Les Notes des Joueurs de l'Équipe de France de Rugby: Analyses et Performances

Le XV de France a connu des fortunes diverses lors de ses dernières rencontres. Entre victoires étriquées et défaites amères, les performances individuelles des joueurs ont été scrutées à la loupe. Voici une analyse détaillée des notes attribuées aux joueurs français, mettant en lumière les points forts et les faiblesses de chacun.

France vs. Afrique du Sud: Un Défi Physique Insurmontable

Battu dans la dimension physique, le XV de France s'est logiquement incliné. Seuls les flankers Paul Boudehent et Anthony Jelonch ont donné l'impression de rivaliser. Régis Montagne et Emmanuel Meafou, eux, ont déçu.

Les Avants

  • 1. Baptiste Erdocio (5): Le pilier montpelliérain a répondu présent dans le défi physique, notamment en mêlée où il a récupéré une pénalité en première période. Très actif dans le travail de l’ombre, il a multiplié les courses pour participer aux rucks et assurer les sorties de balle. Comme ses coéquipiers, il a tout de même peiné à peser physiquement. Remplacé à la 48e minute par Jean-Baptiste Gros.
  • 2. Julien Marchand (6): Le talonneur a réussi un très propre 12 sur 13 sur ses lancers en multipliant les options comme celle de chercher Le Garrec en début de bloc. Actif dans le jeu, il réalise un grattage important au milieu du temps fort des Springboks. Il a avancé sur chaque percussion. Remplacé par son coéquipier en club Guillaume Cramont à la 48e minute.
  • 3. Régis Montagne (4,5): Le droitier français a vécu une première période très délicate. En difficulté sur les trois premières mêlées, il a concédé une pénalité dans ce secteur. Il est en retard sur le départ au ras de Cobus Reinach qui va marquer le premier essai des Boks. Le Clermontois a réussi une belle passe en pivot en deuxième période avant d’être remplacé par Dorian Aldegheri. Intéressant dans le jeu, il a souffert en mêlée.
  • 4. Thibaud Flament (6): Le Toulousain a encore une fois été très précieux dans le jeu aérien captant trois ballons en touche, il a réussi à mettre son équipe dans l’avancée dans un match où chaque centimètre gagné était un combat.
  • 5. Emmanuel Meafou (5): On a eu du mal à voir la puissance du numéro 5 français, il est pénalisé une fois en première période avant de mal couvrir le ruck qui amène l’essai de Reinach. A son actif, un bon contre ruck. Il parcourt 22 mètres balle en main en battant 1 défenseur. Remplacé par Romain Taofifenua.
  • 6. Anthony Jelonch (5,5): Jelonch adore ces matchs où le combat est la priorité, où sa puissance fait merveille. Il a réussi à faire mal aux Boks avec ces charges dévastatrices, il a marqué par la dureté de ses plaquages. Il a fini par disparaître comme ses coéquipiers devant le défi physique imposé par les Boks.
  • 7. Paul Boudehent (5): Plus en vue en deuxième période, le Rochelais a multiplié les tâches dans les zones de rucks avec notamment 9 plaquages. Très peu en vue balle en main il a peiné physiquement dans la dernière demi heure, rincé par la puissance de l’adversaire. Remplacé par Hugo Auradou à la 72ème minute.
  • 8. Mickaël Guillard (6): Le patron du paquet d’avant. Principal joueur ciblé en touche (6 touches captées), meilleur plaqueur en première mi-temps (8 plaquages), il continue de monter en puissance dans cette équipe où il devient indispensable que ce soit en deuxième ou troisième ligne. Il sort malheureusement épuisé avant la 50e minute. Remplacé par Oscar Jegou.

