Le Parc des Princes, stade emblématique du Paris Saint-Germain (PSG), est au cœur d'un débat passionné depuis plusieurs années. La relation entre le club de la capitale et la Mairie de Paris, propriétaire du stade, est jalonnée de tensions et de négociations complexes. Un bras de fer de plus en plus tendu oppose la ville de Paris, propriétaire du Parc des Princes, au PSG, le club qui l'occupe et souhaite l'acquérir pour l'agrandir. Une vieille histoire.

Un Attachement Historique
Inauguré en 1972 sous sa forme actuelle, le Parc des Princes est le berceau du PSG depuis 1974. Situé dans le 16e arrondissement de Paris, il fait partie intégrante du patrimoine de la ville et du club. Avant de devenir le stade que l'on connaît, le Parc des Princes était un espace boisé prisé pour la détente et la chasse. Au XVIIIe siècle, il était fréquenté par le roi et les princes. Le nom de « Parc des Princes » est apparu au XIXe siècle, reprenant les termes de route des Princes et de porte des Princes.
Le vélodrome du Parc des Princes, inauguré en 1897, a accueilli des compétitions de rugby, de football et de cyclisme, dont l’arrivée du Tour de France jusqu’en 1967. Le PSG a disputé son premier match au Parc des Princes en novembre 1973, lors d'un match de championnat de D2 contre le Red Star. Fort de plus 35 000 abonnés chaque saison, le Parc des Princes est un stade résolument dédié au football. L’été suivant, après son accession en Première Division, le jeune PSG, créé quatre ans plus tôt, deviendra le club résident de ce site historique du sport parisien, inauguré en 1897 sous la forme d’un vélodrome.
La Question de la Vente du Parc
La direction du PSG souhaite acquérir le Parc des Princes afin de réaliser des travaux de rénovation et d'agrandissement, portant la capacité du stade de 48 000 à 60 000 places. Nasser al-Khelaïfi, le président du PSG, a déclaré en janvier : « Si on veut être compétitif avec les autres clubs européens, on est obligé d'avoir notre stade ». Cependant, Anne Hidalgo et son équipe municipale s'opposent fermement à la vente du Parc des Princes. Début janvier 2023, Anne Hidalgo avait clarifié les choses : « Le Parc des Princes n'est pas à vendre. Et il ne sera pas vendu. »
Selon la Mairie de Paris, Nasser al-Khelaïfi aurait transmis une offre de rachat du Parc des Princes à hauteur de 40 millions d'euros. Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo, avait réagi : « C'est moins cher que Leandro Paredes. Franchement ?! Vous pensez vraiment que le Parc vaut moins que Leandro Paredes ? » La Mairie de Paris n'est pas contre l'idée de casser la convention actuelle et d'en signer une autre, donnant encore plus de largesses au Paris-SG et sur une durée beaucoup plus longue.
Tensions et Négociations
Les relations entre le PSG et la Mairie de Paris se sont tendues au fil des mois. Pendant la Coupe du monde 2022, Nasser al-Khelaïfi avait mis la pression à la Mairie de Paris. « Nous nous disputons avec eux depuis cinq ans. Nous étudions d'autres alternatives car je pense que nous ne sommes plus les bienvenus au Parc des Princes », avait-il déclaré.
La sortie pour le moins décalée de l’adjoint à la mairie de Paris, David Belliard, début janvier, expliquant qu’il s’opposerait « à toute vente du Parc des Princes au Qatar ou à d’autres intérêts privés » avait aussi fait hurler Al-Khelaïfi, évoquant dans la foulée une manière de racisme. En février, Nasser Al-Khelaifi a déclaré : « C'est fini maintenant, on veut bouger du Parc des Princes. C'est trop facile de dire maintenant que le stade n'est plus à vendre. On sait ce que l'on veut, on a gâché des années à vouloir acheter le Parc. C'est fini maintenant, on veut bouger du Parc ».
La mairie brandit le montant, qualifié par elle de « ridicule », proposé en avril par le club pour racheter le parc : 38 millions d’euros là où le foncier compte parmi le plus cher de France, là où le stade Vélodrome de Marseille a été valorisé à quelque 550 millions d’euros voilà trois ans.
