Philippe Colson, une figure marquante dont la carrière éclectique a traversé les domaines du sport, de la communication et de l'engagement territorial, est décédé le jeudi 15 août à l'âge de 70 ans au CHRU de Nancy. Marié à Catherine depuis près de 50 ans, il était le père d'Amandine et de Manuel, et adorait passer du temps avec son petit-fils Charlie.
Son parcours professionnel, riche et varié, témoigne d'une personnalité animée par la curiosité, l'enthousiasme et une profonde sincérité dans ses relations humaines. Cet article retrace son parcours, depuis ses débuts en tant que professeur d'éducation physique jusqu'à ses responsabilités au sein de collectivités territoriales, en passant par son implication dans le monde du sport et de la communication.

Un Professeur de Sport Devenu Acteur Clé du Développement Territorial
À l'origine, Philippe Colson était professeur d'éducation physique. Fils d'instituteur, il était initialement destiné à l'enseignement. Cependant, une rencontre professionnelle décisive l'a conduit à changer de voie. Il a intégré la direction départementale Jeunesse et Sport de la Meuse, puis a accepté la responsabilité du lac de Madine, proposée par Rémi Herment, dont il parlait toujours avec respect et affection.
« On a fait des choses fantastiques. C’est là que j’ai appris le métier. J’étais à la fois DRH, directeur de l’animation, directeur de tout. J’y ai mis une énergie folle. Partant du principe que l’événementiel est le plus efficace pour communiquer, j’ai fait venir le Tour de France et le Grand prix des Nations à Madine »
C'est à Madine qu'il a véritablement appris le métier, cumulant les rôles de DRH, directeur de l'animation et gestionnaire général. Son énergie et sa conviction que l'événementiel est un outil de communication puissant l'ont conduit à organiser des événements majeurs tels que le Tour de France et le Grand Prix des Nations.
Après avoir atteint ses objectifs de promotion du site, il est devenu directeur du Comité départemental du tourisme de la Meuse pendant sept ans. En 2002, il a donné une nouvelle orientation à sa carrière en rejoignant le Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, séduit par la personnalité de Michel Dinet.
Un Communicant Stratège au Service de l'Intérêt Général
Auprès de Michel Dinet, Philippe Colson a trouvé sa place dans un fonctionnement qui lui permet de construire un pont entre la réflexion et la réalité opérationnelle, l’action et son explication. Il est devenu directeur de la communication, mettant ses compétences au service des projets et des dossiers portés par le président du Conseil général. Son rôle consistait à anticiper, réagir et prévoir l'impact des informations et des communiqués.
« J’ai toujours aimé les relations publiques et le contact avec les gens. Dans ce job, il faut savoir anticiper, réagir, prévoir ce que va produire une information ou un communiqué. On fait part de notre sentiment aux élus mais on ne décide jamais ».
Cette expérience dans la sphère politique a été un enrichissement professionnel pour Philippe Colson. Il a observé Michel Dinet à l'œuvre, un homme qu'il décrit comme un constructeur exigeant, soucieux du résultat et de la construction concrète. Il a également travaillé aux côtés de Mathieu Klein, alors jeune directeur de cabinet adjoint, avec qui il a noué des liens forts.
En retrait, depuis qu’il a quitté la direction de la com’de l’institution, Philippe Colson a eu le temps de monter un projet professionnel. A 62 ans, ce Meusien de Tréveray, ex-prof de sport qui n’aura enseigné qu’un an, est toujours aussi slim et cycliste. Et il ne manque pas de projets d’avenir, liés à des amitiés, plus qu’à un plan de carrière prédéfini.
Son chemin professionnel éclectique découle moins d’un plan de carrière que de choix personnels qui reposent sur la satisfaction intellectuelle, la curiosité, l’enthousiasme, l’adhésion à des projets et la sincérité des rapports humains.
Aujourd’hui Philippe Colson est un stratège, un homme de relations publiques, un directeur de la communication qui s’engouffre passionnément et surtout fidèlement dans les sujets et les dossiers portés et défendus par Michel Dinet, le président du Conseil général de Meurthe-et-Moselle.
Une transversalité bien utile au président de l’Assemblée départementale sensible à l’engagement et à la loyauté de son collaborateur dont il apprécie le naturel solide, la fiabilité, le sérieux et la manière dont il livre aux médias la pensée présidentielle qu’il décortique avec la maîtrise de ceux qui ont l’étoffe technique et politique du rôle.
Passionné de Sport et Acteur du Développement du Handball
Fou de sport, Philippe Colson avait une préférence pour le vélo, qu'il ne pratiquait plus depuis son accident. Cependant, il restait passionné par le sport et entretenait des liens étroits avec ce milieu. Sa femme, Catherine Krumbholz, est la sœur d'Olivier Krumbholz, l'entraîneur de l'équipe de France féminine de handball.
Dans le domaine du handball, Philippe Colson s'est également investi dans le développement de ce sport auprès des jeunes. Il a notamment participé à la création d'un club de handball à Grisolles, intervenant dans les écoles pour initier les élèves à ce sport. Il a souligné les valeurs éducatives du handball, telles que l'esprit d'équipe, la maîtrise de soi et la convivialité.
La création d'un club de handball se profile à Grisolles avec la tenue d'une réunion préparatoire par Philippe Colson, conseiller technique fédéral du comité de Tarn-et-Garonne, qui avait à ses côtés Gilles Goron, adjoint au maire chargé des sports. Philippe Colson est déjà intervenu à l'école pour les classes de CE2, CM1 et CM2 à raison d'une heure par semaine, pendant six semaines. Ce sport, le plus titré de France, se joue par tranches d'âge, à partir de 6 ans. Il développe l'esprit d'équipe et une culture de groupe, la maîtrise de soi et permet aux jeunes de s'exprimer dans la convivialité.
