L'histoire du basket est jalonnée de rivalités célèbres qui ont indéniablement marqué le sport. Parmi ces compétitions intenses, celle opposant les Boston Celtics et les Los Angeles Lakers occupe une place de choix. Ces confrontations ont accumulé des décennies d'animosité sportive qui ont captivé les fans à travers le monde.
NBA's Greatest Rivalry: Lakers and Celtics - Every Championship in order!
Cette altercation entre Shaquille O'Neal et Scottie Pippen pour savoir qui des Los Angeles Lakers ou des Chicago Bulls avait le meilleur "All-Time 5", nous a rendu un peu nostalgiques. Plutôt que de prendre parti pour l'un ou l'autre des protagonistes, on s'est dit que comparer les deux franchises les plus titrées de l'histoire de la NBA serait plus intéressant. D'un côté, les Boston Celtics, 17 victoires, de l'autre les Los Angeles Lakers, 16 succès.
Au cours des deux dernières décennies, le Heat de Riley a toujours fait partie de l’élite de l’Est, mais l’équipe qui lui était le plus souvent opposée était les Celtics. Miami se rendra pour la huitième fois en finale Est au cours des 18 dernières années et Boston pour la septième fois lorsque les deux équipes s’affronteront lors du premier match mardi à la FTX Arena.
On n'aura jamais l'occasion d'assister à une rencontre avec, au pic de leur forme, des monstres comme Larry Bird, Kobe Bryant, Kareem Abdul-Jabbar ou Bill Russell. Mais rien ne nous empêche d'imaginer ce qu'aurait pu donner cet affrontement intergénérationnel, poste par poste.
Les figures emblématiques des Celtics
Il peut paraître injuste de faire s'affronter des joueurs qui ont dû s'entraîner avec des moyens limités et d'autres qui ont connu la professionnalisation à l'extrême de leur sport. Allez, faisons semblant d'être chauvins.

Bob Cousy
Bob Cousy, 6 fois champion NBA, 13 fois All-Star, 8 fois meilleur passeur de la ligue, est d'origine... française ! Fils d'immigrés, celui qui dominera plus tard la ligue à coups de passes géniales et d'accélérations meurtrières a même parlé français jusqu'à ses 5 ans et son entrée à l'école primaire. Cousy est l'homme qui a démocratisé le dribble dans le dos et maîtrisé à la perfection la règle nouvelle des 24 secondes. Si Bill Russell a autant dominé son sujet à l'époque, c'est aussi parce qu'il a côtoyé pendant 6 ans un meneur de cette trempe.
John Havlicek
Havlicek avec Boston, c'est quand même 8 bagues, 13 sélections au All-Star Game et surtout un statut de meilleur scoreur de l'histoire des Celtics, ce qui n'est pas une mince affaire. Havlicek a révolutionné le concept de 6e homme en étant une arme absolument meurtrière en sortie de banc grâce à une énergie et une intensité phénoménales.
Larry Bird
Larry Bird n'est pas le Celtic le plus prolifique de l'histoire, ni même le plus titré. Pourtant, lorsque l'on pense au basket à Boston, le nom et le visage de "Larry Legend" surgissent invariablement. L'élégance, la facilité, l'insolence et le talent offensif brut du "Hick from French Lick" ont marqué les esprits à jamais. Son look et son background improbables ont contribué à faire de sa rivalité avec Magic Johnson un must.
Kevin McHale
L'actuel coach des Houston Rockets n'est pas le joueur le plus sexy de l'histoire des Celtics. Mais bon sang quelle efficacité et quelle métier dans la raquette ! Souvent 6e homme lors de ses premières saisons, son impact dans la raquette a permis à Boston de se sortir de bien des difficultés. Lui aussi triple champion NBA, il manquait parfois de l'instinct du tueur, ce qui agaçait Bird, persuadé qu'avec un peu plus de mordant, McHale aurait pu sortir des matches à 70 points. Le drame ? Sur Google, son nom vient en deuxième position lorsque l'on tape "Kevin McHale", derrière l'acteur du même nom de la série "Glee"...
Bill Russell
Bill Russell, c'est une époque révolue où l'hétérogénéité du niveau permettait à une équipe de remporter 11 bagues en 13 ans. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut minimiser l'exploit de cette génération dont Bill Russell était le joueur phare. Jamais avant lui, une telle force défensive n'avait pesé sur la NBA. Russell, c'est une palanquée de contres et de rebonds en plus de qualités balle en main loin d'être vilaines. En dehors du terrain, il a également toujours réussi à se faire respecter et Boston a même érigé une statue en son honneur l'année dernière.
Les stars des Lakers
Les Los Angeles Lakers ont également eu leur part de joueurs exceptionnels qui ont marqué l'histoire de la NBA.

Magic Johnson
Pour la première fois, la NBA a découvert un joueur capable grâce à son invraisemblable panoplie d'évoluer à tous les postes sur le terrain. En plus d'avoir des fondamentaux très solides, "Magic" avait cette folie créatrice et cet enthousiasme contagieux qui faisaient de lui un joueur admiré et respecté de tous. Sa rivalité avec Larry Bird a marqué les années 80, au cours desquelles il est tout de même parvenu à décrocher 5 bagues avant d'être contraint de prendre du recul en raison de sa maladie. On retiendra quand même le bonheur qu'avait suscité chez le public sa sélection avec la Dream Team après un an de convalescence.
