même mieux puisque les Vendéens vont jusqu'en huitièmes où ils tombent face à Auxerre. Le club rêve d'un nouvel exploit après le seizième de finale de 2008 face au PSG et le huitième de 2015 contre Auxerre.
Les Genôts disputent un 16e de finale de la Coupe Gambardella contre le Losc (Lille). Pour la première fois de l’histoire du club, Le Poiré Vendée Foot s’est qualifié pour les 8èmes de finale de la Coupe Gambardella-Crédit Agricole.
Le Petit Poucet de la Coupe de France
Etre le Petit Poucet, c'est encore plus palpitant"Mais cette année, c'est différent", explique Olivier Blain qui fait partie de la centaine de bénévoles du club. "On joue en DH, on est le Petit Poucet de la Coupe de France, c'est encore plus palpitant".
Pour gérer au mieux ce rendez-vous très particulier, ils peuvent compter sur les conseils de leur entraîneur, Benjamin Guillou, qui était joueur en 2008 et qui a connu la folie du match face au PSG. Mais pas question de bassiner les joueurs avec ça : "au contraire, je les pousse à avoir leur personnalité, à écrire leur propre histoire et qu'elle soit la plus belle possible. Je leur dis aussi d'en profiter, parce qu'ils ont le droit d'en profiter. Ça fait du bien d'être mis en lumière de temps en temps".
Lui aussi savoure cette nouvelle aventure en Coupe de France, même si c'est beaucoup plus de travail. "Quand j'étais joueurs, j'avais que moi à m'occuper. Là, j'ai 18 joueurs à préparer. Mais je le fais avec plaisir ! Et je remercie les joueurs de nous avoir emmenés jusque-là. Ça nous permet de vivre un fort moment et on va essayer de saisir la toute petite opportunité qu'on va avoir."
Effectivement, ce sera très compliqué face à Strasbourg, physiquement surtout. Côté tactique, l’entraîneur ne veut pas trop en dire : "mais j'espère que les joueurs arriverons à mettre en place ce qu'on fait depuis le début de la saison. J'ai hâte de les voir face à une Ligue 2".
Et pour faire la différence, l’entraîneur compte aussi sur les supporters : "j'attends une mobilisation de tout le peuple vendéen qui sera au stade de l'Idonnière. Mais je ne doute pas qu'ils seront tous derrière nous". Olivier Blain confirme : "mais si on apprécie le foot à des niveaux différents, les commerçants, l'équipe municipale, tout le monde joue le jeu et on souhaite tous la même chose, qu'ils puissent créer la surprise".
Les joueurs ont du s'organiser et prendre une journée de congés, ce mardi, pour pouvoir préparer au mieux la rencontre, après avoir fait une séance de récupération, dimanche matin, après leur match de championnat de samedi et un dernier entrainement ce lundi soir.
Le-Poiré-sur-Vie/Strasbourg, c'est à 18h ce mardi soir au stade de l'Idonnière.
« C’est une immense fierté pour tout le club. Atteindre les 8es de finale est un accomplissement historique qui témoigne du travail acharné de chaque joueur et de l’encadrement. Le groupe vit cela avec beaucoup d’enthousiasme et de détermination. « Absolument ! Ce parcours a renforcé la cohésion au sein de l’équipe. Les joueurs se soutiennent davantage et partagent une motivation collective qui est importante.
« Les joueurs sont calmes et déterminés. Ils abordent ce match avec beaucoup d’humilité et de travail, prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes. « Oui, cet exploit a suscité un grand engouement ! Les licenciés du club sont très fiers et soutiennent l’équipe à chaque match. Les supporters montrent également un intérêt croissant, ce qui crée une belle atmosphère autour des matchs. Ils étaient plus de 2000 personnes au stade contre Angers.
« Pour préparer ce match, nous avons gardé le même fonctionnement que pour Orléans et Angers. Nous avons mis en place des séances tactiques concernant Dijon, car il sera important face à cette belle équipe de National de ne pas perdre de temps dans ce domaine.
« On fait un parcours incroyable. C’est magique de pouvoir vivre ça une fois dans notre vie. « La Gambardella a toujours été une compétition importante que l’on ne joue qu’une seule fois dans la vie d’un footballeur et de pouvoir y participer est quelque chose d’exceptionnel. Le parcours que nous vivons avec les gars est une expérience qui nous réunira pour toujours. L’objectif au club est atteint, maintenant chaque match supplémentaire que nous pouvons jouer dans cette coupe sont des matchs bonus que nous prenons très au sérieux pour pouvoir nous permettre de rêver encore plus.
« Ce parcours en Gambardella représente le fruit de tout le travail accompli depuis le début de l’année, ainsi que des efforts fournis au fil des années passées. C’est sans doute la compétition qui m’a le plus fait vibrer, avec des émotions que je n’avais jamais connues dans le football.