Les Arrières

  • 9. Nolann Le Garrec (4): Malgré sa belle chistera d’entrée, le demi de mêlée tricolore a été en difficulté. Chahuté dans les rucks, il a peiné à mettre du rythme et ses jeux au pied d’occupation trop imprécis, souvent trop longs, ont rarement permis de créer de l’avancée et faire souffler son paquet d’avant. A son actif une grosse activité défensive (cinq plaquages). Remplacé par Maxime Lucu.
  • 10. Romain Ntamack (3,5): Comme son partenaire de la charnière, le Toulousain a été peu à son aise dans la première partie de la rencontre. Souvent arrêté, il a lui aussi connu du déchet dans son jeu d’occupation à l’image de son coup de pied directement en touche en deuxième période. Un match raté.
  • 11. Louis Bielle-Biarrey (4): Une première mi-temps dans laquelle il n’ a pas touché un seul ballon avant de monter en puissance en deuxième période où sa qualité sous les ballons haut, sa vitesse ont causé des difficultés aux Boks. Son carton jaune coûte cher à l’équipe de France: derrière les Bleus encaissent 12 points.
  • 12. Gaël Fickou (4,5): Le capitaine tricolore a joué son rôle d’organisateur, sans flamber. Le capitaine de la défense termine la rencontre sans le moindre plaquage réalisé. Il est à l’origine du deuxième essai tricolore en décalant Romain Ntamack d’une belle passe pivot. Remplacé par Nicolas Depoortere.
  • 13. Pierre-Louis Barassi (4): Le centre toulousain n’a pas semblé à son aise dans cette rencontre. Rarement dans l’avancée, il a souvent subi la puissance sud africaine. Il défend très mal sur l’essai de Grant Williams montant en pointe alors que le demi de mêlée s’engouffre dans le trou derrière le groupé pénétrant.
  • 14. Damian Penaud (5,5): Ultra-réaliste, l’ailier bordelais a enfin battu le record de Serge Blanco en marquant ses 39e et 40e essais, plus de huit ans après sa première réalisation en Bleu, en Afrique du Sud. Parfaitement servi dans son couloir par le pied, puis la main de Ramos, il a joué son rôle de finisseur. On n’a trop peu vu l’ailier de l’UBB et son plaquage haut permet aux Boks de revenir dans la partie.
  • 15. Thomas Ramos (7,5): LE patron des Bleus. Après un premier duel aérien perdu, l’arrière a réalisé un sans-faute. D’une diagonale au pied parfaite, il offre le premier essai à Damian Penaud (4e minute) après une inversion parfaite devant la montée défensive, avant de récidiver 20 minutes plus tard d’une passe vissée parfaitement ajustée. Impeccable au pied avec 100% de réussite face au perche. Il termine capitaine.

France vs. Fidji: Une Victoire Laborieuse

Porté par un Charles Ollivon tranchant et omniprésent en défense, le XV de France, bien qu'indiscipliné et inconstant, a dominé les Fidji (34-21), ce samedi à Bordeaux. À l'ouverture, Romain Ntamack a vécu une soirée compliquée, n'ayant que trop peu pesé avec son jeu au pied et dans l'animation des Bleus.

Ce samedi, contre les Fidji et devant son public à Bordeaux, Nicolas Depoortere a marqué les esprits en inscrivant deux essais. Le XV de France a enregistré sa première victoire de sa tournée d’automne, mais a montré trop de lacunes contre les Fidji, ce samedi 15 novembre à Bordeaux.

Ramos : 5,5. Sa précision face aux perches reste précieuse, avec presque un sans-faute dans son rôle de buteur. Mais l’arrière toulousain n’a pas eu l’impact qu’on lui connaît dans le jeu courant.

Les Avants

  • 4. Très présent en touche: tant offensivement que défensivement, le Toulonnais fut souvent la cible des lancers de Julien Marchand autour desquels les Bleus ont créé leurs mauls dominateurs, à l’image du deuxième essai marqué par le talonneur toulousain. Ollivon s’est aussi rapidement signalé en inscrivant le troisième essai bleu en se portant au soutien de Bielle-Biarrey qui avait débordé sur l’aile gauche.

