Le Hockey sur Glace en France : Nombre de Licenciés, Défis et Perspectives

Le hockey sur glace en France a connu une transformation notable au cours des dernières décennies, marquée par la création de la Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG) et une croissance significative de sa popularité. Cet article explore l'évolution du hockey français, en mettant en lumière l'essor de ce sport et son intégration dans le paysage national.

Logo de la Fédération Française de Hockey sur Glace

L'Essor du Hockey Français

En dix ans, le hockey français a connu des évolutions majeures, rendues possibles par la création de sa propre fédération, la FFHG. Avec 21 373 licenciés en 2015/2016, le nombre de pratiquants a ainsi augmenté de 26 % par rapport à la saison 2006/2007. Le cap des 20 000 licenciés a été franchi lors de la saison 2014/2015. Le budget a également connu une augmentation, passant de 3M€ en 2006 à 5,3M€ en 2015. Durant cette décennie, le nombre de salariés et de cadres techniques nationaux a aussi connu une belle croissance, passant de 18 à 32.

Dans le cadre de sa stratégie de développement, des objectifs ont été mis en place. Au niveau des sélections nationales, les équipes de France ont toutes progressé. La saison prochaine, l’ensemble des collectifs disputeront leur Championnat du Monde respectif en Elite ou en Division 1 Groupe A, les deux plus hauts niveaux internationaux. En 2016/2017, l’équipe de France disputera son 10ème Mondial Elite consécutif, un record de longévité ! 19ème en 2007, les Bleus sont désormais 12ème au ranking mondial de l’IIHF.

En 2015/2016, les sélections féminines ont particulièrement brillé. L’équipe de France U18 féminine, médaillée d’or au Mondial Division 1 2015 à Vaujany, a disputé le Mondial Elite à St Catharines, au Canada, en janvier 2016. Une performance historique pour les Bleuettes. Leurs aînées ont aussi marqué l’histoire en décrochant une médaille d’argent au Championnat du Monde Division 1 Groupe A 2016 à Aalborg, au Danemark. Seul bémol : la non-qualification olympique, que les deux équipes de France Séniors espèrent corriger en participant aux Jeux olympiques 2018 de Pyeongchang, en Corée du Sud.

Depuis 2006, les équipements ont représenté un des axes de développement majeur de la Fédération. Des patinoires ont ainsi vu le jour à Strasbourg, Gap, Épinal, Vaujany ou encore Samoëns, tandis que des projets sont en cours de réalisation à Angers, Dunkerque et Meudon. Le futur Centre National à Cergy-Pontoise, l’Aren’Ice, constitue un outil de travail remarquable. Il disposera notamment de 2 pistes aux normes internationales, dont une bénéficiant d’une capacité de 3000 places.

En mai 2024, la Fédération annonçait un record avec 25 324 personnes licenciées, soit une augmentation de 4,6 % par rapport à la saison précédente.

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La Patinoire de Samoëns

L'inauguration d'une patinoire à Samoëns s'inscrit dans une dynamique nationale de développement des infrastructures dédiées au hockey sur glace. Bien que les informations spécifiques sur la patinoire de Samoëns soient limitées, son existence même contribue à l'accessibilité de ce sport dans la région.

La France compte 142 patinoires, mais seulement 98 sont homologuées pour la pratique du hockey sur glace à cause de leur taille.

Patinoire de Samoëns

Nommée ainsi en l'honneur du Français médaillé olympique en 1994 et 1998 en patinage artistique, Philippe Candeloro, la patinoire à l'architecture de bois exceptionnelle fait face à l'office de tourisme avec ses plus de 1 400 m2 de glace artificielle. Elle accueille 450 places pour assister aux événements de prestige comme des galas de patinage, aux manifestations sportives comme les matchs de hockey (la patinoire est homologuée pour les matchs officiels) et pratiquer les prestations sportives ou de loisirs pour s'essayer aux figures libres.

La FFHG a aussi toujours mené une politique événementielle forte afin de promouvoir sa discipline à travers l’Hexagone. De nombreux Championnats du Monde « mineurs » ont été organisés dans différentes villes : Saint-Gervais, Amiens, Strasbourg, Nice, Vaujany ou encore Rouen,… Depuis 2007, la finale de la Coupe de France se déroule à Bercy, récemment rénovée et renommée AccorHotels Arena. C’est dans cette enceinte parisienne qu’en 2017 la France co-organisera avec l’Allemagne le Championnat du Monde de Hockey sur Glace de l’IIHF, le plus grand événement annuel de sport d’hiver.

