La Minute de Silence dans le Rugby : Signification et Symbolisme

La minute de silence est une pratique courante dans le monde du rugby, souvent observée avant un match pour rendre hommage à une personne décédée, commémorer un événement tragique ou marquer une occasion solennelle. Cette tradition, empreinte de respect et de recueillement, permet aux joueurs, aux supporters et à l'ensemble de la communauté du rugby de se rassembler dans un moment de silence partagé.

Mais au-delà de son aspect formel, la minute de silence revêt une signification profonde, liée à l'histoire, à la mémoire et aux valeurs du rugby. Elle est un symbole de solidarité, de compassion et de respect envers ceux qui nous ont quittés, ainsi qu'un rappel des sacrifices consentis pour défendre des idéaux et des principes.

Les commémorations du Centenaire de 14-18 ont vu les joueurs du XV tricolore arborer un bleuet sur leur manche, symbole commémoratif de la Première Guerre mondiale en France.

Le Bleuet de France : Un Symbole de Souvenir

Le bleuet est le symbole du souvenir des combattants de la Première Guerre mondiale pour la France. Plusieurs hypothèses existent quant à son origine :

  • Une fleur des champs dans le chaos des hommes, car le bleuet, malgré l’horreur des tranchées, a continué de pousser sur les champs de bataille.
  • Un héritage des tranchées, un souvenir de ces jeunes nouveaux soldats arrivés dans leurs uniformes bleu horizon et baptisés « bleuets » par leurs aînés Poilus.
  • Un hommage au bleu, couleur de la Nation, première couleur du drapeau tricolore.

Bientôt, cette initiative se développe et prend une dimension nationale : la Nation veut témoigner de sa reconnaissance et venir en aide à ces hommes qui ont sacrifié leur jeunesse à défendre la France.

C’est pourquoi, il est décidé à l’occasion du 11 novembre 1934, de vendre, pour la première fois, les fleurs de bleuet fabriquées par les anciens combattants sur la voie publique dans la capitale : 128 000 fleurs seront vendues !

C’est une vraie réussite suivie d’une véritable reconnaissance car dès 1935, l’État décide de la vente officielle du Bleuet chaque 11 novembre partout en France. Après la seconde Guerre mondiale, en 1957, l’État décide de créer un deuxième jour de collecte chaque 8 mai.

Puis, en 1991, l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG) décide de prendre en charge la gestion de l’Œuvre qui malheureusement périclitait depuis quelques années.

Le Coquelicot : Un Symbole de Souvenir dans le Monde Anglophone

Pour le Royaume-Uni et les pays du Commonwealth, c’est le coquelicot qui a été choisi comme symbole du souvenir.

Le "poppy" est traditionnellement porté le jour de "Remembrance Day" en hommage à toutes les personnes qui ont perdu la vie au cours des deux Grandes Guerres Mondiales, ainsi que dans la guerre des Malouines et la guerre du Golfe.

Les coquelicots rouges représentent les coquelicots qui poussaient dans les champs des Flandres lors de la Première Guerre mondiale - et où des milliers de soldats sont morts.

Les coquelicots en papier qui sont maintenant portés sont fabriqués par des anciens soldats à la retraite et ils sont vendus par des représentants de la "Royal British Legion".

"Remembrance Sunday" tombe le dimanche le plus près du 11 novembre - le jour où on a déclaré la paix. Ce jour est commémoré par des services religieux et des parades d'anciens soldats au Whitehall de Londres.

Des bouquets de coquelicots sont déposés au Cenotaph, un mémorial de guerre dans le Whitehall, qui a été construit après la 1ère Guerre mondiale.

Par tradition, à 11h du matin, le jour de Remembrance Day, on observe deux minutes de silence au Cenotaph et un peu partout dans le pays.

Le spectacle est à ce point inséparable de ce que la Premier League nous offre chaque automne à l'approche de la commémoration du 11 novembre qu'on pourrait croire qu'il en a toujours été ainsi.

Ce jour-là, on achetait, le plus souvent à un ancien combattant ou à un volontaire de la Royal British Legion, son coquelicot de papier pour l'épingler à la boutonnière ; le coquelicot, la fleur qui poussait dans les champs de blé de la Somme où tant de jeunes Britanniques - et Australiens, et Canadiens, et Indiens et autres sujets de l'Empire - avaient été fauchés pendant la Grande Guerre.

