Le Football en Vers: Une Exploration Poétique

Le football, bien plus qu'un simple jeu, est une source d'inspiration profonde pour les poètes. Il devient un motif de la poésie à travers le monde, capturant la beauté spectaculaire du match, sa puissance émotionnelle et la cohésion collective qu'il engendre. Le football est une vraie religion pour certains, d'ailleurs de nombreux footballeurs se sont pris pour Dieu... C'est vrai que c'est un sport qui fait rêver les enfants de tout âge, mais aussi les adultes.

Le foot a au moins le mérite de réunir - une fois mis de côté les millions gagnés par les joueurs, et les fous-rires obscènes quand on leur parle d'écologie. La vie est comme le football, soit on joue collectif soit on joue perso, dans les deux cas on peut marquer. Le football est un sport de gentlemen pratiqué par des voyous et le rugby et un sport de voyous pratiqué par des gentlemen. Le football est le seul sport ou les joueurs crachent le plus sur ce qu'ils aiment .

Voici quelques poèmes qui capturent l'essence de ce sport passionnant:

  • Le Match: L’industrie du football se tire une balle dans l’pied !
  • Les Marcheurs: Les plus rapides s’élancent. Les autres avancent.
  • La Forme: Les choses ne sont pas ce qu’elles deviennent Mais en fait, elles deviennent ce qu’elles sont.
  • Le Chant De Trop: Ça gueule dans les stades incidemment Y a-t-il plus inutile que le football.
  • Football: Un grand sermon.
  • Finalement Aux Finales: Je dis… à celles et ceux qui n’ont plus dans la vie De luttes motivantes ou simplement de but.
  • Les Sportifs: Ils puent la sueur C’est une horreur.
  • Petit Pied: Petit pied avance Intéressé par le paysage.
  • La Gloire Du Champion: J’ai toujours eu tendresse Pour ces petits villages.
  • Folie De Football: De délicate ouverture Illumine belles étoiles.
  • Football Messe Européenne: Convives de l ’ U E F A Ballons de l ’ existence.

Top 100 des buts légendaires du football

Le Football comme Métaphore de la Vie

Le football devient un motif de la poésie italienne à partir des années 1930-40, au moment où Umberto Saba et Vittorio Sereni lui consacrent quelques brefs poèmes qui célèbrent voire idéalisent ce sport populaire. Leurs vers expriment non seulement la beauté spectaculaire de la partie de football mais aussi sa puissance émotionnelle et la forte cohésion collective qu'elle produit, malgré la persistance, pour le sujet lyrique, d'un sentiment d'exclusion ou de vacuité.

Les aspirations et angoisses existentielles dépeintes par ce spectacle tendent alors à le faire apparaître comme le reflet d'une conscience individuelle et comme l'image du sort collectif de l'humanité. Il calcio diventa un motivo della poesia italiana a partire dagli anni 1930-40, quando Umberto Saba e Vittorio Sereni dedicano a questo sport popolare alcune brevi poesie che lo celebrano o addirittura lo idealizzano. I loro versi esprimono non solo la bellezza spettacolare della partita di calcio ma anche la sua potenza emozionale e la forte coesione collettiva che essa produce, nonostante la persistenza, per il soggetto lirico, di un sentimento di esclusione o di vacuità.

Le aspirazioni e angosce esistenziali destate da questo spettacolo tendono allora a farlo apparire come il riflesso di una coscienza individuale e come l’immagine della sorte collettiva dell’umanità.

Le Football et l'Identité Collective

Alors que l’idéologie fasciste - dans le sillage du futurisme - glorifie la prouesse individuelle, Saba et Sereni s’intéressent à un sport collectif, mettant en valeur l’idéal d’union fraternelle qu’il symbolise. Il s’agit en outre d’un sport populaire qui fait vibrer les foules : en se représentant au sein de ce public populaire, le poète tente peut-être de mettre à distance une conception élitiste de son statut socio-intellectuel.

En effet, tandis qu’avant la Première Guerre mondiale le football était un loisir urbain réservé à la bourgeoisie et limité au Nord-Ouest industrialisé de l’Italie, il se démocratise rapidement au début des années 1920 jusqu’à devenir une passion de masse. La pratique du football s’étend alors aux couches populaires, notamment ouvrières, et aux adolescents.

Il n’est donc guère étonnant qu’Umberto Saba, dont la poésie manifeste souvent une attraction pour l’humilité, la sincérité et l’intensité de la vie du peuple, ait consacré à ce sport plusieurs poèmes, comme s’il exauçait ainsi son ancien désir « di vivere la vita / di tutti / d’essere come tutti / gli uomini di tutti / i giorni7 ».

Cette apostrophe souligne un lien multiple qui unit d’une part le sujet lyrique à la foule des spectateurs et aux joueurs, d’autre part les joueurs de la Triestina à Trieste, la terre-mère, et à son peuple. La structure chiasmatique de la syntaxe dans la seconde strophe et les participes passés isolés mais rimant entre eux dessinent un unique mouvement qui relie le territoire, le peuple et l’équipe. La folla - unita ebbrezza - par trabocchi nel campo.

