US Orléans vs Paris Saint-Germain: Une Histoire de Coupe de France

Les affiches entre l'US Orléans et le Paris-Saint-Germain ne sont pas nombreuses dans l'histoire du football français. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les confrontations entre l'US Orléans et le PSG sont à l'équilibre. Ce samedi 20 janvier, au stade de La Source, les deux équipes se sont affrontées en 16e de finale de Coupe de France. Les coéquipiers de Kylian Mbappé, les leaders de Ligue 1, sont venus en terres orléanaises dans la peau du grand favori. Ce n'est pas la première fois que cela arrive.

Orléans : 30 ans après les anciens joueurs de l'USO se retrouvent

Le Mémorable 8 Avril 1989: Un Exploit Orléanais au Parc des Princes

Quelle victoire pour l'US Orléans! Sur la pelouse du géant parisien le 8 avril 1989 en 8e de finale de Coupe de France. À l'époque, les confrontations se jouaient en aller-retour. Après avoir éliminé l'Intrépide d'Angers (DH, équivalent R1 aujourd'hui) en 32e puis Brest (D2) en 16e, l'USO se déplaçait donc sur la pelouse du Parc des Princes pour le match aller des 8e.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'engouement populaire orléanais autour de cette rencontre était assez exceptionnel. Au total, c'était plus de 7000 spectateurs qui avaient fait le déplacement en cars jusqu'à la capitale.Sur la pelouse, l'US Orléans tient tête aux Parisiens et ouvrira même le score juste avant la mi-temps par Robby Langers (0-1 39e) face à Joël Bats, alors gardien de l'équipe de France à l'époque. Les Orléanais creuseront même l'écart à la 59e par Germain puis termineront le travail dans les vingt dernières minutes avec des buts de Soyer (73e) et Lerat (89e).

"4-0 au parc, c'est complètement dingue", s'exclame, nostalgique Patrick Séné. "Je me rappelle que l'on avait revu les trois buts de la seconde mi-temps à la télévision le lendemain parce qu'on était trop loin au stade", explique le père, Rémi Gallon, suiveur régulier du sport orléanais.

Face au score large, les supporters parisiens n'avaient pas vraiment apprécié la rencontre et avaient tenté d'en venir aux mains avec le public orléanais selon Rémi Gallon. "On pensait que les supporters parisiens, à cinq minutes de la fin du match, sortaient du stade... Mais non, ils étaient venus pour se battre avec les Orléanais. La célébration n'avait donc pas vraiment pu avoir lieu entre les héros orléanais et leurs supporters.

Ça n'a pas empêché les Orléanais venus faire le déplacement, de faire la fête dans le bus et d'envahir la place du Martroi. "Il y avait une fête extraordinaire. Un exploit validé au match retour une petite semaine après au Stade de la Source devant 11 839 spectateurs avec un match nul 3-3 dans une magnifique ambiance.

Les Réactions et Souvenirs de l'Époque

Homme clé de ce match mythique, avec un but (59e) et trois passes décisives, Joël Germain n'a rien oublié de cette journée de printemps. "Lors des heures qui ont précédé la rencontre, dans notre hôtel à Choisy-le-Roi, on s'était fixé un objectif entre joueurs : prendre le moins de buts possibles au Parc des Princes et tenter de faire la différence au retour à la Source", nous confie l'ancien joueur de 59 ans qui commentera l'opposition de samedi au micro de France Bleu Orléans.

Autre moment marquant : l'entrée sur la pelouse du Parc des Princes pour l'échauffement. "Cette image restera gravée. Quand on rentre sur le terrain, on voit une partie des tribunes en rouge et jaune, raconte Joël Germain. C'était une grosse surprise de voir autant de supporters orléanais, cela nous a fait chaud au cœur".

Malgré la présence de huit internationaux (Bats, Jeannol, Bibard, Calderon, Pérez, Susic, Sène et Xuereb) au coup d'envoi, le PSG est d'abord neutralisé par Orléans. Puis devancé avant la pause avec l'ouverture du score de l'international luxembourgeois (73 sélections) Robby Langers (39e). Cet avantage est loin d'être immérité pour les visiteurs.

