Le handball français est souvent une affaire de famille, où la transmission des valeurs et de la passion se fait de génération en génération. Des dynasties de joueurs aux liens uniques entre parents et enfants, le handball est un héritage précieux. Cet article explore l'histoire du club de handball de Mios, intimement liée à la famille Mayonnade, et met en lumière les moments clés qui ont façonné son identité.

Un match de handball en France.
Les Débuts Modestes et l'Esprit Familial
L’aventure du club de handball de Mios a débuté en 1970, lorsque Roger Mayonnade, résidant à Mios avec son épouse Pierrette, a créé ce qui n’était alors qu’un petit club. Roger Mayonnade, ancien footballeur, était loin d'imaginer l'ampleur que prendrait cette initiative. Dans son sillage, les membres de sa famille ont suivi. Pierrette tartinait les sandwichs lors des déplacements et son fils Dominique entraînait les joueuses. Pour financer le club, Roger eut l’idée de créer un festival qui a longtemps compté dans le paysage culturel du territoire.
Le nom de Mayonnade reste intrinsèquement lié à celui de l’union sportive de Mios Biganos bassin d’Arcachon, sur trois générations et avec un nombre incalculable de bénévoles. « La porte était toujours ouverte chez eux. L’humain était au centre de tout et il a su le transmettre sur deux générations », explique Cédric Pain, le maire de Mios.
DANS LES ARCHIVES - Autour de l’inauguration du complexe sportif de Mios, c’est l’histoire du hand et d’une commune à l’incroyable dynamique qui furent célébrés le samedi 12 mars 2022. En prélude au match inaugural de handball opposant l’équipe de national 1 féminine de Mios à celle d’Angoulême, la coupure officielle du ruban était impatiemment attendue.
Dans les gradins, vêtus de jaune et de noir, les supporters se faisaient entendre. « Ça y est, on y est enfin ! » a résumé Cédric Pain, le maire PS de la commune. Émus et enthousiastes, ses premiers mots furent pour Pierrette et Roger Mayonnade qui créèrent le club de handball en 1970. Un club familial que les Mayonnade, grand-père, fils et aujourd’hui petit-fils dirigèrent à tour de rôle.
L'Ascension du Club et les Premiers Succès
Un petit parmi les grands qui se hissa en première division en 1994, remportant la coupe de France en 2009 et la Coupe d’Europe en 2011. Rivalisant avec les équipes professionnelles, il aura su, tout au long de son existence, conserver son authenticité.
En effet, après le décès brutal de Dominique, c’est Manu, le petit-fils de Roger qui, avec son père Gérard, a repris les rênes du club offrant en 2009 un titre de championnes de France. Deux ans plus tard, le club remportait la Challenge-Cup. « Il a fait qu’une petite histoire devienne une grande histoire », résume Bruno Lafon. En 2009, Roger Mayonnade embrasse la coupe de France.
Quand en 1970 Roger Mayonnade fonde un petit club de hand à Mios, il est sans doute loin d'imaginer la suite de l'histoire. Patriarche d'une véritable tribu entouré de sa femme Pierrette, qui assurait l'intendance lors des déplacements, et de Dominique, l'un de leurs six enfants, qui entraînait."Surnommé Papy" par ses joueuses, ils les a accompagnées jusqu'au plus haut niveau.
🎙 Conférence de presse d'après match | Metz Handball / Team Esbjerg | EHF Champions League
L'Héritage de Roger Mayonnade et l'Impact sur la Communauté
Roger Mayonnade s'est éteint vendredi à l’âge de 89 ans. Si l’émotion est depuis si forte, c’est qu’à travers Roger Mayonnade, c’est tout un symbole qui s’est éteint à Mios et sur le Bassin. Celui d’un patriarche qui aura eu à cœur de mener une famille et un club de handball. Mios-Biganos, c'était un peu le petit village gaulois du hand féminin. La salle de la Verrerie résonnait bruyamment aux exploits d'une équipe qui a connu son apogée en 2009, sous les ordres du petit fils Manu Mayonnade, avec une victoire en coupe de France puis deux ans plus tard en remportant la coupe d'Europe.

Roger Mayonnade embrasse la coupe de France en 2009.