Durant la décennie, d’autres actions de développement ont été menées, comme la structuration de l’Institut National de Formation (INF), le travail auprès des clubs de la Commission Nationale de Suivi et de Contrôle de Gestion (CNSCG), ou encore la récente réforme de la Ligue Magnus. Enfin, côté communication, la fédération n’a aussi cessé de se développer.

L'Importance des Surnoms et Logos des Clubs

Tristan Alric, acteur et témoin privilégié de l’évolution du hockey sur glace en France depuis plus de quarante ans, souligne l'importance des logos et surnoms des clubs. Les clubs français ont copié une tradition qui existait depuis longtemps déjà dans les sports collectifs nord-américains, notamment dans la NHL. Le but des clubs français fut également de se doter d’une image décalée beaucoup plus accrocheuse médiatiquement dans un pays peu habitué à cette mode.

Désormais chaque club de hockey sur glace de l’hexagone posséda individuellement un « marqueur » original facilement reconnaissable et porté fièrement par leurs supporters. Dans certains clubs le choix d’un surnom s’est fait grâce à un vote interne après consultation des joueurs, des dirigeants et parfois des supporters. C’est ainsi que le surnom choisi a repris parfois l’image déjà utilisée par un sponsor local comme par exemple les « Ecureuils » à Amiens car à une époque c’était la banque Caisse d’Epargne qui finançait le club. Même chose pour les anciens « Mammouths » de Tours car le supermarché du même nom était son principal partenaire. A Reims, le club opta pour les « Flammes Bleues » après avoir signé un partenariat avec l’entreprise Deville qui était spécialisée dans le chauffage à bois.

Mais d’autres clubs français ont choisi leurs surnoms en se référant cette fois à l’histoire de leur ville. Ce fut le cas à Dunkerque avec un vote unanime en faveur des « Corsaires ». En effet, le personnage historique et emblématique de la ville du département du Nord est le célèbre marin chasseur de pirates Jean Bart qui fut un grand serviteur du roi Louis XIV. A Belfort, le club a choisi tout aussi spontanément et en toute logique le nom des « Lions » car c’est dans la ville de Franche-Comté que se trouve le célèbre monument du Lion de Belfort, œuvre du sculpteur alsacien Auguste Bartholdi qui commémore la résistance de la ville assiégée par les Prussiens durant la guerre franco-allemande de 1870. A Viry-Châtillon, le club a aussi choisi un surnom pour faire référence à l’histoire de la ville.

Pour le club d’Annecy, ce fut le choix des « Chevaliers du Lac » car cette appellation avait là encore une double signification. En effet, dans le lac d’Annecy, les pêcheurs ramenaient parfois dans leurs filets « l’omble chevalier » qui est un poisson rare de la famille des saumons dont on retrouve le dessin sur le blason de la ville de la Haute-Savoie. De plus, Annecy étant une cité médiévale le choix des Chevaliers s’imposait. Certains clubs ont tenu en revanche à faire référence à leur forte identité régionale comme celui d’Anglet qui a choisi comme nom original « Hormadi » un mot basque que l’on peut traduire à la fois par « glace » ou « endroit froid ». De son côté, le club de Brest, avant d’opter pour les « Albatros », avait choisi à ses débuts le nom de « Pen Baz » qui désigne en breton le bâton traditionnel utilisé par les paysans de la région. En choisissant cette appellation, le premier président brestois Jean Le Guily voulut faire un rapprochement astucieux entre le bâton de berger et la crosse de hockey sur glace. Par ailleurs, à Saint-Brieuc, si on en croit la légende, à l’origine l’Armorique grouillait de créatures merveilleuses qui s’appelaient « les Korrigans ».

Mais, dans leur très grande majorité, nos clubs de hockey sur glace, privés de références évidentes, ont choisi de puiser dans le large domaine animalier pour choisir un surnom même si l’adoption du logo ne fut pas un choix forcément…bête. Quand on se penche sur la question, on s’aperçoit que l’animal le plus utilisé en France dans les patinoires est sans conteste les « Aigles » puisque 10 clubs au total ont adopté au départ cet oiseau sauvage ou l’utilisent encore actuellement.

Enfin, il y a deux clubs qui ont su faire preuve d’originalité et de créativité. En effet, le club de La Roche-sur-Yon en Vendée a inventé un acronyme singulier le « Hogly » en combinant certaines lettres issues du nom composé : hockey-glace-Yonnais (HO-GL-Y). De son côté, le club de Laon dans l’Aisne a opté pour un jeu de mot astucieux associant le nom de sa ville et l’élan, ce mammifère de la famille des cervidés ce qui donne les « Elaons ».

