L'histoire du basketball en noir et blanc: des origines à l'icône culturelle

Lorsqu’on pense aux premiers rebonds de la balle orange chez les Afro-américains, c’est à Washington et à New York que nos regards se portent. Parce que ces métropoles sont les principaux foyers de développement du basket-ball au sein de cette communauté, et parce que ce sont sur les équipes liées à ces villes que l’on trouve le plus de documentation.

Avant même que James Naismith ne sorte de son chapeau le basketball, la dynamique raciale à Chicago va avoir son impact sur la manière dont la balle orange va être adoptée par la communauté afro-américaine. De l’interdiction de “l’immigration nègre” inscrite dans la constitution de l’Illinois en 1848 à la première vague de la Grande Migration qui va faire gonfler la population afro-américaine à Chicago, en passant par la réforme de l’éducation en 1874 pour que l’école soit intégrée, la ville bouge, évolue.

Dans une société encore gangrénée par la ségrégation - qui est présente également dans le Nord, même si elle se manifeste autrement que dans le Sud - l’arrivée de plus d’Afro-américains dans la ville crée des tensions et divise Chicago : Noirs d’un côté, Blancs de l’autre. Tous les pans de la vie sont impactés par cette séparation raciale plus ou moins perméable selon les périodes et les domaines.

Quand on évoque Chicago et la balle orange, les premières images qui viennent en tête sont celles des Bulls, avec en particulier un certain Michael Jordan qui a mis la franchise et la ville au sommet de ce sport dans les années quatre-vingt-dix. D’autres joueurs ont aussi exporté le basket-ball made in Chicago, comme Anthony Davis ou Derrick Rose, ainsi que Isiah Thomas si on remonte le temps.

Car si Chicago offre plus d’opportunités que les États sudistes pour les Afro-américains, cela ne signifie pas que l’égalité y est de mise. Certes, le système Jim Crow ne règle pas la vie à Chicago, mais les relations sociales sont tout de même bien héritées des black codes, ces lois qui limitent les droits des Afro-américains.

Face à cette ségrégation, des quartiers comme Bronzeville (South Side) deviennent des centres de la culture noire, abritant des clubs de jazz, des théâtres et des entreprises appartenant à cette communauté. C’est ainsi que se structure, s’émancipe, la culture urbaine afro-américaine aux seins des différents clubs et centres sociaux. Et que dans ces différents regroupements, le sport se développe pour cette communauté.

La NBA a célébré à sa manière le Martin Luther King Day en programmant, la nuit dernière, douze rencontres à travers les USA. Aucune ligue ne marque autant ce jour férié que la NBA, qui doit beaucoup à sa culture afro-américaine. Pourtant jusqu’en 1950, les basketteurs noirs étaient interdits de parquet outre-Atlantique.

Mais le basket n’était pourtant pas un sport 100 % blanc à l’époque. Beaucoup de noirs le pratiquaient déjà puisque la discipline avait été introduite dans les quartiers en 1904. Les leaders des communautés noires urbaines ont vite compris que le basket pouvait contribuer au développement de la jeunesse, car c’était déjà un tremplin vers les universités.

Dans le jeu, les Black Fives ont développé un sens tactique et de la passe qui n’existait pas auparavant. John Wooden était plein d’admiration pour une équipe en particulier : les Harlem Renaissance. Celle-ci remporta d’ailleurs le premier championnat du monde entre des équipes blanches et noires, en 1939. C’est une équipe légendaire.

Les équipes qui marchaient le mieux s’achetaient un bus, puis partaient à travers le pays, comme en tournée ! S’ils jouaient contre une équipe blanche, il ne fallait pas qu’ils les battent de trop, c’est pour cela qu’ils faisaient beaucoup de passes.

La ségrégation restait de mise au niveau des équipes, mais il y avait des rencontres mixtes. Ceci dit, les arbitres et le public étaient blancs, et le climat était parfois tendu. Mais cela a contribué à casser des barrières, car vous aviez un public blanc qui venait voire jouer des joueurs noirs.

Les paniers de basket que nous connaissons ont pour origine des paniers utilisés lors de la récolte de pêches. James Naismith était un jeune diplômé de 31 ans qui enseignait l’éducation physique à la International YMCA Training School, connue aujourd’hui sous le nom de Springfield College, située à Springfiled dans le Massachusetts.

