MVP NBA depuis 2000: Liste et Analyse

Le titre de Most Valuable Player (MVP), désormais appelé Trophée Michael Jordan, est l’une des distinctions les plus prestigieuses de la NBA. Depuis 1956, il récompense le meilleur joueur NBA de la saison. Le premier MVP fut Bob Pettit en 1956. À l’origine, ce sont les joueurs qui votaient. Le MVP est choisi par un panel de journalistes sportifs américains et internationaux. Généralement, le MVP provient d’une équipe avec un excellent bilan.

Le palmarès du MVP NBA met en lumière les joueurs les plus impactants de chaque saison, récompensés pour leur performance exceptionnelle. Le Trophée Michael Jordan récompense les joueurs les plus influents de chaque génération. Suivre l’évolution de ce palmarès MVP NBA, c’est comprendre qui domine la ligue chaque saison.

LeBron James, multiple MVP et champion NBA.

Liste des MVP NBA depuis 2000

Voici la liste des MVP NBA depuis 2000, illustrant la diversité des talents ayant marqué cette époque :

Saison Joueur Équipe
1999-2000 Shaquille O'Neal Los Angeles Lakers
2000-2001 Allen Iverson Philadelphia 76ers
2001-2002 Tim Duncan San Antonio Spurs
2002-2003 Tim Duncan San Antonio Spurs
2003-2004 Kevin Garnett Minnesota Timberwolves
2004-2005 Steve Nash Phoenix Suns
2005-2006 Steve Nash Phoenix Suns
2006-2007 Dirk Nowitzki Dallas Mavericks
2007-2008 Kobe Bryant Los Angeles Lakers
2008-2009 LeBron James Cleveland Cavaliers
2009-2010 LeBron James Cleveland Cavaliers
2010-2011 Derrick Rose Chicago Bulls
2011-2012 LeBron James Miami Heat
2012-2013 LeBron James Miami Heat
2013-2014 Kevin Durant Oklahoma City Thunder
2014-2015 Stephen Curry Golden State Warriors
2015-2016 Stephen Curry Golden State Warriors
2016-2017 Russell Westbrook Oklahoma City Thunder
2017-2018 James Harden Houston Rockets
2018-2019 Giannis Antetokounmpo Milwaukee Bucks
2019-2020 Giannis Antetokounmpo Milwaukee Bucks
2020-2021 Nikola Jokic Denver Nuggets
2021-2022 Nikola Jokic Denver Nuggets
2022-2023 Joel Embiid Philadelphia 76ers

Impact du titre de MVP sur les performances en playoffs

La NBA, peut-être plus encore que le basketball européen ou les autres sports, est faite de multiples poncifs. Ces grandes phrases, que l’on répète à qui veut bien les entendre, à qui veut bien les croire. Profitons de cette très courte introduction - qui touche déjà à son terme - pour rappeler que le fait de décerner les trophées de saison régulière au beau milieu de la campagne de playoffs, lorsque plus personne ne s’y intéresse, est une sacrée mauvaise idée.

Avant d’énoncer les résultats de nos recherches et de tenter d’en tirer des conclusions, il nous faut procéder à deux rappels importants. En premier lieu, le trophée de MVP n’existe pas depuis 1947 et la création de la NBA. En effet, il faut remonter à 1956 (fin de la saison 1955-56) pour y trouver la première trace, avec le premier des deux sacres de Bob Pettit.

Le MVP de saison régulière peut connaître, ces dernières années à tout le moins, six résultats collectifs distincts : une non-qualification en playoffs, tout d’abord. Ce n’est pas forcément instinctif eu égard aux critères des votants pour attribuer le trophée, mais il se peut que l’équipe du MVP termine au-delà de la 10ème place de sa conférence, ou que son passage au play-in tournament ne soit pas couronné de succès. Au-delà, il peut connaître une défaite au premier tour des playoffs (0 série remportée, comme les Nuggets de 2022), en demi-finale de conférence (1 série remportée, comme les Nuggets en 2024), en finale de conférence (2 séries remportées, comme les Bucks en 2019) ou en finale NBA (3 séries remportées, comme les Warriors en 2016). Six résultats collectifs distincts, donc. Faites vos jeux.

