Les Gardiens de But du PSG: Du Pire au Meilleur

S’installer dans la cage du PSG, c’est un peu mettre sa carrière de gardien à "quitte ou double". Beaucoup de beaux noms, des histoires parfois plus contrastées… Le poste de gardien de but au Paris Saint-Germain s’avère être une fonction à hauts risques. En effet, s’imposer comme un dernier rempart légitime au sein de l’équipe de football la plus exposée de l’Hexagone d’un point de vue médiatique n’est clairement pas sans risque. Entre pression du résultat, surexposition et moqueries, le tout étant aujourd’hui exacerbé par les réseaux sociaux, occuper la cage du PSG s’est imposé comme un défi réservé aux hommes de caractère.

S’ils sont nombreux à s’y être brûlé les ailes, d’autres ont malgré tout réussi à marquer très durablement la jeune histoire du club pour se faire une place dans le cœur des supporters. Voici un aperçu de quelques-uns des gardiens qui ont marqué l'histoire du club, pour le meilleur et pour le pire.

Mais avant de plonger dans le classement, parlons du nouveau gardien prometteur du PSG : Lucas Chevalier.

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Lucas Chevalier : Le Nouveau Gardien Prometteur du PSG

Du haut de ses 23 ans, le gardien de but n°2 de l'équipe de France a fait voir de très belles attitudes. ICI Paris Île-de-France a échangé sur Lucas Chevalier avec trois anciens gardiens du PSG. On ne sait pas comment l'histoire entre le PSG et Lucas Chevalier finira mais force est de constater que le début de l'aventure est réussi pour l'ancien gardien du LOSC. Arrivé le 8 août dernier chez les champions d'Europe en titre, Chevalier n'a pas tardé à faire parler de lui avec Paris. Avec trois victoires en championnat en trois matchs, une victoire en Super Coupe de l'UEFA et des pénaltys arrêtés en cascade, en moins de 31 jours, le natif de Calais a fait voir de belles qualités. Sans oublier qu'il a fait preuve d'un gros mental en arrivant et cohabitant pendant trois semaines avec celui qu'il remplace désormais, Gianluigi Donnarumma.

Pour évoquer les premiers pas de Lucas Chevalier au PSG, nous avons échangé avec des anciens gardiens du PSG.

Jérôme Alonzo (2001-2008) : "Top trois européen dans cinq ans"

Enfant du PSG grâce à son papa Pierre, ancien entraîneur dans les années 1970, puis joueur professionnel pendant sept saisons où il a gardé la cage 109 fois, Jérôme Alonzo ne rate jamais un match du Paris Saint-Germain. Consultant désormais à la chaîne l'Équipe, il nous parle de Lucas Chevalier avec le cœur : "Là, il est chez les poids lourds, donc ça rigole plus. Et je trouve déjà qu'en quelques matchs avec Paris, il a fait voir que mentalement il est costaud. Si je fais un résumé, il fait une erreur face à Tottenham en Supercoupe d'Europe et au final il remporte la séance de tirs aux buts juste après. Ensuite à Toulouse, il arrête deux tirs aux buts, pour moi, c'est un exercice incroyable d'en arrêter un, alors deux ... en plus sur le deuxième tactiquement, il choisit de rester au milieu, de la prendre en pleine poitrine. Ca veut dire que un, c'est un garçon intelligent, deux courageux et trois mentalement très forts.".

Le consultant de Radio France ajoute : "Je pense en revanche que Paris a certainement hérité de l'un des meilleurs gardiens français pour les dix prochaines années. Je ne partirai pas sur des comparaisons avec Donnarumma mais si vous me demandez à moi si je pense que Chevalier peut être un top trois européen dans cinq ans ? Ma réponse est oui, certainement."

Ronan Le Crom (2014-2015) : "Un gardien moderne, complet"

C'est dans la coursive du stade de la Beaujoire à Nantes que nous avons croisé Ronan Le Crom. Âgé de 51 ans, l'ancien gardien de but professionnel travaille désormais dans les assurances en relation direct avec l'UNFP (union nationale des footballeurs pros). Après la victoire du PSG face aux Canaris à la mi-août qui a vu Chevalier n'avoir aucun arrêt à faire, Ronan Le Crom nous déclarait : "C'est un gardien moderne, complet. Il sait tout faire, ça m'impressionne. Je lui souhaite le meilleur. J'aime beaucoup son côté courageux, il n'hésite jamais à plonger pour capter le ballon dans les pieds de ses adversaires et une chose aussi qui m'impressionne : son calme, il dégage une vraie force."

