Musique et Hockey sur Glace : Une Histoire de Soirées Mémorables

Le hockey sur glace, sport d'origine canadienne, a conquis ses lettres de noblesse dans les villes de plaine. Après avoir été l'apanage des élites parisiennes au tournant des années 1900, cette pratique s'est diffusée au cours des décennies suivantes dans les villes alpines (Chamonix, Villars-de-Lans, Megève, Briançon, Gap), notamment parce que celles-ci disposent de patinoires extérieures.

Une bascule se produit néanmoins dans les années 1980 avec l'émergence de clubs de haut niveau dans les villes de "plaine". Le Hockey-Club d'Amiens (les Écureuils), fondé en 1967, rejoint ainsi l'élite française dès 1982. Cette situation résulte à la fois d'un engouement en France pour le hockey sur glace (lié notamment à sa médiatisation lors des Jeux Olympiques d'hiver) et de la construction de patinoires couvertes dans les grandes agglomérations.

L'essor du hockey sur glace dans les villes de "plaine"

Les villes de "plaine" occupent rapidement le devant de la scène : elles constituent la majorité des clubs de l'élite et remportent à partir de 1989 l'ensemble des titres nationaux mis en jeu. Les Écureuils d'Amiens font alors partie des équipes les plus en vue avec les Français Volants de Paris, les Brûleurs de Loups de Grenoble et les Dragons de Rouen. Ces clubs développent, a contrario de ceux de l'arc alpin, une véritable politique de professionnalisation (rémunération contractualisée des joueurs, rationalisation de la gestion sportive) afin de répondre aux contraintes du sport de haut-niveau et de sa spectacularisation.

La liquidation de l'Amiens Sporting Club lors de la saison 1990-1991, dont les Écureuils sont une section, n'entame pas la marche en avant du hockey sur glace amiénois. Les Gothiques du Hockey-Club Amiens Somme nouvellement créé vont se hisser à plusieurs reprises sur le podium des championnats de France, résultat d'une politique alliant recrutement des meilleurs hockeyeurs nationaux et internationaux et formation de jeunes joueurs (à l'instar de l'Amiénois Antoine Richer, capitaine de l'équipe de France dans les années 1990 et entraîneur des Gothiques lors du sacre de 2004).

En avril 2004, les Gothiques d'Amiens remportent face aux Brûleurs de Loups de Grenoble la finale du Super 16 de hockey sur glace et conquièrent, par là même occasion, le titre de champion de France. Ils peuvent ainsi brandir pour la seconde fois, après le sacre de 1999, la Coupe Magnus, trophée qui doit son nom à Louis Magnus, président fondateur de la Fédération Française des Sports d'Hiver et de la Ligue Internationale de Hockey sur Glace en 1908. Joueurs et spectateurs amiénois laissent éclater leur joie à l'issue de la rencontre.

Mais cette euphorie dépasse très rapidement le seul cadre de la patinoire puisque le public picard s'associe largement à la fête. La ville d'Amiens se met ainsi aux couleurs des Gothiques pour accueillir ses champions qui, après un défilé dans les rues de la ville, sont reçus à la mairie par Gilles de Robien. Cet engouement pour les performances des Gothiques montre que le hockey sur glace, sport longtemps lié à l'espace montagnard en France, a conquis ses lettres de noblesse dans les villes de "plaine", dont la cité de Jules Verne.

Le Palais d'hiver : Un lieu de festivités et de musique

Inaugurée en 1908, la Piscine Lyonnaise de Monsieur Delange s'équipe d'une patinoire amovible en 1914. En 1920 les frères Lamour acquièrent l’ancienne piscine fermée par manque de rentabilité et la transforment en salle de bal. Ce nouveau lieu festif prend le nom de « Palais d’hiver ».

Sociétés culturelles, corporations, syndicats, œuvres de charité et associations diverses profitent de l’immense salle du Palais d’hiver et des services offerts par l’équipe de salariés pour l’organisation de leur soirée : orchestre à demeure, suivi des contrats avec les artistes, comptabilité, bar, hôtesses et service de sécurité. Dans les années soixante, le personnel compte plus de 80 employés. Le Palais d’hiver ne fait pas nécessairement payer de location de salle mais touche un pourcentage des entrées et le prix des consommations. Le paiement des vedettes est à la charge de la société organisatrice.

