L’équipe de France de handball, rajeunie et privée de plusieurs cadres, a battu avec application l’Italie (38-28), ce samedi 1er novembre 2025, en amical à Pau pour son dernier match de 2025 et premier de la saison.

Illustration. (Photo Nicolas Créach)
Match Amical : France - Italie (38-28)
Les Bleus n’auront en effet pas d’autre rendez-vous avant les deux programmés juste avant l’Euro (14 janvier-1er février en Norvège, Suède et au Danemark), les 9 (Autriche) et 11 janvier (Islande ou Slovénie) à La Défense Arena. Si loin de l’échéance, et en l’absence de plusieurs habitués (Dika Mem, Dylan Nahi, Yannis Lenne, Julien Bos, Karl Konan), difficile de tirer de véritables enseignements.
Mais les joueurs de Guillaume Gille ont été sérieux pendant une heure face à un adversaire en pleine progression, qualifié pour le tour principal du Mondial 2025 et, en janvier à venir, pour son premier Euro depuis 1998. L’équipe de France a été gênée une vingtaine de minutes par les Italiens, notamment leur défense étagée, et a dû creuser l’écart (15-11, 24’) à l’entrée du duo nantais composé de Thibaud Briet (5/5) et Aymeric Minne (6/7).
En seconde période, Gille a fait tourner, offrant sa première sélection à l’ailier gauche de Saint-Raphaël Drévy Paschal, passé à un tir du sans-faute (3/4). Et du temps de jeu à deux joueurs capés pour la première fois au printemps, l’arrière droit du Dinamo Bucarest Tom Pelayo (1/1) et le défenseur du PSG Wallem Peleka. Charles Bolzinger en a surtout profité pour signer un festival dans le but (occupé par Rémi Desbonnet en première période), avec huit arrêts sur vingt tirs reçus.
Préparation pour le Championnat du Monde 2025
En vue du Championnat du monde qui débutera le 14 janvier, le sélectionneur de l'équipe de France masculine Guillaume Gille a convoqué 22 joueurs pour un deuxième stage de préparation. Une liste qui comprend Elohim Prandi et Benjamin Richert.
Après une liste de 18 joueurs pour un premier stage du 21 au 24 décembre, le sélectionneur Guillaume Gille a élargi son groupe. Ce lundi, le sélectionneur de l'équipe de France masculine de hand a convoqué 22 joueurs pour un stage de préparation en vue du Championnat du monde qui se déroulera en Croatie, au Danemark et en Norvège du 14 janvier au 2 février. Les joueurs se retrouveront à la Maison du handball (Créteil) le 2 janvier et enchaîneront ensuite sur le Tournoi de France 2025, prévu à Strasbourg.
Ils y affronteront la République tchèque et le Portugal (les 8 et 10 janvier). Par rapport à la liste dévoilée le 11 décembre pour le premier stage, Guillaume Gille a appelé en renfort Samir Bellahcene comme troisième gardien, Kentin Mahé, Benjamin Richert et Elohim Prandi.
Richert, l'ailier droit de Chambéry, honore ainsi sa première convocation avec les A, un choix justifié par le sélectionneur. « L'évolution de la blessure de Yanis Lenne justifie d'appeler un 3e ailier droit. C'est pourquoi, au regard de la qualité de ses performances depuis plusieurs saisons, j'ai sollicité Benjamin Richert » a-t-il expliqué.
Plusieurs joueurs convoqués reviennent de blessure et feront l'objet d'un programme particulier, a annoncé le staff des Bleus. En plus de Yanis Lenne, Hugo Descat (32 ans, genou droit), Kentin Mahé (33 ans, épaule gauche), Elohim Prandi (26 ans, tendon du coude gauche) et Dika Mem (27 ans, épaule droite) seront surveillés de près.
Les Joueurs Convoqués
Ce mardi, le sélectionneur des Bleus a communiqué une liste de 18 joueurs pour le premier stage de préparation, du 21 au 24 décembre à la Maison du Handball de Créteil (Val-de-Marne), qui ne correspondra sans doute pas tout à fait au groupe pour la compétition.
Dika Mem, opéré de l'épaule droite il y a trois semaines, en fait partie, tout comme Hugo Descat et Yanis Lenne, actuellement blessés eux aussi. « Nous avons souhaité les associer afin d'imaginer la suite à donner à leurs blessures pour envisager les prochaines étapes qui devront les amener à un retour sur le terrain », indique Gille.
