Sport de niche en France, le hockey subaquatique essaie de se faire sa place dans les bassins. Ce sport d'équipe se joue en apnée au fond d'une piscine, avec une crosse et un palet, et deux cages de but posées sur le fond aux extrémités de la piscine.

A Pessac (Gironde), l’un des plus gros clubs de l’Hexagone, on y propose des initiations tout au long de l’année. Pour ceux qui en doutent, le club de Pessac, près de Bordeaux, propose régulièrement des initiations et prête même tout le matériel d’un bon joueur de hockey subaquatique (masque, tuba, protège-bouche, casque, gant, crosse et palme).
Origines et Histoire
« C’est un sport qui est né au sud de l’Angleterre dans les années 1950, explique Lionel Dumeaux, le manager des équipes de France. Les plongeurs s’ennuyaient en hiver et c’est comme ça qu’ils ont commencé à jouer dans les piscines. Pour la petite histoire, ils jouaient avec la bouteille d’oxygène sur le dos et des crosses en bois. » En France, ce sport débarque une quinzaine d’années plus tard et le premier championnat de France remonte à 1982.
Les Caractéristiques du Hockey Subaquatique
Vous avez déjà vu un banc de piranhas se jeter sur une proie au fond de l’eau ? Eh bien, le hockey subaquatique, c’est pareil ! Sauf que la prise est un palet. Un palet de 1,3 kg, bien plus lourd que celui qui fuse sur la glace des patinoires. En effet, comme l’indique le nom de ce sport, on se trouve ici sous l’eau, à environ 2 m ou 2,50 m de profondeur. Forcément, ça avance beaucoup moins vite mais ce n’est pas pour autant moins physique que sur les patins.
Ce jeudi, les licenciés du club girondin vont se retrouver au stade nautique de Pessac pour un entraînement. Les compétitions ont lieu deux ou trois fois dans l’année sur un week-end. Solène et Ludivine sont ainsi attendues au Puy-en-Velay (Haute-Loire) les 12 et 13 mars pour la deuxième manche du championnat d’élite féminin, qui regroupe les dix meilleures équipes françaises.
Les Règles et l'Équipement
L'équipement complet d'un joueur comprend : masque, tuba, protège-bouche, casque, gant, crosse et palmes.

Il faut déjà une infrastructure précise, c’est-à-dire une piscine assez grande (le terrain fait 12 mètres sur 15) et surtout en carrelage ou inox. A Pessac, tout le monde met en place le terrain en quelques minutes. Certains installent les lignes lestées au fond de la piscine pendant que d’autres descendent les buts en métal. Des buts de trois mètres de large, bien particuliers, puisque si on joue à 6 contre 6 comme sur la glace, il n’y a pas de gardien au hockey subaquatique. Il faut tirer vers ce but au sol assez fort pour qu’il frappe le fond de la cage ou tombe dans la petite rigole de celle-ci (il y a en moyenne quatre buts par match). Autre différence de taille, il n’y a pas de contact physique. Le but est de se faufiler entre les adversaires avec sa crosse d’une vingtaine de centimètres, en essayant de garder le palet au fond de la piscine.