Un bras de fer de plus en plus tendu oppose la ville de Paris, propriétaire du Parc des Princes, au PSG, le club qui l'occupe et souhaite l'acquérir pour l'agrandir. Une vieille histoire. A quand remontent les premières frictions ? Le sujet est parfaitement connu des supporters parisiens. Et pour cause, il n’est pas franchement nouveau, on pourrait même dire qu’il traîne en longueur depuis l’arrivée des Qatariens à la tête du Paris Saint-Germain.
L’agrandissement ou l’acquisition par le club du Parc des Princes, situé dans le XVIe arrondissement, est souvent l’objet d’un bras de fer entre le PSG et la mairie de Paris, propriétaire de l’enceinte qui a vu les Bleus remporter l’Euro en 1984. En novembre 2011, déjà, le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, en fait un élément central de son projet de développement et de croissance en affirmant au Parisien que "la rénovation du Parc doit correspondre à nos besoins et nos ambitions".
Sous la pression des élus de la capitale et de ses propres supporters, c’est finalement le PSG qui plie, et renonce à son projet, qui l’aurait obligé à quitter le Parc des Princes pour occuper pendant deux ans l’enceinte dionysienne du Stade de France. Nasser Al-Khelaïfi nourrissait l’ambition de sortir de terre un stade flambant neuf de 60.000 places sur les décombres du précédent, il devra remettre son projet à plus tard, car la rénovation se fera a minima. Et sans déménagement.
Pendant ce temps, le Qatar s’impatiente. "À chaque fois, ce sont les mêmes fausses promesses : aujourd'hui, demain, cette élection, la prochaine élection... Nous sommes fatigués de tout cela", s’est agacé Nasser Al-Khelaïfi ce mardi, dans les colonnes de Marca.
| Événement | Date | Description |
|---|---|---|
| Inauguration du Parc des Princes (version actuelle) | 1972 | Le stade est inauguré dans sa forme actuelle. |
| Premier match du PSG au Parc des Princes | Novembre 1973 | Le PSG joue son premier match contre le Red Star en D2. |
| Début de la résidence du PSG au Parc | 1974 | Le PSG devient le club résident après son accession en Première Division. |
| Négociations pour l'agrandissement | Depuis 2011 | Début des négociations pour agrandir le stade à 60 000 places. |
Pourquoi la question de l’exploitation est-elle aussi centrale ?
QSI a massivement investi dans le club pour porter sa valeur de 72 millions à 4 milliards d’euros, installant le Paris Saint-Germain comme une place forte du football européen en à peine plus d’une décennie. De 2011 à 2021, les revenus du PSG ont été multipliés par 6, passant de 95 millions d’euros à 540.6 millions d’euros. Le club de la capitale veut désormais passer à l’étape supérieure et accroître les revenus liées à son enceinte, dans laquelle il a déjà investi 85 millions d’euros (alors qu’elle ne lui appartient pas !), et prévoit d'y investir encore 500 millions d'euros, pour poursuivre sa croissance.
Racheter le Parc des Princes permettrait au PSG de ne plus être tributaire de la collectivité pour réaliser les agrandissements souhaités. "Nous voulons un stade comme tous les autres clubs, nous devons augmenter nos revenus, avoir un meilleur stade pour nos fans, et avoir plus de fans qui viennent que nous ne pouvons en accueillir", a martelé Nasser Al-Khelaïfi dans une interview à Marca. En attendant, la Ville de Paris est toujours propriétaire du stade. En décembre 2013, la mairie de Paris et le PSG ont signé une convention d’exploitation, un bail emphytéotique de trente ans contre le paiement d’un loyer d’un million d’euros par an.
Quelle est la position de la mairie de Paris ?
"Ils (les dirigeants du PSG) disent: on injecte 500 ou 600 millions (d'euros) de travaux que si on est propriétaires. Nous, ce n'est pas notre inclination première de leur vendre le Parc des Princes. C'est le patrimoine de la ville, des Parisiens", a argué jeudi dernier Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris.