La participation au Mondial de l'arrière droit star du Barça reste cependant très incertaine et Gille a rappelé le Nantais Julien Bos, qui n'a pas encore disputé de grande compétition avec les Bleus (mais pas Tom Pelayo, le meilleur buteur du Championnat de France avec Dunkerque). Mathieu Grébille aussi est remobilisé, dans l'éventualité d'un forfait de Descat sur l'aile gauche.
Les champions d'Europe 2024 Elohim Prandi (épaule), Kentin Mahé (épaule) et Timothey N'Guessan (choix) ne figurent en revanche pas dans la liste. Le communiqué fédéral précise cependant que Prandi « effectuera la semaine prochaine, sous la conduite de son club (le Paris-SG), des examens de contrôle qui conditionneront son calendrier de reprise », laissant la porte entrouverte à un éventuel retour.
Samir Bellahcene ne participera pas à ce stage car son club de Stuttgart affronte Rhein-Neckar en Bundesliga le 23 décembre. Le gardien devrait revenir pour le deuxième stage de préparation, toujours à Créteil du 1er au 7 janvier. De même, Dylan Nahi et Benoît Kounkoud (Kielce, Pologne) n'arriveront au stage que le 22 décembre et Romain Lagarde (Aix) le 23, car ils joueront la veille en Championnat.
Les Bleus disputeront deux matches de préparation à Strasbourg, le 8 janvier contre la République tchèque et le 10 contre le Portugal. Ils entreront en lice dans le Championnat du monde le 14 janvier à Porec (Croatie) contre le Qatar, le début de l'opération rachat après leur flop en quarts de finale des JO de Paris.
Les 18 joueurs français convoqués :
- Gardiens de but : Charles Bolzinger (Montpellier), Rémi Desbonnet (Montpellier).
- Arrières gauches : Thibaud Briet (Nantes), Romain Lagarde (Pays d'Aix).
- Demi-centres : Aymeric Minne (Nantes), Nedim Remili (Veszprem/HON).
- Arrières droits : Julien Bos (Nantes), Dika Mem (Barcelone/ESP), Melvyn Richardson (Barcelone/ESP).
- Pivots : Ludovic Fabregas (Veszprem/HON), Luka Karabatic (Paris-SG), Karl Konan (Montpellier), Nicolas Tournat (Nantes).
- Ailiers gauches : Hugo Descat (Veszprem/HON), Mathieu Grébille (Paris-SG), Dylan Nahi (Kielce/POL).
- Ailiers droits : Yanis Lenne (Montpellier), Benoît Kounkoud (Kielce/POL).
Mondial 2025 : Défaite en Demi-Finale contre la Croatie
L’équipe de France avait rendez-vous en enfer pour sa demi-finale du Mondial, jeudi 30 janvier, face à la Croatie. Un enfer brûlant comme l’atmosphère dégagée par les 15 000 spectateurs amassés dans l’Arena Zagreb, la salle omnisports où s’étaient déjà affrontées ces deux nations fortes du handball.
Vainqueurs des Bleus (31-28) au terme d’un match d’une rare intensité, les Croates s’ouvrent les portes de la finale, qu’ils iront disputer, dimanche 2 février, à Oslo, en Norvège, contre le Danemark, champion en titre, ou contre le Portugal. Le sélectionneur français, qui, lui, avait goûté à la victoire, en tant que joueur, dans cette même Arena Zagreb, en finale du Mondial 2009 contre la Croatie, avait prévenu : « Je m’attends à un match de très haut niveau quand je vois la démesure de l’investissement émotionnel des Croates depuis le début de la compétition, la passion autour de cette équipe où ils vont puiser leur énergie ».
Guillaume Gille ne s’est pas trompé, et la passion n’a jamais faibli dans les travées de l’enceinte sportive, où le public a entonné des « Viva Croatia », « Kuzma, Kuzma » en hommage à Dominik Kuzmanovic, le gardien croate auteur de nombreux arrêts décisifs ou encore « Dovidenja » (« Au revoir ») à l’attention des Français qui ont presque tout raté, jeudi soir, alors que tout a souri à leurs adversaires.
Devancé au score dès les premiers instants du match, comptant jusqu’à dix points de retard vers la demi-heure de jeu, le groupe mené par Ludovic Fabregas a réagi en deuxième période, revenant « sur les talons des Croates » selon la formule de Guillaume Gille, sans pour autant parvenir à égaliser. La seule mèche allumée par les Bleus, Aymeric Minne, s’est vite éteinte avec son exclusion sur carton rouge.
