Paris FC Féminin en Ligue des Champions : Un Parcours Semé d'Embuches et d'Espoirs

La section féminine du Paris Football Club, créée en 2017 suite à l'absorption du Football Club Féminin Juvisy Essonne, poursuit son aventure en Ligue des Champions. Les Franciliennes avaient atteint pour la première fois de leur histoire la Division 1 en 1980, après neuf années passées à gravir les échelons régionaux de la Ligue de Paris Île-de-France.

Le club doit cependant attendre le début des années 1990, pour s'imposer comme un candidat sérieux au titre et ce malgré une place de finaliste de seconde division.

En 2023, elles participent pour la seconde année consécutive aux barrages de la Ligue des champions et réalisent l'exploit de se qualifier pour le deuxième tour face à Arsenal après un match nul 3-3 et une victoire aux tirs au but (4-3), éliminant l'équipe anglaise demi-finaliste de la compétition la saison précédente.

Puis elles se qualifient pour la phase de poules de la compétition phare du football européen en éliminant Wolfsburg, finaliste de l'épreuve précédente.

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Le Match Aller Face au Real Madrid : Une Défaite Encourageante

Le Paris FC s’est incliné 3-2 face au Real Madrid, lors du barrage aller de la Ligue des champions féminine. Malgré une météo capricieuse, Charléty avait répondu présent.

Portées par leur public, les coéquipières de Clara Mateo démarrent la rencontre tambour battant. Le pressing est haut, intense, et la défense madrilène est immédiatement mise sous pression.

C’est justement sur l’un d’eux que Kaja Korosec surgit et reprend le ballon de volée. Les Parisiennes, qui avaient ouvert le score rapidement grâce à une reprise de la Slovène Kaja Korosec à la réception d’un corner de Maëlle Garbino (1-0, 10ᵉ), se sont fait rattraper puis dépasser juste avant la mi-temps après des buts des Madrilènes Caroline Weir (39ᵉ) et Athenea del Castillo (2-1, 45ᵉ).

Devant au score, les Parisiennes continuent d’afficher de belles intentions mais concèdent progressivement la possession aux joueuses du Real Madrid. Le Real finit par revenir dans la partie.

Alors que les deux équipes semblent se diriger vers la pause sur ce score de parité, Athenea Del Castillo surgit et déclenche une frappe croisée qui trompe Mylène Chavas juste avant le temps additionnel (1-2).

Touchées mais loin d’être abattues, nos Parisiennes entament la seconde période avec détermination. Malgré un coup derrière la tête, elles repartent à l’assaut et multiplient les offensives pour revenir au score.

Sur coup franc, Océane Picard oblige la gardienne madrilène à une belle parade. Alors que le Paris FC pousse, le Real Madrid profite d’un fait de jeu inattendu.

La Colombienne Linda Caicedo a enfoncé le clou pour Madrid en fin de match (3-1, 83ᵉ), avant que Maeline Mendy, rentrée en jeu à la place d’Océane Picard, arrache la réduction du score juste avant le temps additionnel (3-2, 89ᵉ).

Nos joueuses ont du caractère. Entrée en jeu quelques minutes plus tôt, Maeline Mendy apporte un souffle nouveau. À la 88e minute, Clara Mateo récupère le ballon et sert parfaitement Mendy.

Relancées dans les dernières minutes, nos Parisiennes laissent entrevoir de belles promesses avant le match retour.

Il faudra néanmoins réaliser un exploit aux Parisiennes lors du match retour à Madrid mercredi prochain pour espérer se qualifier pour les quarts de finale de la C1 et y affronter le FC Barcelone, déjà qualifié.

Réactions et Perspectives

« L’espoir est permis. Il n’y a que 3-2 », a estimé la défenseuse Lou Bogaert au micro de La Chaîne L’Equipe. « C’était un match de haut niveau. La coach [Sandrine Soubeyrand] nous a [convaincu] de continuer comme ça, de rester unies, parce que l’union fait la force. On peut aller inscrire deux buts là-bas. »

L’équipe de Sandrine Soubeyrand, déjà sèchement battue en championnat par le Paris Saint-Germain (PSG) 3-0, a démarré le match tambour battant, dominant les Merengues dans les grandes largeurs, avant de baisser pavillon après l’égalisation madrilène de l’Ecossaise Weir, cinq buts inscrits en Ligue des champions cette saison.

Les débats se sont rééquilibrés en seconde période où la pluie s’est calmée. Totalement passées à côté de leur match défensivement lors du derby face au PSG le week-end dernier, Clara Mateo et ses partenaires ont montré un peu plus de solidité dans ce domaine, malgré les trois buts encaissés.

Ce qui entretient l’espoir tout de même pour le Paris FC, propriété de la famille Arnault et de Red Bull, en pleine construction, et qui affirme avoir déjà réussi sa saison européenne en s’extirpant de la phase de ligue.

Histoire et Évolution du Club

La pratique féminine du football à Juvisy-sur-Orge voit le jour peu de temps après la reconnaissance du football féminin par la FFF en mars 1970. À l'initiative de Florence Maréchal et Martine Micalaudis, filles et sœurs de joueurs de l'Étoile sportive de Juvisy (ESJ), une équipe de douze filles entraînées par Roger Micalaudi se forme au sein du club. Annie Fortems en est la première capitaine.

