L'Origine du Football : Un Voyage à Travers l'Histoire

Le football est sans doute le sport le plus populaire au monde, attirant des millions de fans lors d'événements majeurs comme la coupe du monde. Sa simplicité et son universalité en font un jeu accessible à tous, où qu'ils soient. Mais quelles sont les racines de ce sport si rassembleur ?

Les Premières Formes du Football

Les archéologues se sont penchés sur la question et ont découvert que les origines du football remontent à plusieurs millénaires, dans différentes régions du monde.

Le Cuju : L'Ancêtre Chinois

Né en Chine il y a plus de deux millénaires, le cuju est considéré comme la racine la plus ancienne du football. Ce sport se jouait sans les mains avec un ballon en cuir rempli de plumes, deux équipes de douze joueurs et des buts de 30 à 40 cm situés en hauteur. Le cuju, l'ancêtre chinois du football, a totalement disparu dans les années 30. Si le cuju est salué officiellement par la FIFA comme l'ancêtre du football, d’autres sports similaires ont existé dans le monde à des époques différentes.

Les Jeux de Balle en Mésoamérique

En Mésoamérique, la vaste région historique s'étendant du Mexique au Costa Rica, les civilisations ont prospéré bien avant que Christophe Colomb ne les « découvre », et nombre d'entre elles pratiquaient un sport impliquant une grosse boule faite d'une substance dérivée de résine d'arbre. On ne sait pas exactement où le jeu a été inventé, mais il avait une place de choix dans les cultures mésoaméricaines, notamment chez les Teotihuacanos, les Aztèques et les Mayas, il y a environ 3 000 ans. Son nom variait - ullamaliztli en aztèque, pok-ta-pok ou pitz en maya - tout comme ses règles, qui incluaient des mouvements tels que garder la balle en la faisant rebondir sur différentes parties du corps ou en utilisant des raquettes ou des battes.

« Les gens fabriquaient probablement des balles de caoutchouc par milliers », indique Miller. Les balles étaient creuses, ajoute-t-elle, mais elles pesaient jusqu'à 7.25 kg chacune. Les balles semblent avoir été presque omniprésentes dans les cultures qui les ont valorisées, et beaucoup sont encore présentes dans les archives archéologiques. Autres preuves de l'existence du jeu en Mésoamérique : la mise au jour de plus de 1300 terrains de pierre répartis dans toute la région, chacun pouvant accueillir de nombreux spectateurs.

D'autres preuves ont été retrouvées sous la forme d'écrits de l'époque coloniale rédigés par Diego Durán, un prêtre dominicain et témoin oculaire de la vie aztèque dont les récits comprennent une description du jeu de balle tel qu'il était pratiqué en 1585. Les joueurs aztèques faisaient rebondir la balle d'avant en arrière en utilisant seulement leurs hanches et leurs fesses (les pieds ou les mains étaient interdits). Le but était de faire rebondir la balle sur une ligne médiane afin que celle-ci rebondisse sur le mur de l'adversaire. La lourdeur de la balle entraînait souvent de graves blessures, surtout lorsque la balle rencontrait la tête d'un des adversaires. Si un joueur parvenait à atteindre la partie haute du mur de l'adversaire, il assurait automatiquement la victoire à son équipe.

Les Jeux de Balle dans l'Antiquité Européenne

Les échanges commerciaux, les guerres ou le temps des grandes découvertes furent un moyen de diffusion de ces pratiques sportives. De 900 à 1200, les Mayas pratiquaient par exemple le pok ta pok, un jeu de balle en caoutchouc à caractère rituel se pratiquant sans les mains, que les conquistadors espagnols découvrirent. Le bassin méditerranéen antique voyait aussi déjà les Grecs et les Romains jouer à l’épiscyre, à la phéninde ou à l’haspartum. Ces trois jeux de balle connaissaient de nombreuses variantes selon les régions et se pratiquaient à la main aussi bien qu’au pied. Dans de nombreux cas, le ballon devait franchir la zone que l’équipe adverse défendait.

L’haspartum s’est propagé en Europe pour prendre diverses formes. Au Moyen-Âge, des traces de l'haspartum se retrouvaient ainsi dans les « règles » d’un sport qui faisait fureur dans le Nord de l’Europe. Aussi appelé choulle ou souille, la soûle se jouait avec les quatre membres du corps et une boule de foin, devenue ensuite le ballon de cuir. Son principe est décrit dans La Grande Encyclopédie du XIXe siècle, citée par Gougaud dans La soule en Bretagne : « La soule est un gros ballon de cuir que les joueurs, partagés en deux camps, se disputent ; chaque camp représente une paroisse, et celui qui transporte le ballon sur le territoire de l’autre paroisse est le gagnant. Ce jeu, très populaire dans le Morbihan, a donné lieu fréquemment à des scènes brutales, par suite de la rivalité entre deux villages. » Les Italiens développèrent leur propre version du jeu puisqu’en 1530 le Quico del calcio est créé à Florence. La soûle s’exporta en Grande-Bretagne, mais elle fut interdite sous certains rois, qui lui préféraient la pratique du tir à l’arc, plus noble et moins violente.

