Nouvelles Stars NBA et Espoirs du Basket Français

La planète basket est fascinante. Il est aussi aisé d’échanger en tête à tête sur le parquet pendant plusieurs minutes avec le joueur star de la soirée qu’impossible de réellement entrer en contact avec des spectateurs quasi-anonymes.

Le basket français ne finit plus de produire des spécimens hors normes. Si bien que certains jeunes Français, Nolan Traoré (18 ans) en tête avec Saint-Quentin, sont habitués à cette pression d’évoluer devant des scouts NBA.

Dans ce contexte, plusieurs mouvements viennent modifier le casting initial à l’approche du Young Star Game. Adam Atamna ne participera pas à l’événement, tout comme Bastien Grasshoff. Le joueur du Mans restera avec le MSB, engagé mercredi soir en demi-finale de Coupe de France face à Hyères-Toulon.

Ces ajustements profitent à deux jeunes talents qui n’avaient pas été retenus initialement. Grasshoff sera suppléé par Ilian Moungalla, actuellement à Évreux, où il est prêté par le Paris Basketball. En six rencontres d’ÉLITE 2, il monte progressivement en régime. De son côté, Adam Atamna laisse sa place à un tout autre profil : Kany N’Kouka, un géant de 2,17 m, toujours fanny en Betclic ÉLITE après quatre apparitions cette saison.

Au Palais des sports Marcel-Cerdan de Levallois (Hauts-de-Seine), en marge de ce premier Young Star Game de l’histoire du basket français, le jeu commun dans le public était de tenter de repérer où se trouvaient les 27 scouts NBA présents.

Ce chiffre, communiqué par la Ligue nationale de basket (LNB), avec 20 des 30 franchises US représentées au total, s’est accompagné d’une bonne et d’une mauvaise nouvelle. Certains recruteurs très attentifs au marché français ont été repérés, situés derrière le banc de la Team Rigaudeau victorieuse (87-75 contre la formation choisie par Moustapha Sonko).

Cependant, ceux-ci ont adopté deux postures face aux sollicitations, après ce match volontairement placé au plus près des deux NBA Paris Games (jeudi et samedi) entre les Spurs de Victor Wembanyama et les Indiana Pacers.

Les Scouts NBA et les Jeunes Talents

« Je n’ai pas du tout le droit de parler aux médias, c’est inscrit dans mon contrat à temps plein avec ma franchise NBA », nous indique l’un d’eux. Tandis que d’autres, sourire aux lèvres à peine masqué, tentent de nous assurer qu’il y a erreur, et qu’ils ne sont pas à cette rencontre de nos jeunes diamants (le logo de l’événement édité par la LNB) en tant que scouts.

S’ils n’ont pas toujours bien accueilli quelques tentatives de alley-oops catas, avec le ballon finissant dans les gradins du Palais des sports Marcel-Cerdan, ceux-ci se sont subitement mis à échanger après un passage génial d’Aaron Towo-Nansi en deuxième quart-temps. Avec un caviar pour envoyer Jahel Trefle au dunk, puis deux flèches à trois points, le meneur de poche de 15 ans a entériné pour de bon son statut de chouchou de ce Young Star Game.

Ce joueur fier de son « profil atypique », en raison de sa taille (1,77 m), a même bouclé son festival (12 points en 16 minutes) en sécurisant la victoire de son équipe grâce à un panier diabolique, avec cassage de reins sur Zacharie Perrin (20 ans et 2,08 m). Et bonus trashtalk avec la fameuse célébration « too small » en direction du Nancéien.

Aaron Towo-Nansi : La Nouvelle Pépite de Cholet

« Oui, j’ai un peu chambré Zach, il y avait à ce moment-là de l’euphorie, mais toujours dans la bienveillance », assure celui qui évolue cette saison dans le championnat Espoirs (U21 nationaux), et non pas en Betclic Elite. La nouvelle pépite de Cholet Basket, club référence de cette formation française reconnue, après avoir déjà placé sept joueurs en NBA depuis vingt ans, évoque avec lucidité sa belle soirée et son éclosion aux portes du monde professionnel.

