Les Salles NBA: Plus Que de Simples Terrains de Basket

Quand on parle de NBA, on pense bien sûr basket américain, dunks, all stars, LeBron James, Stephen Curry, Kevin Durant ou encore Michael Jordan. Mais il est un élément à ne surtout pas oublier : les salles des équipes NBA.

Vu d’Europe, ces arenas surdimensionnées nous font rêver. A l’intérieur, tout est fait pour profiter du spectacle… et consommer (on est aux USA quand même !).

Il y a 30 équipes en NBA réparties entre deux conférences (Est et Ouest). Les franchises NBA sont réparties dans 28 villes, dont certaines en accueillent deux comme Los Angeles (Lakers & Clippers) ou New York (Knicks & Nets). Les Toronto Raptors sont la seule franchise NBA canadienne.

Voici un aperçu des salles les plus emblématiques de la NBA, chacune avec son histoire et son ambiance unique.

Carte des équipes NBA par conférence et division.

Les Géantes de la NBA: Capacité et Modernité

Jusqu’en 2017, c’était à Detroit, ou plus précisément dans sa banlieue, à Auburn Hills, que se trouvait la plus grande salle NBA (le fameux « Palace »), qui pouvait accueillir plus de 22 000 fans.

Assez étonnamment, on constate que les salles les plus récentes figurent parmi les plus « petites » en termes de capacité maximum. Pourquoi ? Tout simplement pour pouvoir être sûr de pouvoir la remplir à chaque match, tout au long de la saison, et ainsi en augmenter la rentabilité.

De plus, ces nouvelles salles proposent plus de loges et de places VIP au bord du terrain, ce qui accroît les revenus générés. Et qui dit moins de places assises ne dit pas moins de surface.

Après le Barclays Center, inauguré il y a deux saisons par les Nets lors de leur déménagement à Brooklyn, ce sera au tour des Kings de Sacramento de dévoiler leur nouvelle salle. “On veut être sûr de pouvoir la remplir” explique Bill Sutton au Sacramento Bee, un ancien dirigeant de la NBA, aujourd’hui consultant dans le marketing sportif.

En effet, les Kings et leurs architectes ont décidé de mettre un maximum de sièges près du terrain, où les prix sont généralement les plus élevés. Augmentation aussi du nombre de loges avec des suites luxueuses pour accueillir les VIP. Objectif : concevoir un véritable lieu de vie, et non plus un simple endroit où l’on vient regarder un match.

Top 5 des plus grandes salles NBA en termes de capacité:

  1. United Center (Chicago Bulls): 20 917 places
  2. Wells Fargo Center (Philadelphia 76ers): 20 478 places
  3. Capital One Arena (Washington Wizards): Capacité non spécifiée, mais parmi les plus grandes
  4. Little Caesars Arena (Detroit Pistons): 20 332 places
  5. Madison Square Garden (New York Knicks): 19 812 places

Salles Emblématiques: Histoire et Ambiance

Chaque salle NBA a sa propre histoire et son ambiance unique, contribuant à l'expérience globale du spectateur. Voici quelques-unes des salles les plus emblématiques:

Le United Center des Chicago Bulls, tout pour la nostalgie

Quand en 1994 les Bulls quittent le Chicago Stadium, la salle qui les a vu remporter 3 titres d’affilée, c’est pour prendre possession du United Center, qui va devenir la plus grand salle NBA (20 917 places assises). Situé sur West Madison Street (d’où son surnom de « Madhouse on Madison »), c’est dans cet édifice que Michael Jordan et ses coéquipiers réaliseront leur second « three-peat » (1995, 1996, 1997).

En plus des Bulls, le United Center est également le domicile de l’équipe de hockey des Blackhawks de Chicago (NHL), qui remportera la coupe Stanley en 2010, 2013, et 2015.

C'est une tradition dont on imagine qu'elle ne quittera jamais l'imposant United Center, bloc de béton posé à l'Ouest du magnifique Downtown accolé au sud du Lac Michigan : à l'heure de présenter l'équipe du soir, résonnent toujours les premières notes de Sirius, hymne signé du groupe des années 1970-1980 The Alan Parsons Project.

Une musique d'introduction mise en place en 1984, à l'arrivée de Michael Jordan, alors drafté par les Taureaux (en 3e position). Les Bulls menaient alors leurs charges dans le vieillissant Chicago Stadium, troqué dix ans plus tard (1994) pour le United Center, né de l'association entre Jerry Reinsdorf (propriétaire des Bulls) et Bill Wirtz, son homologue du hockey sur glace (Blackhawks).