La joie de la victoire rassemble ici les spectateurs et les joueurs dans un mouvement de débordement à la fois émotionnel et spatial - traduit sur le plan métrique par l’enjambement - qui tend à annuler la distance entre les tribunes et le terrain, à la faveur de l’exaltation de la fin de match. Di corsa usciti a mezzo il campo, date prima il saluto alle tribune.

Le peuple apparaît comme une masse noire informe et indéterminée, à la fois inquiétante et fascinante. Appena vide i rosso alabardati uscire di corsa nel campo fra il delirante entusiasmo della folla… il poeta si sentì perduto.

Dans cette autoanalyse, l’insistance produite par le polyptote sur la notion d’enthousiasme suggère un état de ferveur intense presque mystique qui confine au ravissement. Pourtant, cette ardeur du poète perdu dans la foule des tribunes est contrebalancée par l’affirmation d’une supériorité d’ordre intellectuel, comme si l’écrivain tentait de rétablir une différence, oscillant entre l’aspiration à une véritable communion avec le peuple et le sentiment d’une persistante distinction culturelle.

La figure du poète est ici mise en exergue par le recours soudain à la troisième personne : le « Je » lyrique des premiers vers du poème a laissé place à cette objectivation du sujet scripteur, désigné désormais par sa profession et sa position sociale. Dans le dernier vers, les deux adverbes antithétiques sont simplement juxtaposés, séparés typographiquement par le tiret mais unis phonétiquement par la synalèphe, comme pour souligner en même temps le contraste et la proximité entre « il poeta » et « gli altri ».

L’idéal d’une union collective est par ailleurs relativisé par l’attention particulière que prête Saba au personnage du gardien, isolant cette figure sur le fond indistinct que forme le reste de l’équipe. Dans « Goal », le gardien de l’équipe victorieuse reste en retrait à la fin du match, près de ses cages, ne participant que de loin à l’allégresse générale. Toute la strophe qui lui est consacrée est construite autour d’une tension entre la position isolée du gardien, physiquement à l’écart, et la joie qui le rapproche en pensée de l’équipe et du public, jusqu’au dernier vers du poème qui exprime au discours direct l’impression que suscite son attitude : « Della festa - egli dice - anch’io son parte14 ».

Le match de football représente pour Saba l’occasion de s’abandonner à l’expérience immédiate des sens, puisque le sport lui procure avant tout un plaisir esthétique, « il piacere visivo di uno spettacolo per se stesso bellissimo16 ».

E quando- smisurata raggiera - il sole spense dietro una casa il suo barbaglio, il campo schiarì il presentimento della notte. Correvano su e giù le maglie rosse, le maglie bianche, in una luce d’una strana iridata trasparenza17.

La description du match se dissout ici dans une luminescence opaline presque irréelle car ce qui importe pour Saba est de saisir un moment de passage, c’est-à-dire de rendre perceptible l’imminence de la fin, à travers la course des joueurs dans le crépuscule. Dans les vers suivants, l’apparition de la Fortune aux yeux bandés comme personnification allégorique du vent qui dévie le ballon rend plus explicite la valeur métaphorique du poème.

L’emploi impersonnel du verbe piacere et la mise en relief de l’adjectif uniti qui forme un vers à lui seul invitent à interpréter la signification profonde que Saba prête au football comme une quête de l’universel. À travers le sort identique des joueurs rouges et blancs soumis à la même fatalité aveugle, et celui du « manipulo sparuto19 » de spectateurs qui se réchauffent mutuellement, le match de football, dans cette atmosphère de joyeuse fin du monde, devient l’expression d’une destinée fondamentalement collective.

Chez Vittorio Sereni, cette signification existentielle est au premier abord éclipsée par une écriture descriptive et une attention aiguë au détail. La tendance à réduire le sport à un spectacle semble en effet radicalisée dans le poème « Domenica sportiva ».

Dès les premiers mots du poème, le terrain est évoqué au moyen de la métonymie « il verde » qui révèle le statut privilégié de la couleur dans la représentation sérénienne du football22. Les contrastes chromatiques sont ensuite traduits par les adjectifs composés qui suffisent à désigner les équipes en présence (neroazzurri pour l’Inter, bianconero pour la Juventus), ainsi que par les métaphores nominales et verbales (« le zebre venute di Piemonte », « la passione fiorisce fazzoletti / di colore »).

