L'Histoire du Football Américain à Notre Dame : Un Phénomène Culturel Américain

Le football américain est de loin le sport le plus populaire aux États-Unis, avec des matchs qui attirent des foules immenses et génèrent des revenus considérables. Ce sport est profondément ancré dans la culture américaine, avec ses cheerleaders, ses mascottes et ses chants.

Le stade de Notre Dame, un lieu emblématique du football universitaire américain.

Structure du Football Universitaire Américain (NCAA)

119 équipes appartiennent à la Division I de la National Collegiate Athletic Association (NCAA). Elles sont réparties dans douze conférences régionales pour faciliter les déplacements. La saison régulière se déroule de septembre à janvier, avec une douzaine de matchs. Presque tous les États ont une ou plusieurs universités avec une équipe de football. Certaines villes comme Los Angeles en ont deux (UCLA et USC) qui entretiennent une rivalité intense.

Désignation du Champion National : Le Bowl Championship Series

À la différence du football professionnel (NFL) ou du basket, le football universitaire ne fonctionne pas avec un système de playoffs. À la place, c’est le très controversé Bowl Championship Series : un ranking est établi, basé sur des classements de la presse, des coaches et des algorithmes d’ordinateurs. Le résultat de cette cuisine culmine lors des bowls début janvier, des rencontres entre les meilleures équipes. Parmi les bowls les plus célèbres, le Rose, Orange, Sugar et Fiesta. Depuis 2007, un cinquième a été créé : le National Championship Bowl, opposant les deux meilleures équipes du classement, le vainqueur étant désigné champion. Le système est régulièrement critiqué, et certains titres discutés des années après au bistrot.

Historiquement, les meilleures équipes sont Alabama, Notre-Dame et USC, avec toutes plus de 10 titres nationaux au compteur.

Notre Dame vs USC : Une Rivalité Historique

Dès l’université, les joueurs sont plongés dans des oppositions de prestige, souvent inscrites dans une histoire très riche. Ce sont ces rivalités NCAA qui ont forgé les joueurs NFL d’aujourd’hui. Pour une fois dans notre série sur les rivalités universitaires, celle-ci n’oppose pas deux facs proches géographiquement. Aucune autre université n’a davantage fourni la NFL que ces deux-là : Notre Dame avec 525 joueurs et USC avec 518 joueurs sélectionnés. Il y a actuellement 49 joueurs issus de USC sous contrat avec une franchise NFL. Formés dans l’université catholique de Notre Dame, ce sont 38 joueurs qui sont à ce jour sous contrat chez les pros. Si les joueurs cités font partie du présent, ces deux universités ont offert par le passé quelques-uns des meilleurs joueurs de la grande ligue. En combiné, Notre Dame et USC représentent 25 joueurs introduits au Hall of Fame de Canton. Chez les Fighting Irish, l’histoire a remarqué le receveur Tim Brown (Raiders) dont les 14934 yards en réception constituent le septième total dans l’histoire de la NFL. Aussi, le coureur Jerome Bettis (Steelers) alias « le Bus ».

De 1983 à 1993, Notre Dame a remporté les 11 matchs disputés face à USC. Durant cette période, Notre Dame, sous la houlette du légendaire Lou Holtz au coaching, réalise une saison parfaite de 12 victoires et aucune défaite en 1988. C’est cette année là que la fac, tout au nord de l’état de l’Indiana, remporte son huitième titre national en battant West Virginia lors du Fiesta Bowl.

Le 15 décembre 2000, USC engage un nouvel entraîneur. Les responsables du programme Californien essaye tout d’abord d’engager l’entraîneur d’Oregon State, puis celui d’Oregon avant de se tourner vers Mike Riley alors coach des San Diego Chargers. En vain. En désespoir de cause, ils se résignent à engager un entraîneur dont la fille était alors joueuse de l’équipe de volley-ball. S’il perd sa première confrontation contre Notre Dame en 2001, Pete Carroll conduit ensuite ses Trojans à huit victoires consécutives face aux Irish.

Les Mascottes : Fighting Irish vs Trojans

Aux Etats-Unis, chaque équipe a un nom. Pour l’université de Notre Dame ce sont les Fighting Irish. Si la première mascotte était un chien, un terrier Irlandais, depuis 1960 c’est un Leprechaun. Un lutin Irlandais issu de contes médiévaux. Celui de Notre Dame est représenté les poings en avant, prêt à combattre. Les Californiens d’USC sont des Trojans. Les Troyens (mythologie grecque). C’est le journaliste Owen Bird qui utilisa ce terme pour la première fois en 1912 car « USC rencontrait des équipes plus solides et mieux équipées qu’eux mais avec un esprit combattif rendant le surnom de Trojans approprié ».

Lors de leurs cinq dernières confrontations, l’équipe jouant à domicile l’a emporté. En sera t’il de même le 24 novembre 2018 ?

Le Football Universitaire : Plus Qu'un Sport, un Phénomène Culturel

Le football américain universitaire aux États-Unis ne se résume pas simplement à un sport. Il s’agit d’un phénomène culturel, d’un véritable rituel social qui fédère des millions de supporters à travers le pays. Chaque saison, des stades immenses se remplissent d’étudiants, d’anciens diplômés, de familles et de passionnés venus assister à ces confrontations qui dépassent le cadre purement sportif. En effet, les matchs de football universitaire incarnent l’identité des campus, la fierté régionale et une atmosphère festive sans équivalent.

