L'histoire du Paris Saint-Germain (PSG) est intimement liée à la ville de Paris et à l'évolution du football en France. Un élément souvent discret, mais porteur de sens, est la plaque de rue aux couleurs du club. Ces plaques, bien plus que de simples indicateurs de localisation, sont devenues des symboles de l'identité parisienne et de la passion pour le football.
Pour comprendre l'importance de ces plaques, il est essentiel de se pencher sur l'histoire du club et son ancrage dans la culture locale.
Le PSG et son lien avec la République
Le football est associé depuis les années 1920 à la République. Le lien a été renforcé par le principe délégataire mis en place à la Libération, puis le rôle joué par l’État dans la réorganisation du football français dans les années 1970. C’est surtout dans la décennie suivante que le football devient politique à un moment où les progrès des équipes françaises contrastent avec la crise industrielle et sociale que connaît le pays.
La Coupe du monde de football joue un rôle ambivalent. La victoire 1998 semble prouver le succès du modèle d’intégration à la française. La grève de 2010, au contraire, est un moment de stigmatisation des jeunes des banlieues.
Le sport, et donc le football, ne fait pas de politique au sens où la politique divise. La République est coubertinienne, elle croit aux vertus intrinsèques du sport pour faire des individus des citoyens responsables ainsi qu'aux conditions de production de ces derniers.
Toutefois, toute une partie de l’histoire du football français, jusqu’aux années 1980, peut se lire comme l’évolution d’une relation initiale d’hostilité à un accommodement et à la production d’un consensus entre la République, sous ses différentes manifestations historiques, qui semblait toujours tracer la voie vers l’achèvement de son modèle, le triptyque « nation, égalité, progrès », et le football qui réalise par son fonctionnement (monopole fédéral, mission de service public, présence sur l’ensemble du territoire, hiérarchie d’excellence, progression des résultats) la cohésion sociale, l’éducation et la grandeur nationale.

Dans l’histoire de l’accommodement du football et de la République, la Coupe de France apparaît comme le premier événement du football digne d’être intégré dans le rituel de la République lorsque le Président Gaston Doumergue se fait en 1927 présenter les équipes et remet le trophée au vainqueur.
La réconciliation entre le football et la République est achevée par la conversion à la philosophie olympique, et à un sport en quelque sorte sécularisé au même titre que l’école est laïque, de tous les partis qui se définissent alors comme républicains face à la menace que font peser les totalitarismes par leur instrumentalisation et idéologisation du sport.
Si la réponse donnée après la guerre par l’Allemagne est de séparer le monde associatif sportif et l’État à l’échelle nationale, la réponse française est d’intégrer le monde sportif, par la délégation de service public et l’agrément donné aux fédérations, à la participation aux objectifs fixés par l’État : l’augmentation de la pratique sportive pour la santé, pour l’éducation et pour la cohésion sociale et, l’amélioration des performances des athlètes français dans les grandes compétitions internationales.
Cette Charte donne un cadre juridique au football professionnel et surtout introduit la régulation de l’entrée et de la mobilité dans le marché du travail qui vont de pair avec l’encouragement à l’ouverture des centres de formation des clubs professionnels qui deviendront l'une des forces du football français.
Cette organisation originale sera ainsi l'un des éléments de satisfaction en permettant de considérer la victoire de 1998 comme celle d’une forme de service public du football capable de produire de grands joueurs et de grands entraîneurs présents sur le marché international, un peu comme on peut compter le nombre d’anciens diplômés des grandes écoles françaises sur le marché universitaire américain.
Avec la progression des résultats du sport français dans les grandes compétitions à partir des années 1970, l’intérêt pour le sport de la part des gouvernants s’éveille, offrant l’occasion de célébrer la présence française sur la scène internationale. Le football n’est pas en reste.
Ce n’est pas la première fois que la France organise la Coupe du Monde. Mais en 1938, le choix de la France n’était pas véritablement porté, comme en 1998, par le gouvernement de l’époque.
En revanche, l’édition disputée en juin 1998 est organisée par quelques grands commis de l’État afin de recevoir dignement les équipes, les supporters et les médias du monde entier et démontrer ainsi la capacité du service public à la française à organiser à un événement mondial.
Alors que le Front Populaire avait refusé aux organisateurs de 1938 la construction d’un stade de 100 000 places, le Grand Stade appelé finalement Stade de France est achevé, après quelques péripéties, à Saint-Denis.
Et le 12 juillet, les Bleus remportent leur premier titre mondial contre tous les pronostics. Depuis, le président rend visite avant chaque Coupe du Monde à l’équipe de France, ajoutant à la tradition républicaine de la présence du président à la finale de la Coupe de France celle de la visite aux Bleus à Clairefontaine et celle de la réception après la compétition.
En 2018, comme en 1998, des millions de personnes ont envahi les rues des villes et des bourgs pour célébrer cette victoire et, comme en 1998, les Parisiens, intramuros et banlieusards, mais aussi des provinciaux, ont convergé vers les Champs-Élysées.
