Mort Subite chez les Footballeurs : Causes, Prévention et Mesures d'Urgence

Chaque année en France, on estime entre 40 000 et 50 000 cas de mort subite cardiaque. Il s'agit "d'une mort naturelle avec perte brutale de conscience dans l'heure qui suit le début des symptômes, chez un sujet ayant ou non une maladie cardiaque connue", explique la Fondation Cœur & Recherche. Les chances de survie sont actuellement extrêmement faibles : le taux de survie sans séquelles neurologiques majeures est inférieur à 3 % en France.

L'expression mort subite désigne toute mort qui ne pouvait pas être prévue la journée précédente. La mort subite cardiaque est une mort naturelle causée par un arrêt du cœur. Dans plus de 80 % des cas, "le mécanisme de la mort subite est un trouble du rythme ventriculaire (fibrillation ventriculaire ou tachycardie ventriculaire)", précise la Fondation Cœur & Recherche. La fibrillation ventriculaire est "un emballement soudain, extrême et anarchique du rythme cardiaque". Concrètement, le vaisseau qui transporte le sang oxygéné des poumons vers le cœur se bloque : le cœur ne peut donc ni pomper du sang, ni alimenter le cerveau et les poumons, et les battements du cœur peuvent devenir irréguliers et parfois, cesser.

Dans 9 cas sur 10, la cause de la mort subite est d'origine cardio-vasculaire. Les sportifs de haut niveau semblent plus susceptibles d'être frappés par une mort subite. En effet, on estime qu'un quart des morts subites ont lieu pendant ou juste après un effort intense. Par an, 2 sportifs professionnels sur 10 000 décèdent d'une mort subite par arrêt cardiaque brutal (d'après les derniers résultats du Comité international Olympique de 2004). Selon cette même étude, les trois sports qui entraîneraient le plus de cas de mort subite sont la course à pied, le football et le cyclisme.

En mars 2018, trois jeunes footballeurs français sont décédés d'un arrêt cardiaque sur le terrain, bien que leurs dossiers médicaux ne suscitaient pas d'inquiétudes. Chez les athlètes de plus de 35 ans, il s'agit presque dans tous les cas d'une malformation cardiaque : soit d'une cardiomyopathie hypertrophique (un cœur trop épais), soit une dysplasie ventriculaire droite arythmogène (maladie du myocarde). Chez les sportifs plus jeunes, il s'agit dans 80 % des cas, d'une malformation d'une des trois artères coronaires.

Cette dernière peut toucher les sujets sains sans problèmes de santé, ni antécédents familiaux ou ceux présentant une maladie cardiaque connue, tous sexe et âge confondus. Il est impossible de prévoir le moment ni le mode de survenue d'une mort subite cardiaque.

[CONFÉRENCE] MORT SUBITE et SPORT

Prévention et Sensibilisation

Limiter le taux de décès par mort subite est possible. "Actuellement, le taux de survie à une mort subite est de 3 %, sans séquelles neurologiques", rappelle le cardiologue, et "ce taux pourrait décupler si plus de gens étaient formés aux gestes de premier secours". Toutefois, si vous êtes témoins d'un arrêt cardiaque, ayez le réflexe d'appeler le 15 (Samu). Et si vous êtes formés aux gestes de premier secours, il est nécessaire de pratiquer un massage cardiaque au plus vite.

Mises à part les campagnes de sensibilisation "aux gestes qui sauvent", l'installation de défibrillateurs automatiques dans certains lieux publics et le fait d'inviter les personnes à effectuer régulièrement des examens de dépistage des maladies du cœur, "actuellement, on ne peut pas prévenir le risque de mort subite sans cause apparente (donc sans infarctus du myocarde ou sans cardiopathie sous-jacente), puisque très peu, voire aucun, symptômes ne précèdent une mort subite", assure le cardiologue.

"Grande première en France, l'étude menée par le Pr. Antoine Leenhardt et ses équipes pourrait déboucher sur une prévention de la mort subite inexpliquée, et particulièrement les risques de récidives", ajoute le vice-président de la FFC. En effet, "si cette prédisposition génétique est vérifiée, on pourrait rechercher ce gène dans les familles (parents, enfants, frères et sœurs...) de la personne décédée par mort subite sans cause apparente et ainsi faire de la prévention, envisager une prise en charge adaptée et assurer un suivi".

Évitez les boissons énergisantes juste avant le sport, ne consommez pas de substance dopante et évitez l'automédication.

La mort subite cardiaque chez l’adulte jeune et notamment chez les sportifs de haut niveau est une cause de décès plus fréquente qu’on ne le croit : en France, plus de 500 sportifs meurent chaque année d’un arrêt cardiaque au cours ou après un effort physique.

