Une AS Monaco pratiquement inerte s'est inclinée lors du play-off aller de la Ligue des champions, la semaine passée au stade Louis-II (0-1). Cette défaite à domicile hypothèque lourdement ses chances de qualification pour les huitièmes, avant le retour mardi soir à Lisbonne contre Benfica (21 heures). Les Monégasques peuvent au moins se dire que la performance est toute récente.
Elle date de l'an passé, lorsque le Paris-Saint-Germain, vaincu à l'aller au Parc (2-3), avait terrassé le Barça au stade de Montjuïc (1-4). Ce soir-là, les Français s'étaient qualifiés pour les demi-finales de la Ligue des champions, portés par Ousmane Dembélé et Kylian Mbappé.
Benfica 3-3 Monaco : Le débrief d'un match spectaculaire, Monaco éliminé en barrage
Un historique compliqué pour Monaco
Dans l'histoire, un seul club français est parvenu à renverser la situation dans de telles circonstances en C1. Une seule équipe française sur treize s'est qualifiée pour la suite de la C1 après avoir perdu l'aller à domicile lors d'un tour à élimination directe.
Monaco, lui, s'est déjà retrouvé deux fois dans cette situation. En 1989, il n'avait pas renversé Galatasaray en quarts de finale de la Coupe d'Europe, après avoir perdu l'aller 0 à 1. Plus récemment, en 2017, la Juventus l'avait battu 0 à 2 au stade Louis-II lors de la demi-finale aller de la Ligue des champions. Les Turinois s'étaient imposés 2 à 1 au match retour, lors duquel Kylian Mbappé avait marqué le but de l'ASM.
Par deux fois également l'Olympique de Marseille a fait chou blanc : en 1971, lors des huitièmes de la Coupe d'Europe contre l'Ajax, puis en 2012, en quarts de finale face au Bayern Munich. Même bilan pour Nantes, surpassé par le Celtic en 1966 dès les huitièmes puis par l'Inter en 1980 au même stade de la compétition.
Reims, lui, avait échoué en 1963 lors des quarts contre le Feyenoord. En 2007, le LOSC s'arrêtait en huitièmes contre le Manchester United de Cristiano Ronaldo.
Ce sera le quatorzième duel de l’AS Monaco face à un club portugais en Ligue des champions. Leur bilan contre les équipes du pays est de 2 victoires, 3 nuls et 8 défaites.
Quant aux Rouge et Blanc, ils n’ont, eux, jamais remporté le moindre match au Portugal en compétition européenne (1 nul, 4 défaites). Autant dire qu’il faudra bien réaliser un exploit pour passer.

Les enjeux du match retour
Si les Monégasques ont longtemps eu en travers de la gorge l’arbitrage de l’Italien Maurizio Mariani, ils comptent « dépasser cela », comme l’a dit Breel Embolo après la défaite, mercredi dernier. Pourtant, Monaco a évolué à dix contre onze durant 40 minutes à l’aller après l’expulsion d’Al-Musrati, suspendu pour le retour comme le capitaine, Denis Zakaria, et le latéral droit Vanderson.
Les conséquences sont donc lourdes, surtout si l’on y ajoute les blessés (Balogun, Teze, Magassa et Golovin). Au total, Adi Hütter devra composer sans cinq milieux, secteur de jeu essentiel et décimé. Les jeunes Lamine Camara (21 ans) et Mamadou Coulibaly (20 ans), tout juste de retour à la compétition contre Nantes (7-1) samedi après neuf mois d’arrêt, sont ses seuls spécialistes du poste aptes.
« Il y aura beaucoup d’éléments à prendre en considération, mais on parviendra à trouver une équipe pour ce match », a déclaré l’entraîneur autrichien.
Le défenseur Thilo Kehrer, qui sera son capitaine mardi, insiste, lui, sur la notion de groupe. « Ce n’est pas évident et c’est là que des phrases qui apparaissent parfois bidon, comme « on a besoin de tout le monde », ou « le groupe, l’état d’esprit sont très importants », prennent leur importance », lance-t-il.
Outre le fait que Benfica reste sur cinq victoires consécutives, toutes compétitions confondues, aucun club de l’Hexagone n’a jamais gagné au Stade de la Luz (13 défaites, 5 nuls).
Une attaque regonflée
Monaco a, en effet, des arguments à faire valoir. À commencer par la confiance retrouvée après la démonstration offensive contre Nantes. Alors qu’Embolo a été ménagé, tous les autres attaquants disponibles ont été performants. Mika Biereth a inscrit un deuxième triplé consécutif en Ligue 1, Eliesse Ben Seghir a retrouvé une place de titulaire et marqué, Takumi Minamino a été buteur et double passeur. Même George Ilenikhena, de retour après plus cinq semaines d’arrêt, a inscrit un doublé en une demi-heure.
« On a montré une réaction, a apprécié Hütter. On a aussi marqué beaucoup de buts, ce qui donne de la confiance.
En interne, le technicien autrichien et son directeur général, Thiago Scuro, ont alerté : pour forcer la décision, il faudra que chacun soit parfait dans son attitude, impliqué, concentré, avide d’efforts, qu’il sache prendre des risques tout en maîtrisant l’aspect défensif imposé.
« On adhère à 100 % à ce que demande le coach depuis un an et demi, assure le latéral Krepin Diatta, souvent remplaçant mais titulaire mardi soir. On sait que les trois prochains mois seront décisifs. Seul notre collectif tire l’équipe vers le haut.

