Le football féminin en France connaît un essor remarquable, témoignant d'un changement profond dans les mentalités et les pratiques sportives. Courir derrière un ballon n'est plus une affaire de garçons. En France, plus de 200 000 filles pratiquent désormais le football, un chiffre qui a plus que doublé ces dix dernières années.

Un Engouement Croissant : Les Chiffres Clés
La Fédération Française de Football (FFF) a mis en place des initiatives pour développer le football féminin, et les résultats sont probants. Le match, diffusé à la fois sur Canal + et TF1, constitue un nouveau record pour un match féminin de football. Le précédent datait de 2016 et s’élevait à 4,3 millions sur France 4 pour la finale de la ligue des champions remportée par l’Olympique Lyonnais face à Wolfsburg.
En 2023-2024, la FFF comptait 2 384 192 licenciés, dont seulement 251 299 femmes, soit 10,5 % du total. En 2024, Avec 251 369 licences féminines comptabilisées (202 282 pratiquantes, 40 687 dirigeantes, 2412 éducatrices et 1448 arbitres), soit 10,5 % du total des licences FFF, la saison 2023-2024 a établi un nouveau record pour le football féminin dans l’hexagone. Il faut savoir que depuis 10 ans, la pratique du football féminin dans notre pays augmente de 10 % chaque année. Et la FFF voit grand puisqu’elle s’est fixée un objectif de 500 000 licences féminines à l’horizon 2028.
On peut noter que 4 000 clubs amateurs comptent au moins 1 équipe féminine et 8 000 ont au moins 1 licenciée féminine en France.

Les Licenciées
Le plan de féminisation impulsé dès 2012 puis le plan mixité ont favorisé l’accès à la pratique pour le plus grand nombre de filles ou de femmes. Moins de 90 000 en 2010-2011, elles sont aujourd’hui plus de 220 000 licenciées (pratiquantes, éducatrices, arbitres, dirigeantes), soit 10% du total (2 178 583 au 6 mars 2023). Un seuil record dans l’histoire de la FFF.
- 176 682 pratiquantes : Soit une augmentation de 5 % par rapport à la saison passée à pareille époque (168 803) et de 20% depuis 2018-2019.
- 36 209 dirigeantes : Le nombre de dirigeantes est passé de 26 717 en 2011-2012 à 36 209 aujourd’hui soit une hausse de 28%.
- 2 232 éducatrices : Sur la période, les effectifs occupant des fonctions d’encadrement (éducatrices, animatrices, techniques) ont été multipliés par 2,7 : 831 en 2011-2012 ; 2 232 aujourd’hui (+ 168%).
- 1 200 arbitres féminines : Un total quasiment doublé par rapport à 2011-2012 (674).
Les femmes dirigeantes sont quasiment deux fois plus présentes au sein des Comités directeurs de Ligues et Districts aujourd'hui que lors de la période 2012-2016 (18% contre 9%, 17% contre 10%).
Sur les 1 021 sections sportives scolaires labellisées FFF en 2022-2023, 177 sont dédiées aux féminines, ce qui représente environ 5 700 élèves.
Initiatives et Objectifs de la FFF
La FFF multiplie les efforts depuis près de 15 ans pour développer le football féminin, comme l’expliquait il y a peu, Philippe Diallo le président de la FFF. «Le développement de la pratique féminine à tous les niveaux - football amateur, football professionnel, l’Équipe de France - est un enjeu majeur, essentiel. Il doit nous mobiliser formidablement. Collectivement, on peut gagner ce pari.
Dans le cadre du Plan d'engagement sociétal présenté par son président Philippe Diallo à l'automne 2023, la Fédération Française de Football a fixé comme objectif le cap des 500 000 licences féminines à horizon 2028. Soit un doublement des effectifs. La Fédération et la Ligue du football amateur (LFA) soutiennent la professionnalisation et le développement du football féminin, et du plan mixité, qui permet aux femmes d'accéder à des postes à responsabilité dans les instances.
Le dispositif « Toutes Foot », qui se présente sous la forme d’un appel à projets, vit sa troisième édition. Ce programme vient récompenser l’engagement des clubs, districts et ligues pour une plus grande mixité de pratique, d’encadrement et de gouvernance. Ils ont été 1 407 à s'engager en 2024-2025.
Approuvée lors de l’Assemblée Fédérale du 10 juin 2023, la Ligue féminine de football professionnel (LFFP), structure interne à la FFF, est entrée en fonction le 1er juillet 2024 et vit ainsi en 2024-2025 sa première saison d'activité. Sous la présidence de Jean-Michel Aulas et la vice-présidence d'Andreaa Koenig, son rôle consiste à structurer et professionnaliser l'Arkema Première Ligue (ex-D1 Arkema), composée de 12 clubs, et la Seconde Ligue féminine (ex-D2 féminine, groupe unique de 11 clubs), promouvoir et développer les ressources, répondre à la concurrence européenne afin de maintenir la compétitivité du championnat de France féminin et de l’Équipe de France.
La FFF compte huit pôles Espoirs féminins dont l’INF féminin à Clairefontaine. Ils sont en charge de la formation des joueuses et vont progressivement évoluer vers la préformation avec l’apparition des centres de formation féminins. Pour cette saison 2024-2025, sept clubs d'Arkema Première Ligue détiennent l’agrément pour leur centre de formation professionnel : l’Olympique Lyonnais, le Paris Saint-Germain, le Paris FC, le Montpellier HSC, le FC Fleury 91, le Havre AC et le Dijon FCO. S'y ajoute le LOSC Lille qui évolue en Seconde Ligue féminine, portant le total à 8.
La FFF compte de plus en plus d’arbitres féminines chaque saison. Ces femmes constituent des actrices essentielles de notre sport. Anthony Gautier (Directeur technique de l'Arbitrage) déclare :« L'arbitrage est une composante majeure du développement du football féminin. Depuis mon arrivée à la tête de la Direction de l’Arbitrage, nous œuvrons pour leur offrir des conditions de formation, d’accompagnement et de progression clairement inspirées de celles de leurs homologues masculins. J’ai en effet la conviction que l'égalité ne doit pas être un objectif lointain, mais une réalité concrète. Encourager et accompagner les femmes dans l'arbitrage, c'est garantir un football plus juste et plus représentatif. Nous continuerons à œuvrer pour favoriser un environnement respectueux et inclusif, où chaque arbitre, quel que soit son genre, peut évoluer et s’épanouir. »

