Où sont Fabriqués les Ballons de Football ?

Le "ballon de football" représente une famille très large d'objets ronds. Loisir ou plage, mousse ou cuir, multiplastiques ou monoplastique, œuvre d'art ou premier prix, de nombreux produits sont considérés comme des ballons de foot. Cette question parait simple, mais le monde du ballon rond semble opaque.

Discipline olympique depuis les JO de 1900 à Paris, le football trouve ses racines réelles dans la soule médiévale, jeu sportif pratiqué dans les Ecoles et Universités mais aussi par le peuple des deux côtés de la Manche. La première mention écrite de la soule en France remonte à 1 147 et son équivalent anglais date de 1 174.

Tous les récits plus ou moins légendaires des débuts du football rapportent l’arrivée de la sphère de cuir sur un bateau, dans le havresac d’un soldat ou dans les bagages d’un professeur. Circonférence, poids : les caractéristiques techniques de l’objet sont précisées dès 1872 par les lois de la Football Association de Londres (entre vingt-sept et vingt-huit pouces, soit entre 0,657 m et 0,700 m ; initialement entre douze et quinze onces soit entre trois cent quarante et quatre cent vingt-cinq grammes).

Il est aussi entendu « qu’aucune matière susceptible de constituer un danger pour les joueurs ne pourra être utilisée dans sa confection ». Ils n’en restent pas moins, jusque dans les années 1930, l’un des vecteurs de ce que certains historiens britanniques appellent « l’anglobalisation », c’est-à-dire la mondialisation sous influence anglaise. Les sportsmen du Vieux Continent s’adressent en effet aux maisons de commerce anglaises pour acheter leurs équipements, qui font déjà l’objet d’une production, sinon de masse, du moins sur une grande échelle.

Ainsi, au début des années 1900, la firme Shillcock, établie depuis 1862 à Birmingham, fabrique et vend autour de cinq mille ballons de football par an. Au vrai, la production d’un ballon de football tient et de l’artisanat et de l’industrie. Elle commence par le choix des croupons (grandes pièces de cuir), se poursuit par la découpe à l’emporte-pièce de panneaux d’épaisseur, de solidité et de couleur choisies.

Le plus souvent de forme rectangulaire, certains panneaux sont en T, ronds ou pentagonaux. Vient alors la partie la plus délicate du travail : l’assemblage. Fait à la main par les « couseurs », il exige un véritable savoir-faire pour réaliser une enveloppe sphérique. Pendant la Première Guerre mondiale, le ballon de football est taxé comme un produit de luxe, à l’instar des autres accessoires en cuir commandés outre-Manche.

Les « poilus sportifs » écrivent à la presse et aux organisations sportives pour qu’elles leur expédient ces précieuses sphères. Alors que la pratique et le spectacle du football connaissent un intense développement dans les années 1920 et que les barrières protectionnistes commencent à s’élever, la production du ballon tend à se nationaliser. Les fabricants français comme Ducim jusqu’en 1922, puis Allen, deviennent les fournisseurs officiels de la Coupe de France de football et de la Coupe du monde 1938.

Ces productions nationales sont plus abordables, mais tous les utilisateurs ne sont pas convaincus de la qualité des ballons continentaux. Les ballons britanniques restent la référence. Lors de la Coupe du monde 1934 en Italie le ballon « tipo Federale 102 » doit faire la démonstration des vertus de l’autarcie fasciste. Le régime enjoint équipes et footballeurs italiens à le préférer à ses concurrents étrangers.

Dès le XVIème siècle, le ballon de cuir gonflé est courant en France, mais quelle relation avec la Chimie ? Vers 1860, l’entreprise Charles MacIntosh and Company (vous savez, les manteaux imperméabilisés Mackintosh, un des premiers composites « man made »…), met au point un ballon fait d’une vessie de caoutchouc que recouvrent dix-huit panneaux de cuir étanches aux intempéries. Cette enveloppe est fermée par un lacet.

Le lacet disparaît au milieu du siècle au profit de la couture. En dépit du soin apporté à la balle, cirée et graissée, afin qu’elle reste souple, les précipitations la rendent toujours aussi lourde et les footballeurs rechignent à la frapper de la tête. C’est un ancien gardien de but de l’équipe du Danemark, Eigil Nielsen, fondateur de la marque danoise Select Sport qui a le premier introduit le principe d’une valve dans les ballons, en 1947 : il voulait remplacer le lacet qui refermait le ballon.