En tant qu'entraîneur du Toulouse Féminin Handball (TFH), Philippe Colson a insufflé une énergie et une ambition nouvelles à l'équipe. Malgré le remaniement d'une partie du groupe, il a affiché un objectif clair : la remontée en division supérieure. Son expérience et son approche axée sur le collectif ont permis de créer une dynamique positive au sein de l'équipe.
« Je suis vraiment pressé et motivé. » Le nouvel entraîneur du Toulouse Féminin Handball (TFH) donne le ton d'une saison qu'il souhaite résolument passionnante. Débordant d'énergie et d'ambition, Philippe Colson a quitté le Grand Ouest un soir d'été pour relever le challenge toulousain. Plus habitué à la formation du pôle espoir de Loire-Atlantique, où il officiait depuis 1999, ce technicien a voulu revenir à ses premières amours. Histoire de « ne pas trop s'éloigner de la réalité du terrain ».
Reléguée en Nationale 1 en fin de saison dernière, la figure de proue locale du hand féminin n'a qu'un seul objectif en tête : la remontée. Malgré le remaniement d'une partie du groupe, les ambitions n'ont rien de démesurées. « 50 % de l'effectif a évolué par rapport à la saison dernière en plus de l'entraîneur. Il a donc fallu recréer un groupe et une ambiance. » Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les joueuses de coach Colson n'ont pas chômé depuis le 1er août. Deux stages de préparation pour neuf matchs amicaux. « Le but était de travailler sur le collectif pour que les filles trouvent des automatismes assez rapidement. » Bilan de cette préparation estivale : six victoires et trois défaites. « Les filles répondent formidablement bien à la charge de travail. Elles sont présentes dans le projet », poursuit le coach. Un plus indéniable dans un groupe comptant plusieurs étrangères. « Six nouvelles joueuses nous ont rejoints. » Ainsi, Alimata Dosso et Christine Sylva (deux internationales ivoiriennes), Julie Colin, Mégane Ballard (internationale américaine), Delphine Ducamin et Marie Olive pourront être alignées dès samedi soir aux Herbiers, en Vendée.
Finalement, il semblerait qu'il soit comme cela Philippe Colson. Sitôt arrivé, sitôt intégré.
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Hommages et Héritage
La disparition de Philippe Colson a suscité de nombreux témoignages d'affection et de reconnaissance. Il est décrit comme un homme souriant, déterminé et doté d'un vaste réseau. Il aimait aider les autres et mettre en avant les talents qui l'entouraient. Il a notamment collaboré avec Jean-Luc Demandre, le fondateur du spectacle « Des flammes à la Lumière », et a conseillé Jérôme Dumont, le président du département de la Meuse, et le sénateur Franck Menonville.
Dernièrement, il a préparé le passage de la flamme olympique dans la Meuse et suivi avec ferveur les JO de Paris 2024. Voir son beau-frère, Olivier Krumbholz emmener l’équipe de France féminine de handball en finale olympique pour la troisième fois consécutive a été son ultime grand bonheur sportif. Le reste se déroulait à la ferme d’Herbeauchamp, un gîte qu’il gérait aux côtés de Catherine. Avec toujours la même bienveillance que celle qu’il réservait à ses proches.
Passionné de sports et de politique, ayant le souci de faire briller le territoire, la collectivité et les élus, Philippe Colson, c’était un sourire, une détermination et un réseau. Dans l’ombre, Philippe Colson aimait avant tout aider et mettre en avant les autres.
Les obsèques de Philippe Colson se dérouleront à la salle polyvalente de Fresne-au-Mont le mercredi 21 août à 14 h 30.
PLONGÉ dans les pages de L’Est Républicain à la terrasse du Foy, il épluche le sport et la politique, deux de ses passions. C’était hier jeudi, le dernier jour de Philippe Colson au conseil départemental.
« Une envergure exceptionnelle, un monstre de travail. Exigeant, et qui m’a appris la remise en cause permanente. Mais toujours avec un respect immense de l’homme et de l’autre ».
C’est toujours en 2002 qu’il serre la main pour la première fois de Mathieu Klein, 30 ans, jeune dir’cab adjoint de Michel Dinet. « Ces deux-là, tout les opposait et tout les rapprochait. Au fond c’était les deux mêmes, une force d’entraînement incroyable, avec des caractères différents, Mathieu c’est une chance pour la Meurthe-et-Moselle. Il ferait un très bon maire de Nancy… ».
Philipe Colson n’a pas finir de dire ça, que Mathieu Klein, grand sourire, chemise ciel sous costard marine, traverse à grandes enjambées la Place Stanislas. À deux doigts de prendre un café avec son ex dir’com, il filera vers d’autres horizons… Comme Philippe Colson.
Depuis les forêts de son gîte de Fresnes-au-Mont en Meuse, qu’il gère avec Catherine Krumbholz son épouse, ex-prof de sport et sœur d’Olivier, le coach de l’équipe de France féminine de handball, Philippe Colson entame une seconde vie de consultant en communication. Il sourit : la formule est de Michel Dinet. Qui avait déjà tout compris.
| Période | Fonction | Lieu |
|---|---|---|
| Avant 1993 | Professeur d'éducation physique | Meuse |
| À partir de 1993 | Directeur de la base de Madine puis du Comité départemental de tourisme | Meuse |
| 2002-2016 | Directeur de la communication du Conseil départemental | Meurthe-et-Moselle |
| Après 2016 | Consultant en communication et gérant de gîte | Meuse |
| Entraîneur | Toulouse Féminin Handball (TFH) |