Alexandre Letellier (2020-2024) : "J'aime beaucoup sa sérénité"

Pendant quatre saisons, Alexandre Letellier a eu pour coéquipiers Mbappé, Marquinhos, Messi, Hakimi ou encore Verratti. Véritable titi du PSG, Letellier est toujours en activité (sans club) et il a un regard assez admiratif du nouveau gardien parisien : "J'aime beaucoup sa sérénité. On sent que grâce à ses deux saisons pleines avec Lille, il a une grosse confiance en lui. Il gère vraiment bien la pression, ce qui est une qualité remarquable."

Depuis qu'il est arrivé au PSG, tout le monde loue la qualité du jeu aux pieds de Chevalier : "Il a une bonne vision de jeu et il est très calme quand il reçoit le ballon. Il se trompe rarement dans ses choix au pied et effectue des relances courtes ou longues d'une grande précision." Reste à savoir si le numéro 30 du PSG a des choses à améliorer "dans le détail, c'est un joueur très complet, il a la panoplie du gardien moderne. Il ne doit pas améliorer plus un point qu'un autre. Il a une très bonne vision du jeu, il est très bon au pied, au sol et il a de très bons réflexes. Maintenant, il va devoir travailler chaque aspect de son jeu pour le perfectionner encore plus et au maximum."

Cinq choses à savoir sur Lucas Chevalier

Depuis qu'il est arrivé au Campus du PSG, Lucas Chevalier affiche toujours un large sourire. Les habitués du centre d'entraînement du PSG évoquent un garçon avenant qui n'a pas eu de mal à s'intégrer dans un vestiaire où il connaissait déjà des garçons comme Barcola, Doué ou encore Zaïre-Emery, qu'il a côtoyé chez les jeunes en équipe de France.

Voilà cinq choses à savoir sur Lucas Chevalier et la troisième va vous surprendre :

  • Pourquoi il a le 30 dans le dos ? Lucas Chevallier portait déjà le numéro 30 à Lille. Il a demandé au PSG de le conserver numéro puisqu'il s'agit de l'addition de sa date de naissance et de celle de son frère.
  • Il aime la gastronomie et ne se refuse pas un bon restaurant
  • Il a la main verte, Lucas Chevalier aime beaucoup le jardinage
  • Le gardien de but aime les sports extrêmes, ceux où il faut repousser ses limites, comme le trail, l'Iron man ou encore le triathlon.
  • Est-ce que Lucas Chevalier va proposer un jour une sortie à vélo à Luis Enrique ?

Arrivé au PSG dans le cadre de la signature d'un contrat de cinq ans, le désormais ex-Lillois Lucas Chevalier est devenu le 32e gardien de l'histoire du club à évoluer en Ligue 1 McDonald's depuis la saison 1982/83. Les derniers portiers à débuter en championnat avec Paris avant lui sont le Russe Matvey Safonov et l'Espagnol Arnau Tenas.

Classement des Gardiens de But du PSG

Au classement de la longévité, le record de Joël Bats tient toujours. Avec 253 matchs disputés en Ligue 1 entre 1985 et 1992, l’ancien international A est le gardien du PSG le plus capé sur les 40 dernières années. Entre 1992 et 1997, puis de 1998 à 2000, le Guyanais a fait le bonheur des supporters parisiens avec ses réflexes félins, remportant notamment la Ligue 1 McDonald's en 1994 et la Coupe des Coupes en 1996.

Salvatore Sirigu, le plus capé sous l’ère QSI Quatrième ex aequo du classement avec Lionel Letizi (145 matchs), Salvatore Sirigu est de son côté le gardien parisien qui a disputé le plus de rencontres sous l’ère QSI, depuis juin 2011. Alors qu'il a annoncé son départ du club en mai, Keylor Navas se classe huitième, à égalité avec Alphonse Areola (75 matchs). De son côté, l'actuel numéro 1, Gianluigi Donnarumma (104 matchs), a intégré le Top 10 cette saison. L’international italien pointe actuellement au 7e rang sur les 40 dernières années.

Keylor Navas, un des gardiens marquants du PSG.