À entendre les gens gueuler comme des ânes lorsqu’un 6ème de conférence est sacré MVP, on comprend bien qu’il est quasiment impossible, de nos jours, que le meilleur joueur des 82 premiers matchs de la saison ne dispute pas les playoffs. Ironie de la chose, le MVP en question est l’un des trois joueurs qui est le plus fréquemment cité dans la si pénible course du GOAT : Kareem Abdul-Jabbar. Le pivot aux lunettes détient le record du nombre de « trophée Michael Jordan » remportés, puisqu’il a été nommé MVP à 6 reprises. En l’espace de 10 années, on parle bel et bien d’une dictature. En 1975-76, le colosse change de crémerie ; il quitte Milwaukee pour rejoindre Los Angeles. Les Lakers ne sont pas qualifiés pour les playoffs, à l’inverse des Bucks et des Pistons, qui ont respectivement remporté… 38 et 36 rencontres.

Allez comprendre, en cette époque le champion d’une division était classé au pire 4ème de la conférence (c’était le cas de Milwaukee), tandis que le second de division gagnait automatiquement son strapontin (c’était le cas de Detroit). Une occurrence en 69 ans, cela signifie que le MVP de la saison régulière ne rate les playoffs que 1,45 % du temps.

Si l’on s’en tient à la définition que nous lui donnons aujourd’hui, le MVP s’est ramassé d’entrée de jeu en playoffs à 5 reprises. On se souvient, par exemple, que Dirk Nowitzki a récupéré son trophée de meilleur joueur de la saison 2006-07 en tongs (littéralement), après l’élimination des Mavericks au premier tour face aux Warriors version We Believe, 8ème de la conférence ouest. C’est d’ailleurs, pour l’anecdote, la seule et unique fois de l’histoire qu’un MVP, doté de surcroît du meilleur bilan de la Ligue en saison régulière (pas seulement de sa conférence, Dallas avait remporté 67 matchs), prend la porte dès le premier tour. Et ce alors même que le MVP a également eu le meilleur bilan collectif de toute la NBA à 42 reprises, soit 60,8 % du temps.

L’ailier-fort de Dallas n’est toutefois pas le seul MVP à n’avoir remporté aucune série de playoffs la même année. Cela a été le cas, en 2022, pour les Nuggets de Nikola Jokic, défaits 4-1 ensuite par les Warriors. Toutefois, l’élimination pouvait se sentir, puisque Denver n’avait alors que le 9ème bilan de la Ligue. Voilà pour les trois occurrences de défaite au premier tour au 21ème siècle. Il y en a eu… moins au 20ème ! Il s’agit de l’œuvre d’un seul et même homme, trop souvent oublié : Moses Malone. Dans le format « premier tour, demi-finale, finale de conférence, finale NBA », le MVP s’est donc pris les pieds dans le tapis dès le premier tour à 5 reprises, soit 7,25 % du temps.

On trouve ce résultat dans quasiment toutes les décennies, hormis 1960 et 1990 (si l’on excepte 1950, qui est bien écourtée). Sachez que dans d’autres formats de playoffs, plus anciens, il est arrivé à 4 autres reprises que le meilleur joueur de la régulière soit éliminé à la première série, qu’il s’agisse de ce qui était alors appelé la demi-finale de conférence (Bob McAdoo en 1975, Wes Unseld en 1969, Wilt Chamberlain en 1966) ou la finale de conférence (Bob Pettit en 1959).

Les grandes légendes du jeu (qu’au moins deux des trois joueurs précités sont déjà !) ont connu un sort similaire, qu’il s’agisse de LeBron James en 2010 (meilleur bilan), Tim Duncan en 2002 ou Karl Malone en 1999 (meilleur bilan). L’on constate que la meilleure équipe de la régulière, qui possède en son sein le joueur le plus valuable, n’est de loin pas assurée de rallier les finales NBA.