Benfica, un adversaire redoutable
L’AS Monaco connaît désormais son adversaire : Benfica. Les deux équipes se sont déjà affrontées cette saison lors de la cinquième journée de la phase de groupes. Le club Princier, en infériorité numérique, avait donné tout ce qu’il avait mais s’était finalement incliné 3-2 dans les dernières minutes au Stade Louis-II.
Vainqueur du championnat portugais à 38 reprises et de la coupe nationale 26 fois, le Benfica Lisbonne fait figure de club le plus titré dans son pays, devant le FC Porto et le Sporting Portugal.
Pourtant le technicien allemand a quitté le club cet été et c’est Bruno Lage qui est arrivé pour le remplacer. Et l’ex-entraîneur de Botafogo n’est pas inconnu à Lisbonne, puisqu’il a déjà coaché les Aigles de 2019 à 2020, remportant notamment deux trophées durant son passage.
Cette année, le Portugais a tenu sa série d’invincibilité en championnat jusqu’à la 15e journée et une défaite contre le Sporting Portugal (1-0).
A la fin de cette phase de ligue, Benfica a terminé à la 16e place du classement et bénéficie de la partie haute du tableau. En effet, il y a près de deux mois, les Monégasques s’étaient inclinés en infériorité numérique au Stade Louis-II (2-3), avec notamment deux passes décisives d’Angel Di Maria en toute fin de match.
D’autant plus, que certains éléments du club portugais seront absents pour ce choc ! En effet, Tiago Gouveia et Renato Sanches, déjà absents en novembre dernier, sont toujours blessés. De plus, le latéral droit, Alexander Bah, titulaire face à l’AS Monaco lors de phase de ligue et la recrue hivernale Manu Silva se sont également blessés lors d’un match de championnat et vont manquer cette rencontre.
Les hommes de Bruno Lage n’ont remporté qu’un seul de leurs huit derniers matchs à domicile en Ligue des Champions (2 nuls, 5 défaites), un succès 4-0 contre l’Atlético de Madrid en octobre 2024.
Quels joueurs à suivre ?
- Antonio Silva : A 21 ans seulement, il compte déjà pas moins de 105 matchs disputés avec Benfica !
- Kerem Aktürkoğlu : Recrue phare du mercato estival 2024, est une véritable sensation en ce début de saison ! Buteur à neuf reprises en douze rencontres, l’ailier gauche a su faire trembler les filets en C1.
- Le portier ukrainien : Si Benfica est invaincu depuis l’arrivée de Bruno Lage, c’est en grande partie grâce à son portier ukrainien.
Focus sur l'historique face à chaque concurrent des Rouge et Blanc
Après avoir déjà disputé cinq rencontres (trois victoires, un nul et une défaite), l’AS Monaco se rend sur le terrain de l’Emirates Stadium pour affronter les Gunners d’Arsenal pour un nouveau choc européen, ce mercredi (21h).
Arsenal : London is calling!
L’AS Monaco avait en effet affronté les Gunners en huitième de finale de Ligue des Champions lors de la saison 2014-2015. Malgré la défaite au retour en Principauté (0-2), l’exploit sera là pour les hommes de Leonardo Jardim.
FC Barcelone : une revanche à prendre ?
Parmi les huit adversaires dans cette phase de ligue, il s’agit évidemment du plus emblématique (5 fois vainqueur de la C1)… mais aussi de celui affronté le plus récemment ! Une victoire en terre espagnole qui n’aura malheureusement pas effacé les deux défaites en phase de poules de Ligue des Champions 1993-1994 (2-0 puis 0-1).
Inter Milan : le mauvais souvenir
C’est la formation italienne qui ne réussit pas à l’AS Monaco avec la Juventus Turin ! En quatre rencontre européennes disputées face aux Nerazzurri, les Rouge et Blanc se sont inclinés à trois reprises. Un duel qui hante encore la génération des Emmanuel Petit, Martin Djetou et Victor Ikpeba, persuadée d’avoir été lésée en Italie.
Autres adversaires
L’AS Monaco affrontera le Benfica en poule cette même saison, pour un maigre butin à l’arrivée : match nul et vierge à l’aller à domicile et défaite 1-0 au retour.
Affrontés et battus l’an dernier en préparation lorsqu’ils étaient sous les ordres de Thiago Motta (victoire 3-2), parti depuis entraîner la Juventus Turin, les Rouge et Bleu de Bologne sortent d’une saison historique.
C’est l’autre club que l’AS Monaco n’a jamais affronté dans son histoire. Il s’agira donc d’une grande première en Croatie entre les deux formations, où le club du Rocher retrouvera là aussi une tête connue : Ronaël Pierre-Gabriel.
S’il y a un point commun entre la formation serbe et le club de la Principauté, ce sont les couleurs. Et cela reste un bon souvenir pour les partenaires de Breel Embolo, qui s’étaient imposés à deux reprises : à l’aller à Belgrade grâce à un penalty de l’attaquant suisse (0-1), et au retour pour un festival offensif au Stade Louis-II (4-1).
| Adversaire | Victoires | Nuls | Défaites |
|---|---|---|---|
| Clubs portugais | 2 | 3 | 8 |
| Arsenal | 1 | 0 | 1 |
| FC Barcelone | 1 | 0 | 2 |
| Inter Milan | 0 | 1 | 3 |