De l’automne au printemps les bals se succèdent à un rythme effréné, répondant à la « dansomanie » qui parcourt la société française dans l’entre-deux guerres : Bal de la muse organisé par l’union des sociétés musicales de Lyon, Bal des officiers de réserve, Bal de la chorale Lugdunum, Bals des artistes, de l’école vétérinaire, de la presse, de la publicité, des étudiants, de l’épicerie lyonnaise, de la police, des humoristes, fête syndicale des boulangers de Lyon… Si certains bals corporatistes sont réservés à leurs membres, la plupart sont ouverts à tout public avec paiement de l’entrée.

Pas de bal réussi sans un orchestre capable de jouer les dernières musiques à la mode. L’orchestre du « Maestro Roch » fait partie des piliers du Palais d’hiver dans les années trente, à côté de formations invitées comme l’orchestre Nax-Fervy’s qui propose des danses « non encore éditées ». A côté des danses pratiquées jusque-là en Europe (valse, polka, mazurka, boston), les années folles voient l’arrivée dans l’hexagone de danses nouvelles en provenance des Amériques : fox-trot, shimmy, charleston des Etats-Unis, tango et samba d’Argentine et du Brésil, biguine des Caraïbes décomplexent les corps sur les pistes des dancings et électrisent les bals. La musique jazz fait progressivement son entrée dans le répertoire des orchestres.

L’un des éléments qui caractérisent ces soirées festives sont les attractions programmées par le Palais d’hiver avant ou entre les moments de danse. Chanteurs, acrobates, danseurs, illusionnistes et autres artistes de music-hall proposent leurs numéros aux invités attablés dans la grande salle, dont les tables emplissent la majorité de l’espace en début de soirée.

Les bals interdits et l'occupation

Les bals sont interdits par le gouvernement français dès le début de la guerre. Le Palais d’hiver continue d’accueillir quelques évènements sportifs comme des galas de boxe organisés par le Boxing Club Villeurbannais ou le Championnat de France de Rink-Hockey (hockey sur patin) jusqu’en 1942.

Après l’invasion de la zone sud en novembre 1942, l’établissement est alors réquisitionné par l’armée d’occupation qui l’utilise comme lieu de festivités pour soldats. En décembre 1942, l’Office de placement allemand y organise une matinée récréative pour les enfants dont le père est parti travailler en Allemagne. Les assemblées constitutives de la Milice française pour le département du Rhône s’y déroulent en février et mars 1943, tandis qu’en juillet le consul d’Espagne y reçoit ses compatriotes pour la fête nationale espagnole.

Dans les années 50 la salle se modernise sous l’impulsion de Roger Lamour, qui succède à son père à la direction du Palais d’Hiver. La communication de l’établissement, jusqu’alors centrée sur les animations de music-hall, met l’accent sur les vedettes de la variété française et internationale qui deviennent l’attraction principale de ces soirées dansantes.

Évènements marquants des années cinquante, les marathons de danse programmés par le Palais d’Hiver laissent les participants éreintés après des centaines d’heures passées sur la piste. Une pratique qui sera finalement abandonnée car trop dangereuse pour la santé des danseurs. En 1957, la salle accueille l’émission 36 Chandelles de Jean Nohain. Diffusée en direct, l’émission commence avec plus d’une heure de retard en présence d’un public déchaîné.

Reconstruite et agrandie en 1963, elle se veut plus grande salle de music-hall d’Europe, passage obligé pour de nombreux groupes et chanteurs : Jacques Brel, Barbara, Georges Brassens, Johnny Hallyday, les Beatles, les Rolling Stones, Antoine… Mais les conditions pratiquées par les tourneurs et la concurrence des autres salles de l’agglomération rendent la gestion de l’établissement difficile.

En 1971, un changement d’application de la TVA désavantage les associations organisatrices de bals et de galas, qui en étaient jusqu’alors exonérées. Après le décès de Pierre-Yves Lamour en 1981, le Palais d’hiver continue d’accueillir des concerts jusqu’en 1985.

La musique rock et les soirées endiablées

La musique rock a toujours été un élément essentiel des soirées festives. Des groupes comme Franz Ferdinand ont marqué les années 2000 avec des titres comme "Take Me Out", qui restent des incontournables des soirées et des concerts. Ce titre s’impose comme l’une des chansons rock pour faire la fête les plus efficaces du XXIe siècle. Il mélange riffs saccadés, ambiance dansante et refrain fédérateur.

LE PLUS S*XE, DR*GUES, et ROCK'N'ROLL DES GROUPES DE ROCK !