Au final, ce sont 14 MVP qui ont échoué en demi-finale de conférence, soit 20,29 % d’entre eux. Nous entrons dans les choses sérieuses. La finale de conférence constitue le palier absolu de certaines légendes, comme Steve Nash par exemple, qui s’y est arrêté à deux reprises en tant que MVP de saison régulière en 2005 et 2006. James Harden - en tant que franchise player - ne dit pas mieux, lui qui était à deux doigts de vaincre les Warriors en 2018 en finale de conférence.

Spoiler, parmi tous les résultats collectifs que nous avons cités depuis le début de cet article, le stade des finales de conférence est celui qui est, pour l’heure, le plus représenté : 17 fois, soit 24,64 % du temps. Encore une fois, cette élimination en finale de conférence est d’une récurrence métronomique, puisqu’on la retrouve chaque décennie, hormis celle en cours. On la rencontre tout particulièrement en 21ème siècle : 9 fois sur 17. En somme, depuis 2001, le MVP arrête sa campagne printanière en finale de conférence 37,5 % du temps, contre seulement 17,7 % du temps au siècle dernier.

Stephen Curry lors des finales NBA.

Parmi les campagnes marquantes qui se sont achevées à ce stade, citons également celle de David Robinson, qui a pris la musique par Hakeem Olajuwon en 1995. On y trouve aussi quelques MVP « oubliés », tels que Julius Erving (1980), Dave Cowens (1973) ou Oscar Robertson (1964). Vous l’avez compris, cela signifie que près de la moitié des saisons, le MVP de saison régulière a rallié la finale NBA.

À l’inverse de la catégorie précédente, aucune disparité notable ne peut être effectuée en fonction des siècles. Au 21ème, trois MVP se sont inclinés en finale NBA (soit 12,5 %) : Allen Iverson en 2001, face aux imbattables Lakers de Shaq et Kobe, ce même Kobe Bryant en 2008, face au rival de Boston et, bien sûr, Stephen Curry en 2016, à l’issue de l’incroyable remontada des Cavaliers. Au 20ème, le résultat est quasi-identique : 13,33% des saisons de MVP se terminent par une défaite cruelle en finale NBA, soit 6 occurrences.

Karl Malone (1997) et Charles Barkley (1993) se sont heurtés aux Bulls de Michael Jordan. Si l’on remonte encore un peu dans le temps, Abdul-Jabbar s’est incliné pour sa seconde finale NBA avec les Bucks en 1974 face aux Celtics de Cowens et Havlicek, tandis que Bill Russell a perdu la finale NBA 1958 contre St. Louis. Au final, cette défaite en finale NBA se retrouve 13,04 % du temps. Le mythe s’écroule.

La plus forte probabilité est la suivante : le MVP de saison régulière remporte, dans la foulée, le titre NBA. Déjà, il est à noter que lorsque le MVP se hisse jusqu’en finale NBA, il l’emporte 71,88 % du temps. Clutch. Ensuite, à nouveau, on retrouve des Most Valuable Player bagués la même saison à toutes les époques : Bob Cousy et les Celtics en 1956, Bill Russell (3x) et Wilt Chamberlain entre 1961 et 1963, puis en 1967, Willis Reed et Kareem Abdul-Jabbar pour ouvrir les seventies, le même KAJ (1980), bien accompagné par Moses Malone (1983), Larry Bird (1984, 1986) et Magic Johnson (1987) dans les années 1980, Michael Jordan (1991, 1992, 1996, 1998) et Hakeem Olajuwon (1995) lors de la décennie suivante, Shaquille O’Neal (2000) et Tim Duncan (2003) pour ouvrir le siècle et, enfin, LeBron James (2012, 2013) et Stephen Curry (2015) il y a une grosse dizaine d’années.

Cette victoire collective du MVP reste donc rare de nos jours. On la retrouve bien plus fréquemment au cours des 50 premières années de la Ligue (42,22 % du temps) que depuis le changement de millénaire (16,67 %). Il faut dire que certaines locomotives, telles que Bill Russell, Michael Jordan ou Kareem Abdul-Jabbar, ont fait grossir les chiffres.

