Le monde du volley-ball professionnel, bien que moins médiatisé que d'autres sports comme le football, offre des perspectives de carrière intéressantes pour les athlètes de haut niveau. Cet article explore les différents aspects des salaires dans le volley-ball professionnel, en mettant en lumière les disparités salariales, le rôle des agents, et les facteurs qui influencent la rémunération des joueurs.

Volley-ball: France vs Brésil
Les Salaires des Joueurs de Volley-Ball : Une Vue d'Ensemble
Dans le volley-ball moderne, le talent d’un joueur est découvert de plus en plus tôt. Tout est bon pour subtiliser la pépite ou la star logée dans l’écurie adverse.
Disparités Salariales
Le salaire moyen d’un joueur en Ligue AM se situerait entre 30.000 et 70.000 euros bruts par an (3626 euros bruts par mois pour la saison 2018-2019, selon un rapport de la DNACG), soit plus ou moins l’équivalent du salaire MENSUEL d’un footballeur professionnel en Ligue 1. Une autre dimension. Il n'en reste pas moins vrai que le facteur de dérégulation demeure l'argent.
Les stars du volley français, bien que jouant souvent à l’étranger, ne touchent généralement pas des sommes astronomiques. En effet, les salaires annuels nets des joueurs tels que Antonin Rouzier et Kévin Le Roux, pour ne citer qu’eux, se situent entre 100 000 et 200 000 euros, auxquels s’ajoutent des avantages en nature comme une voiture ou un appartement de fonction.
Earvin Ngapeth, la figure de proue de l’équipe, se distingue toutefois avec un salaire de 250 000 euros par saison, selon les informations rapportées par L’Equipe Magazine, pour ses performances au club de Modène.
Il est intéressant de noter que les salaires peuvent varier considérablement en fonction du club et du pays. À Cuneo en Italie, Ngapeth touchait 200 000 euros annuels. Deux saisons plus tard, à son premier départ pour la Russie et Kemerovo, il triple son salaire pour atteindre 600 000 euros. Pourtant, il n’y passe que six mois : « Il y avait l’argent mais je ne pouvais pas.
Primes et Récompenses
En plus de leurs salaires, les volleyeurs français bénéficient de primes significatives, particulièrement lorsqu’ils représentent leur pays. En 2015, chaque joueur a reçu environ 25 000 euros suite à leur victoire en Ligue mondiale et près de 10 000 euros pour leur succès au championnat d’Europe. À Rio, en cas de médaille, ils percevront également une prime gouvernementale dédiée à tous les athlètes médaillés, avec la possibilité d’un bonus supplémentaire si la Fédération décide de contribuer.
Le Rôle des Agents Sportifs
Dans le milieu du volley, une discipline encore en cours de structuration professionnelle, les agents sont apparus sur le tard. Au début des années 2000, ils étaient peu nombreux sur le marché, une poignée, à voyager pour mettre en relation les parties intéressées à la conclusion d’un contrat relatif à l’exercice rémunéré d’une activité sportive.
L’agent sportif intervient dans la quasi-totalité des échanges de joueurs à clubs ou de clubs à clubs, en volley comme dans la plupart des sports collectifs professionnels, à commencer par le football."Les dynamiques dans le volley sont les mêmes qu’au foot, sauf que c’est à une échelle plus réduite, il y a parfois des dossiers qui sont beaucoup plus médiocres pour des sommes très anecdotiques par rapport au foot", rapporte un agent bien implanté dans le milieu du volley.
Pour pratiquer le métier d’agent dans le milieu du volley, il est nécessaire d’avoir obtenu la licence FIVB. Sauf en France, où la licence internationale à elle seule ne suffit pas. La loi exige des agents qu’ils détiennent également la licence que la Fédération française de volley-ball (FFVB)* délivre en tant que fédération délégataire à l’issue d’un examen. Or, la plupart des agents étrangers, parfois même français, qui ont échoué à obtenir le précieux sésame, n’ont pas la licence française.
En France, l’agence LZ Sport de Georges Matijasevic exerce une mainmise quasi monopolistique sur le championnat. Et pour cause, elle est la plus importante dans le monde, seulement concurrencée par une autre agence, italienne celle-ci, dirigée par Luca Novi.
Dans un monde idéal, tous les agents seraient capables de délivrer à leurs joueurs des conseils avisés sur des sujets techniques, juridiques ou fiscaux. De façon à soulager les clubs qui ne sont pas toujours structurés pour répondre à cette exigence. Mais une fois encore, il semblerait que le travail ne soit pas toujours fait consciencieusement : "Je considère que les agents sont des radars au bord des autoroutes", ironise d’ailleurs un président, désireux de légiférer sur la question.
Le Marché des Transferts et les Joueurs Étrangers
Le volley-ball étant un sport qui se pratique à très haut niveau dans le monde entier, le volume de joueurs à disposition pour les clubs en quête d'un remplaçant est suffisamment important, et offre de multiples solutions de rechange, plus ou moins satisfaisantes.
