Le Paris Saint-Germain et l'Olympique Lyonnais entretiennent une rivalité historique qui ne déçoit jamais les fans de football. Chaque saison, la France vibre au rythme du Classico PSG-OM, de l’Olympico OM-OL ou encore du plus bouillant derby de France OL-ASSE. Autant de rivalités qui animent tellement notre championnat. Forgées par des décennies d’histoires, de matches d’anthologie et de buts mémorables, de déclarations de présidents ou d’entraineurs ces oppositions ont toujours un parfum particulier. Au milieu de tout cela, on retrouve le Paris Saint-Germain et l’Olympique Lyonnais.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Lyon et Paris, c’est une très vieille histoire. Avant le match de ce dimanche 13 décembre, Parisiens et Lyonnais se sont affrontés pas moins de 100 fois. Dès la première opposition des deux clubs en Première division (l’ancien nom de la Ligue 1), de grands joueurs étaient au rendez-vous. Les Rouge et Bleu pouvaient compter sur Jean Djorkaeff en défense, père d’un certain Youri, quand Jean-Louis Leonetti illuminait l’entrejeu parisien. Côté Gones, c’est le jeune Raymond Domenech, 19 ans à l’époque, qui gardait le couloir droit. Pendant ce temps-là, Fleury Di Nallo et Bernard Lacombe faisaient des merveilles sur le front de l’attaque. Dès lors, les matches entre le PSG et l’OL seront toujours l’occasion de voir de très bon talents. 17 novembre 1971, premier match officiel entre Lyon et le PSG.
À l'aube de ce choc de la 23e journée de Ligue 1, les statistiques parlent d'elles-mêmes. Dans les 15 dernières confrontations, le PSG s'est imposé 10 fois contre 4 pour Lyon. Seule 1 rencontre a abouti sur un match nul. Le match du 02/04/2023 où Lyon survit au Parc des Princes en s'imposant 1-0 reste dans les mémoires, tout comme le match d'anthologie du 13/01/2016 lors de la Coupe de la Ligue où le PSG s'est imposé malgré une forte résistance lyonnaise. Le 21/03/2012, lors d'une Coupe de France épique, Lyon a infligé une défaite 3-1 à Paris, prouvant que rien n'est jamais joué entre ces deux géants du football français.
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Un Tournant au Début du 21e Siècle
La rivalité entre ces deux clubs prend un nouveau tournant à l’aube du 21e siècle. Le 15 avril 2006, Lyon s’adjuge un cinquième titre consécutif de champion de France sans même jouer, profitant d’une défaite de Bordeaux face à Lille (3-2). Le soir même, les hommes de Gérard Houiller affrontent le PSG au Parc des Princes. Dans un match sans enjeu, le coach des Gones aligne son équipe-type et les Lyonnais se défont facilement des Parisiens (1-0) grâce à une reprise de la tête de Fred sur corner. Juninho, Malouda et consorts iront fêter leur titre dans les rues de Paris, aux côtés des 1.500 spectateurs ayant fait le déplacement. Côté parisien, la pilule est dure à avaler.
L'Ère des Investissements et des Piques
Il faut attendre 2011 et le rachat du PSG par des investisseurs qataris pour voir naître un nouvel enjeu entre les deux clubs. Avec le rachat du PSG en 2011 par les qataris un nouvel élément est entré en jeu dans cette rivalité. Depuis ce moment-là, Jean-Michel Aulas, président historique de l’Olympique Lyonnais, multiplie les piques à l’encontre de la nouvelle direction. Tweets corsés ou déclarations fracassantes dans la presse, Jean Michel Aulas ne fait que provoquer son homologue Nasser al-Khelaifi. Une rivalité sportive avant tout !
L’affrontement passe aussi par le terrain. Après avoir régné sans partage sur le championnat français entre 2002 et 2008, l’Olympique Lyonnais est l’équipe qui a le mieux résisté à l’hégémonie parisienne. Si les rencontres au Parc des Princes sont difficiles, l’OL sait se transcender à domicile et provoquer de belles surprises. Sur les 5 derniers déplacements de Paris au stade des Lumières (enfin, Groupama Stadium), Lyon l’a emporté par 3 fois. Et systématiquement sur le score de 2 buts à 1. Beaucoup de Lyonnais se souviennent encore du but salvateur de Memphis Depay dans le temps additionnel en 2018. Lancé sur son côté gauche, il élimine habilement Giovanni Lo Celso avant de repiquer dans l’axe. Il arme alors une frappe qui laisse Areola pantois.
C’est là que la rivalité entre Lyon et le PSG diffère d’une opposition classique. S’il y a donc bien une histoire et un enjeu sportif entre les deux clubs, il y a aussi beaucoup de respect. Et 2020 a marqué un réchauffement des relations entre les deux clubs, en particulier entre Jean-Michel Aulas et Nasser Al-Khelaïfi. Pendant le premier confinement, les deux présidents ont fait front commun face aux décisions prises par la LFP et son directeur général de l’époque, Didier Quillot.
«J’ai essayé de renouveler des liens de confiance avec les dirigeants du PSG pendant l’épidémie. Les réponses de Nasser ont souvent été positives. Il s’est engagé dans cette crise de manière permanente. Il a toujours été au feu. Seuls représentants français en Ligue des champions la saison passée, le PSG et l’OL se sont soutenus mutuellement lors du Final 8 à Lisbonne. Si l’OL s’est arrêté en demi-finale, le PSG est allé jusqu’en finale. Et s’il n’a pas réussi à accrocher la C1 à son palmarès cette fois-ci, Nasser pourra toujours se targuer d’avoir reçu des encouragements de la part de son homologue lyonnais quelques heures avant le match. Chose inimaginable il y a encore quelques années. En définitive, Paris et Lyon ont cette relation particulière, comme entre chien et chat. Redoutables adversaires sur le terrain mais aussi capables de s’allier quand il le faut. Si les divergences restent grandes entre les clubs, et qu’on n’est jamais à l’abri d’un tweet surprise de JMA, les boards parisiens et lyonnais ont cet amour commun pour le football français. Le Lumièrico restera donc un choc à part. Pas un derby, pas tout à fait une rivalité non plus. On parlera simplement de PSG-Lyon, un match qui, on l’espère, nous fera vibrer encore longtemps.