Mais lorsque l’on croise la chronologie des événements du football et ceux qui marquent la société française, on s’aperçoit que le regain sportif du football français, de ses clubs et de son équipe nationale, commence dans la deuxième partie des années 1970 (« l’épopée de...
Le Parc des Princes : Un lieu emblématique
Le Parc des Princes est un des plus beaux stades de football en Europe. Il compense son âge vénérable par la modernité de sa conception.
La mise en œuvre du « plan Leproux » en 2010, qui préludait à l’arrivée des investisseurs qataris, et d’une manière générale la politique d’exclusion des Ultras parisiens, a conduit à un profond renouvellement du public, et à un changement tout aussi marqué de l’ambiance. Ce retour à l’ordre et au calme a opposé ceux qui le saluent et ceux qui le déplorent.
Encore faut-il, préalablement, remettre en perspective les affluences du PSG. Même aux grandes heures du club dans les années 80, la fréquentation restait modeste, et elle n’a augmenté sensiblement qu’au cours de la seconde moitié des années 90.
Le paradoxe est que, si le PSG est en passe de battre pour la quatrième saison d’affilée son record d’affluence, son stade plein est un stade qui sonne creux. Même lorsque le stade de la Porte de Saint-Cloud affiche (réellement) complet, il est dit qu’il ne propose plus qu’une ambiance morne et décevante. Loin du passé, mais aussi loin de ce que devrait susciter une équipe composée de tels joueurs et obtenant de tels résultats. Le phénomène a suscité l’irritation de certains joueurs, et la réaction du club qui essaie comme il le peut de tourner le bouton du volume : en organisant lui-même des tifos, en cherchant à apprendre aux spectateurs l’hymne des supporters, et même en engageant des prestataires d’ambiance (lire l’article de Clément Guillou).
Même s’il est certainement bon enfant et participe à la « fête » désormais proposée, même s’il est en partie composé « d’anciens supporters », la transformation du public parisien a favorisé des attitudes de consommateurs. Il est devenu plus exigeant envers l’équipe qu’envers lui-même, se montre vite impatient.
Si les dirigeants finissent par s’en alarmer, c’est parce qu’ils perçoivent le déficit d’image et de prestige occasionné, y compris auprès des joueurs. Peut-être même pressentent-ils qu’un public plus enflammé permettrait de glaner, à défaut d’un supplément d’âme qui ne les intéresse pas, quelques points supplémentaires.
Les éléments évoqués ci-dessus ne peuvent pas remplacer l’expérience subjective de l’ambiance, chacun pouvant, sur place, se faire une idée en fonction de ses propres références.
Je suis revenu au Parc des Princes, que je n’avais pas visité depuis le début de l’ère QSI - après l’avoir fréquenté à différentes périodes au cours des trois décennies précédentes - à l’occasion de la demi-finale de Coupe de France contre Saint-Étienne.
Les premières sont visuelles. L’homogénéité des tribunes est étonnante, avec une continuité à 360° dans les gradins, sans plus de distinction nette entre les latérales et les virages.
Les banderoles, les bâches, les grands drapeaux, sans parler des fumigènes ne marquent plus le territoire des kops. Quand les écharpes sont brandies, tendues entre les bras levés selon la tradition, elles sont clairsemées et disséminées. Une expression de la dispersion des supporters, dans et hors le stade, conséquence d’un placement aléatoire qui dissuade les regroupements.
Les panneaux lumineux qui recouvrent sur toute sa longueur la rambarde entre les deux étages font d’ailleurs le trait d’union.
Les virages chantent, mais modérément, et le répertoire est limité. On récite les basiques (« Qui ne saute pas… », « Et ils sont où… », « On est en finale », « Zlatan Ibrahimovic » sur l’air de Go West, « Allez Paris, Où tu es, nous sommes là », etc.).
L’acoustique du lieu se rappelle par moments : ceux des buts, des occasions, des noms de joueurs scandés ou des sifflets contre l’adversaire. Les clameurs d’exaspération sont étonnamment vives, mais aussi celles saluant de gestes beaux défensifs, comme des symptômes d’un certain enthousiasme.
L’intensité a disparu en même temps que la tension qui électrisait l’ancien Parc des Princes, qui faisait parfois vibrer son béton quand les kops sautaient. Cette déperdition évoque l’aseptisation des stades anglais et de leur public gentrifié. Le Parc des Princes d’antan, avec sa violence visuelle et sonore, est mort. Celui d’aujourd’hui vit une existence plus placide. Son public agite les drapeaux qu’on lui distribue, suit sans protester les hausses de tarif, apprécie le spectacle.
Plus conforme, au point de faire modèle, aux souhaits des gestionnaires du football actuel, il a un droit de cité très légitime, mais qui a été refusé à d’autres.
Cinq ans après la mise en œuvre du plan Leproux, quoi que l’on pense de ses résultats, il manque au Parc des Princes quelque chose qui manque aussi au Paris Saint-Germain.

La signification des plaques de rue PSG
Les plaques de rue aux couleurs du PSG sont bien plus qu'un simple élément de signalétique urbaine. Elles représentent :
- L'identité parisienne : Elles affirment l'appartenance du club à la ville de Paris et renforcent le sentiment de fierté locale.