De nombreux autres artistes et groupes ont contribué à l'ambiance des soirées rock, chacun avec leur style unique :

  • AC/DC : "Thunderstruck", un hymne du hard rock brut.
  • RUN DMC et AEROSMITH : Une fusion hip-hop et hard rock dans une collaboration inattendue.
  • ARCTIC MONKEYS : "Do I Wanna Know?", un titre rock indépendant sensuel.
  • BILLY IDOL : "Rebel Yell", un classique du rock new wave aux accents punk.
  • BLUR : "Song 2", une parodie grunge devenue un hymne sportif mondial.
  • COLDPLAY : "Viva la Vida", une ballade rock héroïque parfaite pour clôturer une soirée.
  • DIONYSOS : "Song for Jedi", un rock alternatif déjanté.
  • DIRE STRAITS : "Sultans of Swing", un morceau chill mais festif.
  • EMPIRE OF THE SUN : Un rock électro-pop australien planant.
  • ELVIS PRESLEY : "Jailhouse Rock", un monument du rock’n’roll festif.
  • EUROPE : "The Final Countdown", un hymne glam metal planétaire.
  • FATBOY SLIM : Un cocktail explosif de samples funk, rock et big beat.
  • FOO FIGHTERS : "The Pretender", une montée progressive explosive.
  • GEORGE THOROGOOD : "Bad To The Bone", blues-rock dégoulinant d’attitude.
  • GUNS N' ROSES : "Sweet Child O' Mine", l’une des chansons rock les plus chantées au monde.
  • INDOCHINE : "L’Aventurier", mélange de new wave française et d’énergie punk.
  • JET : "Are You Gonna Be My Girl", un titre australien inspiré d’Iggy Pop.
  • JOAN JETT : "I Love Rock 'n' Roll", un hymne à l’esprit rebel.
  • JUSTICE : "D.A.N.C.E.", une perle à intégrer dans une playlist rock alternative.
  • KASABIAN : "Club Foot", un déluge d’indie rock britannique.
  • KISS : "I Was Made for Lovin' You", un morceau rock-disco.
  • LA FEMME : "Sur la planche", surf-rock électronique à la française.
  • LCD SOUNDSYSTEM : "On Repeat", un morceau hypnotique pour les fins de soirée.
  • LENNY KRAVITZ : "Are You Gonna Go My Way", une bombe funk-rock.
  • LES WAMPAS : Un règlement de comptes punk face à la world music aseptisée.
  • LINKIN PARK : "Numb", hymne nu metal mélodique.
  • METALLICA : "Enter Sandman", un morceau heavy metal conçu pour provoquer des secousses.
  • MICHAEL JACKSON : "Beat It", un tube planétaire avec un solo de guitare d'Eddie Van Halen.
  • MUSE : Un rock électro-orwellien à la fois politique et dansant.
  • NICKELBACK : Un des plus gros succès post-grunge des années 2000.
  • NIRVANA : "Smells Like Teen Spirit", un cri générationnel et un hymne de révolte.
  • NOIR DÉSIR : "Tostaky", un concentré de rage et de poésie noire.
  • OASIS : "Wonderwall", l’hymne britpop de toute une génération.
  • ONEREPUBLIC : "Counting Stars", fusion d'efficacité mainstream et de tension rythmique.

Le Hockey sur Glace à Düsseldorf : Une Histoire de Passion et de Mécénat

Le hockey sur glace à Düsseldorf a une histoire riche, marquée par la passion, le mécénat et des figures emblématiques.

Les débuts du hockey sur glace à Düsseldorf

Dans les hivers de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, les étangs gelaient à Düsseldorf. Il y avait alors, comme dans beaucoup de villes en Europe, une société de patinage qui répandait de l'eau sur une dalle de ciment pour créer une surface plane de glace naturelle. Elle faisait payer l'entrée et distrayait les patineurs et patineuses en servant des boissons chaudes et en diffusant de la musique sur un gramophone.

Ernst Poensgen : Le mécène du hockey sur glace

Ernst Poensgen fut en effet un grand mécène de Düsseldorf. C'est lui que le dirigeant du hockey allemand Hermann Kleeberg trouva comme relais pour mettre en place la troisième patinoire artificielle d'Allemagne, après Berlin et Munich. Poensgen fonda une société en fédérant ses amis du sport local (dirigeants de clubs de tennis) et un international allemand de hockey sur glace, Horst Orbanowski, qui a grandi à Düsseldorf et a appris ce sport pendant ses études aux États-Unis.

La fondation de la DEG

La DEG est fondée le 8 novembre 1935. Sa dénomination de Gemeinschaft, originale par rapport aux clubs existants (qui s'appellent Verein ou Club), n'est pas choisie par hasard et doit marquer une différence de conception : ce n'est pas un club, mais une "communauté" qui doit chapeauter les activités de sports de glace de tous les clubs pour éviter que naissent des rivalités pour les heures de pratique.