Le frisson est garanti lorsque le speaker hurle : « And now, for your Chicago Bulls... », tandis que la mascotte, Benny - l'une des plus appréciées de la Ligue, notamment pour sa propension à arroser copieusement les spectateurs de pop-corn -, agite un drapeau aux couleurs de la franchise.

Les Bulls n'ont plus gagné depuis 1998, mais tout invite à la nostalgie des deux triplés de l'époque Jordan (1991-1993 et 1996-1998). De la statue de l'ancien arrière, chevillée au coeur de l'Atrium, aux bannières accrochées au plafond. Qu'importent les périodes de vaches maigres : les Bulls ont marqué le basket américain au fer rouge il y a bientôt trente ans, et le United Center est devenu un lieu de pèlerinage incontournable pour les fans de la balle orange. Et, de toute évidence, de Jordan.

L'entrée du vestiaire des Chicago Bulls au United Center.

La Crypto.com Arena des Los Angeles Lakers, un premier rang souvent glamour

Il ne faut pas s'attendre à croiser une star à la buvette ou prendre une photo avec une célébrité sur le siège d'à côté mais n'importe quel soir de match des Lakers, le visage d'un acteur (Leonardo Di Caprio, Denzel Washington par exemple), d'un athlète (Mookie Betts, l'un des meilleurs joueurs des Dodgers, très présent ces dernières semaines) ou d'une chanteuse à la mode a de grandes chances de s'afficher sur l'écran géant de la Crypto.com Arena. Si, à 88 ans, Jack Nicholson ne fait plus le déplacement jusqu'à Downtown Los Angeles, une agence artistique a des sièges bord parquet et en fait profiter ses clients, souvent à des fins promotionnelles.

« La maison que Kobe a construite », comme l'avait décrite Alicia Keys le jour de la mort du joueur aux vingt saisons en pourpre et or, a revitalisé le centre de L.A. depuis son ouverture en 1999. Aujourd'hui, le nom a changé (le Staples Center est devenu la Crypto.com Arena) mais la salle reste l'une des plus imposantes et élégantes de NBA avec sa gigantesque façade vitrée, ses larges couloirs, ses loges aux canapés confortables, et ses dix-sept bannières de champion, souvenirs d'une riche histoire, suspendues au-dessus des 19 000 spectateurs. Petit regret, les immenses draps qui tombaient du plafond pour la vidéo de présentation des Lakers ont disparu, remplacés par des écrans à la meilleure définition mais sans charme.

Sur le parvis, avant les matches, quatorze statues de légendes, de Wayne Gretzky à Magic Johnson en passant par Oscar De La Hoya ou Shaquille O'Neal accroché à son panier, accueille le spectateur. Possible d'avoir sa photo avec une star finalement.

Le Madison Square Garden des New York Knicks, le coeur battant de Manhattan

Le seul surnom de « Mecque du basketball » suffit à placer l'aura du MSG dans le paysage NBA. Niché entre la septième et la huitième avenue de Manhattan, l'autre « Garden » n'est qu'à quelques blocs de l'Empire State Building ou de Times Square. Une carte postale sans pareille.

Quoi de mieux que de se balader dans les artères de la ville qui ne dort jamais pour finir le périple au creux d'une enceinte en vérité surélevée, puisqu'il faut grimper au sixième étage afin de prendre place dans les tribunes, les niveaux inférieurs étant dévolus au stockage et au matériel des New York Rangers (NHL). Lever les yeux au plafond permet d'admirer le sublime « Bridge » suspendu au-dessus des gradins, lequel oblige les spectateurs à vivre l'événement au travers d'un épais plexiglas protecteur.

Cela fait plus de cinquante ans que les Knicks n'ont plus posé la main sur le trophée Larry O'Brien (1973) mais la ferveur des fans - dont celle du fidélissime réalisateur Spike Lee - est restée intacte. Le public, exigeant et connaisseur, sait chanter la gloire des besogneux, et malmener une star qui compterait ses efforts.

L'ambiance new-yorkaise se veut électrisante, sauf en période de fêtes de fin d'année, où les touristes se mêlent assez souvent aux abonnés et ne réclament alors que d'assister à des rencontres disputées. Depuis 2023, New York a pris la bonne habitude de prolonger sa saison en play-offs (défaite en demi-finales en 2023 et 2024, défaite en finale de l'Est en 2025). De quoi redonner espoir à tout un microsome, qui, malgré le palmarès dégarni, ne pensera jamais le MSG autrement qu'en épicentre du basket.