Après plusieurs mois sans matchs officiels, elles disputent leur première compétition lors de la saison 1971-1972 avec l'organisation du premier Championnat de Paris. Pour encadrer de plus en plus de joueuses et une équipe de plus en plus compétitive, Roger Micalaudis s'entoure assez rapidement de M. Quintaine et M. Sittler. Ce trio mène pendant dix ans l'ESJ au plus haut niveau.

En 1976, l'ESJ réalise le doublé Coupe de Paris / Championnat de Paris et se qualifie pour le Championnat de France pour la première fois.

Les premières années, les Juvisiennes ne parviennent pas à se qualifier pour les phases finales du championnat, mais trouvent le succès à l'international. En effet, elles glanent en 1979 le tournoi international de Bruxelles face à des équipes belges, hollandaises, allemandes et anglaises.

À la suite de cet exploit, les Juvisiennes sont invitées au tournoi international de Eindhoven/Braakhuisen, compétition qu'Annie Fortems et ses coéquipières remportent trois fois en trois participations.

En 1985, les féminines font scission avec l'Étoile sportive de Juvisy, qui tombe dans l'anonymat. Le Football Club Féminin de Juvisy (FCF Juvisy), club exclusivement féminin, est ainsi créé.

En 1986, le club retrouve le plus haut niveau national et ne le quittera plus. En 1992, le FCF Juvisy d'Aline Riera, Hélène Hillion et Sandrine Fusier décroche son premier titre de champion de France en battant en finale le Saint-Brieuc SC sur le score de 3 trois buts à 2.

Juvisy s'impose alors comme l'un des meilleurs clubs français en remportant par la suite cinq autres titres de champion de France et un Challenge de France en 2005. Il dispute la suprématie française avec le FC Lyon dans les années 90 puis également avec Toulouse dans les années 2000, avant que l'Olympique lyonnais reprenne le club lyonnais et s'impose largement au sommet français.

Ne s'appuyant sur aucune structure professionnelle masculine, le club développe son propre modèle pour performer au plus haut niveau. En lien avec la municipalité de Juvisy-sur-Orge, il développe l'idée du « double projet » pour que les joueuses puissent subvenir à leurs besoins. En parallèle de leur carrière sportive, les joueuses poursuivent leurs études ou travaillent.

À l'issue de la saison 2009-2010, le club termine vice-champion et se qualifie pour la Ligue des champions féminine de l'UEFA 2010-2011, pour la première fois depuis la réforme de la compétition européenne en 2009.

Jusivy voit son aventure européenne s'arrêter en quart de finale, en étant largement battu par Potsdam.

Deux ans plus tard, le club accède pour la première fois de son histoire en demi-finale de la Ligue des champions grâce à deux succès contre Göteborg (1-0, 1-3).

Les Juvisiennes rencontrent alors l'Olympique lyonnais pour la première demi-finale 100 % française de l'histoire.

À l'intersaison suivante, Juvisy se renforce avec les arrivées des internationales Sandrine Brétigny et de Céline Deville, un an après le recrutement de Julie Soyer, Sandrine Dusang et Camille Catala.

Ces investissements avec l'affirmation de la semi-professionnalisation doivent permettre du club de tenir le haut de tableau du championnat face aux clubs professionnels que sont l'OL et le PSG.

La présidente du club Marie-Christine Terroni sollicite ainsi en 2016 le président de la FFF Noël Le Graët pour trouver une solution afin de préserver le club. Il organise alors le rapprochement entre Terroni et Pierre Ferracci, président du Paris FC.

Après un an de discussions, les deux présidents annoncent la fusion de leurs deux clubs au cours d'une conférence de presse donnée dans le stade Robert-Bobin le 25 mars 2017.

Le FCF Juvisy devenant la section féminine du Paris FC doit ainsi bénéficier de plus de moyens dans un championnat de plus en plus compétitif et professionnel. Par ailleurs, l'équipe féminine évoluera à Bondoufle au stade Robert-Bobin, tout ayant la possibilité de jouer certains matchs au Stade Charléty, où joue le Paris FC.

Non sans difficultés, la fusion est finalement entérinée début juillet 2017.

Misant sur sa formation, les féminines du Paris FC ne voient pas les résultats arriver les premières saisons après la fusion, stagnant à la 4e et 5e place du championnat.

Elles retrouvent ainsi en 2022 la Ligue des champions, une première sous la bannière du PFC, dix ans après l'élimination de Juvisy par Lyon en demi-finales de l'édition 2012-2013.

Défis et Perspectives d'Avenir

Mais le PFC doit également tenir son rang sur le plan national : avec sa défaite samedi, il a pris du retard sur la deuxième place de Première Ligue, doublée par le FC Nantes contre qui il a également perdu à domicile (2-1) le 14 janvier et par le FC Fleury 91, troisième.

Le PFC retrouvera samedi le PSG en demi-finale de la Coupe de ligue féminine, une compétition née cette saison, dont la finale sera disputée le 14 mars à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

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