"On avait une équipe de potes tellement soudés. Je pense que cette unité nous a aidés ce soir-là, note Joël Germain. A l'époque, on avait une défense très solide avec des joueurs durs sur l'homme, un milieu technique et une attaquemenée par Robby Langers, deuxième meilleur buteur de D2 cette saison-là. C'était une équipe très complémentaire."

Au retour des vestiaires, Orléans enfonce le clou (59e) grâce au natif de Montbéliard, qui a vécu ce soir-là l'un des matches les plus mémorables de sa carrière professionnelle (avec "mon premier but en D1 avec Caen contre Nancy en 1990 et ce match de Coupe de l'UEFA 1992 gagné avec le Stade Malherbe face à Saragosse [3-2]").

Outre le souvenir marquant d'avoir trouvé le chemin des filets au Parc des Princes, l'ancien joueur, également passé par Lille (1995-96) et Reims (1996-98), s'est senti "sous-estimé" par son adversaire parisien.

"L'image qui illustre la suffisance du PSG ce soir-là, c'est cette sortie de Joël Bats sur notre deuxième but : il part à la pêche aux papillons, sur le côté gauche, à 25 mètres de son but, à la suite d'un ballon en profondeur. Il essaie d'éliminer Manu Lerat d'un petit piquet. Il rate son geste, mon coéquipier récupère la balle, centre et je marque."

La Reconnaissance de la Suffisance Parisienne

De leur côté, les joueurs du PSG ont reconnu avoir sous-estimé leur adversaire. "Inconsciemment, oui, a confirmé Jean-Marc Pilorget, joueur le plus capé de l'histoire du PSG (435 matches), à France Bleu. Une équipe de L1 qui tire une équipe de L2, plus faible sur le papier, il y a eu de la suffisance dans notre camp forcément."

A l'époque, Oumar Sène était allé dans le même sens. "Nous pensions sans doute gagner ce match en roue libre. Pour nous, et dans nos têtes surtout, c’était une formalité. Ce 0-4 est honteux. On peut le dire. Nous avons pris une gifle cuisante. Elle aura sanctionné l’impardonnable complexe de supériorité que nous avons fait. Nous n’étions pas préparés pour ce match : à l’entrainement, nous n’avons pas songé à ce 8e de finale. Il n’est jamais entré dans nos têtes. Menés 2-0, nous avons continué à nous croire les plus forts et chacun a voulu faire son petit numéro", lâchait l'ex-international sénégalais après la rencontre.

Malgré leur avantage de deux buts, les coéquipiers d'Henri Zambelli ont continué d'appuyer sur l'accélérateur en marquant un troisième (Soyer, 73e) puis un quatrième but (Lerat, 89e). "Ce soir-là, on ne s'est jamais dit que c'était fait, souligne Joël Germain. On est toujours restés focalisés sur le jeu en faisant abstraction du résultat. On s'est battus comme des chiens jusqu'à l'ultime seconde. C'est vraiment lors du coup de sifflet finale de l'arbitre qu'on a pris ce résultat en pleine figure, qu'on a explosé de joie et qu'on a fêté cette victoire avec nos supporters."

Après la rencontre, les Orléanais n'ont pas fanfaronné car l'exploit devait être confirmé une semaine plus tard à domicile. Ce qui sera fait à l'issue d'un nouveau match probant (3-3). Trente-cinq ans plus tard, l'ancien joueur d'Orléans, éliminé en quarts de finale cette année-là par Monaco (1-2, 3-3), est fier d'avoir écrit une page de l'histoire de la Coupe de France avec cet exploit. "On a réussi à sortir le PSG sur deux fois 90 minutes, ça veut dire qu'on avait quand même un peu de qualité. Après, il faut le dire : on a été touché par la grâce sur ces deux matches. On réussissait tout ce qu'on tentait." C'est aussi ça la magie de la Coupe de France.

Le Match Récent: US Orléans contre PSG en 2024

Ce samedi soir, au stade de La Source, l'US Orléans n'a pas démérité. Mais les Jaune et Rouge sont tombés sur plus fort, le PSG et sa star Kylian Mbappé, auteur d'un doublé et deux passes décisives, pour une victoire 1-4 des Parisiens. L'USO s'arrête en seizième de finale de coupe de France.

