L'Olympique Lyonnais s'est lourdement incliné (4-1) face à Arsenal en demi-finale retour de Ligue des Champions et ne disputera pas une douzième finale dans la compétition. Lyon s'arrête là. Malgré sa victoire (2-1) au match aller à l'Emirates Stadium de Londres, l'Olympique Lyonnais est éliminé en demi-finale de Ligue des Champions après sa défaite au retour face aux Anglaises d'Arsenal (4-1) dans son enceinte du Groupama Stadium.
Une soirée cauchemardesque pour les joueuses de Joe Montemurro, qui visaient un 9e sacre en Ligue des champions. Finaliste l'an passé et huit fois vainqueur de la Ligue des champions féminine, Lyon a été éliminé par Arsenal à l'issue d'une cuisante défaite 4-1 à domicile, dimanche en demi-finale retour.
Les Lyonnaises, qui s'étaient imposées 2-1 à Londres, sont passées à côté de leur match, encaissant un but contre son camp de leur gardienne Christiane Endler dès la 5e minute, puis des buts de Mariona Caldentey (45+1), Alessia Russo (46e) et Caitlin Foord (63e) avant la réduction du score de Melchie Dumornay (81e). Arsenal, vainqueur de la C1 en 2007, affrontera le 24 mai en finale le FC Barcelona, double tenant du titre.
Personne n’aurait pu prévoir un tel résultat avant la rencontre, du simple fait qu’il était imprévisible après la victoire lyonnaise (1-2) à Arsenal. Jamais l’Olympique Lyonnais, depuis 2010 qu’elle domine l’Europe, n’a subi une telle déroute au score à domicile comme à l’extérieur (1-4), voire même en contenu.
Les fans et commentateurs footballistiques n’aiment pas se référer à ce qui touche à la performance émotionnelle mais la qualité du jeu barcelonais pratiqué lors de ces demi-finales face à une référence Chelsea, lui faisant subir un (8-2) unique pour une 1/2 F européenne, peut être le premier frein à une prochaine rencontre, où la seule équipe que Lyon pouvait appréhender, était Barcelone, trois titres (2021, 2023, 2024), cinq finales de suite, et un contenu qui en annonce bien d’autres.
Un « truc » que les joueuses d’expérience ne veulent pas vivre. Bien entendu, pour que les lyonnaises prennent une telle déroute, il faut qu’il y ait d’autres ingrédients. Mais pour qu’il y ait cette « déroute historique », il faut une défaillance collective. La psychologie des professionnelles féminines n’est pas au niveau de celle masculine.

Les Facteurs Clés de la Défaite de Lyon
Les défaites aussi conséquentes de leaders sont dues à une association de détails négatifs qui s’accumulent quand d’habitude, le club, les joueuses, le moment, les canalisent, pour les avoir identifié et résolues, point par point. Là, les choses se sont faites une à une, sans qu’il n’y ait d’interventions. Michele Kang devrait regarder cela.
La première observation que je vous propose, avec les marges d’erreurs qui vont avec, est la mauvaise gestion relationnelle de la non-reconduction potentielle de Vanessa Gilles, défenseure centrale. A l’évidence, la joueuse canadienne ne comprend pas le silence voulu de la direction tant elle se sent bien intégrée dans le jeu, le vestiaire et les fans lyonnais.
29 ans, internationale canadienne, seize matches de joués, quinze fois titulaire, correcte à son poste, animatrice du vestiaire, prêtée par Angel City, présente depuis 2022, et l’OL n’en veut pas. On aurait pu écrire n’en veut visiblement pas. Pas très à l’aise à l’aller mais sans conséquence, elle n’aura pour elle, au retour, que la réussite sur des balles hautes de face pour les jouer de la tête quand sur tous les autres impacts, elle sera maladroite dans ses interventions et relances.
Une situation qui ne serait pas arrivée chez les hommes, habitués depuis longtemps à cette gestion des effectifs. Nul ne peut contester que l’Olympique Lyonnais possède un effectif de talents. Certains écriraient même qu’avec le banc, deux équipes européennes peuvent se constituer. Christiane Endler comme gardienne, l’athlète Ellie Carpenter, le physique de Vanessa Gilles, la vista de Wendie Renard, et la vivacité de Selma Bacha. On peut donc dire que la faiblesse a été collective avant d’être individuelle. Ce qui donne du corps à l’idée première.