Or, le rapport de force entre clubs et joueurs, longtemps défavorable à ces derniers, est en train de basculer. "Les joueurs étrangers avaient des agents et encore, pas tous, maintenant tous les joueurs ont des agents." Dans ce contexte, tous les acteurs sont tenus de s’adapter à ce nouveau marché avec des joueurs qui bougent et qui défendent leur intérêt.
"Ronald Jimenez (ex-Chaumont, Tourcoing…), qui vient de signer à Cannes, était un pointu correct du championnat polonais. Mais un gros club coréen, qui voulait le recruter, a racheté son contrat, en lui proposant six fois plus que ce qu’il touchait en Pologne", rappelle Georges Matijasevic. Problème, le joueur ne donne pas complètement satisfaction, et le club s’impatiente. Résultat des courses : Jimenez a signé à Cannes cet hiver, son troisième club en un an.
Le meilleur joueur du monde est aussi le plus cher. Le club italien de Pérouse et son président, Gino Sirci, ont frappé fort ce jeudi en annonçant la prolongation de contrat de Wilfredo Leon (2,02 m ; 28 ans) pour les trois prochaines saisons avec le club italien, actuel leader de la SuperLega (13 victoires - 2 défaites).
Plus que la durée, c'est le montant déboursé par les « lock Devils » pour Leon, capable de gagner un match à lui tout seul au service, qui interpelle : 1,5 million d'euros par saison selon la Gazzetta dello Sport, soit un total de 4,5 M€, une somme record !
Avant d'arriver en Ombrie en 2018, la star cubano-polonaise ne touchait « que » 1 million de dollars la saison au Zénith Kazan (2014-2018), club avec lequel il avait remporté quatre fois de rang la Ligue des champions.
Le Volley-Ball Féminin : Une Carrière Double et des Défis Salariaux
Pôle emploi : ouverture de l'agence au public
Aujourd'hui, on part à la rencontre de Julie Mollinger, capitaine du Vandoeuvre Nancy Volley-Ball, club de 1ère division... et conseillère entreprise chez Pôle Emploi ! A 26 ans, Julie Mollinger a déjà une brillante carrière de volley-ball derrière elle - internationale avec l'équipe de France, ligue A féminine avec Albi, Evreux, et le Vandoeuvre Nancy Volley-Ball depuis 2011, dont elle est aujourd'hui la capitaine.
Elle bénéficie d'une convention d'insertion professionnelle entre son club et l'agence, un contrat qui permet aux sportifs de haut niveau de garder un pied dans le monde du travail "classique".
Dans son club, Julie joue le rôle de la grande soeur, puisqu'elle est capitaine. Et elle a beau mener deux carrières de front, elle ne fait pas les choses à moitié, reconnaît son entraîneur, Radoslav Arsov : "C'est elle qui fait le relais avec toutes les joueuses, et que ce soit sur ou en dehors du terrain, elle assure à 100%".
Une autre journée bien remplie s'achève, mais finalement, elle se satisfait de ses deux casquettes : "Quand on doit arriver à la salle, se changer, s'échauffer, on a encore la tête dans l'écran ou dans le coup de téléphone qu'on a passé auparavant, mais l'avantage, c'est que quand l'un des deux domaines ne va pas, on peut se vider la tête avec l'autre !"
Car selon Julie, une volleyeuse pro gagne en moyenne 1500 euros par mois en première division (contre 2500, en moyenne, pour les hommes). Elle regrette ces écarts de salaire, et aussi le fait que son sport soit peu ou mal médiatisé.
Kim Robitaille, vice-capitaine du Quimper Volley, évoque les inégalités salariales dans le sport féminin : "Par exemple, en France, le salaire moyen en Ligue A masculine était en 2019 de 3 626 € par mois, alors que chez les femmes, il est de 2 192 €."
Elle souligne également la nécessité d'une meilleure médiatisation du sport féminin pour tendre vers l'équité salariale : "Je pense que le jour où les femmes auront le droit à cette médiatisation-là, on tendra vers l’équité salariale. Par exemple, en France, tout le monde connaît Earvin Ngapeth, mais qui peut citer une joueuse de l’équipe de France ? Bien sûr que ça vient des performances, mais pas que."
Tableau Récapitulatif des Salaires et Primes
| Catégorie | Montant | Remarques |
|---|---|---|
| Salaire moyen Ligue AM | 30 000 - 70 000 € brut/an | Selon rapport DNACG (2018-2019) |
| Salaires stars françaises | 100 000 - 200 000 € net/an | Ex: Antonin Rouzier, Kévin Le Roux |
| Salaire Earvin Ngapeth | 250 000 € / saison | Au club de Modène |
| Prime Ligue Mondiale (2015) | 25 000 € / joueur | |
| Prime Championnat d'Europe (2015) | 10 000 € / joueur | |
| Salaire moyen Ligue A féminine (2019) | 2 192 € / mois | |
| Salaire moyen Ligue A masculine (2019) | 3 626 € / mois | |
| Salaire Wilfredo Leon | 1,5 million € / saison | Au club de Pérouse |

Earvin Ngapeth