Kobe Bryant
Le plus difficile pour Kobe aura finalement été cette comparaison inévitable avec le meilleur joueur de tous les temps. Plutôt que de craquer face à cette pression, Bryant a embrassé ces similitudes et développé un caractère de compétiteur et de gagnant comme la NBA n'en avait plus connu depuis... Michael Jordan. Comme MJ, le "Black Mamba" a cette espèce de perfection dans ses gestes et ses mouvements, ce détachement qui lui donne un air supérieur et agaçant pour ses rivaux. On ne peut s'empêcher de penser qu'avec une meilleure entente entre Shaq et lui, son butin aurait pu dépasser celui de Jordan. On espère désormais qu'à défaut de décrocher une 6e bague comme son idole, il pourra au moins connaître une fin de carrière honorable sans que son caractère n'effraie tous ses jeunes partenaires. A cette heure, il est le 3e meilleur scoreur de l'histoire de la ligue devant...
Elgin Baylor
C'est assez fou de se dire qu'Elgin Baylor n'a jamais gagné le moindre titre en NBA. Durant la période de domination des Celtics, Baylor a perdu... 8 finales, un bilan que n'aurait pas renié Raymond Poulidor. Pour autant, son talent était absolument indiscutable et son arsenal offensif assez terrifiant entre une capacité à shooter de loin et une force athlétique supérieure à la moyenne. "Il pouvait poster Bill Russell, passer aussi bien que Magic et dribbler les meilleurs arrières de la ligue", dit de lui Tommy Hawkins son ancien coéquipier. Ironie de l'histoire, c'est la saison où il a pris sa retraite après 9 matches pour cause de blessures récurrentes, que les Lakers ont enfin gagné un titre...
Wilt Chamberlain
On va contrarier Shaquille O'Neal, qui s'était lui même nommé au poste 4 dans cette équipe de légende. Mais quitte à mettre deux pivots sur le terrain, on opte pour Wilt Chamberlain. Certes, l'homme aux 100 points en un match n'a joué que quatre saisons en Californie pour un seul titre. Mais l'ensemble de sa carrière et l'invraisemblable domination qu'il avait sur ce jeu méritaient d'être plébiscités. On parle d'un type de 2m16 qui est parvenu à finir une saison à 50 points de moyenne avec San Francisco...
Kareem Abdul-Jabbar
D'abord incontournable dans les rues de New York, Lew Alcindor s'est transformé en véritable machine de guerre en NBA, entre Milwaukee, où il a remporté le titre dès sa deuxième saison dans la ligue, et Los Angeles, où il est parvenu à glaner 5 autres bagues grâce à des moves devenus cultes et une personnalité qui l'ont fait entrer dans la légende. Sa longévité (il a joué jusqu'à 42 ans et été champion à 41), son style et le niveau qu'il avait encore en fin de carrière sont exceptionnels. Il reste à ce jour le meilleur marqueur de l'histoire de la ligue avec 38 387 points en carrière et n'est pas près d'être rattrapé.
Les duels imaginaires
Comment ces légendes se seraient-elles affrontées si elles avaient joué à la même époque ? Voici quelques duels imaginaires :
- Bob Cousy vs. Magic Johnson: Un pionnier surdoué contre un prototype inédit, omnipotent et touché par la grâce. Au pic de leur forme, on a quand même du mal à imaginer Cousy et son mètre 85 résister au gabarit (2m06) et aux armes multiples de Magic dans un duel.
- John Havlicek vs. Kobe Bryant: D'un gabarit similaire (1m96 pour le premier, 1m98 pour le second), les deux hommes partagent également de réelles qualités défensives qui ont valu 9 All-NBA First Teams à Kobe et 5 à Havlicek. Autre point commun, une intensité remarquable et un goût prononcé pour le shoot, même si "Hondo" n'a pas connu la ligne à 3 points, adoptée un an après sa retraite. All-around player de talent, Havlicek aurait donné beaucoup de fil à retordre à Bryant, mais aurait peut-être eu du mal à gérer la virtuosité offensive du Black Mamba au pic de sa forme et ses qualités athlétiques supérieures.
- Larry Bird vs. Elgin Baylor: Les qualités athlétiques de Baylor auraient posé des problèmes à Bird et on aurait eu un superbe match entre shooteurs d'élite, les deux hommes affectionnant particulièrement l'exercice. On imagine quand même que "Larry Legend" aurait pu rendre fou son adversaire en lui annonçant de quelle manière il allait scorer face à lui ou en lui rappelant constamment qu'il n'avait pas la moindre bague à son actif. Le flair et la qualité de passe du Celtic auraient également pu faire la différence malgré le statut de "joueur le plus sous-coté" de l'histoire du malchanceux Baylor.