En hiver, les étudiants furent forcés de se confiner à l’intérieur pendant plusieurs jours en raison d’une tempête en provenance de la Nouvelle-Angleterre. Les étudiants avaient pour habitude de pratiquer la marche, la callisthénie ou la gymnastique aux agrès mais ces pratiques n’étaient pas aussi appréciées que celles pratiquées au cours des saisons plus douces comme le football américain ou la crosse.

M. Naismith souhaitait inventer un jeu simple à comprendre mais assez complexe pour tenir les joueurs en haleine. Il devait pouvoir se jouer en intérieur et collectivement. En outre, il devait permettre aux élèves de se dépenser sans demander autant d’effort physique que le football américain, le football ou le rugby, qui présentaient des risques de graves blessures s'ils étaient pratiqués en intérieur.

M. Naismith s’adressa au concierge de l’université en espérant trouver deux boîtes carrées afin d’en faire des buts. En lieu et place, le concierge lui rapporta deux paniers de récolte de pêches. James Naismith accrocha les deux paniers à la balustrade du gymnase de part et d’autre de la salle. Les deux paniers étaient ainsi suspendus à 3 mètres environ. Les étudiants devaient donc jouer collectivement afin de faire rentrer le ballon dans le panier de leur équipe. Une personne était postée à chaque extrémité du balcon pour récupérer le ballon dans le panier et le remettre en jeu.

Le premier match disputé entre élèves donna lieu à une bagarre. « Les garçons [ont commencé] à se battre et à se donner des coups dans le ventre, la rencontre [s'est soldée] par une mêlée générale au beau milieu du gymnase sans que je puisse les séparer », témoigna M. Naismith en janvier 1939 au cours d'une émission de radio diffusée sur la station WOR à New York nommée We the People.

« Un des garçons [a été] assommé. Plusieurs autres avaient des yeux au beurre noir et l’un d’entre eux s’est déboîté l’épaule. Après ce premier match, j’avais peur qu’ils s’entretuent mais ils [ont insisté] pour que je les laisse disputer un autre match alors j’avais imposé de nouvelles règles. »

Les modestes prémices du seul sport professionnel à avoir vu le jour aux États-Unis établirent les bases de ce qui représente aujourd’hui une activité qui engrange plusieurs milliards de dollars. Le Championnat NCAA, connu également sous le nom de « March Madness », organisé par la National Collegiate Athletic Association (NCAA) rassemble les soixante-huit meilleures équipes universitaires sur les plus de mille équipes qui existent aujourd’hui.

James Naismith ne rédigea pas toutes les règles en une seule fois. Il continua de les modifier pour arriver à ce que l'on appelle les « 13 règles originelles ». Certaines d’entre elles figurent encore dans les règles du jeu contemporain. Les règles du jeu originelles rédigées par M. Naismith furent vendues aux enchères en 2010 pour 4,3 millions de dollars.

Le premier match de basket-ball disputé face à un public se tint au gymnase de la International YMCA Training School et fut retranscrit par le Springfield Republican le 12 mars 1892. Les professeurs affrontèrent les élèves. Près de deux-cents spectateurs firent le déplacement pour découvrir ce nouveau sport dont ils n’avaient jamais entendu parlé. L’article publié dans le journal louait « l’agilité » des professeurs mais la « méthode » des étudiants leur assura la victoire, 5 à 1.

La popularité du sport émergeant grandit en quelques semaines. Des étudiants d’autres universités introduisirent ce jeu au sein de leurs associations. Les règles originelles furent imprimées dans le journal universitaire et envoyées aux autres associations de jeunesse du pays. Au vu de la grande variété de nationalités représentées au sein des universités, le sport fut également introduit dans de nombreux pays étrangers.

Les lycées commencèrent à mettre en place ce nouveau jeu et en 1905, le basket-ball fut reconnu comme sport d’hiver permanent.

En 1892, moins d’un an après la création du sport, Senda Berenson, professeure de gymnastique au Smith College, présenta ce nouveau jeu dans les équipes féminines d’athlétisme. Le premier match féminin interuniversitaire répertorié fut disputé en 1896 entre l’université de Stanford et l’université de Californie à Berkeley.