L'ambiance électrique d'un match de football universitaire.

Né à la fin du XIXe siècle, le football américain sur les campus universitaires fait désormais partie de l’ADN culturel des États-Unis. Chaque université de renom possède son équipe, souvent appelée par un surnom emblématique (les “Crimson Tide » de l’Université d’Alabama, les “Fighting Irish” de Notre Dame, ou encore les “Wolverines” du Michigan). Les matchs se déroulent généralement le samedi, moment devenu sacré pour les étudiants et supporters. Les familles organisent des « tailgates » avant les rencontres : véritables rassemblements festifs sur les parkings des stades, où l’on grille des viandes et échange entre camarades de promotion. La couverture médiatique est massive. Les grandes chaînes de télévision américaines diffusent chaque semaine plusieurs matchs universitaires.

Au-delà de la passion sportive, le football universitaire est aussi un levier économique colossal. Les sponsors, les droits télévisés et les ventes de produits dérivés génèrent des revenus considérables pour les universités et les États.

En effet, les performances sportives durant les matchs ne composent pas le seul spectacle. Les chants interprétés par les supporters, les chorégraphies des cheerleaders et les performances des fanfares rythment chaque rencontre. Chaque université possède un « fight song », une chanson officielle qui symbolise la combativité et l’esprit de l’équipe. Les danses quant à elles sont portées par les cheerleaders et les sections de danse universitaires. Elles combinent acrobaties, coordination et participation active du public. C’est la dimension festive qui fait du football universitaire bien plus qu’un sport : une véritable expérience communautaire et culturelle.

Chaque match universitaire dépasse le simple cadre du campus : il représente une région, un État, une histoire. Les alumni, anciens étudiants, reviennent régulièrement soutenir leur institution. Le spectacle est de haut niveau. De nombreux joueurs universitaires deviendront des athlètes professionnels en NFL.

College Football: Divisions, conférences... comment on fait?

Les Stades Emblématiques du Football Universitaire

  • Michigan Stadium (Université du Michigan): Surnommé « The Big House », ce stade est le plus grand des États-Unis, avec une capacité dépassant les 107 000 spectateurs.
  • Bryant-Denny Stadium (Université d’Alabama): Fief de l’Université d’Alabama, ce stade de 100 000 places est le théâtre des exploits du Crimson Tide.
  • Ohio Stadium (Université d’État de l’Ohio): Également surnommé « The Horseshoe », le stade de l’Université d’État de l’Ohio accueille plus de 102 000 spectateurs.
  • Rose Bowl (Pasadena, Californie): Plus qu’un simple stade, le Rose Bowl est un symbole, souvent hôte de la prestigieuse rencontre post-saison, le « Rose Bowl Game ».
  • Notre Dame Stadium (Université de Notre Dame): Considéré comme l’un des temples du football universitaire, le stade de Notre Dame respire la tradition.

Pour les passionnés qui souhaitent prévoir leur voyage, il est essentiel de connaître le calendrier. La saison régulière de football universitaire se déroule généralement de la fin août à début décembre. Ensuite, vient la période des bowl games, entre mi-décembre et le jour de l’An, qui opposent les meilleures équipes dans des affiches de prestige. Le point culminant est le College Football Playoff National Championship, en janvier, qui détermine le champion national.

Voyager aux États-Unis avec l'idée d’assister à un match de football universitaire peut sembler complexe : trouver les bons billets, gérer la logistique des déplacements, organiser l’hébergement et planifier les activités annexes.

Si vous êtes bon, une carrière pro est envisageable. Mais les places sont chères : moins de 10% des joueurs de foot au lycée réussissent à intégrer une équipe à la fac. Si vous avez déjà regardé l’excellente série Friday Night Lights vous savez que scouts et agents se battent pour faire venir les meilleurs talents. Cependant, un joueur à la fac n’est pas payé (ce que certains contestent vu les centaines de millions de dollars qu’ils rapportent et les salaires mirobolants des coachs). En revanche, la plupart ne paient pas de frais d’inscriptions ou de logement ou d’assurance maladie, ce qui peut finir par faire 80.000 dollars par an). Environ 2% des joueurs universitaires seront draftés (sélectionnés) par la NFL pour passer pro.

Les stades des Bowls sont tous plus grands que notre Stade de France, et pleins à craquer. Plusieurs dépassent même les 100.000 places. Les finales atteignent parfois 40 millions de téléspectateurs comme en 2006. Deux fois moins que les pros avec le Super Bowl, certes, mais en général, dans le top 5 des audiences annuelles (avec les Oscars et les Grammy Awards).

Beaucoup plus que les Français, les Américains sont attachés à leur université.

Ca donne parfois des drames familiaux: Deanna, une lycéenne de Los Angeles, nous explique que son père était un Trojan de USC, sa mère une Bruin de UCLA et qu’ils se battent pour influencer son choix de fac. Déchirée, elle préfère honorer ses racines et supporter les fiers Irlandais de Notre-Dame.

Ce n’est pas en arrivant en NFL que les joueurs de football américain découvrent les rivalités.

C'est dans les « public schools » victoriennes qu'est né le football moderne. Longtemps dominant, le foot anglais, qui a essaimé dans le monde entier, décline après 1945. Avant de se muer en entreprise.

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