« J’ai montré la meilleure version de moi-même ce soir, alors qu'il s'agissait de mon premier match contre des pros. Je n’ai pas forcément fait ça pour les scouts mais pour moi. Petit, la NBA était un rêve. Plus on avance et plus on se dit que ça peut être un objectif. Je n’ai pas ressenti de pression particulière et le show a été fait. Je ne sais pas du tout si des scouts viennent à mes matchs en Espoirs, je ne fais pas attention aux gens dans les tribunes. »

Le meneur de jeu, seul joueur de 15 ans sélectionné mardi avec le très prometteur Nathan Soliman (Insep, 7 points), s’est attiré les louanges de Vincent Collet après la rencontre. « Le petit Aaron, il a de la magie, des actions de classe et beaucoup de culot, apprécie le désormais ancien sélectionneur des Bleus, présent sur le banc de la Team Sonko pour l’occasion. Il a sonné la révolte de son équipe. »

Outre le vainqueur de la dernière Coupe de France U17, il y avait du talent à revendre sur le parquet de Levallois mardi, entre les percussions de Mohamed Diawara (21 points, également à Cholet cette saison), la surpuissance de Zacharie Perrin (16 points) sur un poster dunk très « Top 10 compatible » sur le pauvre Cameron Houindo, et la polyvalence à toute épreuve du Manceau Noah Penda, logique MVP du match du haut de ses 20 piges (18 points, 7 passes décisives et 6 rebonds).

Sept mois après avoir assisté à la fin officielle de l’aventure des Mets, qui n’ont pas su digérer le départ du trio Wembanyama-Coulibaly-Collet à l’été 2023, ce Palais des sports Marcel-Cerdan a par instants vibré comme sur les exploits de « Wemby ».

Immensément tatoué « Sky is the limit » sur son bras droit, Zacharie Perrin résume l’enthousiasme général, devant 2.300 spectateurs. « C’était un super événement, je remercie grandement la LNB d’avoir ajouté ça cette saison, glisse-t-il. Il y a un grand engouement sur Paris cette semaine entre les NBA Paris Games et le match PSG-Manchester City. Se montrer devant les franchises NBA et se confronter aux meilleurs prospects, c’est toujours intéressant. Ce soir, on est sept à évoluer en Betclic Elite avec un rôle majeur dans nos clubs. C’est assez fou, il y a une dizaine d’années, ça n’était pas du tout comme ça ».

« Les hauts potentiels sont listés très jeunes et ils le savent, confirme Fabrice Jouhaud, directeur général de la LNB. L’effet Victor Wembanyama est un accélérateur de particules, et je lui associe Bilal Coulibaly, qui est sorti de nulle part pour être drafté numéro 7. Ils ont montré qu’on pouvait faire confiance aux jeunes en étant ultra-performants. »

Dans le sillage de « l’unique Wemby », la LNB a su dépoussiérer ses habitudes pour parvenir donc mardi à un pendant 100 % français du Nike Hoop Summit US, avec la veille l’organisation d’un Combine, ensemble de tests physiques et techniques comme avant la Draft NBA. « On veut montrer à nos jeunes qu’on est capables de les mettre en valeur, de créer un événement autour d’eux, et d’avoir un championnat cool, liste Fabrice Jouhaud. Et puis la présence de la NBA à Paris peut mettre une loupe incroyable sur notre vivier de talents. »

Les Dirigeants NBA Défilent à Saint-Quentin

Cette soirée est parvenue à être une franche réussite malgré l’absence majeure de Nolan Traoré, attendu dans le Top 5 de la Draft 2025, mais mobilisé mardi sur un match décisif de Ligue des champions avec Saint-Quentin, éliminé de peu (75-73) malgré les 20 points de son talentueux meneur de jeu.

Manager général du SQBB, Thibaut Ricoux a droit à son lot de surprises cette saison : « Quand on connaît l’histoire de notre club, c’est fou de voir dans notre salle des grands noms comme le general manager [GM] adjoint des Hawks Kyle Korver en novembre, puis le président des Toronto Raptors Masai Ujiri et le GM des Warriors Mike Dunleavy Jr. la semaine dernière. »

Dans ce Palais des sports Pierre-Ratte de 3.100 places (dont 200 debout) affichant toujours complet, Saint-Quentin a même dû se débrouiller pour accueillir 20 scouts NBA lors d’une victoire contre Limoges (72-67) le 14 décembre.

« Les franchises NBA ont une armée de scouts, rien ne leur échappe. Tous connaissaient avant ce soir les 20 joueurs présents à ce Young Star Game, mais aussi les 20 suivants. Il n’empêche que ça met la lumière sur nos jeunes, c’est une belle vitrine. »

Vice-président du Poitiers Basket 86 (Pro B), Eric Pineau tenait ainsi à faire le voyage mardi à Levallois : « Dans notre projet de développer des jeunes prospects français, avant qu’ils n’aillent briller en NBA et en Euroligue, il est important qu’on soit là. Le potentiel est incroyable chez les jeunes basketteurs français, et il y a plus de regards braqués sur notre formation. »

Une tendance que confirme Vincent Collet, désormais consultant auprès de la franchise NBA des Cleveland Cavaliers : « On a l’impression que notre nombre de prospects augmente d’année en année. On a un réservoir de joueurs au potentiel athlétique unique en Europe. »

Quatre mois plus tard, le jeune ailier du Mans (2,02 m, 20 ans) sera l'un des joueurs les plus épiés par les scouts NBA mardi soir à Levallois, alors que Traoré sera absent, engagé dans un match décisif en Ligue des champions, et que Perrin vit une saison compliquée à Nancy.