Bobby Bell : Un entraîneur visionnaire

Après un Tchécoslovaque oublié par tout le monde hormis les patrons de bars locaux, Bobby Bell devient le premier entraîneur marquant de la DEG. Ce Québécois natif de Lachine, qui avait entraîné l'équipe de Suisse et le HC Davos de la fameuse Ni-Sturm, ne s'occupe pas seulement de l'équipe senior, il est très intéressé par la formation des jeunes. Il essaie même de convaincre le maximum de jeunes de se mettre au hockey sur glace, et leur fournit des gants d'occasion.

La DEG pendant la guerre

La guerre n'arrête pas le hockey sur glace, mais en complique la pratique. On ne peut plus importer d'équipement canadien et on improvise des protections en carton, en feutre et en toile de jute. À partir de janvier 1941, les séances en soirée sont interdites car l'éclairage de nuit est proscrit pour ne pas aider les attaques aériennes des Alliés. En 1943, deux petites bombes tombent sur la tribune nord, mais la patinoire rouvre après avoir nettoyé les débris.

La reconstruction et la relance du hockey

En 1946, Horst Orbanowski devient président de la nouvelle fédération des sports de glace du Land de Rhénanie du Nord - Westphalie, avec Ritterberger en responsable du patinage et Willi Müstermann (dirigeant de Krefeld qui accueille aussi l'équipe de Düsseldorf en exil) comme responsable du hockey. La DEG participe donc à la relance du hockey dans une Allemagne divisée entre zones d'occupation.

Les activités de loisir ne sont pas la priorité. Les bureaux de la patinoire sont pour leur part transformés en magasins de fruits et légumes. Les sportifs n'ont pas ménagé leurs efforts pour évacuer les gravats et les dirigeants se sont procurés des canalisations de refroidissement, mais ils n'ont pas l'autorisation administrative de remettre la patinoire en état.

Ce n'est qu'en décembre 1949 que la patinoire de Düsseldorf est enfin inaugurée. Quand l'équipe se reforme enfin en 1950, Horst Orbanowski part aux États-Unis avec son frère. La descente est suivie d'une crise au sein du club.

Le retour au sommet

Dans le même temps, la remontée dans l'élite a été très rapide. On vise le niveau au-dessus avec Frank Trottier, qui est rien moins que l'entraîneur du club champion d'Allemagne (Füssen) et de l'équipe nationale. Après avoir greffé en vain tant de spécialistes étrangers, Düsseldorf trouvera finalement son bonheur avec des entraîneurs allemands. Engelbert Holderied arrive lui aussi de Füssen. Quand il débarque dans le vestiaire rempli de fumée de cigarette, il se dit qu'il est temps d'introduire un peu de discipline.

La consécration arrive en 1965 : la DEG remonte à la faveur de l'élargissement de la Bundesliga à 10 équipes. Les 10 500 billets sont vendus plusieurs jours avant le premier match face au SC Riessersee. La DEG gagne 5-3 avec deux doublés de deux joueurs formés au club, le capitaine Peter Gregory et le rapide ailier gauche Wolfgang Wylach, qui avait été convoqué en équipe d'Allemagne B avant même la montée en élite.

Le premier titre de champion d'Allemagne

Quatrième en 1966, la DEG est prudent à l'orée de sa deuxième saison. Les Bavarois ont obtenu une compétition en deux phases avec des poules géographiques. Jaloux et inquiets des recettes aux guichets de Düsseldorf, ils pensent que cela leur évitera de remplir ses caisses par leurs visites. Mais cette formule est en fait un avantage pour la DEG, qui a un retard de préparation parce que sa patinoire découverte doit attendre pour ouvrir que les températures descendent dans la région rhénane plus tempérée.

On peut lire dans la presse locale une annonce qui dit "Offre tapis persan de valeur contre deux billets pour le match de la DEG contre Füssen", ou une autre qui propose en échange des précieux sésames un "caniche, âgé de deux ans" ! Sous la conduite du nouvel entraîneur Hans Rampf, Düsseldorf s'impose immédiatement comme une nouvelle place forte de la Bundesliga. Les "gens de la plaine" (Flachländer), comme ils sont appelés par les Bavarois de manière un peu méprisante, ne tardent pas à leur damer le pion.

Palmarès de la DEG

Année Titre
1967 Champion d'Allemagne
1972 Champion d'Allemagne
1975 Champion d'Allemagne
1990 Champion d'Allemagne
1991 Champion d'Allemagne
1992 Champion d'Allemagne
1993 Champion d'Allemagne
1996 Champion d'Allemagne

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