Défis et Perspectives d'Avenir
Malgré les progrès, des défis persistent. Si certaines mentalités restent malheureusement difficiles à bouger, certains leviers ont bien du mal à être levés malgré un effort collectif de tous les instants. Parlons déjà des ressources financières et matérielles. Les budgets alloués au football féminin sont encore drastiquement inférieurs à celui du football masculin dans les clubs.
Au niveau des infrastructures et de la localisation des clubs (en zone rurale, l’accès au foot féminin est beaucoup plus compliqué qu’en zone urbaine qui s’explique par plusieurs facteurs que ce soit au niveau de l’accès aux infrastructures, la culture locale, les ressources financières, le niveau de compétition ou les dynamiques sociales), il y a encore du travail pour répondre spécifiquement aux besoins et desiderata du football féminin que ce soit au niveau des stades, des centres d’entraînement ou même de l’équipement proposé aux joueuses.
L'Équipe de France Féminine (11e au classement mondial de la FIFA) est entrée de plain-pied dans l'année 2025 en participant à la 2e édition de la Ligue des Nations féminine de l'UEFA. Après avoir été finalistes de la 1ère édition en 2024, les Bleues ambitionnent une nouvelle participation à la phase finale à quatre (prévue à l'automne prochain). Elles ont récemment remporté leurs deux premiers matches de leur groupe de qualification contre la Norvège (1-0) et l'Islande (3-2). Dans cette année riche en rendez-vous importants, les joueuses de Laurent Bonadei ont aussi et surtout l'Euro UEFA 2025 en ligne de mire.
En affrontant l'Islande en Ligue des nations mardi soir, Eugénie Le Sommer va devenir la joueuse la plus capée de l'histoire de l'équipe de France féminine (199). Chez les hommes, Hugo Lloris détient le record avec 145 sélections, soit 54 de moins que l'attaquante lyonnaise.
Les sélections nationales féminines de jeunes sont également engagées sur la scène européenne en 2025. Les U17F et U19F tricolores visent une qualification pour leurs Euros respectifs : du 4 au 17 mai aux Iles Féroé pour les unes ; du 15 au 27 juin en Pologne pour les autres. Ces deux tournois européens serviront également de portes d'entrées vers les Coupes du monde U17F 2025 (du 17 octobre au 8 novembre au Maroc) et U20F 2026 (du 5 au 27 septembre en Pologne). Soit un quadruple objectif.
Née à la rentrée 2023, l'Équipe de France Futsal féminine a, depuis, disputé dix-neuf matches officiels (8 G, 4 N, 7 D) qui lui ont déjà permis de se distinguer, malgré son manque d'expérience : en mars 2024, les joueuses de Pierre-Étienne Demillier ont remporté un premier trophée à la Fustal Love Serbia Winter Cup, épreuve amicale.
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En conclusion, le football féminin en France est en pleine expansion, porté par une augmentation significative du nombre de licenciées, des initiatives fédérales ambitieuses et un engouement populaire croissant. Bien que des défis subsistent, les perspectives d'avenir sont prometteuses, avec l'objectif de la FFF d'atteindre 500 000 licenciées d'ici 2028.