Le hockey féminin aux Jeux olympiques est le résultat d'une longue bataille pour la reconnaissance et l'égalité des droits dans le sport. Des figures pionnières comme Alice Milliat ont joué un rôle essentiel dans l'ouverture du monde du sport aux femmes, y compris dans des disciplines traditionnellement considérées comme masculines.

Alice Milliat, pionnière du sport féminin. Source: Wikipédia
Alice Milliat : Une Pionnière du Sport Féminin
Avant elle, le sport féminin se limitait souvent à de la danse, de la gymnastique rythmique ou du cerceau. Cependant, grâce à sa détermination, les femmes ont pu accéder à des clubs sportifs dans des disciplines telles que le football, le hockey et le rugby. Elle a même réussi à imposer la présence des femmes aux Jeux olympiques.
Née en 1884, Alice Milliat était une passionnée de sport. C'est à Londres, où elle a suivi son mari, qu'elle s'est initiée au hockey, au football et surtout à l'aviron, dont elle deviendra championne. Devenue veuve à 24 ans, elle rejoint Paris et intègre le club Femina Sport, qui propose principalement de la gymnastique rythmique et dansée. Élue présidente du club en 1915, elle l'ouvre à d'autres sports réputés plus virils : athlétisme, basket-ball, football, rugby, hockey, etc.
Face à l'opposition masculine à cette féminisation du sport, Alice Milliat a estimé que les clubs féminins devaient être dirigés par des femmes. Elle est l'une des fondatrices de la Fédération des Sociétés Féminines Sportives et en prend la tête en 1919, devenant ainsi la seule femme au monde à la tête d'une fédération nationale sportive féminine.
Les Jeux Olympiques Féminins : Une Réponse à l'Exclusion
Alors que les femmes n'étaient admises qu'à certains sports aristocratiques aux Jeux olympiques, comme le tennis ou l'équitation, Alice Milliat a demandé au comité de Pierre de Coubertin d'inscrire des épreuves féminines d'athlétisme. Face à son refus, elle organise, en 1922, les premiers Jeux olympiques féminins à Paris, au bois de Vincennes. Des athlètes françaises, anglaises, tchécoslovaques, américaines et suisses s'y affrontent, remportant un grand succès.
Bien qu'elle ait été obligée de retirer le mot "olympique" de ses compétitions, l'enthousiasme est resté intact et, tous les quatre ans jusqu'en 1934, de plus en plus de pays y ont participé. Pour contrer ce succès, les fédérations masculines finissent par accepter la participation des femmes à certaines épreuves olympiques, seulement 5 sur 13 en athlétisme par exemple.
Le Développement du Hockey sur Glace Féminin
Le hockey sur glace féminin a connu un développement significatif à la fin du XXe siècle. Le premier titre olympique a été décerné à Nagano, en 1998, aux États-Unis. En France, le premier match féminin a été disputé à Paris en 1908, sous le nom de "Challenge Savoye". Le premier championnat national féminin de hockey sur glace a été organisé à Megève en 1932.
Après une interruption due à la guerre, le hockey féminin a repris son essor, notamment grâce à la bataille juridique menée par Angela Lezziero. Aujourd'hui, le hockey sur glace féminin connaît une progression, avec une augmentation du nombre de licenciées et l'entrée de l'équipe de France dans le Top 10 mondial.
La petite histoire du hockey féminin au Canada | MAJ
Les Défis et les Perspectives d'Avenir
Malgré les progrès réalisés, le hockey féminin continue de faire face à des défis. L'équipe de France féminine de hockey sur glace est en constante progression. En avril prochain, elle défendra ses chances pour la première fois de son histoire, en Finlande, lors du Championnat du monde élite qui réunit les dix meilleures équipes.
L'équipe vise également une qualification pour les Jeux olympiques d'hiver de 2026 à Milan-Cortina, ce qui apporterait un coup de projecteur médiatique à la discipline et encouragerait davantage de jeunes filles à s'y investir.
Grégory Tarlé, entraîneur de l'équipe de France féminine de hockey sur glace depuis 2013, constate une évolution positive : "Elles débutent le hockey de plus en plus tôt, à 5-6 ans comme les petits garçons. Avant, à quelques exceptions près, les filles commençaient plus tard et cela créait un décalage dans les catégories".
Marion Allemoz, actuelle capitaine des Tricolores, souligne que le hockey féminin est moins axé sur les charges, mais reste physique, rapide, technique et tactique.
Un événement marquant dans l'histoire du hockey féminin est l'organisation de la première Coupe du Monde Féminine des Nations en 1974, en France, à Mandelieu-La Napoule.