Pour fermer et coudre les derniers panneaux, il a donc décidé d’utiliser une longue aiguille incurvée, pour terminer la couture à l’intérieur de la balle. En 1947, le joueur et ingénieur danois Eigil Nielsen crée une valve en caoutchouc intégrée à l’enveloppe de cuir. Désormais la surface du ballon est uniforme et l’on ne peut plus changer de chambre à air, à moins de découdre les panneaux.

Le temps des marques et de l’innovation est advenu. La société Plaut et Pradet sise à Orléans, qui a fait enregistrer en 1931 la marque Hungaria, élabore et dépose, vingt ans plus tard, le brevet d’un ballon commercialisé sous le nom surprenant de « Scaphandre ». Assemblage de quatorze panneaux dont six à coupes sphériques, il s’impose très vite en raison de sa tenue et de sa solidité.

Il est exporté dans toute l’Europe, à la faveur d’importantes baisses des droits de douane dans le cadre de la Communauté économique européenne (CEE), et jusqu’en Israël où il est utilisé pour la finale de la Coupe nationale en 1965. La filiale française de la firme allemande Adidas, installée en Alsace depuis 1959 et conseillée par le joueur Just Fontaine, décide à son tour de produire un ballon soutenant la comparaison avec le Scaphandre.

Ce sera le Telstar, ballon au nom de satellite, qui avec ses panneaux noirs pentagonaux et blancs hexagonaux devient une véritable icône internationale du football des Trente Glorieuses, en plein expansion au sein de sociétés européennes rajeunies. L’entrisme et l’influence de Horst Dassler, le patron d’Adidas France, au sein de la FIFA et dans les fédérations et ligues nationales, comme la Fédération française de football ou le Deutscher Fussball Bund (DFB), ne sont pas pour rien dans ce succès.

Avec l’abandon du cuir naturel, c’est aussi la couleur du ballon de football qui change, passant du marron au blanc, la plupart du temps. Toutefois, un premier ballon blanc est apparu bien avant. Selon la FIFA, il est né en 1923 à Sao Paulo, au Brésil. Ne pouvant pas jouer au football la journée, les salariés de l’entreprise Light & Power s’affrontaient en soirée sous l’éclairage artificielle de leur usine.

C’est encore Nielsen qui invente le premier un ballon à 32 panneaux de coton pour rendre le ballon plus circulaire. Géométriquement, le ballon à 32 panneaux peut être décrit comme un icosaèdre tronqué, soit un polyèdre semi-régulier possédant 60 sommets et 32 faces, 20 hexagonales et 12 pentagonales, dont les arêtes ont toutes la même longueur.

L’icosaèdre tronqué est dérivé de l’icosaèdre, l’un des cinq polyèdres réguliers convexes dits solides de Platon. Les quatre autres sont le tétraèdre, le cube, l’octaèdre et le dodécaèdre, solides que les chimistes connaissent bien. La chimie organique, ayant comme élément central le carbone, met en jeu le tétraèdre (cf.J.-A. Le Bel) ; le chimiste a ensuite construit des molécules comme le cubane, basée sur le cube, et que l’on rencontre également dans certains systèmes enzymatiques (les protéines fer-soufre, cf. Nitrogénase 1 ).

Dans les années 1980, le britannique Harold Kroto et ses collègues voulaient mieux comprendre les mécanismes de formation des longues chaînes de carbone dans l’espace interstellaire, identifiées par spectrosocopie. La structure du C60 déterminée par cristallographie montre qu’il s’agit d’une molécule composée de 12 pentagones et de 20 hexagones, chaque sommet correspondant à un atome de carbone et chaque côté à une liaison covalente.

Il a une structure identique au dôme géodésique ou à un ballon de football. Pour cette raison, il est appelé « buckminsterfullerène » (en hommage à l’architecte Buckminster Fuller qui a conçu le dôme géodésique) ou « footballène ». Les fullerènes sont obtenus à partir du graphite vaporisé sous une atmosphère de gaz neutre, hélium ou argon.

C60 et d’autres fullerènes furent plus tard observés en dehors des laboratoires : d’infimes quantités de fullerènes, sous la forme de molécules C60, C70, C76 et C84, sont produites dans la nature, dans la suie lors des combustions et dans les éclairs à travers l’atmosphère. Les fullerènes comprennent également les nanotubes de carbone déjà employés à l’échelle industrielle et le tout nouveau graphène, identifié pour la première fois en 2004 par l’équipe d’Andrei Geim.

Cette découverte lui a valu, lui et son collaborateur Konstantin Novoselov, le prix Nobel de physique en 2010. Constitué d’une monocouche de carbone, il fait actuellement l’objet de recherches intensives du fait de ses propriétés uniques. - J.-A.