Très engagé dans la vie de la commune, Roger Mayonnade laissera le souvenir d'un personnage entier et passionné, sorte de Monsieur Loyal du handball français. Roger, Manu et Gérard Mayonnade, la passion du handball sur trois générations. Parmi elles, d'anciennes joueuses bien sûr mais aussi le président de Metz Thierry Weizman et l'ancien président de Nîmes Olivier Gebelin.
Didier Lacouture, un fervent supporter du club, se souvient : « Les premiers contacts ont été très bons. J’ai pris ma première carte d’adhérent chez Roger et Pierrette. Ils me l’ont remise. Je me suis rendu chez eux sur le coup de midi, des joueuses étaient présentes à leur table. » Roger Mayonnade est lui-même employé à la papeterie qui l’aidera grandement dans son projet. Fondateur du club de Mios en 1970 à la demande de ses trois fils et avec la bénédiction du Maire de l’époque, M. Henri Bravard, Roger, ancien footballeur de renom, était loin d’imaginer ce qui allait advenir. M. C’est en effet une histoire de famille.
« Certaines sont restées et ont fondé leur famille ici » précise Didier) ou talents français en devenir (Demoniere, Ciavatti, Deroin, Nze Minko, Foggea). Le climat familial a probablement été propice à la réussite de cette aventure avant tout humaine. Didier se rappelle que Roger logeait certaines joueuses à son domicile. Pierrette préparait les repas et géraient l’intendance si importante lors des déplacements.
L’aventure a débuté en 1970 à Mios, la commune où résidaient Roger Mayonnade et son épouse Pierrette. C’est là qu’il a créé ce qui n’était alors qu’un petit club de handball. « Mon père et lui étaient en classe ensemble. Dans les années 60, Roger avait monté avec ses enfants des spectacles de chanson et opérette à Audenge. C’était un meneur : Il entraînait les autres avec lui ».
Le climat familial a probablement été propice à la réussite de cette aventure avant tout humaine. Manu Mayonnade confirme dans un interview en 2015 : « Ma grand-mère Pierrette fait une omelette comme personne, baveuse à souhait. Son poulet-frites vaut également le déplacement. J'ai un peu une famille de fous. Nous habitions tous à Mios, à proximité des uns et des autres. Pendant des années, on se retrouvait tous les midis chez elle pour déjeuner. Elle pouvait recevoir entre 8 et 20 personnes.
Les Défis et les Alliances
La saison suivante, c’est le dépôt de bilan du de l’Union Bordeaux Bègles Mios Biganos en plein mois de novembre laissant énormément de regrets aux supporters…. L’équipe de Mios Biganos repartie en septembre 2016 en Nationale 2. C’est maintenant Jean Philippe Anay qui officie à la tête du club du Bassin.
« Mon club c’est Mios, j’ai pris le jaune et noir au lieu du vert et blanc qui sont les couleurs du rugby. J’ai opté pour le handball c’est comme une dette, un remerciement par rapport à ce que je suis maintenant. J’étais vraiment à la dérive au début… l’alcool… j’avais perdu mon permis de conduire. Dépression, traitement médical par la suite pour remonter… le manque… c’était difficile.
L’équipe 1ère, dirigée par Emmanuel Mayonnade (4è de LFH en 2012-2013 avec Mios Biganos) évoluera en LFH la saison prochaine et disputera la Coupe d’Europe Challenge Cup. “L’Aquitaine a toujours eu des clubs au plus haut niveau féminin français ou européen tels Pessac, le BEC, Mérignac, le CAB et Mios Biganos. L’Union entre Mios Biganos et Bègles est une nécessité pour avoir une équipe de haut niveau féminin dans notre région“, indique le Président de l’UMB-B Bernard Coly, Et d’ajouter : “On note un engouement réel pour ce projet autour duquel tous nos partenaires miossais et béglais se sont empressés d’adhérer. Ce projet est une volonté de tous les acteurs : Conseil Régional, Conseil Général, Ville de Bègles, la COBAN, Ville de Mios, soutenus par la Fédération Française de Handball et le Comité de Gironde de Handball.