Sous le titre Poppygate, le journal lança une campagne visant à forcer tous les clubs de Premier League à honorer les héros britanniques des conflits d'hier et d'aujourd'hui.

A l'approche du 11 novembre 2010, plus un club ne déparait dans ce parterre de coquelicots (*).

Très rares sont ceux qui, pour des raisons personnelles, ont refusé de se joindre au mouvement.

Ce qui était un symbole patriotique qu'il respectait pour les Britanniques, expliqua-t-il, faisait remonter de sa mémoire d'enfant le souvenir des bombardements qui avaient frappé sa ville natale de Vrelo en 1999, lors de l'intervention des forces de l'OTAN en Serbie.

Le communiqué qu'il publia sur son compte Instagram pour donner les raisons de son geste était couché dans un langage des plus respectueux, mais cela n'empêcha pas le milieu de terrain, alors à Manchester United, d'être la cible d'insultes sur les réseaux sociaux.

Douze ans pendant lesquels l'Irlandais du Nord a refusé et continue de refuser de se joindre aux cérémonies du souvenir.

Il eut beau dire qu'il porterait le coquelicot si celui-ci ne commémorait que les victimes civiles et militaires des deux guerres mondiales (*), rien n'y fit.

"Si des gens ne veulent pas porter de coquelicot, nous sommes de leur côté", dit Philippa Rawlinson, directrice du souvenir de l'association caritative qui, depuis 1921, s'est donnée pour mission de venir en aide aux anciens combattants dans le besoin. "Ce doit être un choix personnel, sans quoi il perd sa signification".

Le Haka des All Blacks : Un Rituel Emblématique

Si le coquelicot et le bleuet sont des symboles forts de commémoration, le rugby est également connu pour ses traditions uniques, comme le Haka des All Blacks.

Le Haka désigne à l'origine une danse rituelle pratiquée par les populations du Pacifique Sud pour célébrer des festivités ou appuyer une déclaration de guerre. Loin d'être uniforme, l'interprétation est libre et varie selon le prestige de chaque tribu.

Le Haka a été popularisé par l'équipe des All Blacks qui l'exécute avant chaque rencontre internationale de rugby depuis 1905.

Historiquement, le Haka a contribué à atténuer les tensions entre les descendants de colons britanniques (surnommés pahekas) et la population maorie.

Symbole de l'unité du pays, le Haka est enseigné à l'école et pratiqué aussi bien par les universitaires que les militaires.

Autant respectée que l'hymne national, l'interprétation du Haka est observée en silence dans les stades.

Le Haka ne se résume donc pas à la danse qui précède les matchs de rugby, mais comporte une grande variété de déclinaisons.

Si l'on rencontre parfois des paroles guerrières dans les divers Hakas du pays, le “Ka Mate” des All Blacks est loin d'être le plus agressif.

Voici les paroles du Haka dit “Ka Mate” interprété par les All Blacks :

VERSION MAORI TRADUCTION FRANÇAISE
Ringa Pakia Uma Tiraha Turi whatia Hope whai ake Waeuwae takahia kia kino Ka mate ! Ka mate ! Ka ora ! Ka ora ! Tenei te tangata puhuruhuru Nana nei i tiki mai Whakawhiti te ra A hupane ! A kaupane ! A hupane ! A kaupane ! Whiti te ra ! Hi ! Frappez des mains sur les cuisses Que vos poitrines soufflent Pliez les genoux Laissez vos hanches suivre le rythme Tapez des pieds aussi fort que vous pouvez C'est la mort ! C'est la mort ! C'est la vie ! C'est la vie ! Voici l'homme poilu Qui est allé chercher le soleil Et l'a fait briller de nouveau Faites face ! Faites face en rang ! Faites face ! Faites face en rang ! Soyez solides et rapides devant le soleil qui brille ! Ha !

LES ORIGINES DU HAKA

Selon l'importance de l'enjeu, les All Blacks interprètent parfois le Kapa o Pango autrement plus intimidant.

Il s'agit bel et bien de terroriser l'adversaire pour de lui ôter sa force vitale et sa détermination.

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