- Kevin McHale vs. Wilt Chamberlain: Lorsqu'il le voulait vraiment et qu'il avait de l'estime pour un coach, Chamberlain était capable de défendre dur. Il aurait fallu qu'il se concentre sur ce domaine pour empêcher Kevin McHale de lui faire des misères malgré les 7 centimètres de différence entre eux, tant l'actuel coach des Rockets pouvait être un assassin silencieux mais efficace près du cercle, dans ce qu'il appelait "la chambre de torture" pour ses adversaires. Dans l'autre sens, en revanche, le Celtic aurait eu du mal à négocier la taille, la puissance et l'agressivité du phénomène Chamberlain, aussi bon défenseur qu'il ait pu être.
- Bill Russell vs. Kareem Abdul-Jabbar: On parle de deux joueurs qui ont dominé leur sujet et durablement marqué l'histoire du basket. Difficile donc d'être formel quant à leur opposition dans ce match virtuel. Mais avec un peu de recul, le seul secteur où Jabbar semble nettement supérieur reste son efficacité offensive. S'il lui arrivait de faire quelques cartons en attaque, Russell était avant tout un monstre défensif en termes de rebonds, de contres et de dissuasion en général. L'un des aspects sous cotés du jeu de Russell était son jeu de passes, puisqu'il a parfois endossé le costume inédit de point forward avec des saisons à 5 passes de moyenne.
Les finales NBA de 1984
En ce 28 octobre 1983, les Celtics se déplacent chez les Pistons de Détroit. Chuck Daly vient tout juste de poser ses valises du côté du Michigan, et s’apprête à créer les bad boys qui rouleront sur la NBA en fin de décennie. Certains joueurs de cette équipe mythique foulent déjà le parquet en cet automne 1983 : Isiah Thomas et Bill Laimbeer, pour ne citer qu’eux.
Dès le second match, la « machine Celtics » s’est mise en route. Avec, comme résultat, neuf victoires consécutives. Après dix matchs, les Celtics ont donc déjà pris les rênes de la Conférence Est, pour ne plus jamais les lâcher.
Les Lakers de Los Angeles, la mène est confiée à celui qui deviendra le meilleur meneur de l’Histoire, en la personne de Magic Johnson. Parfait contraire de Bird, Magic entame sa cinquième saison et reste sur un exercice 1982-1983 en quasi triple-double : 16,8 points, 8,6 rebonds, 10,5 passes décisives. Johnson partage principalement le backcourt avec le plus anonyme Mike McGee. Les postes à l’aile sont partagés entre Jamaal Wilkes et James Worthy, tandis que l’indéboulonnable Kareem Abdul-Jabbar occupe le poste de pivot.
L’ensemble des supporters espèrent alors voir, en finale NBA, un affrontement entre les deux franchises historiques du pays : les Celtics et les Lakers. East Coast versus West Coast. Les verts contre les jaunes. Bird contre Magic. Et, bien entendu, à l’issue d’une saison régulière maîtrisée de bout en bout, la prophétie allait se réaliser.
L'impact culturel et social
L’influence de ces confrontations va au-delà des scores et des statistiques. Les rivalités en basket ont souvent été déterminées par des moments clés qui restent gravés dans la mémoire collective. Un exemple frappant est la finale NBA de 2016 entre les Cleveland Cavaliers et les Golden State Warriors. Ce duel a vu les Cavaliers surpasser un déficit de trois matchs à un, un exploit statistiquement rarissime.
Les rivalités célèbres ne sont pas seulement des aventures sportives mais sont profondément ancrées dans la culture du basket et ont des répercussions sociale importantes. Elles façonnent les communautés de fans, unissant des personnes autour d’une passion partagée, créant ainsi un sentiment d’appartenance et d’identité.
Les représentations médiatiques jouent un rôle crucial en amplifiant les tensions et l’intensité des matchs. Les documentaires, films, et articles consacrés à ces confrontations fournissent un cadre narratif qui dépasse l’événement sportif, intégrant les rivalités dans la culture populaire.
L’affect sur les fans est profond. Les rivalités laissent une empreinte durable, influençant les conversations quotidiennes et les interactions sociales. Elles créent des souvenirs collectifs gravés dans la mémoire des supporters. Ce phénomène transcende le simple cadre sportif, positionnant le basket comme un pilier central dans le paysage culturel.
Les rivalités modernes
Les rivalités modernes dans le basket continuent de captiver et d’enthousiasmer les fans, évoluant au rythme des dynamiques du sport actuel. L’émergence de nouvelles rivalités marquantes est un phénomène fascinant. On peut notamment mentionner des équipes comme les Milwaukee Bucks et les Brooklyn Nets.
La couverture médiatique et l’exploitation des réseaux sociaux jouent un rôle crucial en intensifiant ces rivalités. Ces rivalités modernes ont également des implications économiques pour la ligue, influençant les tendances de visionnage et les revenus.
Conclusion
Les rivalités dans le basket ont profondément marqué le sport, contribuant à son histoire et à son développement. Par leurs interactions intenses, ces compétitions notoires ont forgé un héritage inestimable pour les générations futures.
En participant à cet héritage, chaque fan et joueur contribue à entretenir l’esprit compétitif du basket.