Le sport gagnant en popularité, il attira l’attention du comité olympique et fut introduit en guise de sport de démonstration aux Jeux Olympiques à Saint Louis en 1904. Il fallut attendre 1936 pour que cette discipline soit considérée comme un sport officiel et 1976 lors de la 21e olympiade de l’ère moderne à Montréal pour que le basket-ball féminin soit représenté dans les Jeux.

À mesure que le sport se répandait, des ligues professionnelles commencèrent à se former dans tous les États-Unis. Les fans de basket-ball encourageaient les jeunes équipes de leur ville natale. Formée en 1898, la première ligue professionnelle fut la National Basketball League (NBL). Elle était composée de six équipes du nord-est. Après avoir concouru pendant cinq ans, la ligue se sépara en 1904. Trente-trois ans plus tard, en 1937, elle fut reformée - avec un système de financement bien différent avec Goodyear, Firestone, et General Electric comme propriétaires - et composée de treize équipes.

Si les ligues de sport professionnelles attiraient l'attention de tout le pays, le basket-ball universitaire occupait lui aussi une place importante. Le premier Championnat NCAA se tint en 1939 à l’université Northwestern où huit équipes s’affrontaient. Le premier champion national de basket-ball universitaire fut l’équipe de l'université de l'Oregon.

À l'instar de la majorité du territoire américain des années 1900, le basket-ball faisait l’objet d'une ségrégation. Ce n'est qu’en 1950 que le sport devint inclusif avec l’intégration de Chuck Cooper à l’équipe de Boston Celtics. Avant la sélection de Cooper, il existait des groupes d’équipes noires dans tout le pays que l'on appelait les « Black Fives » en référence aux cinq joueurs titulaires dans la composition d'une équipe de basket-ball.

Les équipes prospéraient à New York, Washington, D.C., Pittsburgh, Philadelphie, Chicago et dans d'autres villes où la population afro-américaine représentait une part importante de la population. Les joueurs étaient amateurs, semi-professionnels et professionnels.

Le logo Air Jordan est bien connu dans le monde du sport, et en particulier dans le domaine du basketball. Cette emblème, qui représente une silhouette de Michael Jordan en plein saut, est non seulement reconnaissable, mais a également une histoire riche et intéressante.

La marque Air Jordan a été créée par Nike pour le célèbre basketteur Michael Jordan. Le logo est apparu pour la première fois en 1984, après qu'un contrat a été signé entre Michael Jordan et Phil Knight, le co-fondateur de Nike.

Michael Jordan a joué un rôle essentiel dans la création de la marque. En effet, un an après la signature du contrat, Jordan est apparu pour la première fois dans ses baskets de marque personnelle.

Le concept du logo appartient à Tinker Hatfield. L'emblème, appelé « Jumpman », est une image stylisée de Michael Jordan dans des baskets Nike. Le surnom du logo est donné spécifiquement parce qu'il signifie « sauteur ».

L’athlète est capturé lors d'un saut historique lors d'un match décisif. Michael Jordan lui-même a admis qu'il n'a pas pensé à la pose, mais a simplement joué. Le résultat a été une prise de vue spectaculaire d’une photographie prise de dos.

Au fil des ans, le logo Air Jordan a subi de nombreuses transformations et est passé des baskets à d'autres types d'articles de sport.

En plus des chaussures, le logo Air Jordan est maintenant présent sur une gamme variée d'équipements de sport, notamment le basketball, la boxe, la lutte et le football, ainsi que sur des vêtements.

Avant le logo Jumpman, il y avait un autre logo représentant un joueur de basket-ball en plein essor, mais avec des ailes. Ce symbole aérien a été créé par Peter Moore et est devenu le prototype du logo moderne.

Le logo Air Jordan est unique en ce qu'il ne contient aucune inscription. Les designers se sont concentrés sur la silhouette du basketteur. Le logo Jumpman est entièrement noir sur un fond blanc, ce qui le distingue de la photo originale et rend l'identification visuelle de la marque distinctive et indépendante.

La simplicité du logo en noir et blanc a été un choix délibéré pour faire la distinction entre la photo réelle et le logo, renforçant ainsi l'identification visuelle de la marque.