Malgré un but de Mbappé à la 16e minute, les Orléanais se sont battus et ont eu quelques occasions. Au retour des vestiaires, Mbappé, Ramos et Mayulu (auteur de son premier but avec Paris) ont creusé l'écart. Saint-Ruf a sauvé l'honneur pour les Orléanais.

Luis Enrique: "Je suis plutôt satisfait" (beIN Sports) "Ce genre de matchs se compliquent si on n'a pas la bonne intensité. Mais nous avons dominé dès le début et été très attentifs. Les transitions sont à soigner mais je suis plutôt satisfait.

Sur les entrants: "Il faut les cadres mais il y en a d'autres qui doivent être incorporés à l'équipe, on veut remporter la Coupe de France avec toute l'équipe. Notre objectif est clair: gagner tous les trophées".

Sur la pelouse: "Je dois dire que c’est incroyable, c’est la première fois que je vois une pelouse changée aussi vite qui tient la route c’est parfait. La pelouse vient d'Espagne, cette association franco-espagnole fonctionne bien".

Saint-Ruf au micro de beIN Sports Saint-Ruf: "On a fait un bon match aujourd’hui. On prend pas mal de buts en 2e période. On a réussi à les contrer en 1ère, on a quelques occasions où on peut mieux les contrer. C’était une belle fête pour toute la ville, on va pouvoir se concentrer en championnat. Tout a tourné contre nous, l'arbitre a pris sa décision (sur le penalty), c'est décevant mais ça fait partie du foot. C'est bien d'avoir marqué mais derrière on en prend quatre. Il faut vite tourner la page".

La réaction de Ramos (beIN Sports) "Je me suis bien senti, ça a été important de marquer, car derrière il fallait absolument se qualifier. Il faut toujours compte sur Kylian qui fait la différence. On très heureux et satisfaits de la qualification".

Marquinhos: "les petites équipes nous donnent du travail" "C’est bien. On connaissait le contexte de ce match, qui est venir dans un endroit dont on n’a pas l’habitude. Dans l’histoire, on sait que des équipes arrivent à tenir le 0-0 et amener (les grosses équipes) aux tirs au but ou marquent en contre, sur corner. C’est la coupe, un objectif pour nous. Il faut être très performants, c’est ça qu’on a arrivé à faire aujourd’hui".

"Ça fait très mal quand on gagne pas, je sais comment la coupe est valorisée en France. Les petites équipes nous donnent du travail, il faut respecter l’adversaire. Ce moment de la saison est très important, avec trois matchs par semaine".

Difficultés Financières de l'US Orléans et la Part de Recette du PSG

Le Paris Saint-Germain a pris l’habitude de laisser sa part de recette face aux clubs amateurs en Coupe de France. Mais bien que l’US Orléans soit dans une situation financière très délicate avec une menace de rétrogradation administrative à ce titre, le PSG ne devrait pas lui laisser sa part de recette, samedi soir (20 h 45).

Le PSG a l’habitude de laisser sa part de recette lorsqu’il se déplace chez des clubs amateurs, comme en 32es de finale à Revel (Régional 1) ou en 16es de finale à Pays de Cassel l’an passé (R1). Mais l’US Orléans ne devrait pas récupérer la part du club de la capitale pour le 16e de finale de Coupe de France, samedi soir (20 h 45), selon nos confrères de L’Équipe. Tout simplement parce qu’Orléans (National 1) bénéficie encore d’un statut professionnel, pour sa quatrième saison consécutive en troisième division.

La part de cette recette pourrait avoisiner 100 000 €. « Vu notre situation financière, ce serait bien… » espérait pourtant Reynald Berghe, directeur général du club, jeudi matin. L’USO accuse en effet un déficit d’environ 2 millions d’euros et s’est vu signifier une rétrogradation administrative à tire conservatoire en National 2 par la DNCG.

Récapitulatif des Résultats Clés
Date Compétition Match Résultat
8 Avril 1989 Coupe de France (8e de finale aller) PSG vs US Orléans 0-4
15 Avril 1989 Coupe de France (8e de finale retour) US Orléans vs PSG 3-3
20 Janvier 2024 Coupe de France (16e de finale) US Orléans vs PSG 1-4

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