Le 7 août, la Marseillaise retentit au cœur de Tokyo, marquant un jour de gloire. L’équipe de France masculine de handball décroche sa troisième médaille d’or olympique en battant le Danemark. Parmi les artisans de cette victoire, Jean-Luc Kieffer, l’entraîneur des gardiens, savoure sa première médaille d’or olympique.

« Ça y est, je réalise notre exploit », confie-t-il avec quelques semaines de recul. « Ce titre est tout simplement fantastique que l’on se place en tant que joueur ou en tant que formateur et encadrant comme moi. Cette finale est l’un des plus beaux jours de ma vie et elle le restera à jamais. C’est une fierté. Cette médaille d’or, on ne me l’enlèvera pas. Elle représente une victoire autant collective que personnelle.
Jean-Luc a lui-même pratiqué le hand à haut niveau. En tant que professionnel, il est passé par les buts du Racing Strasbourg et du club de Schutterwald en Allemagne. Pendant plus de quatre saisons au début des années 2000, il s’est notamment occupé dans ce pôle d’un gamin âgé de 14 ans à son arrivée et à peine majeur à son envol. Son nom : Vincent Gérard. Celui-ci n’est autre que l’un des membres de l’équipe de France médaillée olympique à Tokyo. « Il a même été élu “meilleur gardien du tournoi” », s’enthousiasme Jean-Luc. « Le retrouver dans ce cadre est formidable… Cela veut dire que tout a bien marché. »
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L'influence familiale et le MHB
Vincent Gérard n’est - et de loin - pas le seul handballeur de premier plan que Jean-Luc a formé, motivé ou inspiré. L’oiseau ne tombe jamais loin du nid. Deux de ses trois enfants sont joueurs professionnels (à 10 ans, Thimothé, le benjamin, est bien entendu encore trop jeune). Après avoir porté les couleurs de l’équipe de Besançon, sa fille Ilona évolue au poste d’arrière gauche au sein du MHB, le club de Mérignac. A son palmarès : le titre de champion du monde des moins de 21 ans en 2019 et des moins de 19 ans en 2017.

A l’époque de cette victoire, il expliquait dans les colonnes de votre Journal du Kochersberg : « Tout petit déjà, j’accompagnais mon père dans les salles pour regarder ses matches. » « Dans la famille, hormis ma mère, nous sommes tous fans de hand», racontait encore Valentin. « On vit hand. Dès qu’on se voit ou qu’on mange tous ensemble, on parle de hand. C’est une base de notre cercle familial, mais heureusement ce n’est pas la seule. Nous avons aussi une vie familiale classique et prenons du temps pour faire autre chose et parler d’autre chose surtout pour faire plaisir à ma maman.
Tenu il y a quatre ans déjà, ce discours rejoint pleinement celui de son père. « Le sport est très important dans ma vie, mais cela reste du sport », lâche-t-il. « Il ne faut jamais oublier que la vie continue à côté… Et surtout ne jamais oublier l’essentiel, c’est-à-dire la famille. »
Un homme aux multiples casquettes
Des activités, il est indéniable, en effet, que Jean- Luc n’en manque pas. Au quotidien, il assume la fonction d’agent à la direction des sports de l’Eurométropole de Strasbourg ainsi que le mandat d’adjoint au maire de Willgottheim, commune dans laquelle il réside depuis 1995. Ses différentes tâches le motivent, lui fournissent l’adrénaline nécessaire à son moteur. « J’aime bien faire plein de choses à la fois et les faire toujours à fond », souffle-t-il.
«Quand je suis en équipe de France, je suis en équipe de France. Je suis focalisé sur nos objectifs. C’est pareil quand je suis à Willgottheim ou à l’Eurométropole. Cette distinction ne l’empêche néanmoins pas de mettre ses compétences dans un domaine au profit des autres. «Ce que je vis en équipe de France, par exemple, me sert à Plobsheim », note-t-il. « De même, mes expériences au hand ou à l’Eurométropole me sont utiles en tant qu’élu de Willgottheim chargé du sport et de la jeunesse. Je veux que mes connaissances permettent de faire évoluer notre village et que tous ses habitants en profitent.
Attention ! Si l’homme a de multiples occupations, il n’en est pas moins réfléchi et posé. «Je suis beaucoup dans la planification et l’organisation », précise-t-il avant de glisser être également « très perfectionniste ». Pas de place à l’improvisation ! Preuve s’il en est : il a passé des heures et des heures, pour ne pas dire des nuits et des nuits, à visionner des vidéos pour préparer son coaching chez les Bleus. Parmi ses objectifs : décortiquer les forces et les points faibles des équipes adverses.
L'avenir et les perspectives
Ainsi, tout en ayant déjà les yeux tournés vers les Jeux Olympiques qui se dérouleront à Paris en 2024, Jean-Luc Kieffer garde les pieds bien sur terre. « On verra bien ce qui se passera », souligne-t-il. « Je ne peux pas dire que je vis au jour le jour, mais presque. Je prends ce que l’on veut bien me donner et j’en profite au maximum. Dans le sport, on le sait tous, les choses peuvent vite changer.
En somme, même s’il est prêt à continuer son aventure avec les Bleus - « surtout que ces JO vont se dérouler chez nous ! »-, rien ne permet de dire pour le moment s’il sera encore retenu dans trois ans pour entraîner leurs gardiens… Ce poste, il est le premier dans l’histoire à l’assurer dans le staff technique de l’équipe de France.