Comment est fabriqué le ballon de foot de Ligue 1 ? | C'est Technique

La Production Mondiale et les Défis Éthiques

L’enveloppe extérieure est alors constituée de 32 pièces de cuir (naturel ou synthétique), cousues entre elles, contenant une vessie en caoutchouc (cf. L’introduction du cuir synthétique dans les ballons date de 1965, quand la marque Select a lancé son premier ballon étanche, dont le cuir était recouvert de polyuréthane (cf. Polyuréthane). En 1974, Select invente le premier ballon totalement synthétique, fabriqué en polyuréthane.

Depuis, le cuir a totalement disparu des ballons de football et a été remplacé par de la mousse, du PVC, et du polyuréthane, dont la qualité et l’épaisseur garantissent la solidité, le rebond et la souplesse de la balle. À partir de 1986, le cuir commence à être abandonné pour des matières synthétiques comme le polyuréthane qui garantit l’étanchéité du produit. Si un grand nombre de ballons restent assemblés à la main, d’autres sont aussi thermo-cousus, d’autant que le nombre de panneaux n’a cessé de diminuer.

L’heure est bientôt au ballon global, fabriqué à bas coût par les petites mains asiatiques ou méso-américaines, vendu selon des niveaux de finition variables dans les hypermarchés et les grandes enseignes de sport comme le Français Décathlon ou le Suisse Intersport. Certains ballons portent les couleurs de l’Europe du football, à travers notamment les éditions spéciales de la Ligue des Champions de l’Union des associations européenne de football (UEFA).

Ils sont au centre du jeu pendant la Coupe du monde de football au Qatar, mais connaissez-vous l’origine des ballons utilisés par les joueurs ? Depuis de nombreuses années déjà, 70 % de la production mondiale des ballons cousus mains provient de la région de Sialkot, une ville au nord-est au Pakistan. C’est un sujet qui revient à chaque Coupe du monde de football. Où sont fabriqués les ballons ronds que les joueurs envoient dans les buts ? Et, surtout, dans quelles conditions sont-ils conçus ?

Pour le ballon Adidas du Mondial qatari, comme les précédentes éditions, il est cousu main et fabriqué au Pakistan, à Sialkot, une ville au nord-est du pays. C’est là-bas que 70 % de la production de ces ballons est réalisée. Le site de l'hebdomadaire allemand Spiegel retrace dans un long article en anglais le long parcours de ces bouts de cuir, des chambres à coudre de Sialkot aux pelouses des stades mythiques d'Europe.

Aujourd'hui, dans les locaux de l'entreprise Sambrial, qui produit des ballons pour les ligues professionnelles européennes, les hommes cousent en parlant alors que la télévision montre des images de matchs de foot. Eux préfèrent le cricket, mais c'est bien le ballon rond qui les fait vivre, à hauteur de 50 centimes d'euro par ballon cousu. Une bonne journée, c'est six ballons. Les entreprises manquent désormais de main d'œuvre depuis que le travail des enfants a été aboli.

Sialkot, au Pakistan, est le reflet d'un des nombreux visages de la mondialisation: 40 millions de ballons de football, soit environ 70% de la production mondiale, y sont cousus à la main chaque année, un chiffre qui peut grimper à 60 millions les années de Coupe du monde.

La coupe du monde de football ne se fera pas sans le Pakistan. Classé au 164e rang mondial selon le dernier classement de la FIFA, le pays sera pourtant bien présent pendant toute la compétition qui débute au Brésil ce 12 juin. L’information a été dévoilée par le site américain Bloomberg [1].

L’entreprise Forward Sports, basée à Sialkot dans la région du Penjab, à l’est du pays, a récupéré le contrat proposé par l’équipementier Adidas, deuxième plus grand fabriquant d’articles de sport au monde, pour fabriquer le ballon officiel. Initialement, le « Brazuca » (c’est son petit nom) devait être intégralement produit en Chine.

Dumping social oblige, la société allemande préfère confier en partie le marché à un sous-traitant d’un pays voisin. L’une des raisons : des coûts de production moindres, 74 euros/mois par employé pour huit heures de travail par jour, six jours par semaine. Un salaire légèrement inférieur au revenu moyen par habitant. Aujourd’hui, 1 800 ouvriers et ouvrières pakistanaises s’activent et produisent à la chaîne « Brazuca ».

Ce qui n’a pas empêché l’ancien joueur international brésilien Cafu, lors de la présentation officielle le 3 décembre 2013, de vanter un ballon « 100% brésilien ». Pour concevoir ce 12e modèle officiel de la Coupe du Monde, des ingénieurs de l’équipementier allemand l’ont testé pendant deux ans et demi dans dix pays. Plus de 600 joueurs s’y sont frottés, dont Karim Benzema ou encore Lionel Messi.