Les Arrières

  • 11. Dans une rencontre hachée: il n’a pas eu beaucoup d’occasions pour se mettre en évidence. Bizarrement, il a raté une passe pour Thomas Ramos alors qu’il avait tout son temps pour l’ajuster (13e). Une maladresse surprenante de sa part. En revanche, il a eu la classe d’offrir un essai à Charles Ollivon alors que sa vitesse lui aurait probablement permis de filer jusque dans l’en-but tout seul. Un altruisme récompensé. À noter aussi qu’il a gagné un joli duel aérien (55e).
  • 13. D’abord, il a inscrit deux essais: Une première pour ce joueur dont on ne cesse de louer la progression. Le premier, au soutien offensif de Pierre-Louis Barassi, il file facilement entre les perches pour les premiers points de son équipe (7e). Le second, tout en puissance, inscrit alors que les Bleus avaient le plus grand mal à se défaire d’une équipe fidjienne qui a finalement donné du fil à retordre aux Bleus.

Tableau des notes des joueurs (France vs. Fidji):

Joueur Note Commentaire
Ramos 5,5 Précision précieuse, impact limité dans le jeu courant.
Ollivon 8 Tranchant en défense, précieux en touche.
Depoortere - A marqué les esprits avec deux essais.
Ntamack - Soirée compliquée, peu d'impact sur le jeu.

Malgré un début de match raté, les Fidjiens ne se sont pas affolés et sont revenus au score grâce à un rugby organisé, loin du cliché foutraque accolé à la nation du Pacifique. Kuruvoli (7) a parfaitement cornaqué son paquet d'avants, accélérant le rythme quand il le fallait, et utilisant son long jeu au pied avec justesse.

Mis sous pression par les montées agressives des Bleus, Muntz (5) a d'abord eu du mal à distribuer, avant de prendre peu à peu ses aises. Wainiqolo (6) a énormément dynamisé les possessions fidjiennes en se proposant loin de son aile. Son essai (43e) tout en punch a permis aux Fidjiens de revenir à égalité en début de seconde période.

Dur à l'impact, Ravouvou (7) a créé d'énormes différences et mis son équipe dans l'avancée, tout comme le capitaine Ikanivere (7), fer de lance du pack. Hyperactif, Canakaivata (5) s'est démultiplié aux quatre coins du terrain mais a connu du déchet. Comme Mata (5), efficace au sol mais tête en l'air sur le premier essai français.

Sanctionné d'un carton jaune (14e) pour un geste dangereux sur Barassi, Ravutaumada (5) s'est bien rattrapé avec un essai superbe (40e) et ses appuis qui ont fait mal aux Bleus.

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Le staff l’avait choisi pour sa tenue de mêlée. Il a plutôt répondu présent. De son côté, l’édifice tricolore a tenu le choc, mais sans jamais vraiment imposer une réelle domination. Il a même avancé sur une mêlée juste avant la pause et a permis de récupérer une pénalité (37e). Pour le reste, il s’est révélé très discret, sans doute pris dans la dimension physique imposée par les Boks dans le jeu courant. Son activité défensive n’a pas non plus été très intense. Seulement deux plaquages dont un raté.

Dans le combat, le talonneur toulousain a apporté sa pierre à l’édifice en début de rencontre. Un bon contest en milieu de mi-temps (21e). Mais dans l’intensité, il s’est tout de même vite épuisé. On ne l’a quasiment pas vu contester dans les rucks à l’initiative des Sud-Africains, ce qui est habituellement un de ses points forts. En touche, il a su s’adapter. Un seul de ses lancers n’a pas trouvé sa cible, en visant Paul Boudehent en fond d’alignement.

Avant la rencontre, les craintes étaient nombreuses de voir le Clermontois souffrir en mêlée fermée. Cela s’est confirmé. Il s’est mis à la faute une première fois et a offert trois points à l'Afrique du Sud (14e). Avant cela, en retard sur soutien offensif après une charge de Flament, il n’a pas pu empêcher le contest sud-africain (9e). Résultat ? Pénalité pour les Boks, convertie par l’ouvreur Feinberg-Mngomezulu (10e). Et pour conclure la première période, en retard pour serrer une défense après ruck, il a laissé s’échapper Reinach pour le premier essai sud-africain (33e). Avant sa sortie, il a tout de même montré, par un joli off-load, qu’il avait des mains.