Les joueuses d'Arsenal faisaient tourner le ballon à droite, du côté de Selma Bacha, obligeant quatre ou cinq lyonnaises à évoluer dans cette zone, et compte tenu de la faiblesse de récupération des lyonnaises, faisaient une passe transversale à Kim Little, qui se proposait pour la continuer sur le côté gauche, avec devant elle, un océan de verdure et seulement …. Un jeu de passes Chloe Kelly, Little, Russo qui a améné le second but anglais, de Mariona Caldentey, (45’+1) avec une superbe lucarne, trop heureuse de recevoir ce ballon au centre, sans que personne ne monte sur elle pour lui boucher l’angle.
Le second point était de jouer à gauche pour perforer, histoire d’occuper Carpenter à défendre. Mettant à mal l’australienne Ellie Carpenter, dans le rouge rapidement, concentrée bien plus sur ses efforts athlétiques que sur sa faible capacité technique, soumise au jeu de sa compatriote, Foord, qui l’a empoisonné de ses occasions. Et il n’y a pas eu besoin d’interroger « google traduction » ou d’utiliser l’IA pour savoir comment remporter cette rencontre.

L'Âge de l'Équipe Lyonnaise et l'Impact des Blessures
Surprenant que les lyonnaises n’aient pas senti le danger après le tonnerre européen que Manchester United a fait subir à la section masculine. La réponse est assez claire, l’OL au féminin est âgée. L’Olympique Lyonnais au féminin est âgée. Dans le onze qui se présente sur le terrain, on trouve une moyenne d’âge de 28 ans, avec trois jeunes Ellie Carpenter (24 ans), Selma Bacha (23 ans) et Melchie Dumornay (21 ans).
Un fighting spirit anglais a donné le troisième but. un cadeau défensif où les lyonnaises laissent passer par trois fois, l’opportunité de récupérer une balle que les anglaises poussent devant en mordant dedans, mettant le score à (0-3, 46′) dès le retour des vestiaires. Les joueuses lyonnaises ont joué avec leur capital d’expérience. Il suffit d’un but, Il suffit d’une performance pour revenir.
Sauf qu’aucune n’avait les moyens de la produire. Cette attente, très longue puisque le seul but lyonnais a été marqué à la 81, leur a coûté le match et la qualification. D’ailleurs Amel Majri, entrée à la 58′ s’en est vite rendue compte, malgré ses 32 ans. Elle a essayé d’apporter de la vitesse qui manquait incroyablement au jeu lyonnais.
Mais ce n’était pas en faisant entrer Maroszan (33 ans) et Eugénie Le Sommer (35 ans) que les choses allaient changer. Le constat est clair. L’Olympique Lyonnais n’a pas de jeunesse. La faute à la formation et à la stratégie d’achat pour dépeupler le Paris Saint Germain. Aujourd’hui, elles ont été ridiculisées par de la jeunesse anglaise qui ne voulait pas perdre et n’a pas raté les occasions offertes par l’Olympique Lyonnais.
Arsenal se qualifie pour la première fois depuis 2007, pour la finale de la WCL 2025 face à un adversaire qui peut faire peur, le FC Barcelona. Le 21 mai, l’OL retrouvait le toit de l’Europe en remportant sa huitième Ligue des champions depuis 2011, au Juventus Stadium de Turin.
Cinq mois plus tard, les Lyonnaises seront de retour dans l’enceinte turinoise (le 27 octobre), mais cette fois pour éviter de compromettre quasi définitivement leurs chances de qualification pour les quarts de finale de cette C1. Car mercredi soir au Parc OL, les joueuses de Sonia Bompastor ont sombré comme jamais dans leur histoire européenne, en s’inclinant (1-5) face à Arsenal pour leur premier match de groupe. Comment une telle débâcle a-t-elle pu frapper la référence européenne du football féminin, qui avait encaissé moins de cinq buts sur l’intégralité de 10 de ses 15 campagnes de Ligue des champions jusque-là ?
La moitié de l’équipe qui avait dompté le FC Barcelone (3-1) lors de la dernière finale de C1 était out mercredi soir. Toutes blessées, et pour une longue durée, Ellie Carpenter, Griedge Mbock, Catarina Macario, Delphine Cascarino et Ada Hegerberg sont d’indiscutables titulaires dans ce groupe. On peut ajouter à la liste la recrue phare de l’été, la milieue allemande venue du PSG Sara Däbritz, déjà gravement touchée à la cheville et espérée pour février 2023. Ainsi que Dzsenifer Marozsán et Amel Majri, en reprise après des ruptures des ligaments croisés au genou.