La soûle et sa variante, le « mob football » (football de cohue) restèrent populaires dans les quartiers pauvres de Grande-Bretagne jusqu’au milieu du XIXe siècle. À partir de ce moment, des équipes britanniques ont vu le jour avec la ferme intention de codifier les compétitions, en s’inspirant du cricket ou du baseball américain par exemple. Les Cambridge rules de 1848 résonnèrent comme la première tentative d’unification des règles, alors différentes selon les équipes. Il a pourtant fallu attendre la création de la Football Association, la fédération anglaise de football, pour qu’une réflexion commune sur les lois du jeu prenne forme.

Le 26 octobre 1863, la Freemasons’ Tavern, pub au cœur de Londres, accueillit une réunion extraordinaire de plusieurs clubs comme Eton ou Westminster pour sceller les règles du football moderne, dont l’une des polémiques était l’usage des mains. Un représentant du club de la ville de Rugby (nord de Angleterre), affirmait être partisan d’un jeu où le ballon peut être porté à la main. La scission est définitive. Le Rugby football est créé, par opposition au Football Association, réservé aux « manchots ». Huit ans plus tard, la FA Challenge Cup devenait la première compétition nationale de football au monde.

Le football professionnel anglais apparaît dans les années 1880. C’est à cette époque que de nombreux clubs britanniques emblématiques ont vu le jour: Manchester United (1878) et City, son rival (1880), Tottenham (1882), Arsenal (1886), Liverpool ou encore Newcastle (1892). Sur l’initiative des clubs - dont celui d’Aston Villa, créé en 1874 - et grâce au développement du chemin de fer, un premier championnat eut lieu en 1888. Le football commença à se répandre en Europe puis dans le monde par le biais des empires coloniaux. Pour preuve, la création de la Fédération Internationale de Football Amateur, en 1904, n’est pas l’œuvre d’un Anglais, mais d’un Français, Jules Rimet. Il aura aussi été le président de la Fédération Française de Football, créée en 1919. Le football était entré dans une nouvelle ère et les matchs internationaux s’intensifièrent.

Le Football Moderne : Naissance et Évolution

Le football, tel que nous le connaissons aujourd’hui, a ses racines en Grande-Bretagne au XIXe siècle. Les écoles, les collèges et les clubs sportifs ont commencé à adopter des règles pour le football, et en 1863, la première association de football, la Football Association (FA), a été fondée en Angleterre. C’est elle qui a créé les premières règles officielles du football.

En 1815, une école britannique ébauche les premières règles du folk football qui font peu à peu autorité. La Football Association nait de cette première rencontre et six ans plus tard, la première Coupe d'Angleterre.

Le Passing Game : Une Révolution Tactique

Apparu dans les années 1860, le passing game bouleversa les certitudes en place. Avant cela, le football était un dribbling game : un joueur récupérait le ballon, tentait de dribbler ses adversaires avant de marquer. S’il échouait, un adversaire récupérait le ballon pour tenter à son tour de marquer en dribblant tout le monde et ainsi de suite. Implanté au Nord du territoire dans les années 1860, il a fallu près de vingt ans pour que le passing game se généralise sur les terrains de Grande-Bretagne. Les Écossais, adeptes de cette méthode, ont alors dominé le football britannique, en infligeant notamment un 7-2 à la sélection anglaise le 2 mars 1878.

La FA Cup : La Première Compétition

En 1871, Charles Alcock - membre de la Football Association - a l’idée de créer la FA Cup : une compétition à élimination directe à laquelle tous les clubs affiliés peuvent participer. Cinquante équipes peuvent concourir à cette Coupe d’Angleterre, mais seulement une quinzaine se lancent dans la compétition. Ce sont les Wanderers de Londres qui gagnent la finale 1-0 contre les Royal Engineers.

La FA Cup fait des émules en France mais il faut attendre 1917 pour qu’une telle épreuve y soit organisée. La Coupe de France est donc créée en hommage à Charles Simon, dirigeant sportif français mort durant la Première Guerre mondiale, et ouverte à tous les clubs du pays. Mais en raison de la guerre, nombre d’entre eux ne pourront y participer. Ce sont donc 48 équipes qui se lancent dans cette épreuve, remportée par l’Olympique de Pantin face au FC Lyon (3-0). Deux ans après la première Coupe de France, la Fédération française de football est créée et le football français se dirige peu à peu vers la professionnalisation, déjà bien en place en Angleterre. Face à « l’amateurisme marron », c’est-à-dire le fait de payer en dessous-de-table des joueurs dits amateurs, la FFF et son président Jules Rimet prennent conscience de l’importance de cadrer la pratique. Cela se met en place à partir de 1932, quand le premier Championnat de France de football est organisé. 20 équipes passées professionnelles se répartissent en deux groupes. Les premiers de chaque groupe s’affrontent lors d’une finale pour s’adjuger le titre de champion, qui revient à l’Olympique lillois, aux dépens de l’AS Cannes (4-3).