Pour marquer, le palet doit taper le fond du but ou tomber dans la petit rigole comme sur l'image.
Les Qualités Requises
Alors, quelles sont les qualités d’un bon joueur ? La parole à François : « Bien sûr, il faut savoir nager. Mais tout le reste s’apprend. Ce que j’aime, c’est le mélange entre la dimension assez physique et l’amusement qu’on trouve dans ce sport. Il faut aussi trouver des moyens de communication car on ne peut évidemment pas se parler sous l’eau. » Solène Burel enchaîne : « Il faut surtout être assez endurant car c’est cardio. Le but, ce n’est pas de rester sous l’eau le plus longtemps possible mais de multiplier les apnées. Descendre, remonter, se replacer, descendre… C’est pour ça qu’on fait aussi pas mal de natation classique et d’apnée. En fait, c’est un sport assez complet. »
Pour souffler, chaque équipe peut compter sur quatre remplaçants. Il faut dire qu’à chaque arrêt de jeu des arbitres (deux dans l’eau, un en dehors), il faut repartir au niveau de son but avant de sprinter au coup de sifflet vers le centre de la piscine et plonger pour récupérer le palet. Il faut répéter cet exercice plusieurs fois lors des deux périodes de 12 minutes, avec en bonus des pénalités allant d’une à cinq minutes qui peuvent tomber à tout instant, souvent pour sanctionner un geste dangereux. Alors, ça peut être violent sous l’eau ? « Non, non, rassure François. Ça dépend des équipes mais plus le niveau est élevé, moins il y a de coups. » Un peu comme dans tous les sports donc…
Les Bienfaits pour la Santé
Les activités « sport-santé » que peut proposer la fédération sont nombreuses et diversifiées, parfois complémentaires ce qui peut permettre d’associer différents types d’activités physiques (endurance, renforcement musculaire, coordination, souplesse) d’intensités variables.
Toutes les disciplines subaquatiques sportives ou culturelles sont concernées, qu’elles se pratiquent en piscine ou en eau libre (mer, lac et rivière), en individuel ou par équipe :
- Plongée en scaphandre (bouteille) : technique, exploration, plongée sportive en piscine, orientation, photo et vidéo, archéologie, biologie
- Plongée libre : apnée, hockey subaquatique, pêche et tir sur cible
- Nage avec accessoires : nage avec palmes, nage avec flotteur
L’action sera plus particulièrement orientée sur la pratique de l’apnée en piscine et en fosse de plongée, du « Fit’palmes » (nage avec palmes) en piscine ou en milieu naturel, de la randonnée subaquatique (palmes, masque et tuba) et de la plongée en scaphandre en milieu naturel selon certaines conditions.
Il existe plusieurs programmes axés sur la santé et le bien-être à travers les activités subaquatiques :
- Niveau 1, Sport bien-être : « Palmez vers son bien-être », toutes les disciplines sont concernées.
- Niveau 2, Sport santé : « Palmez vers sa santé », certaines des disciplines sont concernées : Apnée en milieu artificiel, Fit Palmes (Nage avec palmes), Randonnée subaquatique (milieu naturel), Plongée scaphandre selon certaines conditions avec certaines précautions.
Quelle que soit l’activité subaquatique santé pratiquée, elle sera adaptée de manière progressive au public cible. Les critères requis peuvent différer selon la discipline recommandée.
Un programme de niveau 2 intitulé « Palmer vers sa santé » qui vise un public atteint notamment d’affections de longue durée (ALD). Ce programme a vocation de permettre la mise en place d’actions dans le cadre de l’activité physique adaptée pour un public présentant une minime limitation fonctionnelle et nécessitant une supervision médicale avec mise en place de précautions particulières.
C’est un « programme adapté Sport sur ordonnance » pour patients en ALD : maladies métaboliques, maladies neurodégénératives, maladies cardio-vasculaires, maladies respiratoires chroniques, cancers…
Ce programme a vocation de permettre la mise en place d’actions de prévention primaire pour « une pratique régulière, adaptée, sécurisée et progressive d’APS de loisir ». C’est un programme pour une population cible ayant des facteurs de risque (sédentarité, surpoids, tabagisme, addictions, HTA légère). Peut s’y inclure un public senior avec effets du vieillissement et sur prescription médicale des patients hors ALD, éloignés des pratiques sportives.
Statistiques et Popularité
Aujourd’hui, le hockey subaquatique compte une centaine de clubs dans l’Hexagone pour 1.500 pratiquants, dont 25 à 30 % de jeunes de moins de 18 ans.
Si la France fait aujourd’hui partie des meilleures nations du monde avec la Nouvelle-Zélande, l’Angleterre, l’Afrique du Sud ou encore la Turquie, le hockey subaquatique reste chez nous un sport de niche. « Je le répète, ce n’est pas forcément un problème financier mais d’infrastructures, insiste Lionel Dumeaux, également membre de la commission de cette pratique à la Fédération française d’études & de sports sous-marins (FFESSM). Globalement, il y a un vrai déficit de piscine en France et en plus, on construit avant tout des espaces ludiques. Ce n’est pas une critique mais ça ne nous aide pas ».
Malgré tout, il y a des avancées puisque certains joueurs ont la possibilité, depuis le 1er janvier, d’obtenir le statut de sportif de haut niveau, même si la pratique reste aujourd’hui à 100 % amateur.
Les clubs essaient également d’obtenir plus de visibilité. Depuis quelque temps, ils peuvent s’appuyer sur la plateforme More Sport, une jeune start-up qui cherche à mettre en avant des sports méconnus. Elle sponsorise les équipes de France et couvre les plus grands événements.
Solène Burel, joueuse et présidente du club de Pessac : « Les gens qui s’y mettent viennent souvent de la plongée, de la natation synchronisée, du water-polo, de la chasse sous-marine… Les enfants, eux, peuvent essayer cette activité dès l’âge de 8 ans dans le petit bassin. » « Ma famille y joue depuis plusieurs générations », sourit à ses côtés Ludivine.
La deuxième difficulté, la plus importante, « c’est de trouver des créneaux pour jouer », rappelle Solène Burel. C’est l’une des difficultés du hockey subaquatique : on ne joue pas quand on veut, où on veut.
Le hockey subaquatique / Underwater hockey (Octopush)
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