Le deuxième ligne toulousain a fait ce qu’il a pu, se démultipliant autour des zones de combat au sol. Il a assuré aussi une bonne réception sur un renvoi sud-africains (6e), une bonne charge qui a mis son équipe dans l’avancée sur un temps fort tricolore (22e). Mais, il n'a finalement eu que peu d'influence sur le jeu de son équipe.

On attendait plus du colosse venu d’Australie. Il a semblé parfois un peu emprunté, même s’il est à l’origine d’un très bon contre ruck, bien aidé par Guillard (8e). Il est aussi responsable, tout comme Régis Montagne en retard sur cette action, du premier essai sud-africain signé Reinach sur un retour intérieur au bord d’un ruck (34e). Un match décevant de sa part.

Dans la dimension physique, il a été un des rares avec Anthony Jelonch a vraiment rivalisé avec les Sud-Africains. Il a passé son temps à retourner de la viande, à l’image de ce tampon sur le troisième ligne centre Wiese (43e). Il aurait d’ailleurs pu être sanctionné pour un plaquage, en dehors de toute action de jeu, sur Etzebeth. Il a été crédité de neuf plaquages pour 100 % de réussite.

On ne pourra pas reprocher grand-chose au troisième ligne aile toulousain. Jelonch a donné son corps à la science. En défense, comme en attaque, il a été, avec Paul Boudehent, un des rares à rivaliser dans la dimension physique.

A l’origine d’un bon contre ruck en début de match (2e), on attendait plus du Lyonnais. Replacé au poste de troisième centre après ses bonnes prestations de l’été dernier en Nouvelle-Zélande, il s’est révélé discret. Il n’a que peu porté le ballon et n’a pas forcément mis son équipe dans l’avancée. Aucun franchissement net, aucun défenseur battu. Seulement quatre mètres parcourus balle en main. Une performance assez éloignée des espoirs placés en lui.

Dans un contexte hautement riche en émotions, il a encore démontré que la pression ne l’atteignait pas, ainsi qu’en a témoigné cette incroyable chistera délivrée sous pression dès la 2e minute. Précis dans son jeu au pied (qui a indirectement rapporté le premier essai de Penaud) le Breton a mené sa barque avec aplomb et maîtrise.

Son dégagement « chanceux » de la 2e minute a donné le ton d’une partie durant laquelle le Toulousain, toujours sous pression et régulièrement privé d’options offensives (au point de multiplier les « ave maria » dans le dos de la défense), a eu du mal à donner du tempo au jeu des Bleus.

Le Bordelais est-il arrivé sur le terrain diminué, ainsi que semblait en augurer son straping à la cuisse gauche ? Difficile à dire. Reste que, dans un match avare en espaces, LBB n’a jamais réussi à totalement faire la différence, comme sur cette action de la 47e où il n’assure pas sa transmission pour Penaud.

À un poste de premier centre pas forcément naturel pour lui, il a semblé hésitant en début de match (passe en touche à la 10e) et globalement secoué par le défi physique sud-africain, à l’image du gros plaquage que lui a imposé Kolisi.

Le Toulousain a cherché à apporter son punch au milieu de terrain français.

Auteur d’un doublé, il est devenu le meilleur marqueur de l’histoire du XV de France en se nourrissant de miettes, à l’image de ce premier essai qui le voit gagner le ballon sous une chandelle de Le Garrec, avant d’être le plus rapide à la poursuite d’un coup de pied de Ramos.

S’il a vécu une soirée difficile dans les airs, à l’image de cette chandelle dès la première minute où il se fait battre par Kolbe, le Toulousain a été l’un des trois-quarts bleus les plus inspirés, avec en point d’orgue ses deux offrandes (une au pied, l’autre à la main) pour son ami Damian Penaud.

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