« C'était gratifiant de voir ça, de se dire qu'on est vu comme un leader de cette nouvelle génération de joueurs en LNB », sourit l'ancien joueur de Vichy en Pro B, qui a suivi son coach Guillaume Vizade dans la Sarthe pour y découvrir l'élite. Avec succès : 9,8 points, 5,5 rebonds, 1,7 interception (3e en Betclic Élite) et 1,4 contre (1er).

De quoi alimenter sa confiance en lui, après avoir un temps douté de son potentiel, même après une saison à 11 points de moyenne à 17 ans avec l'Insep en Nationale 1 (D3). « J'avais un peu ce syndrome de l'imposteur : je faisais une bonne année mais sans en avoir l'impression, racontait l'ailier fin décembre avant sa découverte du All-Star Game. Je doutais de mes capacités, de ce que j'avais le droit de faire ou pas sur le terrain. »

À Vichy, Vizade s'est attelé à corriger ce trait de caractère. « C'était le premier coach à m'engueuler parce que je ne prenais pas un tir, il pouvait arrêter la séance et me dire "Si tu ne les prends pas, sors de la salle !" », se marre Penda. L'équipe de France U20 le remercie : en quarts de finale de l'Euro cet été, son panier assassin au buzzer a envoyé l'Espagne (74-72) à la maison dès les quarts et mis les Bleuets sur la route du titre, coachés par... Vizade. « Noah est parfois tellement orienté vers les autres qu'il s'oublie un peu, assure le technicien. On a travaillé sur ses intentions de tirs, c'est quelque chose que l'on a bien mené et il peut encore faire mieux. »

Fils de basketteurs, le père ex-joueur de N1, la mère ex-joueuse de Deuxième Division, Penda a arpenté les bassins, les tatamis et les pelouses avant de se tourner vers le basket pour de bon, à 9 ans. « J'étais gardien à Bondy, mais j'avais une très bonne équipe et je n'avais besoin de rien faire, poursuit le Manceau. Je me souviens d'un match en décembre : il faisait 5 degrés, je m'étais assis dans les cages tellement mon équipe dominait. »

Passé par le Pôle Espoirs Île de France avec Mohamed Diawara (Cholet), Tidjane Salaun et Pacôme Dadiet - draftés en NBA en 2024 - l'ailier a ensuite côtoyé Ousmane Dieng ou Rayan Rupert au Pôle France, avant de faire le choix de la Pro B pour se jeter dans le bain professionnel, à Vichy. « Mon chemin a peut-être été plus long mais ça m'a permis d'arriver dans l'élite avec de meilleures armes », soutient Penda, sacré meilleur jeune de Pro B.

Ses armes ont convaincu Antoine Rigaudeau de le sélectionner avec son deuxième choix lors de la draft du Young Star Game. « Il sait tout faire, il est très fort physiquement, capable de défendre sur quatre postes et peut être même certains pivots », énumère le « Roi ». « Son tir à trois points est aussi intéressant », ajoute le double vainqueur de l'Euroligue, qui a pu le vérifier au premier rang lundi soir avec une belle réussite à l'exercice de tirs lors du « combine » (série de tests) organisé pour les joueurs du Young Star Game.

Le cocktail de qualités intéresse logiquement la NBA et après avoir retiré son nom de la draft 2024, Penda apparaît entre fin de premier tour et début du second dans les prévisions 2025. « Je n'y fais pas attention au quotidien mais ma bulle n'est pas impénétrable donc je m'en aperçois », avoue le jeune ailier, appelé en novembre comme partenaire d'entraînement avec les Bleus.

Grand espoir du basket français, Nathan Soliman va découvrir l’ELITE 2 avec Nantes. Le basket français ne finit plus de produire des spécimens hors normes, mais Nathan Soliman (2,01 m, 16 ans) occupe une place à part dans la hiérarchie des espoirs.

Entré au Pôle France avec deux ans d’avance - un fait rarissime - Nathan Soliman n’a pas seulement participé au championnat de Nationale 1, il l’a marqué de son empreinte.

Interrogé par Ouest France sur cette précocité, le jeune ailier affiche une lucidité déconcertante. « L’INSEP m’a apporté beaucoup en maturité. J’ai été obligé de grandir plus vite, physiquement aussi », explique-t-il, soulignant l’exigence de se frotter quotidiennement à des joueurs plus expérimentés, que ce soit en NM1 ou en équipe de France U18.

Pour Nathan, signer au NBH n’est pas un saut dans l’inconnu, mais un véritable retour à la maison. Ce passage au monde professionnel ne semble pas l’effrayer outre mesure. « J’ai plus d’attentes que d’appréhensions », confie-t-il à propos de l’Élite 2, une ligue qu’il sait « très physique, qui va plus vite et plus haut ».