Exemples de Surnoms de Clubs et Leurs Origines

ClubSurnomOrigine du Surnom
AmiensÉcureuilsSponsor local : la banque Caisse d'Epargne
Tours (anciens)MammouthsSponsor local : le supermarché Mammouth
ReimsFlammes BleuesPartenariat avec l'entreprise Deville (chauffage à bois)
DunkerqueCorsairesRéférence à Jean Bart, marin chasseur de pirates
BelfortLionsMonument du Lion de Belfort
AnnecyChevaliers du LacPrésence de l'omble chevalier dans le lac et cité médiévale
AngletHormadiMot basque signifiant "glace" ou "endroit froid"
BrestAlbatros (anciennement Pen Baz)"Pen Baz" désigne le bâton traditionnel en breton

Défis et Perspectives d'Avenir

Malgré ces avancées, le hockey sur glace en France reste confronté à des défis, notamment en ce qui concerne le vieillissement des patinoires. L’âge d’une patinoire en France reste particulièrement élevé 36 ans en moyenne. Pire lorsque l’on s’intéresse uniquement aux patinoires homologuées pour la pratique du hockey sur glace à savoir a minima une taille de 56 mètres par 26, le nombre de patinoires tombe à 98 (69%) alors qu’elles vieillissent d’une belle année en passant à 37 ans avec plusieurs périodes fastes de construction.

En matière de territorialité, là encore les disparités sont nombreuses. Si sans surprise, la région Auvergne-Rhone-Alpes est la plus dotée avec 21 patinoires homologuées « hockey », sur les autres régions, Bretagne, Normandie & Bourgogne Franche-Comté trainent en queue de peloton avec deux patinoires pour la première et quatre pour les deux dernières. Enfin, c’est dans les Hauts-de-France où l’on retrouve des patinoires « jeunes adultes » avec un âge moyen de 22 ans, la patinoire Amiénoise inaugurée en 1966 avant d’être totalement rénovée 30 ans plus tard sous sa forme actuelle du Coliséum faisant presque office de « mamie des patinoires » des Hauts-de-France alors que le Centre Val-de-Loire notamment grâce à l’inauguration en 2024 de la patinoire drouaise en 2024 suit juste derrière avec une moyenne d’âge de 23 ans.

La statistique amusante en France est que 90% de la population tricolore habite à moins de 16 minutes en voiture d’une piscine. Et lorsque s’on intéresse cette même statistique pour une patinoire, le chiffre passe à 61 mn. De fait, avec 4135 piscines publiques sur ton territoire contre 142 patinoires, la France est loin de pouvoir se targuer d’être une adepte des sports réfrigérés.

Incidents techniques et vieillissement des infrastructures

Depuis le début de la saison, plusieurs incidents techniques au sein de nos aires glacées auront conduit à des reports glacés.

Avec 50 190 affiliations dans la région, la Fédération française de ski domine les autres disciplines. Un peu plus de 60 000. C'est le nombre de licences souscrites en 2024 dans des sports d'hiver olympiques en Auvergne-Rhône-Alpes, d'après une récente étude de l'Insee. Avec 50 190 affiliations dans la région, la Fédération française de ski (FFS, regroupant ski alpin, ski nordique, biathlon, ski freestyle...) domine les autres disciplines, à savoir les fédérations de sports de glace (5 210 licenciés) et de hockey sur glace (5 180 en 2024).

L'étude note que les adhésions au ski sont majoritairement enregistrées en Haute-Savoie, Savoie et Isère. Logique : ces départements contiennent un tiers des domaines skiables de France, et toute la région Aura héberge 347 clubs de ski, soit presque un club français sur deux.

Les sports de glace gagnent des licenciés, au contraire du ski

Toutes les fédérations de sports d'hiver ont souffert de la pandémie de covid-19, qui a entraîné confinements, fermetures des remontées mécaniques, et chute du nombre de pratiquants (le nombre de licences de la Fédération française de ski en Auvergne-Rhône-Alpes avait diminué de 8 % en 2020 par rapport à 2017 ; en 2021 la baisse était de 32 % par rapport à cette même année).

Mais le ski a davantage de mal à s'en relever, n'étant pas revenu au niveau de 2020. Entre 2017 et 2024, le nombre d'inscrits à la FFS a en effet diminué de 13 % dans la région. Les fédérations de hockey sur glace et de sports de glace sont en meilleure santé ces dernières années, avec respectivement + 8 % et + 13 % d'adhérents entre 2017 et 2024.

À noter, les quelque 60 000 licences de sports d'hiver prises en Auvergne-Rhône-Alpes représentent 42 % du total national. Logiquement, l'Aura est la première de France au nombre de licences par habitant (7 pour 1 000), devant les régions Provence-Alpes-Côte-d'Azur et la Bourgogne-Franche-Comté.

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