Après quatre saisons à ce niveau, et bien que maintenus sportivement, les Vendéens du Poiré décident, au terme de la saison 2014-2015, de quitter le National pour relancer l’équipe au niveau de leur réserve en CFA2. 23 juin 2006, troisième match du groupe G à la Coupe du monde, Togo-France. Le jeune Franck Ribéry, milieu droit, est alors opposé au défenseur Richmond Forson. Sa particularité ? Il évolue en France, à la Sainte Jeanne d’Arc du Poiré Football, en Division d’Honneur.
Insuffisant pour saper le moral du club des Pays de la Loire, actuellement pimpant leader de DH. La montée, Jean-Yves Cougnaud la veut et ne s’en cache pas : « On a l’ambition affichée de remonter en CFA 2. On a conservé tout notre groupe de l’an dernier, car les gars sont revanchards, ils ont été déçus de ne pas pouvoir se maintenir. Les joueurs ont donc relevé le challenge de jouer en DH et remonter en CFA 2 de suite. » Avant de grimper en CFA, puis en National ?
Si les « Genôts » ont vu tous les joueurs du groupe pro s’envoler après le retour au monde amateur, les supporters sont, eux, restés fidèles au club, malgré une baisse logique d’affluence. Un soutien sans faille lié à la transparence des dirigeants au moment de quitter le monde pro : « Il a fallu digérer cette déception de nos supporters, même si on a bien expliqué les raisons de notre retour en arrière, on a fait un gros travail là-dessus. Et les gens adhèrent toujours au club, on n’a pas perdu de licenciés, ni de bénévoles ou de partenaires.
Trop grand pour cette petite commune rurale de 8 000 habitants, le National n’a pas fait que du mal au club vendéen, qui ressent encore les bienfaits de ces quatre ans au troisième échelon du foot français. « Les membres de notre staff actuel s’occupaient des équipes inférieures durant le passage en National. Ils ont pu profiter de l’expérience en côtoyant les coachs et les préparateurs physiques de l’équipe première (entraîneur principal entre 2011 et 2015, Ozwald Tanchot est aujourd’hui le coach du Havre en L2, ndlr). On avait les équipements exigés par le National à notre disposition. Tout ça a fait grandir le club au niveau structure et on est en train d’en profiter aujourd’hui indirectement » , sourit le président Cougnaud.
Un homme a su tirer profit de ce retour en division inférieure : Benjamin Guillou. Ancien joueur du club, Benjamin était chargé d’observer les équipes adverses lorsque les Genôts évoluaient en National. Désormais coach de l’équipe première, ce n’est pas lui qui va contredire son président : « Les quatre années de National ont été bénéfiques pour tous les éducateurs du club. Le staff était ouvert, on échangeait beaucoup avec lui et nous avons appris plein de choses. Des équipements de qualité, une connaissance du haut niveau et une ambiance familiale avec des joueurs de la région issus pour la plupart du centre de formation.
De quoi rendre heureux le président qui ne regrette pas du tout ces joueurs « pros ou ceux qui se considéraient comme tels alors qu’ils ne l’étaient pas » et qui changent de club tous les ans à l’issue de leurs contrats d’un an : « Nous prenons peut-être plus de plaisir maintenant, nous sommes beaucoup plus libérés. Beaucoup plus proches des joueurs. Nous retrouvons un esprit club encore plus important. C’est normal, nous n’avons pas le même profil de joueurs. Là, nous avons des joueurs beaucoup plus attachés au club. »
Mais attention, le club n’en reste pas moins compétitif pour autant avec quatre entraînements par semaine déplacés à 19h, afin de permettre aux joueurs d’allier travail et football. Une difficulté qui demande à l’entraîneur de s’adapter : « Si un joueur arrive cinq minutes en retard, je ne peux pas lui crier dessus parce qu’il a fait cinq minutes ou une heure de plus au boulot.
Amateurs, mais ambitieux, les Genôts espèrent bien réaliser un beau parcours en Coupe de France, eux qui ont déjà atteint les huitièmes de finale en 2015, avant de s’incliner aux tirs au but face au futur finaliste, l’AJ Auxerre. Motivés comme jamais, les joueurs du Vendée Poiré-sur-Vie ont repris l’entraînement le 27 janvier, jouant même un amical le 31 décembre. S’il aurait préféré tomber sur un gros club de Ligue 1, Jean-Yves Cougnaud se contente de la venue de Viry-Châtillon et espère au moins que cette compétition serve à « redonner du plaisir à nos supporters qui ont toujours cru en nous » . Plus rancunier, Benjamin Guillou espère, lui, gagner pour prouver que le club n’est pas mort : « Il y a plein de gens qui pensaient qu’on allait s’écrouler.