La musique et le sport ont toujours entretenu une relation particulière, et l'orgue occupe une place unique dans l'animation des matchs de basket-ball, particulièrement en NBA. Cette tradition, ancrée dans l'histoire du sport américain, crée une ambiance festive et entraînante pour les spectateurs.

L'Orgue : Un Instrument Inattendu sur les Terrains de Sport
L'histoire de l'orgue dans les stades commence avec le baseball, un sport très populaire aux États-Unis. Les Chicago Cubs furent la première équipe à employer un organiste pour animer leurs matchs à domicile. Rapidement, cette pratique s'est répandue, trouvant son rythme et devenant une tradition pour laquelle peu d'Américains renonceraient.
Aux États-Unis, la présence de l'orgue est devenue si naturelle que presque chaque équipe de baseball et de hockey a son propre organiste. L'orgue électrique, avec son amplification incorporée, offre une puissance sonore essentielle pour se faire entendre face aux clameurs de la foule. De plus, la diversité des sonorités produites, enrichie aujourd'hui par des synthétiseurs, permet de créer une ambiance musicale variée et dynamique.
L'organiste, placé en hauteur pour avoir une vue panoramique du stade, interagit avec les événements du match. Son rôle est fédérateur, il doit s'imposer habilement en faisant jeu avec la rencontre qui se déroule en contrebas des gradins. Certains organistes deviennent de véritables "supporters et animateurs attitrés" de grandes équipes pendant des années.
L'Art de l'Improvisation et de l'Adaptation
Un organiste de stade doit être prompt à réagir en fonction du déroulement du match, improvisant et adaptant sa musique aux temps forts et aux temps morts. L'interaction avec le jeu est totale, et cette discipline exigeante demande des musiciens capables de faire preuve d'initiative et de créativité.
Bien que certaines mélodies soient communes à toutes les rencontres, comme la "Fanfare de charge d'orgue", popularisée par Tommy Walker en 1946, la plupart des organistes composent des musiques originales pour rythmer les faits de jeu.
« Je suis là pour mettre en avant des choses. Pendant les messes, c'est pour soutenir la prière des gens. Sur un match, c'est pour faire le lien entre le terrain et les supporters. »
La seconde, c'est l'improvisation : « Parfois le prêtre n'est pas prêt alors on doit meubler pendant 15-20 secondes. Pendant un match c'est pareil. On doit s'adapter. Si l'action dure longtemps, je peux allonger mon jingle. Ce qui n'est pas possible avec une musique enregistrée. »
Benjamin Clément : Un Talent Multiple au Service du Sport et de la Musique
En France, Benjamin Clément incarne cette passion pour la musique et le sport. À seulement 33 ans, il jongle entre ses activités de manager, d'organiste à l'église Saint-Jean-Baptiste de Grenelle et de speaker au bord des terrains.
Accompagné de son orgue électronique, il anime les matchs en jouant des jingles et des musiques pour mettre l'ambiance dans les tribunes. Cette caractéristique unique a fait de lui une figure des univers basket et hand depuis une décennie. Il a participé à de grands événements comme le Championnat d'Europe de basket féminin en 2013 et masculin en 2015, et a même fait partie de l'équipe d'animation du seul match officiel NBA jamais joué en France, le Milwaukee-Charlotte du 24 janvier 2020 à l'Accor Arena de Bercy.
Benjamin Clément trouve des similitudes entre ses deux passions : « La première c'est qu'on ne voit pas le protagoniste, on l'entend surtout. » Il considère que son rôle est de mettre en avant les joueurs sur le terrain et de faire le lien entre eux et les supporters.
Parfois cela donne des week-ends atypiques : « Le samedi je suis à Bercy avec l'équipe de France de basket, et le lendemain, à l'église pour jouer », raconte ce fils d'un statisticien de l'ASVEL.
Pourtant, Benjamin Clément trouve de réelles similitudes entre les deux activités.
Au bord des terrains, l'organiste s'accompagne d'un instrument électronique pour lancer jingles et musiques d'ambiance.
NBA à Paris : Un Événement Incontournable
La France accueille régulièrement des affiches de saison régulière de NBA. En 2025, deux rencontres se sont disputées à l'Accor Arena de Bercy, mettant en vedette les Spurs de Victor Wembanyama et les Indiana Pacers. Ces matchs ont été le point d'orgue d'une semaine de festivités dans la capitale, témoignant de l'engouement croissant pour le basket-ball en France.
Pour occuper Bercy entre les deux matches, une rencontre d’exhibition est prévue vendredi 24 janvier à 20 h : le NBA Paris Jam. « Une célébration unique, associant basketball, musique et divertissement à travers une série de matchs mettant en vedette les légendes de la NBA Jalen Rose et Joakim Noah, des célébrités, des athlètes et des influenceurs qui seront coachés par le pilote automobile français Esteban Ocon et l’icône française du judo Teddy Riner », vante l’organisation.
Aux yeux de la NBA, les rencontres délocalisées ne sont qu’un point d’entrée pour faire des opérations commerciales et de communication sur le territoire concerné. Outre les négociations en haut lieu (notamment sur les velléités de rapprochement avec l’Euroligue), la Grande ligue compte se servir de sa semaine parisienne comme d’une vitrine. En témoigne sa NBA House, implantée pour la deuxième année au Carreau du Temple de mercredi 22 à samedi 25 janvier.
Tableau Récapitulatif des Matchs NBA à Paris
| Année | Match | Lieu |
|---|---|---|
| 2020 | Charlotte Hornets - Milwaukee Bucks | Accor Arena (Bercy) |
| 2023 | Chicago Bulls - Detroit Pistons | Accor Arena (Bercy) |
| 2024 | Cleveland Cavaliers - Brooklyn Nets | Accor Arena (Bercy) |
| 2025 | San Antonio Spurs - Indiana Pacers (x2) | Accor Arena (Bercy) |
San Antonio et le Frost Bank Center: Un Temple du Basket
Dans l'univers NBA, le Frost Bank Center est un lieu à part, un temple texan où se sont écrites deux décennies de basket clinique. C'est ici que Tim Duncan, Tony Parker, Manu Ginobili et Gregg Popovich ont construit un empire, offrant à la ville des soirées de légende.
La salle accueille bien plus que le ballon orange : concerts, rodéos, spectacles, tout y passe. Mais quand les lumières se tamisent et que l’aigle des Spurs se met à vibrer sur les écrans géants, c’est tout San Antonio qui se transforme.
Avant le Frost Bank Center, il y avait l’Alamodome. C’est ici que les Spurs ont évolué pendant près d’une décennie, de 1993 à 2002, et c’est là qu’a été célébré le premier titre NBA de la franchise en 1999.
À San Antonio, le basket et le rodéo cohabitent depuis toujours. Chaque année en février, le San Antonio Stock Show & Rodeo prend feu pendant plusieurs semaines au Frost Bank Center… ce qui oblige les Spurs à partir en road-trip, d’où le terme du fameux « Rodeo Road-Trip ».
À San Antonio, le sport professionnel, c’est simple : il y a les Spurs… et puis c’est tout. Pas de franchise NFL. Pas de franchise MLB. Pas de franchise NHL. Et pas de franchise MLS non plus. La ville vit littéralement au rythme du basket et a développé une relation quasi fusionnelle avec son équipe NBA, une rareté dans les grandes villes américaines.