"Des discussions sont engagées autour de la vente et on leur a dit: avant même de savoir si on souhaite vendre, il faudrait s'entendre sur un prix. Aujourd'hui, on n'est pas encore arrivé au bout de ces discussions", a poursuivi l'élu parisien dénonçant "un coup de pression" du PSG.
Combien vaut le Parc des Princes ?
Entre la ville de Paris, qui en réclame 350 millions d’euros, et le club, qui se dirait prêt à en débourser 40, les points de vue sont très éloignés à ce stade. La valeur de l’enceinte sera de toute façon estimée en fonction de sa localisation, de la manière dont il est desservi, de sa superficie, de son état général, de ce que le club a l’intention d’en faire, etc...
Selon l’économiste Christophe Lepetit, interrogé par Le Parisien, le prix pourrait se situer au-delà de la centaine de millions d’euros, "c’est sûr", soit un montant assez éloigné de ce que proposerait actuellement le PSG. Également interrogé par nos confrères du Parisien, un autre économiste, Patrice de Monaco, un potentiel prix proche du milliard d’euros ne serait pas incohérent.
Quelles autres options s’offrent au PSG ?
Le PSG Va Construire Le Meilleur Stade D'Europe En 2026
Face à l’obstination de la mairie de Paris, qui campe sur ses positions, Nasser Al-Khelaïfi songerait à quitter le Parc des Princes, avec deux options en tête pour parvenir à ses fins. La première consisterait à répondre à l’appel d’offres de renouvellement de la concession du Stade de France (qui se termine en 2025) et potentiellement faire une offre d'achat. La consultation est attendue pour 2023.

Le Stade de France, propriété de l'État qui cherche à le vendre, serait évalué à environ 600 millions d'euros. L'avantage est qu'il ne nécessite pas autant d'investissements pour rénover. En tout cas, l'État verrait d'un bon œil de voir son enceinte entre les mains des Qatariens, avec le PSG comme club résident. Pour les supporters, c’est une autre histoire.
La deuxième option serait de projeter la construction d'une nouvelle enceinte. Le club aurait déjà repéré deux sites qui pourraient accueillir un tel chantier. Reste à savoir si ce coup de pression de Nasser Al-Khelaïfi pourrait réellement aboutir à un départ du Parc des Princes, ou s'il s'agit juste d'un levier de négociation.
Un nouvel investisseur
L'arrivée d'Arctos, un nouvel investisseur, pourrait jouer un rôle dans le dossier du stade. Selon Vincent Chaudel, fondateur de l'Observatoire du Sport Business, « l'arrivée d'Arctos est un levier dans le bras de fer du club avec la ville de Paris ». Nasser Al-Khelaïfi n'y allait pas par quatre chemins en janvier: « Une des conditions (du deal avec Arctos), c'est d'être propriétaire du stade. Sinon ? On part ! »
Le PSG, qui a déboursé environs 75 M€ en rénovations avant l'Euro 2016, serait contraint de payer pendant sept ans en cas de rupture unilatérale de cet engagement et donc de départ vers d'autres cieux.
Une porte ouverte à l’agrandissement ?
Malgré les tensions, Anne Hidalgo a affirmé qu'elle restait "ouverte" à des discussions avec le PSG pour que le vainqueur de la Ligue des champions puisse agrandir le Parc des Princes sans que la ville ne lui vende. "Notre porte est toujours ouverte pour un agrandissement du Parc des princes dont la ville de Paris est propriétaire. Vendre non mais agrandir, oui", a déclaré l'édile socialiste.
Pierre Rabadan, l'adjoint aux sports d'Anne Hidalgo, a assuré que "des montages juridiques sont possibles, notamment un bail de longue durée permettant au PSG d'y investir et d'en profiter pendant plusieurs décennies". Il faut en effet cinq à six ans pour construire un stade susceptible d’accueillir un club du standing du Paris-SG, le double en comptant les inévitables recours des riverains ou associations de défense de l’environnement : la communication du club sur le fait de convoquer dans l’après-midi de jeudi les responsables des « projets de déménagement » peut ainsi faire sourire.
La question du Parc des Princes reste donc un enjeu majeur pour l'avenir du PSG.