L'équipe de France de hockey féminin va participer à ses premiers Jeux olympiques d'hiver à Milan-Cortina, du 5 au 22 février 2026. Encore confidentiel en France, le hockey sur glace féminin va bénéficier d'une "fenêtre incroyable" de médiatisation lors des Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026 avec la participation historique des Bleues. L'occasion aussi pour les joueuses de mettre en lumière leur précarité financière.
Aux JO de Milan-Cortina (5-22 février), les Bleues seront opposées à l'Allemagne, au Japon, à la Suède et à l'Italie. Elles devront terminer aux deux premières places de leur groupe pour atteindre les quarts de finale, un objectif très ambitieux : "Je pense qu'on peut faire un exploit. Premiers JO et on se qualifie pour les quarts : ce serait extraordinaire !", s'enthousiasme Pierre-Yves Gerbeau, président de la Fédération française de hockey sur glace (FFHG).
Cette "exposition médiatique" va permettre, selon lui, à la discipline de "rentrer dans un système vertueux", à l'approche Mondial Elite organisé en 2028 à Paris et Lyon, puis les JO d'hiver dans les Alpes françaises en 2030. "On a donc une fenêtre d'opportunité incroyable", souligne Pierre-Yves Gerbeau.
Pour la capitaine de l'équipe de France, l'objectif de ces Jeux est "d'amener de la visibilité", de "faire rêver des petites filles et des petits garçons". Et aussi que "le public comprenne à quel point c'est difficile, parce qu'on est une petite nation de hockey, on se bat avec nos moyens".
Seule une minorité d'hockeyeuses françaises ont des contrats professionnels leur permettant de gagner correctement leur vie, comme Chloé Aurard qui évolue en PWHL, la prestigieuse ligue pro nord-américaine. En France, le championnat est composé de seulement huit équipes, dispersées dans deux poules selon leur situation géographique.
Pour Pierre-Yves Gerbeau, "cette situation, où nos joueuses doivent faire des sacrifices personnels et familiaux, n'est pas acceptable", notamment "par rapport à leurs collègues masculins : un international français qui joue en Allemagne gagne plus de 150 000 euros par an".
Il souligne aussi que si le hockey sur glace n'a été ouvert aux femmes qu'en 1983, le nombre de licenciées en France a progressé plus vite l'année dernière (+7 %) que celui des licenciés (+4 %).
Domination Nord-Américaine
La sphère féminine du hockey a cette particularité de voir le Canada et les États-Unis dominer outrageusement la discipline. Les chiffres parlent d’eux mêmes. Mondiaux, Mondiaux U18 et Jeux olympiques, 48 titres ont été décernés depuis le début des années 90 et l’essor du hockey féminin international. Ces 48 trophées n’ont été soulevés que par deux pays, soit le Canada, soit les États-Unis.
Évidemment le hockey est historiquement très enraciné au Canada ainsi que dans bon nombre d’états américains. Et lorsque les grandes compétitions internationales sont apparues au début des années 90, le Canada et les États-Unis avaient déjà une avance considérable sur les autres nations.
Au Canada justement, le hockey est évidemment le sport roi. Le Canada disposait d’un championnat national dès 1982 qui a permis d’unifier l’est et l’ouest du pays. La création plus tôt, en 1975, de l’Ontario Women’s Hockey Association, première entité entièrement dédiée au hockey féminin, a constitué un véritable tournant pour la discipline.
En 1990, on comptait 7500 hockeyeuses dans tout le Canada. En 2025, elles sont désormais plus de 115 000, un record, soit une augmentation de 30% depuis 2022. Aux États-Unis, un nouveau record a été atteint avec 98 394 hockeyeuses.
Pendant longtemps, le manque d’une grande ligue professionnelle constituait un point noir avec des joueuses qui, en dehors des projecteurs internationaux, évoluaient dans l’ombre. La création de la Professional Women’s Hockey League en 2023 a permis de combler un vide, d’imposer un meilleur cadre de vie aux joueuses, en plus de multiplier les records notamment en termes de fréquentation. Jouer en PWHL est désormais un véritable moteur pour les nouvelles générations.
Tableau des médailles en hockey sur glace féminin aux Jeux olympiques
| Pays | Or | Argent | Bronze | Total |
|---|---|---|---|---|
| Canada | 5 | 2 | 1 | 8 |
| États-Unis | 2 | 4 | 1 | 7 |
| Suède | 0 | 1 | 1 | 2 |
| Finlande | 0 | 0 | 3 | 3 |
| Chine | 0 | 0 | 0 | 0 |
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