La Coupe du Monde : Une Compétition Internationale

Jules Rimet est aussi à l'origine de la première Coupe de monde de football a eu lieu en 1930 en Uruguay. C’est à l’occasion des Jeux olympiques de 1928 à Amsterdam qu’Henri Delaunay, premier secrétaire général de la FFF, annonça la création d’un tournoi mondial après l’échec de l’organisation en 1904. En 1930, 41 fédérations nationales sont recensées mais seules treize sélections, dont quatre européennes, participèrent à l’évènement. La France y prit part et son attaquant Lucien Laurent devint le premier buteur de l’histoire de la Coupe du monde. Les tricolores finirent troisième du groupe 1, derrière l’Argentine et le Chili. En finale, l’Uruguay a battu l’Argentine (4-2) pour devenir, chez elle, la première nation championne du monde de football.

La Coupe des Clubs Champions : Une Compétition Européenne

La Coupe des clubs champions s’organise plus tardivement que les autres épreuves, à partir de 1955. Gabriel Hanot, journaliste de L’Équipe, constate l’intérêt sportif des rencontres entre différents clubs européens après avoir vu des matchs de grosses cylindrées du continent comme Wolverhampton ou l’Honved Budapest. Avec ses collègues dont Jacques Ferran, il invite donc les fédérations européennes et les clubs à participer à l’évènement. L’engouement est tel que la FIFA décide que c’est à la nouvelle UEFA, l’Union européenne de football association, d’organiser le tournoi. Le premier match se tient donc le 4 septembre 1955 à Lisbonne entre le Sporting Portugal et Le Partizan Belgrade (3-3).

Les Jeux de Balle et le Symbolisme

Dans une grande majorité des cas, un lien fort est établi entre ce ballon que l’homme essaie d’apprivoiser et le soleil, source de vie, de chaleur de protection. Les sociétés primitives évoluées qui ont laissé des traces nous permettent aujourd’hui d’étudier les différentes civilisations aux « quatre coins » du globe. Les philosophes d’alors ne disposaient pas des moyens nécessaires pour expliquer certains phénomènes que l’on comprend mieux aujourd’hui. Les hommes se sont donc appuyés sur la création de divinités auxquelles ils apportaient leurs contributions pour obtenir leur protection.

Ces offrandes s’accompagnaient de rituels planifiés au regard des liens établis avec les cycles astraux ou naturels. Le disque accroché dans un arbre devrait se traduire par une bonne cueillette, la pierre ronde que l’on faisait rouler jusqu’ au trou visé favoriserait la récolte. Les liens avec les différentes divinités étaient assurés par des personnages au statut divers qui consacraient leur vie à la communication directe avec ces personnages célestes sollicités pour rendre la vie meilleure. Ces pratiques culturelles ancestrales ont évolué avec le temps comme les travaux de Bernard Jeu (1972, 1979) le montrent, pour s’adapter aux transformations du monde.

Ce patrimoine culturellement inscrit dans nos gènes, existant encore sous diverses formes monothéistes, se retrouve de nos jours dans le cadre des activités physiques et sportives diverses au sein desquelles toute personne peut se développer et s’épanouir. La diversité des pratiques sociales offre une palette élargie des moyens dont on dispose pour ressentir les effets de l’activité physique d’un point de vue corporel, mais s’accompagne aussi d’émotions et de sensations qui alimentent notre vie psychique.

Les jeux de balle ou de ballon s’inscrivent dans cette diversité des formes de confrontation, d’opposition qui permettent de se mesurer sans se mettre en danger et avec respect pour développer des pratiques sociales apaisées, ludiques et bien pensantes.

Tableau Récapitulatif des Événements Clés

Date Événement
IIIe siècle avant J.-C. Apparition du Cuju en Chine
3000 ans Jeux de balle en Mésoamérique
Moyen-Âge Pratique de la Soule en Europe
1848 Cambridge rules
1863 Création de la Football Association en Angleterre
1871 Création de la FA Cup
1904 Création de la FIFA
1930 Première Coupe du Monde de Football en Uruguay
1955 Création de la Coupe des Clubs Champions

L’Histoire Complète du Football : Des Origines à Aujourd’hui 🌍⚽

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