Les raisons du départ de Keylor Navas du PSG

La fin de l'aventure se précise pour Keylor Navas au PSG. Le gardien costaricien de 37 ans, arrivé au club en 2019, a annoncé son départ en fin de saison. En fin de contrat en juin prochain, le gardien doit se contenter de miettes cette saison, dépassé par l’excellent niveau affiché par Gianluigi Donnarumma, et même poussé dans son dos par le jeune Arnau Tenas.

Plusieurs facteurs expliquent ce départ, allant de la concurrence accrue à des choix stratégiques de l'entraîneur Luis Enrique.

Concurrence et hiérarchie des gardiens

Keylor Navas a vécu comme un déchirement son départ du Real Madrid pour le PSG en 2019 même s’il explique avoir opté pour ce nouveau challenge en France dans son intérêt sportif puisqu’il était barré par Thibaut Courtois au Real. Il avait progressivement perdu sa place de titulaire après l’arrivée de Gianluigi Donnarumma, lors de l’été 2021. Une situation que Navas a également vécue au PSG après le recrutement de Gianluigi Donnarumma en 2021. Lors de la saison 2018-2019, déjà, la venue de Thibaut Courtois avait contrarié la fin de son parcours au Real Madrid.

Toujours doublure de l’Italien, le portier de 37 ans ne joue plus beaucoup, si ce n’est face à Lille et Reims en Ligue 1. Depuis deux tours en Coupe de France, Luis Enrique a décidé de confier les buts du PSG au titulaire habituel, privant de fait le Costaricien d’un peu de temps de jeu qui lui aurait pourtant été bénéfique.

Le rôle de Luis Enrique et les choix tactiques

Luis Enrique l'a répété à plusieurs reprises depuis deux mois : l'entraîneur du PSG entend d'ores et déjà « préparer la saison prochaine », d'où sa gestion controversée de Kylian Mbappé, appelé à quitter la capitale cet été. Dimanche, contre Reims (2-2), il a titularisé Keylor Navas. Un lot de consolation pour faire avaler la pilule au Costaricien et lui assurer un peu de temps de jeu, alors que Gianluigi Donnarumma devrait être aligné dans le but mercredi pour le quart de finale de Coupe de France, face à Nice, au même titre que plusieurs cadres laissés sur le banc dimanche (Mbappé, Dembélé).

Malgré trois erreurs de suite à l’automne, les performances de Donnarumma valident le choix de Luis Enrique. En revanche, la décision de faire jouer Navas dans des rencontres de L1 à l'enjeu estimé moindre interpelle. Non pas pour la valeur ou le statut du triple vainqueur de la C1 évidemment. Mais parce qu'à 37 ans, il s'apprête lui aussi à quitter le PSG cet été.

Il faut croire que le management de l'Espagnol est à géométrie variable, ou que l'argument ne s'applique pas à tout le monde. Au tour précédent, déjà, profitant de la large avance de son équipe en tête de la L1, Luis Enrique avait agi de la même manière. Alors que Navas était titulaire en 32es de finale (9-0 contre Revel) et en 16es (4-1 face à Orléans), et qu'on imaginait une classique répartition des tâches entre l'Italien (L1 et Ligue des champions) et lui (Coupe), « Gigio » avait officié en 8es devant Brest (3-1) avant de laisser sa place à l'ancien Madrilène trois jours plus tard en Championnat face à Lille (3-1).

Si Donnarumma a été choisi pour jouer en Coupe de France, c’est aussi pour anticiper sur une possible séance de tirs au but. Une issue au match tout à fait envisageable quand on sait que Nice a la meilleure défense de Ligue 1 (à égalité avec Brest) et qu’il n’y aura pas de prolongation.

Il y a pourtant une explication très claire derrière cette titularisation. Alors que beaucoup d’entraîneurs titularisent leur gardien n°2 en Coupe de France, ce n’est pas le choix de Luis Enrique, qui souhaite mettre les meilleurs joueurs sur le terrain lors des gros matchs (au passage, c’est pourquoi Mbappé sera titulaire contre Nice). Et pour l’entraîneur espagnol, remporter la Coupe de France, que Paris n’a plus gagné depuis 2021, est une priorité.