L'Union avec Bègles et les Objectifs Futurs
Gérard Mayonnade désormais Vice-Président Délégué de la SAS girondine, confie ceci : “Deux choix se sont présentés à nous pour l’avenir sportif du MBBA (Mios Biganos Bassin d’Arcachon) en LFH. Continuer, seul, avec le risque imminent d’une chute qui nous verrait perdre tout ce que nous nous sommes évertués à construire. Ou s’unir, avec le CAB, afin d’envisager l’avenir plus sereinement, sans avoir peur du lendemain. Aujourd’hui, l’Union Mios Biganos - Bègles est née. D’une part, elle se veut chargée d’histoire au regard des deux entités desquelles elle est issue. D’autre part, elle est tournée vers l’avenir avec la volonté très forte d’être représentative d’une région, d’un département et de l’ensemble des amoureux du handball présents sur notre territoire. Nous ne sommes qu’au début de notre aventure. L’Union Mios Biganos Bègles affiche comme objectif principal de donner à la Gironde et l’Aquitaine un club de haut niveau capable de se distinguer à la fois sur les scènes nationale et internationale.
Un tableau récapitulatif des moments clés de l'histoire du club :
| Année | Événement |
|---|---|
| 1970 | Création du club de handball de Mios par Roger Mayonnade |
| 1994 | Le club accède à la première division |
| 2009 | Victoire en Coupe de France |
| 2011 | Remporte la Challenge Cup |
| 2013-2014 | Union avec Bègles |
Les Sœurs Borg : Une Nouvelle Génération
Les jumelles Enola et Lylou Borg, figures de la jeune garde montante tricolore, ont quitté Mios, leur berceau familial, pour rejoindre respectivement Pessac et Mérignac l’été dernier. Lylou : Je m’appelle Lylou Borg, j’ai 18 ans et je suis demi-centre. J’ai commencé le hand toute petite… dans les pas de maman qui a joué à haut niveau et a été internationale française. J’ai joué à Mios jusqu’à cet été avec Enola, ma sœur. On a été notamment championnes de France interpôles. Enola : Moi je suis Enola, j’ai aussi 18 ans, je suis arrière gauche, et j’ai le même parcours que ma sœur.
Malgré cette possibilité d’évoluer à haut-niveau, vous ne vous consacrez pas qu’au hand. Vous jonglez avec des études aussi. Lylou : Je fais des études de psychologie parce qu’on ne sait jamais ce qu’il peut arriver dans la vie d’un sportif. Je ne me le souhaite pas, mais, si un jour je me blesse ou que je décide d’arrêter le handball, j’aurais ça à côté.
Enola : On était en galère sur la base arrière alors ma mère a décidé de reprendre une licence et de venir aider l’équipe. Et je crois que ça lui faisait vraiment plaisir de jouer avec nous. C’était vraiment trop bien d’être comme ça, toutes ensemble. Et avec notre père sur le banc en plus ! Lylou : Ce sont des souvenirs que l’on va garder toute la vie. Elle avait dit quand on était petites en riant qu’elle adorerait jouer avec nous. Et c’est arrivé.
Lylou et Enola, non seulement vous êtes sœurs, mais aussi jumelles. Un trait dont on vous parle et on vous parlera souvent et longtemps. Enola : C’est simple on se connait presque par cœur. Ça a toujours été facile de la trouver, ça se voyait que l’on savait jouer ensemble.
Lylou : Nous sommes allées, toutes les deux à Mérignac, pour écouter les propositions du club. Enola : Moi j’ai préféré aller à Pessac car c’est un club plus familial, qui ressemble à Mios. J’ai aimé l’ambiance, la salle, ce qui m’était proposé. Et ma grand-mère, Danièle Garrigue, a joué à Pessac. Lylou : Nous, à Mérignac, notre objectif est clairement le maintien. On n’a rien à perdre. On joue les matchs à fond. Pessac tourne bien de son côté et joue le haut de tableau pour le moment.
Enola : On est bien classées, mais nous aussi on cherche d’abord le maintien. C’est le discours que l’on a eu avec le staff en début de saison. Enola : Moi j’ai vraiment hâte d’être à ce match car il va y avoir toute notre famille présente. Ça me fait rire de jouer contre elle, car de l’extérieur, quand je la regarde, j’ai l’impression de savoir tout ce qu’elle va faire.
Lylou : Ça va être un sacré moment, même si on s’est déjà joué en match de préparation cette saison et que je le l’appréhendais un peu. Enola : Ah non, mais moi je dis rien sur ma sœur. Lylou : Moi je vais vous dire elle et elle, elle risque de dire moi. Enola : C’est vraiment une question difficile… On a des qualités différentes sur le terrain. Enola : On est très famille. Enola : Le fait qu’elle se donne toujours à fond.