Voici le classement des gardiens du PSG en Ligue 1 McDonald's depuis 1982/83 :

RangGardienMatchs
1Joël Bats253
2Bernard Lama242
3Dominique Baratelli239 (87 depuis 1982/83)
4Salvatore Sirigu145
-Lionel Letizi145
6Mickaël Landreau114
7Gianluigi Donnarumma104
8Keylor Navas75
-Alphonse Areola75
10Jérôme Alonzo71
11Kevin Trapp63
12Apoula Edel47
13Grégory Coupet31
14Christophe Revault28
15Jean-Michel Moutier26
16Gianluigi Buffon17
17Lucas Chevalier15
18Sergio Rico13
-Vincent Fernandez13
20Dominique Casagrande12
-Matvey Safonov12
22Nicolas Douchez11
23Richard Dutruel10
24Arnau Tenas7
25Claude Barrabé6
26Luc Borrelli4
27Marcin Bulka2
-Alexandre Letellier2
29Sylvain Bied1
-Franck Mérelle1
-Thomas Kokkinis1

Les Gardiens de But du PSG: Du Pire au Meilleur

#18. Apoula Edel (2007-2011, 71 matches)

Arrivé dans la cage parisienne au prix d’un concours de circonstances favorables, le portier camerounais international arménien est l’incarnation du pire des gardiens du PSG. Malgré une Coupe de France remportée en 2010, il aura surtout marqué les esprits par des erreurs qui ont trop souvent tutoyé le burlesque.

#17. Dominique Casagrande (1998-2001, 23 matches)

L’histoire de Casagrande au PSG illustre parfaitement la condition du remplaçant qui, comme d’autres avant et après lui, a attendu son heure avant d’être écrasé par la pression du poste. Doublure de Lama puis de Letizi, Casagrande n’aura jamais réussi à s’imposer comme une alternative crédible. Les supporters se souviennent surtout de son but encaissé depuis le rond central de la part du Bordelais et alors futur Parisien, Pedro Miguel Pauleta, en 2000.

#16. Vincent Fernandez (1996-1998, 26 matches)

Natif de Saint-Germain-en-Laye, formé au PSG, Fernandez a été voué à un rôle de doublure pour Bernard Lama puis Christophe Revault. Un éternel remplaçant en somme, mais qui doit sa place dans ce classement à sa participation active dans le doublé des Coupes (Coupe de la Ligue et Coupe de France) réussi par le club en 1998.

#15. Christophe Revault (1997-1998, 37 matches)

Le regretté Revault (décédé en 2021 d’une péritonite à seulement 49 ans) aura bien plus marqué l’histoire du Havre et de Toulouse. Au PSG, qu’il rejoint en 1998 pour tenter de faire oublier Lama, Revault s’effondre en même temps que le projet Biétry et termine sa seule et unique saison de la capitale comme remplaçant, avant de repartir aussi vite qu’il était arrivé.

#14. Grégory Coupet (2009-2011, 41 matches)

Légende de l’OL, le portier débarque de l’Atlético de Madrid pour relancer sa fin de carrière en 2009. Mais au final, ce sont surtout des images négatives que les supporters parisiens retiendront. Notamment une terrible blessure à la cheville contre Auxerre, et surtout son jugement aléatoire d’un coup franc victorieux de Ludovic Obraniak, en finale de la Coupe de France 2011.

#13. Gianluigi Buffon (2018-2019, 25 matches)

Lorsque la légende italienne, 656 matches avec la Juventus, pose ses valises à Paris en 2018, c’est principalement pour apporter toute l’expérience nécessaire au club pour aborder plus sereinement ses échéances européennes. Mais sa concurrence avec le jeune Areola et une performance cataclysmique, comme celle de son équipe, un soir de mars 2019 contre Manchester United en Ligue des champions, ont eu raison de son aventure parisienne, interrompue au bout d’une petite saison.

#12. Jean-Michel Moutier (1984-1987, 38 matches)

Arrivé au PSG après plus de 300 matches joués avec Nancy, Moutier est en quelque sorte le trait d’union entre l’époque Baratelli et l’époque Bats, deux légendes absolues du club. Finaliste de Coupe de France en 1985, remplaçant en 1986 lors de la saison du premier championnat gagné par le PSG dans son histoire, Moutier reviendra après sa carrière comme dirigeant entre 1991 et 1998 aux côtés de Michel Denisot.

#11. Mickaël Landreau (2006-2009, 151 matches)

Après avoir bouclé la boucle à Nantes, Landreau signe à Paris avec l’ambition de franchir un cap, en club comme en sélection. Mais en dépit d’une présence continue dans le but du PSG durant ses trois années, son passage tourne à l’échec. Au sein d’un PSG en difficulté qui ira même jusqu’à jouer le maintien en 2008, Landreau ne rassure pas, se rendant même parfois coupable de grossières erreurs, comme face à Kyiv en quarts de finale de Ligue Europa en 2009.

#10. Kevin Trapp (2015-2018, 91 matches)

Issu de l’école des jeunes gardiens allemands qui inondent le marché, Trapp arrive pour suppléer Sirigu, à qui la critique reproche son jeu au pied. S’il se distingue effectivement dans ce secteur, Trapp démontre aussi rapidement le revers de la médaille, avec quelques erreurs parfois grotesques et finalement éliminatoires, avec en supplément, un lien éternel à la remontada de 2017 face au Barça.