Cela n’empêche pas que Luis Enrique souhaite donner du temps de jeu à Keylor Navas, ce qui sera bien utile si Gianluigi Donnarumma n’était pas en mesure de jouer lors d’un match « important », comme par exemple, un quart de finale de Ligue des Champions (blessure, suspension…). On a vu lors du match contre Reims, que Navas n’était pas complètement serein, ce qui l’a d’ailleurs amené à la faute en début de match (il aurait dû s’emparer du ballon qui venait de passer devant lui) avant la grossière erreur d’Hakimi. Une fébrilité logique chez un gardien de but qui joue très peu.

Les adieux au Parc des Princes

Ce dimanche, Luis Enrique lui a préféré Arnau Tenas, troisième dans la hiérarchie des portiers, pour le dernier match de l’exercice au Parc des Princes, conclu par une défaite contre Toulouse (1-3). Keylor Navas a donc été privé d’une sortie sur le terrain, devant ses spectateurs. Il a tout de même pu profiter d’un chant à sa gloire de plusieurs minutes et d’une banderole « Gracias por todos (merci pour tout) Navas » brandie par la tribune Auteuil.

Interrogé à ce sujet, Luis Enrique a tenu un discours plutôt curieux pour se justifier de ne pas l’avoir fait jouer. « Navas ? Je n’avais pas vu les nouvelles selon lesquelles il allait quitter le club, a lancé l’entraîneur espagnol. Je prends mes décisions en fonction de ce qui est le meilleur pour l’équipe. » Cette saison, le gardien de 37 ans n’a disputé que 5 rencontres.

L'avenir de Navas

Annoncé sur le départ en juin, le portier costaricien du PSG ne sera pas aligné mercredi en Coupe de France contre Nice, alors qu'il avait pourtant joué en Ligue 1 dimanche face à Reims. Reste à savoir si Navas sera tenté par un nouveau challenge ou s’il prendra sa retraite sportive. En attendant, le Parc des Princes ne l’a pas oublié. Face au LOSC à la mi-février, rencontre qu’il a disputée en intégralité avec à la clé une performance correcte (6/10 selon notre rédaction), bien aidée par la faiblesse offensive adverse, il a été ovationné.

Ses performances des premières saisons, avec en point d’orgue ses campagnes de Ligue des Champions, sont toujours dans les mémoires du public parisien. Dans le même temps, Arnau Tenas (22 ans) fait banquette. Propulsé doublure de Donnarumma à l'automne pendant les deux mois passés par Navas à l'infirmerie (lombaires), le Catalan a disputé trois rencontres probantes en décembre, à la suite d'une expulsion de l'Italien. L'occasion pour lui de montrer notamment la qualité de son jeu au pied, la raison majeure pour laquelle Luis Enrique a soufflé son nom l'été dernier. Sous contrat jusqu'en 2026, l'Espagnol incarne davantage l'avenir du PSG mais n'a plus été revu en compétition depuis.

Ces derniers mois, les champions de France se sont penchés sur plusieurs profils de gardien, en prévision du départ du Costaricien. Laissant un certain flou sur la future hiérarchie dans le but. Cet hiver, la question d'un transfert s'est posée, avant que l'intéressé ne fasse comprendre qu'il déclinerait toute proposition. La légende des Ticos (112 sélections) entend aller au bout de son contrat fin juin avant de signer ailleurs, libre.

A 38 ans, Keylor Navas brille toujours dans le but. Le Costaricien s’est engagé avec les Newell’s Old Boys en janvier dernier et savoure cette nouvelle expérience en Argentine. Mais dans l’idéal, le gardien se serait bien imaginé terminer sa carrière au Real Madrid, où il a passé cinq ans et remporté 10 titres dont trois Ligues des champions (2016, 2017, 2018) entre 2014 et 2019. S’il a finalement quitté le club pour rejoindre le PSG en 2019, il l’a fait par raison plus que par amour.

Excellent dans le but madrilène et grand artisan du triplé en Ligue des champions, Navas avait mal vécu le recrutement du Belge Thibaut Courtois en 2018. Ce dernier avait pris sa place de titulaire la saison suivante, marquée par une féroce concurrence entre les deux hommes.

Angers - PSG (0-3): La réaction de Keylor Navas

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