L’indétermination de l’origine des sensations, la multiplicité des raccourcis métonymiques et des détours métaphoriques ainsi que le lexique soutenu, dépourvu de termes sportifs mais riche de mots très littéraires (riscosse, hallalì, reame, canoro), dissolvent la représentation du match dominical en une évocation oblique et obscure23. Sereni estompe en effet la réalité référentielle du football dans une nébulosité sensualiste, en contractant le déroulement temporel du jeu qui se réduit à une série de notations isolées et accumulées. Cette dissolution a aussi pour effet de fondre les spectateurs et les joueurs en une seule et même multitude bigarrée et bruyante. On retrouve ainsi chez Sereni l’indistinction de la foule déjà observée chez Saba, comme symbole d’une communauté unie et compacte (à tel point que la foule, comme réifiée par sa densité, forme ici de véritables barrières).

En dépit de l’absence de réelle narrativité, Sereni s’attache à saisir la temporalité de ce spectacle ou plus exactement à rendre perceptible son caractère éphémère. Le contraste brutal entre les bruits du match et le silence du stade vide, une fois les portes refermées, ainsi que l’image finale de la pluie qui efface tout, soulignent la précarité de ce spectacle festif et des passions qu’il suscite. En insistant sur la vacuité qui succède à l’effervescence, le poète semble dénoncer le caractère illusoire du football, emblématique de la poétique sérénienne de la disparition ou de l’absence25. Cette interprétation est étayée par la lecture d’un texte en prose de Sereni publié en 1964 dans lequel il évoque ce moment singulier où la vision bouleversante d’une foule exceptionnellement unanime disparaît tout à coup pour laisser place à « un senso amaro di vacuità e quasi di rimorso non appena le gradinate si svuotano e l’enorme catino ormai silenzioso è l’immagine stessa dello sperpero del tempo26 ».

Le match de football est donc pour Sereni à la fois un étourdissant spectacle et un vain divertissement, un miracle et un mirage. L’association de l’image du stade vide et du sentiment d’une perte de temps occupe également les vers centraux du poème « Altro compleanno », publié en 1979 dans le recueil Stella variabile.

La fin du match devient le symbole d’un laps temporel beaucoup plus long, comme si le temps de la partie de football n’était qu’une métaphore du temps de l’existence, de l’irrémédiable répétition cyclique de la vie (« e non si sa che un altro anno prepari », lit-on dans le vers suivant).

À rebours de la poétique futuriste, ce ne sont ni les exploits physiques ni la compétition acharnée qui fondent, pour Saba et Sereni, la beauté du sport : seule compte l’émotion pure, qu’il s’agisse du public ou des joueurs.

Les larmes du gardien littéralement atterré et la sollicitude de son coéquipier soulignent l’émotivité des joueurs et leur affectueuse fraternité, qui offrent un net contraste avec le modèle de virilité martiale promu d’abord par les futuristes puis par le régime fasciste à l’époque où Saba compose ce poème29. La politique mussolinienne encourage certes la pratique sportive, mais pour valoriser la performance physique dans une perspective belliciste, en favorisant par conséquent les disciplines qui peuvent constituer une préparation à l’entraînement militaire30. Le football n’en fait pas partie et, sans interpréter son idéalisation dans la poésie de Saba comme un geste antifasciste, on peut y voir une façon de soustraire la pratique sportive à la valeur militaire que lui attribue le régime.

Saba restitue la beauté du football sans recourir à une rhétorique guerrière, sans faire référence à la violence du combat.

Le poète évoque la liesse collective en précisant qu’il importe peu qu’aucun but n’ait été marqué, louant davantage le jeu défensif que l’efficacité de l’attaque. Les rares termes empruntés au lexique militaire dans ce poème (« su e giù cammina come / sentinella », « e all’erta spia ») sont significativement employés pour évoquer le rôle du gardien, poste défensif par excellence, de sorte que les analogies militaires sont dénuées d’agressivité. Insistant plus sur l’union que sur la compétition, Saba compare le triomphe des joueurs à un fleuve d’amour qui orne Trieste32. Le nom de la ville clôt le poème, comme s’il s’agissait d’un hymne à sa gloire. Soulignons à ce propos que pour Saba comme pour Sereni, la passion du football ne cristallise aucun sentiment nationaliste mais va plutôt de pair avec un attachement affectif à une ville singulière, présentée dans les poèmes de Saba sous les traits, traditionnellement attribués à la patrie, d’une figure maternelle33.

Comparaison des thèmes dans la poésie de Saba et Sereni
Thème Umberto Saba Vittorio Sereni
Émotion Primordiale, esthétique Atténuée, descriptive
Unité collective Forte, communion avec le peuple Indistinction de la foule
Temporalité Moment de passage, imminence de la fin Éphémère, vacuité après l'effervescence
Métaphore existentielle Quête de l'universel Disparition, absence

Par ailleurs, dans les vers de Saba comme dans ceux de Sereni, l’énergie et l’émotion du football apparaissent comme une forme d’irrationalité ou d’instinctivité primitive. Les diverses analogies qui animalisent les joueurs en sont le principal indice : « una giovane fiera si accovaccia34 », écrit Saba à propos du gardien, tandis que Sereni assimile les joueurs à des zèbres : il s’agit dans les deux cas de bêtes sauvages, symboles d’une vitalité indomptable.

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