Adidas espère bien faire de « Brazuca » l’une de ses grandes ventes de l’année. 13 millions de « Jabulani » s’étaient écoulés sur le marché mondial. Selon Bloomberg, la société espère dépasser ce chiffre. Khawaja Hassan Massoud, chef de développement de nouveaux produits de Foward Sports, confie au correspondant du site d’information américain que « [son] entreprise fournira plus de 2 millions de Brazuca de différentes qualités ».

L’équipementier a refusé de données la répartition géographique de l’approvisionnement ou le détail des accords commerciaux. Mais des centaines de ballons inondent déjà le marché mondial. Comptez 30 euros pour une réplique de bonne qualité et 140 euros pour le ballon officiel, le double du salaire mensuel des ouvriers pakistanais.

Des enfants au cœur du processus jusqu’en 1997 Si aujourd’hui les dernières enquêtes réalisées sur le sujet montrent que ce n’est plus le cas, de nombreux enfants ont été au cœur de cette industrie. C’était le cas pour la Coupe du monde 1998, en France : 7 000 enfants avaient contribué à l’élaboration des ballons du Mondial remporté par les Bleus.

Une pratique quasiment disparue, après la mise en place divers programmes internationaux de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) visant spécifiquement cette activité et cette région. En 1997, la promulgation d’une réglementation du travail a également aidé à mettre fin à cette pratique. Les ballons de la Coupe du monde 2014 avaient déjà été conçus à Sialkot, au Pakistan.

Désormais, ce sont majoritairement des femmes qui œuvrent dans les ateliers pakistanais de Sialkot. 60 000 personnes travaillent pour l’industrie du ballon rond dans cette région, à travers 1 000 usines. Si le travail des enfants a, quasiment, disparu, tout n’est pas rose pour autant.

Dans un reportage de l’agence de presse Bloomberg, réalisé en amont du Mondial 2022, on apprend que le fabricant Anwar Khawaja Industries paye ses brodeuses environ 160 roupies le ballon (environ 0,70 €). Ces dernières, en réalisant trois balles dans la journée (un ballon demande environ trois heures de confection), peuvent gagner environ 9 600 roupies (42 €) dans le mois.

Un chiffre qui, selon le média, se situe dans la moyenne basse des salaires locaux, alors même que la région est considérée comme pauvre. Bloomberg, qui cite plusieurs chercheurs, annonce qu’un salaire considéré comme « convenable » à Sialkot tourne aux alentours des 20 000 roupies (87 €) par mois. Environ 40 millions de ballons sont vendus de par le monde chaque année.

Le ballon fabriqué en France (D.R)Une entreprise française, basée à Marseille, a relancé la production de ballons en France. Ils sont disponibles en pré-commande.L'année dernière, en juillet 2021, nous évoquions la relocalisation de la production de ballons en France. Si la société Rebond avait déjà commencé à fabriquer certains de ses modèles dans l'Hexagone, Ballons & co. en était encore au stade du projet. Un stade aujourd'hui dépassé.

Depuis le 30 mars, les ballons Vista sont en effet disponibles en précommande sur Ulele, la plateforme de financement participatif. Ils sont fabriqués en France et au Kenya, où l'entreprise récupère ses matières premières : du cuir sur des sièges d'avion, de voiture, transformé en octogones. Plusieurs modèles sont proposés, entre 30 et 55 euros. Vista est une petite fourmi dans le monde du ballon. , nos fournisseurs, sont situés au Kenya.

Les marques Adidas, Nike, Puma, Kipsta, fabriquent (probablement) 100% de leurs modèles en Asie. Adidas (modèle Al Rihla entrainement) et Uhlsport (modèle Lite Soft 350) non plus... Sachez que si nous devions acheter des ballons Made in France, ils couteraient BEAUCOUP plus chers que ceux fabriqués en Asie compte tenu du coût de main d'œuvre.

Répartition de la production mondiale par pays

Voici une estimation de la répartition de la production mondiale des ballons de football par pays :

Pays Pourcentage de la production mondiale
Pakistan (Sialkot) 70%
Allemagne 6%
Thaïlande 6%
Italie 3-4%
Belgique 3-4%
France 3-4%

Juger du respect des normes et de la qualité des ballons proposés aux joueurs reste un exercice délicat. Cette dernière varie au point que la FIFA doit adopter en 1996 un Programme Qualité « afin d’harmoniser et d’améliorer la qualité des différents ballons présents sur le marché ».

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