La plus belle : le TD Garden des Boston Celtics, l'autre marée verte

Aller supporter l'équipe mythique des Celtics au TD Garden - également domicile des Boston Bruins (hockey sur glace, six Stanley Cups) -, c'est d'abord s'offrir une soirée à l'image de Boston : une ville à l'histoire européenne marquée, où les rues du centre se parcourent à pied, entre les gratte-ciels futuristes et une architecture plus ancienne, faite de rues étroites et parfois pavées.

Construit sur le site du Boston Garden, salle iconique démolie en 1997 où s'est forgée la dynastie des Celtics, le TD Garden se transforme en marée verte et blanche à chaque match. Une fois à l'intérieur, la verticalité des tribunes saute aux yeux : une pente marquée et des fans bruyants qui donnent au lieu un effet « Chaudron », façon Verts de Saint-Étienne à Geoffroy-Guichard.

Le parquet, à l'ancienne, brille de mille feux, dominé par le logo du club : le Leprechaun, petit lutin irlandais en costume vert, symbole des racines irlandaises de la ville.

Le TD Garden possède aussi le plafond le plus chargé de la NBA. En levant les yeux, on y voit flotter les 18 bannières de champion de la franchise, mais aussi 23 numéros retirés, hommage aux plus grandes légendes de l'histoire du club, dont le #6 de Bill Russell et le #33 de Larry Bird.

La plus high-tech : l'Intuit Dome des Los Angeles Clippers, deux pieds dans le futur

Voir un match des Clippers pour la première fois requiert un peu de patience. Sans parler du parking compliqué ou de l'absence de transports en commun convenables, le spectateur doit télécharger une application puis enregistrer son visage et sa carte de crédit. Mais une fois sur place, son portable et son portefeuille restent dans la poche. Pas de caisse dans les stands de nourriture (qui proposent tous la même chose) ou à la boutique du club. On se sert et on sort. Ce qui peut amener votre enfant à vous traiter de voleur.

Dans la salle, le Halo, extraordinaire écran géant circulaire qui surplombe le terrain, offre quatre angles différents sur les ralentis en 4K ou des animations statistiques dignes de NBA 2K. Quatre boutons sur chaque siège permettent aux 18 000 spectateurs de participer à des jeux sur le Halo pendant les temps morts. Et avec plus de 1 000 toilettes - un record en NBA -, le fan s'évite les files d'attente honnies par tant d'habitués des stades.

On peut s'offrir beaucoup de choses avec deux milliards de dollars, le prix déboursé par Steve Ballmer, propriétaire le plus riche du sport américain.

La conception innovante du stade de NBA l'Intuit Dome

Quand on a expliqué à Nicolas Batum que L'Équipe préparait un classement des salles NBA et qu'on lui a demandé où il placerait l'Intuit Dome, la réponse a fusé : « Ben, il est numéro un ! Avec sa technologie, je pense qu'il sera un standard pour le futur. Les JO, ça va être génial. » L'antre des Clippers accueillera le tournoi olympique de basket en 2028. Les joueurs et le public devraient adorer.

Le parquet de l'Intuit Dome de Los Angeles.

Autres Salles Notables

En termes d'ambiance, impossible de ne pas mentionner la Gainbridge Fieldhouse d'Indianapolis, bouillonnante lors des dernières Finales NBA disputées par les Pacers face à l'Oklahoma City Thunder (défaite 4-3). Berceau du basket lycéen et universitaire, l'État de l'Indiana ne manque pas de passionnés de la balle orange. Si l'atmosphère dans cette enceinte vintage, ouverte en 1999, est généralement familiale, elle se transforme lors des play-offs, avec 18 000 fans parés de jaune, à l'unisson.

À Dallas, au Texas, c'est l'architecture de l'American Airlines Center, la salle des Mavericks, qui laisse bouche bée : un magnifique bâtiment en briques rouges et aux arches aux lignes épurées, sur lequel est posé un toit moderne et semi-cylindrique, gris, presque façon hangar. Un mélange parfait entre histoire et modernité.

Et quid du Frost Bank Center dans tout ça, salle des Spurs de Victor Wembanyama à San Antonio ? Bien défraîchie, l'enceinte (ouverte en 2002) semble posée au milieu de nulle part, dans un secteur peu engageant à l'Est de la ville.

Conclusion

Ligue sportive suivie à travers le monde, la NBA passionne grâce à ses stars, son histoire mais aussi ses salles. Entre technologies ultra modernes et authenticité, les 29 arènes qui accueillent les 30 franchises de la Ligue offrent chacune une expérience à l’américaine hors du commun.

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