#9. Jérôme Alonzo (2001-2008, 101 matches)

Pendant les sept années qu’il a passées dans la capitale, le portier formé à Nice et révélé à Saint-Étienne a principalement évolué comme doublure, d’abord de Lionel Letizi puis de Mickaël Landreau. Sept saisons sauf une, en 2003-2004, durant laquelle le PSG de Vahid Halilhodzic a très longtemps flirté avec le titre de champion, grâce notamment à un très bon Alonzo, certainement auteur de la meilleure saison de sa carrière.

#8. Alphonse Areola (2012-2022, 75 matches)

Né à Paris et formé au PSG, Alphonse Areola a longtemps entretenu le fantasme du ‘Titi’ apte à s’imposer dans une équipe de stars. Ce qu’il n’est finalement jamais parvenu à faire, en 10 années de contrat durant lesquelles il aura été prêté six fois (Bastia, Lens, Villarreal, Real Madrid, Fulham, West Ham). Sa concurrence avec Kevin Trapp ou encore son incapacité à prendre sa chance lorsque celle-ci s’est présentée, lui ont notamment été préjudiciables.

#7. Gianluigi Donnarumma (arrivé en 2021, 91 matches)

Par sa précocité, celle d’un titulaire dans les buts de l’AC Milan à 16 ans, « Gigio » s’est imposé comme l’une des références en devenir du poste de gardien de but. Un statut qu’il a parfois du mal à confirmer depuis son arrivée au PSG, où il souffle le chaud et le froid : capable d’arrêts monstrueux sur sa ligne, mais ô combien déficitaire dans le jeu au pied et pas toujours rassurant pour sa défense.

#6. Lionel Letizi (2000-2006, 196 matches)

Quand il arrive de Metz, où il s’est imposé comme l’une des valeurs sûres du championnat à son poste, Letizi aspire à grandir en même temps que les ambitions du PSG. Mais il sera à l’image de cette période pour le club, surtout symbole des frustrations et des déceptions. Titulaire lors de cinq de ses six saisons au PSG, il doit se contenter de deux Coupes de France, sans jamais avoir pu jouer les trouble-fêtes en sélection.

#5. Salvatore Sirigu (2011-2016, 190 matches)

Le premier gardien recruté par QSI n’a jamais fait moins bien qu’un quart de finale de Ligue des champions avec le PSG lorsqu’il était titulaire, à savoir entre 2011 et 2015. Souvent tancé pour son jeu au pied, Sirigu avait su se rendre légitime au sein d’une équipe de stars de par sa régularité et ses réflexes salvateurs.

#4. Keylor Navas (arrivé en 2019, 108 matches)

Lorsqu’il recrute le Costaricien en 2019, ça ressemblait au coup du siècle pour le PSG. Alors qu’il galère depuis plusieurs saisons à trouver un gardien fiable, voilà que débarque un portier triple vainqueur de la Ligue des champions avec le Real Madrid et habitué au très haut niveau. Ce qu’il confirmera à Paris, avec deux saisons où il atteindra la finale (2020) et les demi-finales (2021) en étant au passage l’auteur de quelques matches dantesques.

#3. Dominique Baratelli (1978-1985, 281 matches)

Avec 281 matches pour le PSG dont 272 joués de suite, Baratelli n’a pas seulement marqué statistiquement le PSG, il a également contribué à ses premiers succès dans les années 1980, en étant l’un des acteurs majeurs des deux premières Coupes de France gagnées (1982, 1983). Avec 593 rencontres, il occupe la 4e place des joueurs les plus capés de l’Histoire de la Ligue 1.

#2. Joël Bats (1985-1992, 285 matches)

L’un des plus grands gardiens de l’Histoire du foot français est logiquement l’un des plus importants de celle du PSG, avec qui il a disputé pas loin de 300 rencontres, non sans contribuer au premier championnat remporté par le club en 1986, année où il atteint également la demi-finale du Mondial avec la France. Constant (quatre saisons sur sept à 38 matches sur 38 possibles en championnat), Bats a accompagné la croissance du PSG, intégrant même le staff après avoir mis un terme à sa carrière de joueur.

#1. Bernard Lama (1992-1997 puis 1998-2000, 318 matches)

Un flow inoubliable, une allure unique et féline, un attachement viscéral et surtout, une place dans l’album souvenirs de certaines des plus belles pages de l’Histoire du club : il n’y a pas grand monde qui puisse déloger Lama du top de ce classement. Bernard Lama, une légende incontestée dans les buts du PSG.

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