« On avait besoin de sa vivacité, de sa puissance. J’ai l’impression qu’il aurait pu être notre déclic ce soir, mais les arbitres en ont décidé autrement », retient Nedim Remili. Et de s’interroger : « Comment revient-on de l’enfer ? »
Les Bleus à la Recherche d’un Nouvel Équilibre
Ces douze derniers mois ont eu des allures de chemin de croix pour l’équipe de France. En janvier 2024, elle débutait l’année de la meilleure des manières en remportant, dans une ambiance déjà chahutée, à Cologne, en Allemagne, le titre continental, qui plus est face au pays qui domine depuis plusieurs années la discipline, le Danemark.
Six mois plus tard, les champions d’Europe sortaient par la petite porte du tournoi olympique, éliminés en quart de finale par l’Allemagne sur une bévue dans les ultimes secondes du temps réglementaire de Dika Mem, pourtant meilleur buteur de la rencontre. Depuis, à l’instar de ce joueur au talent immense - il reste le meilleur buteur tricolore de ce Mondial, et demeure, avec 136 sélections, l’un des leaders incontestés du groupe - l’équipe de France offre deux visages.
Ce fut le cas, jeudi, contre la Croatie, avec des Bleus résignés en première période, puis sonnant la révolte au retour du vestiaire. « C’est une nouvelle équipe, avec la nécessité pour ce groupe de trouver de la stabilité », a analysé Guillaume Gille dans les coulisses de l’Arena Zagreb. « Elle avance, assure-t-il, même si aujourd’hui ce n’était pas suffisant pour faire vaciller la Croatie ».
La fin des Jeux olympiques a coïncidé en effet avec la fin de carrière de trois joueurs centraux du groupe entraîné depuis 2020 par Guillaume Gille : Nikola Karabatic, Vincent Gérard et Valentin Porte. Les Bleus sont à la recherche d’un nouvel équilibre, et ouvrent grand les portes à des joueurs laissés jusqu’ici dans l’ombre, dont les Nantais Aymeric Minne et Thibaud Briet.
La transmission du brassard de capitaine de Luka Karabatic - désormais vétéran ou « grand sage », salue son partenaire en défense, Karl Konan - à sa demande, à Ludovic Fabregas, ne relève pas seulement du symbole. Elle illustre le nouveau chapitre que cette équipe rajeunie souhaite écrire dans le livre déjà volumineux des exploits du handball français.
« C’est notre première compétition internationale avec des responsabilités redéfinies, a plaidé Ludovic Fabregas après la rencontre, le visage encore rougi par les coups au visage portés par les attaquants croates à l’agressivité débordante. Nous sommes en reconstruction. »
Reconstruction tactique, et psychologique pour une autre part. A l’initiative de l’encadrement technique, un préparateur mental travaille depuis 2024 auprès des Bleus, Pierre Arthapignet. Dans un entretien accordé à plusieurs médias français, le 28 janvier, il est revenu sur l’élimination de la France aux JO : « Il n’est pas évoqué consciemment, explicitement, mais on peut bien penser que, dans les arrière-pensées de chacun, il y a effectivement le souvenir assez récent du quart de finale loupé, et que chacun a à cœur de ne pas renouveler l’expérience (…) l’échec des Jeux a été quand même un microtraumatisme qu’il fallait absolument travailler, neutraliser ».
Vers une Révolution du Handball Français ? - Bilan Mondial 2025
Le parcours de l’équipe de France au début du Mondial a laissé supposer que les Bleus avaient dépassé cet épisode, qu’ils avaient retrouvé la fluidité de jeu qui leur avait fait défaut pendant le tournoi olympique. Mais le tirage au sort très favorable, les plaçant dans une partie de tableau sans aucun adversaire de leur rang, s’est révélé un cadeau empoisonné.
Vainqueurs de tous leurs matchs de phases de poule, avec au moins sept buts d’écart, les sextuples champions du monde n’ont pas pu évaluer leur exact niveau. Leur premier match couperet, en quart de finale face à l’Egypte, s’est transformé en une partie étouffante et indécise, finalement remportée sur un tir audacieux de Luka Karabatic à trois secondes de la fin de la rencontre.
Au sortir de ce match déjà compliqué, Karl Konan voulait retenir « la résilience de l’équipe [de France]. Malgré les rotations, malgré mon carton rouge, le groupe a pu combler et faire preuve de solidarité ».
Vendredi, les Bleus vont de nouveau mettre à l’épreuve leur capacité à surmonter les traumatismes, avec l’objectif de remporter, dimanche, à Oslo, la médaille de bronze du Mondial, privés du jardin d’Eden auquel ils aspiraient.