Les Transferts Féminins : Une Rivalité Exacerbée
Il y a quelques années, la gardienne polonaise du PSG, Katarzyna Kiedrzynek, alors titulaire du poste, avait été sollicitée pour rejoindre l'Olympique Lyonnais. Flattée par cet intérêt, la portière avait pourtant décliné. « Après toutes les années où nous nous sommes férocement affrontées, je ne pouvais tout simplement pas faire cela, avait-elle expliqué à Laczy nas Pilka, un média de son pays d'origine. J'ai vu mes coéquipières passer du PSG à Lyon et ça m'a toujours dégoûtée. » Si elle a résisté aux sirènes du plus grand club européen, les transferts entre les deux équipes ne sont pas rares et beaucoup de ses consoeurs ont eu beaucoup moins de scrupules à rejoindre le Rhône.
Ainsi, ce samedi soir, face aux joueuses de Paulo César, Jonatan Giraldez pourrait aligner un onze de départ avec pas moins de six ex-Parisiennes, soit plus de la moitié de son équipe. Si les transferts de cette année n'ont pas suscité trop de polémiques, les arrivées groupées de Jessica Houara-d'Hommeaux, Kenza Dali, Caroline Seger et Kheira Hamraoui, en juillet 2016, avaient créé des remous. Mais pas autant que les signatures de Vicki Becho et Alice Sombath, formées au PSG et alors âgées de 16 ans, mais qui avaient signé leur premier contrat pro avec l'OL en 2020. « Deux jeunes sont parties là-bas, mais des pros ont aussi été contactées, avait pesté Leonardo, alors directeur sportif du club parisien dans le JDD. Si ce sont des manières de faire, on va s'y mettre aussi. Avec les filles comme avec les garçons... »
Le coup de gueule de Leonardo n'a pas empêché le club lyonnais de continuer à faire ses emplettes dans les rangs de son meilleur ennemi : lors des trois dernières saisons, OL Lyonnes a, par exemple, vu débarquer Kadidiatou Diani puis Tabitha Chawinga, deux éléments forts du PSG, tandis que Griedge Mbock a rallié la capitale l'an passé. 26 d'entre elles ont déjà disputé un OL-PSG, toutes compétitions confondues, dans les deux équipes. (avec footoféminin)Ces chassés-croisés ont eu le mérite de contribuer à pacifier les relations entre les deux équipes. L'atmosphère autour du choc de l'Arkema Première Ligue est des plus cordiale.
« C'est une rivalité qui a été créée par vous, les journalistes, estimait jeudi Wendie Renard, la capitaine lyonnaise. On a toujours eu du respect pour cette équipe. » « Sur le terrain, il n'y a pas d'amitié, a pourtant prévenu Becho. « Depuis que je suis partie de Paris, je n'ai jamais eu l'occasion d'affronter le PSG, a souligné la championne olympique canadienne (JO de Tokyo, en 2020). Il y aura forcément un peu d'émotion, mais pendant le match, je saurai faire abstraction. Je ne sais pas si c'est facile, mais au moment où le match démarre, je ne pense qu'à tout donner pour le gagner parce que je suis une compétitrice. »
De son côté, Paulo César voit plutôt d'un bon oeil la présence d'autant d'ex-Parisiennes dans les rangs lyonnais. « C'est valorisant parce que là, on sait que la formation du Paris-Saint-Germain est forte, a souligné hier l'entraîneur parisien. Je ne vois que du positif. Elles sont parties là-bas parce qu'il y avait un choix à faire et des intérêts qui n'étaient pas ceux du PSG mais ceux des joueuses et des agents. On les respecte, mais il faut regarder ce que nous, on peut faire sur le terrain. » Et ce samedi soir, au Groupama, il imagine bien jouer un mauvais tour aux anciennes Parisiennes.
Joueuses ayant évolué dans les deux clubs:
| Nom |
|---|
| Alice Sombath |
| Amandine Henry |
| Ashley Lawrence |
| Aurélie Kaci |
| Camille Abily |
| Caroline Seger |
| Céline Deville |
| Christiane Endler |
| Delphine Blanc |
| Élise Bussaglia |
| Estelle Cascarino |
| Ève Périsset |
| Griedge Mbock |
| Gwenaëlle Pelé |
| Inès Dhaou |
| Jessica Houara-d'Hommeaux |
| Josephine Henning |
| Kadidiatou Diani |
| Katia Cilene Teixeira Da Silva |
| Kenza Dali |
| Kheira Hamraoui |
| Korbin Shrader |
| Laura Georges |
| Laure Lepailleur |
| Lindsey Heaps |
| Marie-Antoinette Katoto |
| Méline Gérard |
| Perle Morroni |
| Rosana Dos Santos Augusto |
| Sakina Karchaoui |
| Sara Däbritz |
| Sarah Bouhaddi |
| Saïda Akherraze |
| Shirley Cruz Traña |
| Signe Bruun |
| Sonia Bompastor |
| Tabitha Chawinga |
| Véronique Pons |
| Vicki Becho |