Ce qui impressionne chez le jeune international français, au-delà de son talent pur, c’est son approche quasi chirurgicale de sa carrière. Alors qu’il est encore lycéen en terminale générale (avec un an d’avance), il gère son quotidien comme un vétéran. Rien n’est laissé au hasard : « Ce que j’ai mis en place en extra-basket, ça ne va pas changer non plus : l’alimentation, la récupération, le sommeil et les soins ».

La NBA lutte désespérément dans l’espoir de sauver son bébé. Le All-Star Game, et même plus globalement tout le weekend de festivités, moment traditionnellement culte d’une saison de basket américain, est en nette perte de vitesse.

L’événement, suivi par près de 13 millions de téléspectateurs aux Etats-Unis en 2002, a été regardé par moins de 5 millions de personnes dans le pays l’an passé. Les critiques pleuvent et le désintérêt de plus en plus marqué, à commencer par celui de ses propres acteurs. D’où le besoin pressant pour la ligue de trouver constamment des nouvelles formules en espérant relancer un match de gala autrefois tant attendu.

Les instances dirigeantes ont abandonné un temps l’habituelle confrontation entre les meilleurs joueurs des Conférences Est et Ouest, tout ça pour y revenir par la suite faute de mieux. Entre temps, des capitaines d’équipe se sont défiés façon playground sous différentes règles (plus de quart-temps, score à atteindre, etc.) et la NBA avait même organisé un mini-tournoi à San Francisco en février 2025. Une proposition reconduite pour cette édition mais avec un changement de taille : les internationaux seront désormais opposés à deux sélections américaines. Un duel réclamé de longue date par une partie du public.

Si la ligue est forcée à se révolutionner son produit, c’est d’abord parce que les joueurs refusent de remplir leur part du boulot. Entre les saisons trop longues, le risque de blessure, l’évolution des mentalités et l’absence de grandes rivalités, les meilleurs basketteurs de la planète n’ont plus nécessairement envie de faire semblant de se donner à fond sur une rencontre sans enjeu au-delà du divertissement.

Mais ce n’est pas le point de vue de tout le monde. Victor Wembanyama se pose encore une fois en OVNI parmi la crème de la crème. Un gratin dont il fait partie depuis l’an dernier. Le Français était d’ailleurs arrivé en annonçant la couleur.

« Personnellement, je me demande comment je peux redonner un aspect compétitif au All-Star Game. Je vais être à fond dès le moment où je vais mettre un pied sur le terrain, ça c’est sûr. Mais je ne pense qu’aucun format soit plus intéressant qu’une confrontation entre l’Est et l’Ouest. »

Il n’avait (malheureusement) pas nécessairement été suivi par ses pairs dans la Bay, de quoi agacer le jeune homme. Mais il a pris encore une autre dimension depuis. De plus en plus reconnu, respecté et même parfois craint, Victor Wembanyama espère que sa voix va porter et motiver ses camarades à s’investir davantage sur le parquet dimanche.

« J’aimerai pousser les autres grands joueurs à jouer avec autant d’intensité que ce que je compte le faire. On verra bien ce qu’il va se passer. Et s’ils ne veulent pas jouer dur, je ferai sans eux », prévient l’intéressé. Consigne reçue par l’un de ses futurs coéquipiers.

Le fait qu’ils évoluent dans la même équipe peut avoir une influence sur les autres. En effet, malgré tout, les All-Stars sont les plus grands joueurs de cette ligue, et donc de la planète. Ce sont naturellement des compétiteurs purs.

Cet état d’esprit conquérant, c’est pourtant d’abord celui de Victor Wembanyama. Chaque passage sur le terrain est pour lui l’occasion d’envoyer un message à ses adversaires et à ses concurrents. Et ils écoutent de plus en plus.

Parce que le natif du Chesnay devient absolument incontournable en multipliant les performances historiques tout en menant les Spurs à la deuxième place de la Conférence Ouest. Il est déjà l’un des nouveaux visages de la NBA, en attendant éventuellement de s’affirmer comme la référence du basket mondial.

Voici un tableau récapitulatif des jeunes talents mentionnés dans l'article :

Joueur Âge Club Position Potentiel
Aaron Towo-Nansi 15 ans Cholet Basket Meneur Élevé
Nolan Traoré 18 ans Saint-Quentin Meneur Top 5 Draft 2025
Noah Penda 20 ans Le Mans Ailier Fin de premier tour/Début du second tour Draft 2025
Nathan Soliman 16 ans Nantes Ailier Très prometteur
Mohamed Diawara 21 ans Cholet - -
Zacharie Perrin 20 ans Nancy - -

Victor Wembanyama : quelle est la meilleure équipe NBA pour le phénomène français ?

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