Les facteurs déclenchant peuvent être multiples, et sont souvent en rapport avec des conditions de pratique exceptionnelles : le stress, des conditions météorologiques extrêmes, la fatigue, des troubles diététiques, la déshydratation, l’asthme ou encore une maladie virale. Le dopage et/ou la consommation de stupéfiants est également un facteur déclenchant.

Souvent jeunes, plutôt de sexe masculin, les victimes semblent pourtant en bonne santé, et l’activité sportive agit donc comme le révélateur d’une maladie cardiaque jusque-là ignorée.

Causes de la mort subite du sportif

Les causes de mort subite sont dépendantes de l’âge. Avant l’âge de 35 ans, les causes sont le plus souvent des maladies cardiaques héréditaires (souvent non connues des familles et des victimes), mais elles peuvent également être dues à des malformations cardio-vasculaires ou des troubles du rythme cardiaque.

Après 35 ans, la mort subite est principalement due à une coronaropathie (altération du flux sanguin dans les artères du cœur). Le risque est aggravé par le tabagisme, l'excès de cholestérol, une surconsommation d'alcool, l'absence d'activité physique, le diabète, l'hypertension artérielle, l’asthme ou encore l'obésité.

Le dopage tout comme l’abus de stupéfiants est une cause de mort subite qui peut toucher toutes les catégories d’âge. Dans environ 5% des cas de mort subite, aucune cause n’est cependant retrouvée.

Les sportifs de haut niveau semblent paradoxalement plus susceptibles d'être frappés par une mort subite : on estime qu'un quart des morts subites ont lieu pendant ou juste après un effort intense, en particulier dans la pratique de la course à pied, du football, du basketball et du cyclisme.

Symptômes et Prévention

La mort subite cardiaque est un décès brutal, soudain, d’origine cardiaque est survenant alors qu’au moins 6 heures auparavant, la personne était considérée comme étant en bonne santé apparente. La perte de conscience due à l’arrêt des battements cardiaques est brutale, et le moment et le mode de survenue sont inattendus.

Aucun test ne peut complètement anticiper les cas de mort subite cardiaque. Cependant, l’avis du médecin associé à certains tests clés et la conduite raisonnée du sportif permettent de réduire le risque et le nombre de décès. Avant de pratiquer une activité sportive régulière, mais également durant la pratique, même s’il n’y a jamais eu de symptômes ou problèmes apparents auparavant, il est important de faire un bilan cardiologique avec son médecin traitant et/ou un cardiologue.

Le recueil des antécédents médicaux, familiaux et de la consommation de drogues ou de médicaments est primordial, ainsi qu’un examen clinique complet. Un électrocardiogramme peut également être proposé, notamment pour les sports intenses et la compétition, et ce dès l’âge de 12 ans. Pour les sportifs de haut niveau, le bilan et le suivi doivent être plus complets. À partir de l’âge de 35 ans pour les sports intenses, la compétition, ou les patients ayant des facteurs de risque, un test d’effort sera également proposé.

Parlez franchement à votre médecin et signalez-lui tout signe de palpitation cardiaque, de douleur à la poitrine, d'essoufflement anormal et de malaise survenant pendant l'effort ou juste après.

Pour une pratique sportive en toute sécurité, il est également recommandé :

  • de bien s’hydrater avant, pendant et après l’effort ;
  • de bien s’échauffer : le cœur est un muscle et doit être traité comme tel afin de le préserver ;
  • d’éviter de faire du sport en cas de fièvre ;
  • de ne pas fumer une heure avant de faire du sport et deux heures après une pratique sportive, et dans l’idéal de réduire au maximum votre consommation de tabac ;
  • d’éviter de consommer des boissons énergisantes juste avant le sport ;
  • de ne pas consommer de substance dopante ;
  • d’éviter l'automédication.

Réaction en cas de défaillance cardiaque

La rapidité de réaction est primordiale en cas d’arrêt cardiaque. En effet, au-delà de 5 minutes d’arrêt du cœur, les lésions cérébrales commencent à être irréversibles, puis la situation s’aggrave ensuite jusqu’au décès. N’hésitez donc pas à agir : le pire est de ne rien faire.

Essayez de sécuriser la zone pour la victime comme pour vous : placez-vous à l’écart de la circulation ou en dehors du passage, et appliquez les trois gestes simples qui permettent de sauver des vies.

Les trois gestes qui sauvent

  1. Appelez le 112 ou le 15

    Une fois en ligne avec les secours, le régulateur du SAMU vous posera des questions pour vous guider. Il vous demandera de décrire ce que vous avez vu et l’état de la victime : est-elle inconsciente, respire-t-elle ? Précisez l’adresse du lieu où se trouve la victime et ce qui est en train d’être fait, par exemple, si un massage cardiaque a déjà commencé. Si rien n’a été fait, il vous guidera. Surtout, ne raccrochez pas avant que l’opérateur ne vous dise de le faire.