Remarquons également que, le plus souvent, les joueurs à n’avoir été qu’une seule fois MVP dans leur carrière n’ont pas, la même saison, remporté le titre NBA. C’est le cas d’Oscar Robertson, Wes Unseld, Dave Cowens, Bob McAdoo, Bill Walton, Julius Erving, Charles Barkley, David Robinson, Allen Iverson, Kevin Garnett, Dirk Nowitzki, Derrick Rose, Kevin Durant, Russell Westbrook, James Harden et Joël Embiid.

Il y a là une forme de logique, puisque plus on est MVP, plus on multiplie la possibilité d’être, la même saison, champion NBA. Au final, seuls Bob Cousy (1957, avec les Celtics), Willis Reed (1970, avec les Knicks), Hakeem Olajuwon (1995, avec les Rockets) et Shaquille O’Neal ont réussi ce tour de force.

Neil Johnston, MVP officieux de la saison 1953-54, n’a pas connu de qualification en playoffs. Paul Arizin, en 1952, s’est arrêté, avec les Warriors de Philadelphia, en demi-finale de conférence (celle de l’époque, 0 série de playoffs remportée). George Mikan (1951) et Bob Cousy (1953, 1955) ont été éliminés, avec les Minneapolis Lakers et les Boston Celtics, en finale de conférence.

Cela nous permet de donner une réponse tranchée à la question posée par notre titre : voir le Most Valuable Player de saison régulière soulever le Larry O’Brien trophy n’a rien d’un mythe, c’est même l’hypothèse la plus récurrente, d’assez loin. Le propos peut néanmoins être nuancé si l’on analyse la question à travers le prisme du 21ème siècle, puisque dans ce cas, le chiffre chute drastiquement : le MVP remporte le titre NBA que 16,67 % des saisons, soit 1 sur 6.

Historiquement, le MVP remporte fréquemment le titre NBA la même année mais, récemment, l’hypothèse est rare, voire inexistante. Pour une équipe NBA, il y a 6 résultats collectifs envisageables à l’issue d’une saison régulière. Partant, il pourrait être étonnant que le résultat le plus récurrent, pour le MVP des 82 premiers matchs, soit de filer tout droit vers le titre.

Sur les 78 saisons de l’histoire (en tenant compte des 9 MVP officieux), le MVP de l’exercice régulier a possédé l’un des trois meilleurs bilans de la Ligue à 64 reprises, soit 82,05 % du temps. D’ailleurs, il est à noter que parmi les MVP qui ont gagné le titre la même saison, seul LeBron James 2012 n’avait pas l’un des deux meilleurs bilans de NBA (4ème). En somme, lorsqu’un tel scénario se réalise, il peut le plus souvent être anticipé.

Par exemple, malgré l’inexpérience globale de l’équipe, personne ne serait véritablement surpris si Shai Gilgeous-Alexander - probable MVP 2025 - venait à remporter le titre NBA en juin prochain. Au-delà, l’on s’aperçoit que les « MVP / champion la même année » appartiennent le plus souvent à une équipe bien spécifique : une dynastie.

Rares sont finalement ceux qui y sont parvenus dans un effectif qui n’a remporté qu’un seul titre au cours d’une période donnée. En réalité, parmi les 25 occurrences (en comptabilisant 1949 et 1950 de manière officieuse), on pourrait décompter 6 MVP qui ont également été champion NBA dans une équipe non dynastique : Wilt Chamberlain en 1967, Willis Reed en 1970, Kareem Abdul-Jabbar en 1971, Moses Malone en 1983, Hakeem Olajuwon en 1994 et Tim Duncan en 2003.

Parfois, le titre collectif remporté par le MVP de saison régulière est d’ailleurs celui qui lance la dynastie en question. En somme, si la probabilité la plus forte, pour le MVP de saison régulière, est de remporter le titre NBA, il y a deux raisons majeures : le bilan collectif l’année considérée, qui l’a aidé à être MVP et qui démontre qu’il évolue dans une équipe très compétitive et, en sus, le fait qu’il soit très fréquemment la tête de gondole d’une équipe historique.

Il est euphémistique de dire que les critères retenus par les votants...

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