Michael Jordan possède le logo Jumpman. Le logo est ainsi nommé car il représente la silhouette d’une personne en plein saut.

Le logo Air Jordan présente le légendaire basketteur Michael Jordan. Il s'agit d'une vraie photo de lui prise par Jacobus Rentmeester, un rameur olympique des Pays-Bas, et publiée en 1984 dans le magazine LIFE.

Jacobus Rentmeester, surnommé "Co" ou "Ko", est un rameur hollandais devenu photojournaliste.

Le logo Air Jordan est devenu une icône du monde sportif, représentant non seulement l'homme et l'athlète qu'est Michael Jordan, mais aussi symbolisant la détermination, la réussite et l'ambition. Son histoire est aussi fascinante que l'image qu'il représente, un témoignage de la puissance de la marque et de l'influence du sport sur la culture populaire.

Les règles originelles du basketball

  1. Le ballon peut être lancé dans n'importe quelle direction d'une ou deux mains mais jamais avec le poing.
  2. Le joueur ne peut pas courir en tenant le ballon. Le joueur doit le relancer de l'endroit où il le récupère.
  3. Il est interdit de donner des coups d'épaule, de tenir, de pousser, de faire tomber ou de frapper de quelque manière que ce soit un adversaire. La première violation de cette règle compte comme une faute. La seconde exclut le joueur du terrain jusqu'au prochain panier. Si l'intention du joueur commettant la faute était de heurter, le joueur peut être disqualifié pour le reste de la partie.
  4. L'arbitre de touche jugera les joueurs, notera les fautes et sera habilité à disqualifier des joueurs.
  5. L'arbitre en chef sera juge du ballon, devra décider s’il est dans les limites du terrain, à quel camp il appartient et il devra également surveiller le temps écoulé dans la partie. C'est lui qui accorde les paniers et qui doit tenir compte des points inscrits.
  6. Si une équipe commet trois fautes consécutives, un panier sera compté pour les adversaires.
  7. Un point est marqué quand le ballon est envoyé dans le panier depuis le sol et y demeure. Si le ballon reste en équilibre sur le bord du panier et que les défenseurs bougent le panier, on comptera le point.
  8. Lorsque le ballon sort des limites, il devra être remis sur le terrain et joué par le premier joueur qui le touche. Le joueur chargé de la remise en jeu dispose de 5 secondes ; s'il dépasse ce délai, le ballon change de camp. En cas de litige, l’arbitre de touche relance la balle sur le terrain.
  9. Si une équipe retient le ballon volontairement pour gagner du temps, l'arbitre de touche pénalise l'équipe d'une faute.
  10. La durée d'une partie sera de deux mi-temps de 15 minutes, avec une pause de 5 minutes entre elles. L'équipe marquant le plus de points dans ce temps sera désignée vainqueur. En cas de match nul, le jeu pourra être prolongé jusqu'à inscription d'un nouveau point.

Les Black Fives : Pionniers du basketball afro-américain

Bien avant que la NBA ne devienne le bastion de talents afro-américains que nous connaissons aujourd'hui, les "Black Fives" ont tracé la voie, défiant la ségrégation et établissant une riche tradition de basketball dans les communautés noires à travers les États-Unis. Ces équipes, composées de cinq joueurs afro-américains, ont prospéré à une époque où l'accès aux ligues et aux installations sportives étaient limités pour les personnes de couleur.

Les Black Fives ont non seulement prouvé leur talent sur le terrain, mais ont également contribué à briser les barrières raciales et à ouvrir des portes pour les générations futures de basketteurs afro-américains. Leur héritage perdure aujourd'hui, rappelant l'importance de l'inclusion et de l'égalité dans le sport.

ÉquipeVilleAnnées d'activitéFaits marquants
Harlem RenaissanceNew York1923-1949Champions du monde en 1939, équipe légendaire pour son jeu de passes et sa tactique.
Washington 12 StreetersWashington, D.C.Années 1910-1920Parmi les premières équipes afro-américaines à se distinguer.
Chicago CrusadersChicagoAnnées 1930-1940Représentaient la communauté noire de Chicago avec fierté.

Black Fives Story: Hank DeZonie

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