  2. Réalisez un massage cardiaque

    Même si vous avez l’impression de mal effectuer le geste, ou qu’il s’agit de votre première fois, il est important de continuer : un massage imprécis vaut mieux que l’absence de massage cardiaque.

    • Allongez la victime sur le dos sur une surface dure.
    • Mettez-vous à genoux contre la victime, sur le côté.
    • Positionnez vos mains l’une sur l’autre, un peu en dessous du milieu du thorax, les bras bien tendus.
    • Appuyez de tout votre poids, bien perpendiculairement au-dessus du corps de la victime.
    • Les pressions à exercer sont fortes : enfoncez les mains de 5 à 6 cm dans la poitrine et relâchez complètement le thorax entre chaque compression.
    • Effectuez les pressions sur un rythme de 100 par minutes
  3. Utilisez un défibrillateur

    Aussi rapidement que possible, demandez de l’aide autour de vous afin qu’une personne puisse aller chercher un défibrillateur automatique externe (DAE). En France, les DAE sont présents dans de nombreux lieux ouverts au public : centres sportifs, galeries commerciales, pharmacies, mais aussi dans certaines entreprises. L’appareil est facile d’utilisation et vous guidera vocalement, étape par étape et sans risque.

Le cas de Sonny Colbrelli et le souvenir de Peio Oyhamburu

Alors que Paris-Roubaix doit se tenir ce week-end, le tenant masculin du titre, Sonny Colbrelli, ne prendra pas part à la célèbre classique cycliste. Le coureur italien a été victime d’un malaise cardiaque il y a trois semaines en course. Si l’athlète a pu être réanimé, tous n’ont pas cette chance. Si Sonny Colbrelli a pu échapper à la mort, c’est grâce à l’équipe médicale sur place, qui l’a réanimé en pratiquant un massage cardiaque, avant d’utiliser un défibrillateur. Le cas de Colbrelli est l’illustration typique de ce qu’on appelle « la mort subite du sportif », c’est-à-dire un arrêt cardiaque brutal et imprévisible survenant pendant ou peu après la pratique sportive.

Malheureusement, toutes les histoires ne se terminent pas aussi bien que celle du coureur cycliste italien, comme le rappelle Alain Fariscot, qui organise un tournoi de rugby à cinq le 18 avril prochain à Ustaritz au Pays basque, en mémoire de son petit-fils, Peio Oyhamburu, victime d’une mort subite il y a un an, à l’âge de 17 ans. Et pourtant, un matin d’avril 2021, alors qu’il fait un footing, le jeune homme est terrassé par une crise cardiaque. L’arrêt cardiaque de la mort subite est dû à une arythmie cardiaque. Cette dernière complique une maladie qui n’était pas connue jusque-là.

« Ce n’est pas le sport qui crée la maladie, mais elle la révèle et peut déclencher un trouble du rythme, poursuit-il. Chez les hommes de plus de 40 ans, dans 85 % des cas, les personnes sont victimes d’un infarctus du myocarde. L’arrêt cardiaque est alors provoqué par une artère qui se bouche au niveau du cœur à cause d’une plaque de cholestérol, les cellules de l’organe ne reçoivent plus d’oxygène, et c’est à ce moment-là qu’un trouble du rythme cardiaque survient, créant ainsi une mort subite. »

Chaque année en France, 200 décès par mort subite liés à l’effort concernent des jeunes de moins de 35 ans. Et là, les raisons sont souvent plus difficiles à trouver. Un projet de recherche C’est pour cela que le cardiologue a lancé en 2019 le projet de recherche sur la mort subite du sportif. Intitulée Résoudre, cette étude est soutenue par la fondation Cœur et Recherche de la Société française de cardiologie.

Les dix règles d’or édictées par le Club des cardiologues du sport, afin d’éviter la mort subite au cours d’une activité sportive.

1. Je signale à mon médecin toute douleur dans la poitrine ou essoufflement anormal survenant à l’effort6. Si le risque statistique global des sujets porteurs de ces affections est assez bien connu, le risque individuel est beaucoup plus difficile à estimer.
2. Je signale à mon médecin toute palpitation cardiaque survenant à l’effort ou juste après l’effort7. Je ne fume jamais une heure avant ni deux heures après une pratique sportive
3. Je signale à mon médecin tout malaise survenant à l’effort ou juste après l’effort8. Je ne consomme jamais de substance dopante et j’évite l’automédication en général
4. Je respecte toujours un échauffement et une récupération de 10 min lors de mes activités sportives9. Je ne fais pas de sport intense si j’ai de la fièvre, ni dans les huit jours qui suivent un épisode grippal (fièvre + courbatures)
5. Je bois trois à quatre gorgées d’eau toutes les trente min d’exercice à l’entraînement comme en compétition10. Je pratique un bilan médical avant de reprendre une activité sportive intense si j’ai plus de 35 ans pour les hommes et 45 ans pour les femmes

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