« On est forcément impactées par le nombre de blessures, notait Sonia Bompastor, mercredi soir sur OL Play. Elles concernent énormément de joueuses cadres. En Ligue des champions, l’expérience et le talent sont primordiaux. Là, on a un groupe rajeuni par ce contexte. » Dans les faits, les seules véritables invitées surprises de la déroute contre Arsenal sont la défenseuse Alice Sombath (19 ans) et la recrue Inès Jaurena (ex-milieue des Girondins de Bordeaux), âgée de 31 ans mais inexpérimentée au niveau européen.
Mercato Insuffisant et Internationale en Méforme
La galère vécue mercredi par Inès Jaurena, à un poste qui n’est pas du tout le sien (latérale droite), avant sa sortie dès la 37e minute de jeu, symbolise le mercato estival insuffisant de l’OL. L’Australienne Ellie Carpenter, out jusqu’à la fin de l’année 2022, n’a pas de réelle remplaçante dans l’effectif lyonnais. Et ce encore moins depuis la blessure de Griedge Mbock avec l’équipe de France le mois passé, qui a poussé la cellule de recrutement à s’activer pour signer un renfort défensif indispensable.
L’internationale canadienne Vanessa Gilles est bien arrivée en prêt d’Angel City (NWSL)… mais elle était blessée dès sa signature, et ne pourra pas être alignée pendant encore quelques semaines. Pour un club aussi attractif que l’OL, l’absence d’un renfort fiable interpelle donc dans ce secteur de jeu, où le départ de Kadeisha Buchanan (Chelsea) s’est clairement fait sentir lors de l’opération portes ouvertes contre les Gunners.
En quinze années au plus haut niveau, Wendie Renard ne s’était quasiment jamais montrée aussi fébrile que mercredi soir. A l’origine du coup franc victorieux de Beth Mead (1-3, 45e+1), et clairement responsable du quatrième but de Caitlin Foord (1-4, 67e), la capitaine lyonnaise a assumé face aux micros : « Il faut prendre ses responsabilités. Je n’ai aucun problème à prendre la défaite pour moi. »
Sa méforme individuelle, tout comme les prestations en dedans de Selma Bacha, Melvine Malard, Danielle van de Donk et Janice Cayman, toutes présentes à l’Euro en juillet, laisse entrevoir un été qui a été délicat à gérer, après une saison déjà riche en émotions avec le doublé D1-C1. Wendie Renard n’a pas éludé le sujet.
« On n’a pas réellement eu de préparation physique. On est sorties de l’Euro, on a eu très peu de jours de vacances et on a enchaîné direct par des matchs. Donc c’était compliqué d’avoir une vraie prépa. On fait avec les moyens du bord. On aime jouer, enchaîner les matchs, moi la première, mais si on ne travaille pas la caisse, à un moment, on peut être embêtées. Mais avant de penser au physique, on peut faire beaucoup mieux dans la qualité du jeu, dans les erreurs techniques, dans nos choix. Et puis beaucoup de joueuses d’Arsenal ont enchaîné elles aussi. »
Même quand on a une histoire aussi brillante que l’OL dans la compétition, peut-on se remettre d’un départ aussi catastrophique en Ligue des champions ? « On avait imaginé des débuts différents, rappelle Janice Cayman sur OL Play. C’est dur, il faut se remettre en question avant d’affronter la Juve. On sait qu’on va rebondir. » Sa coach Sonia Bompastor a sans surprise tenu à aller de l’avant elle aussi, rappelant qu’il « reste cinq matchs pour aller chercher la qualification », dans un groupe qui a aussi vu la Juventus Turin l’emporter sans surprise à Zürich (0-2).
« L'aspect mental va être très important, il faudra une réaction d’orgueil, insiste Sonia Bompastor. C’était une soirée sans mais il ne faut pas tout remettre en question ce soir, même si on a un peu la tête dans le seau. Il faut repartir en redonnant confiance à tout ce groupe qui a de la qualité. Il ne faut donc pas être alarmistes. » Wendie Renard, qui évoque « une soirée à oublier », conclut en réfutant cette idée de fin de règne que cette claque suggère : « Ce n’est qu’un match de foot. Rien ne peut remettre en cause tout ce qu’on a fait. C’est vrai qu’on n’a pas l’habitude de voir l’OL perdre de cette manière. Ça fait ch…, mais on se doit de relever la tête ».
OL - ANALYSE TACTIQUE / DERBY
Les moments clés du match
| Minute | Événement | Équipe | Score |
|---|---|---|---|
| 5' | But contre son camp d'Endler | Arsenal | 0-1 |
| 45+1' | But de Mariona Caldentey | Arsenal | 0-2 |
| 46' | But d'Alessia Russo | Arsenal | 0-3 |
| 63' | But de Caitlin Foord | Arsenal | 0-4 |
| 81' | But de Melchie Dumornay | Lyon | 1-4 |