- La passion pour le football : Elles témoignent de l'importance du football dans la vie des Parisiens et de leur attachement au PSG.
- Un symbole de ralliement : Elles servent de point de repère pour les supporters et créent un sentiment de communauté.
Ces plaques sont souvent situées à proximité du Parc des Princes, des lieux emblématiques de la ville ou dans des quartiers où la présence du club est particulièrement forte. Elles contribuent à créer une ambiance festive et à renforcer le lien entre le club et ses supporters.
Cependant, il est important de noter que l'installation de ces plaques peut parfois susciter des débats. Certains peuvent y voir une forme de communautarisme ou une appropriation de l'espace public par un club sportif. Il est donc essentiel de trouver un équilibre entre l'expression de la passion pour le football et le respect de l'espace public.
Le geste sportif et sa protection juridique
Le geste sportif est un mouvement technique, le plus souvent improvisé et réalisé à l’instinct, permettant d’accomplir une performance physique et, le cas échéant, de créer une différence dans le jeu. Alors que de nouveaux types de NFT font leur apparition, se pose la question de la protection juridique du geste sportif ou, plus précisément, de sa patrimonialisation, c’est-à-dire de sa capacité à donner prise à des droits privatifs opposables aux tiers.
Lorsqu’un sportif réalise ou démocratise un geste en particulier, le public a tendance à l’identifier à travers ce geste. Cette association peut d’ailleurs s’avérer si forte que le geste ne peut plus être identifié autrement qu’en ayant recours au nom du sportif qui en est à l’origine (Madjer, Fosbury, Panenka). Les nord-américains utilisent même le terme de « signature move » (geste signature) pour évoquer le lien indissociable qui existe entre un athlète et le geste qui lui est propre.
Depuis la réforme dite du « Paquet marque » transposée en droit national par Ordonnance du 13 novembre 2019, il est notamment possible de procéder au dépôt d’une marque de mouvement (sous format MP4 ou JPEG), laquelle est définie par l’Institut National de la Propriété Industrielle comme « un signe qui consiste en un mouvement ou un changement de position des éléments qui composent la marque« .
A titre d’exemple, Usain Bolt a saisi l’office américain USPTO d’une demande de protection d’un logo portant sur le geste qui l’a rendu célèbre à l’issue de ses courses victorieuses (jusqu’à le personnifier) : la foudre esquissée au moyen de ses bras (« a man in a distinctive pose, with one arm bent and pointing to the head, and the other arm raised and pointing upward« ).
Le sprinter à la retraite est par ailleurs titulaire d’une marque de l’Union européenne portant sur sa silhouette en noir et blanc, déposée en novembre 2009 et dûment renouvelée en 2019, pour désigner notamment des vêtements en classe 25.
D’autres célèbres silhouettes de sportifs ont également été enregistrées à titre de marque, à l’instar du logo « jumpman » qui reprend celle - en noir et blanc - de Michael Jordan. On songe également à la silhouette de Kylian Mbappé effectuant l’une de ses célébrations (bras croisés contre son torse et les deux pouces levés) qui a été déposée à titre de marque de l’Union européenne pour de nombreux produits (dont des chaussures de sport et des vêtements) concomitamment à son transfert au PSG, en août 2017. Le droit des marques représente ainsi un outil pour le moins efficace pour assurer la patrimonialisation du geste sportif dans ses aspects élémentaires.
En théorie, il n’existe aucune opposition de principe à accueillir le geste sportif parmi les créations protégeables par le droit d’auteur. L’article L.112-1 du Code de la propriété intellectuelle rappelle d’ailleurs que le genre, la forme d’expression ou encore le mérite ne sont pas des critères à prendre en considération. Il n’en reste pas moins que, pour être protégé au titre du droit d’auteur, le geste sportif doit notamment pouvoir être considéré comme artistique.
Il s’agit là d’un obstacle potentiellement difficile à surmonter, dès lors que - par nature - le geste sportif est avant tout un geste technique, apportant une réponse sportive à une situation de jeu nécessitant une intervention de l’athlète pour atteindre un objectif. Le geste sportif s’inscrit de plus dans un contexte sportif contraint et soumis aux règles de la compétition : de telles contraintes techniques et sportives permettent-elles toujours de laisser place à un parti pris esthétique ?
Finalement, le principal coup à la protection du droit d’auteur a peut-être été porté par la Cour de justice, siégeant en grande chambre, aux termes d’un arrêt du 4 octobre 2011 (affaire Murphy). Elle y a dit pour droit que « les rencontres sportives ne sauraient être considérées comme des créations intellectuelles (…). Dans le même temps, la Cour de Justice s’est alors empressée de souligner que les Etats membres ont parfaitement la possibilité d’accorder aux manifestations sportives une « protection comparable à la protection des œuvres« .
Pour se prémunir de toute difficulté, les organisateurs des manifestations sportives feront certes signer aux sportifs un contrat de cession de leurs droits d’auteur, mais la validité de te...