La WNBA est en plein essor, avec des audiences en hausse et des revenus publicitaires en forte croissance. Pourtant, les joueuses de la WNBA estiment qu'elles ne reçoivent pas une part équitable des revenus générés par leur championnat. Leur syndicat (WNBPA) s'est retiré de l'accord collectif en octobre 2024 et souhaite désormais négocier des salaires à la hausse.

Les revendications des joueuses de WNBA
Les joueuses de WNBA ne réclament pas les mêmes rémunérations que leurs homologues masculins, mais veulent augmenter la part des revenus qui leur revient. Actuellement, les joueuses de la WNBA perçoivent entre 20 et 25 % des revenus générés par leur championnat, soit bien moins que les 50 % environ de la NBA.
« Les sports masculins ont un système de rémunération basé sur les revenus - nous méritons la même chose », a déclaré la WNBPA sur ses réseaux sociaux. « Nous nous battons pour une part équitable des revenus que nous générons. »
Nneka Ogwumike, présidente de la WNBPA et joueuse des Seattle Storm, a expliqué en conférence de presse : « Nous avons connu une forte croissance ces derniers temps, cela doit se refléter dans la manière dont nous sommes rémunérées. »
Elizabeth Williams, secrétaire du syndicat et joueuse des Chicago Sky, a ajouté : « C'est du business. Tout a augmenté : les droits de diffusion, les ventes de tickets, la valeur des équipes. La seule chose qui est encore plafonnée, c'est les salaires. »
Les salaires actuels en WNBA
Les salaires en WNBA varient aujourd’hui entre 66 000 et 250 000 dollars par an. Le salaire moyen se situe autour de 78 000 $ par saison, soit environ 6 500 $ mensuels. Les rookies débutent en général à 41 965 $, tandis que les superstars plafonnent à 230 000 ou 250 000 $.
Pour illustrer, Caitlin Clark, nouvelle star montante, a signé un contrat de 338 000 $, incluant probablement primes et sponsors.
Comparaison des salaires, des contrats et de la fortune de Stephen Curry et Caitlin Clark en NBA ...
Les disparités salariales : un problème persistant
Les écarts salariaux entre basket masculin et féminin restent considérables, tant aux États-Unis qu’en France. En NBA, le salaire moyen atteint 10 millions de dollars, contre 78 000 à 250 000 $ en WNBA. Le ratio varie donc de x40 à x130 en faveur des hommes.
La part des revenus constitue le nœud du problème. En NBA, les joueurs reçoivent environ 50 % des revenus générés par la ligue. En WNBA, les joueuses ne touchent que 20 à 25 %.
Un arbitre NBA gagne 150 000 $ par an, plus qu’une superstar WNBA avant 2020 (117 000 $).
En WNBA, le salaire moyen était de 113 295 dollars en 2023 contre 9,7 millions de dollars en NBA soit 85 fois plus. Les trois joueuses les mieux payées de la ligue féminines gagnaient 241 984 dollars contre 55,8 millions pour Stephen Curry.
Aux Etats-Unis, certaines mascottes des franchises NBA sont beaucoup mieux payées que les stars de la ligue féminine nord-américaine de basket. De quoi faire grincer quelques dents de l’autre côté de l’Atlantique.
La mascotte des Denver Nuggets touchait un salaire de 625.000 euros par an, soit 52.000 euros par mois. C’est trois fois plus que Diana Taurasi, qui est l’un des trois plus gros salaires de la ligue féminine avec des émoluments annuels de près de 230.000 euros.
| Catégorie | WNBA | NBA |
|---|---|---|
| Part des revenus redistribuée aux joueurs | 20-25% | 50% |
| Salaire moyen | 78 000 $ | 10 millions $ |
L'impact de l'expatriation sur les joueuses de WNBA
Plus de 60 % des joueuses WNBA s’expatrient pendant l’intersaison (octobre à avril) pour jouer dans des championnats européens ou asiatiques. La raison principale est financière : les salaires overseas dépassent largement ceux de la WNBA. En Turquie, Russie ou Chine, les stars peuvent gagner entre 500 000 et 1 million de dollars par saison.
Diana Taurasi, légende de la WNBA, a touché 1,5 million de dollars à Ekaterinburg (Russie), soit environ 13 fois son salaire WNBA de l’époque.
Cette expatriation présente toutefois des inconvénients majeurs. Les joueuses passent 8 à 9 mois par an loin de chez elles, enchaînent deux saisons sans repos, ce qui augmente le risque de blessures. Elles ne peuvent pas non plus promouvoir la WNBA aux États-Unis pendant l’intersaison, ce qui nuit à la visibilité de la ligue.
Les négociations pour un nouvel accord collectif
En octobre 2024, le syndicat des joueuses (WNBPA) s’est retiré de l’accord collectif pour renégocier les conditions salariales. Les porte-paroles, Nneka Ogwumike (présidente) et Elizabeth Williams (secrétaire), réclament une part des revenus proche de 50 %, comme en NBA.
Leurs arguments reposent sur des chiffres éloquents : les audiences WNBA ont doublé en 2024 (+100 %), les revenus publicitaires ont augmenté de 65 % en deux ans, et les droits de diffusion TV connaissent une hausse significative.
Vice-présidente du syndicat des joueuses (WNBPA), Napheesa Collier avait étrillé la patronne de la ligue Cathy Engelbert après la fin de sa saison avec Minnesota. Deux mois plus tard, la WNBA est revenue vers les joueuses avec des salaires revalorisés.
Dans un communiqué pour ESPN, le syndicat des joueuses a sorti le lance-flammes en comparant la proposition à « du rouge à lèvres sur un cochon (selon une expression américaine) et la continuation d'un système qui n'est pas lié aux revenus de la ligue et dévalorise intentionnellement les joueuses ».
L'impact de Caitlin Clark et des nouvelles stars
L'arrivée de nouvelles joueuses populaires comme Caitlin Clark, Cameron Brink et Angel Reese pourrait permettre à la WNBA de doubler les revenus des droits télé lors de la prochaine négociation des droits TV en 2025, selon la commissionnaire, Cathy Engelbert.
Caitlin Clark, meilleure joueuse universitaire de sa génération, va devenir la basketteuse la mieux payée de l’histoire grâce à un partenariat avec Nike. Mais le salaire que lui versera son futur club de WNBA a suscité jusqu’à l’indignation du président des États-Unis, Joe Biden.
Comme l’a remarqué The Guardian , la nouvelle star du basket ne touchera que 2 % du salaire médian des joueurs de NBA, qui se situe autour de 3,4 millions de dollars.
LIRE AUSSI. NBA. Avec ses 338 000 dollars en quatre ans, Caitlin Clark ne se situe pas seulement à des années-lumière de Victor Wembanyama et ses 55 millions de dollars en quatre ans.