Les Meilleures Saisons Rookie en NBA : Analyse et Statistiques

Le titre de Rookie de l’année NBA récompense chaque saison le débutant le plus impressionnant du championnat. Ce trophée prestigieux, aussi appelé ROY (Rookie of the Year), met en lumière ceux qui marquent la ligue dès leur première saison professionnelle. Attribué depuis la saison 1952-1953, le trophée du Rookie de l’année NBA (ROY) récompense le meilleur débutant de la saison régulière.

Tous les ans, des dizaines de joueurs débarquent en NBA et commencent leur aventure dans la cour des grands. Certains parviennent à se faire remarquer rapidement, à l’image de l’homme dont on va parler aujourd’hui.

Remporter le trophée de Rookie de l’année NBA est déjà un exploit en soi, mais être élu à l’unanimité est une reconnaissance exceptionnelle. Depuis deux ans, les trophées individuels sont renommés en hommage à certaines légendes, et celui de Rookie de l'année ne fait pas exception : le Wilt Chamberlain’s Rookie of the Year Award.

Ce trophée récompense une première année ébouriffante de la part du jeune prodige. Victor Wembanyama est devenu le sixième joueur NBA élu Rookie Of The Year à l’unanimité après Ralph Sampson, David Robinson, Blake Griffin, Damian Lillard et Karl-Anthony Towns. Rafler tous les votes dépend évidemment aussi de la concurrence mise face au joueur qui décroche le trophée - dans le cas présent, Chet Holmgren a tout de même signé une très belle saison - mais le Français a tellement marqué les esprits que sa saison fait déjà office de référence historique.

ESPN parle de l’une "des meilleures campagnes jamais vues pour un rookie " et même la NBA va dans le même sens en mettant en avant "l’une des meilleures saisons rookie de l’Histoire." Certains iront même plus loin en plaçant les performances du jeune homme tout en haut.

Le natif du Chesnay est un phénomène médiatique sans précédent. Pas seulement pour ce qu’il fait sur le terrain, même si ça en découle, mais aussi pour ce qu’il incarne, à savoir le futur de la ligue. Rien que ça. Les attentes étaient absolument gigantesques et le fait qu’il les dépasse est une énorme performance, peut-être encore plus grande que ses prestations en elles-mêmes, qui peut pousser à surévaluer ce qu’il a réalisé dès ses débuts outre-Atlantique.

Wembanyama fait des choses qui n’ont jamais été vus à ce niveau sur un terrain de basket. Ses accomplissements sont aussi inédits. Tout simplement parce qu’il n’y a jamais eu un joueur comme lui. Et ça choque. Au-delà de ses 21,4 points, 10,6 rebonds, 3,9 passes et 3,6 blocks (premier en NBA) de moyenne, il y a eu déjà un match en "5 by 5", une performance rare, un triple-double avec les contres ou encore un match de mammouth à 40 points et 20 rebonds.

Ça n’empêche pas que le jeune homme de 20 ans a validé toutes les cases très rapidement. Il a montré qu’il était prêt à s’affirmer comme une première option de tout premier plan en NBA et son impact défensif est tel qu’il est déjà l’un des trois finalistes pour le trophée de meilleur défenseur.

Maintenant, il y a tout de même un critère qui ne doit pas écarté totalement. Celui du bilan collectif. Le constat un peu simpliste reviendrait à souligner la faiblesse de l’effectif des Spurs. Mais San Antonio a gagné autant de matches - seulement 22 ! - avant l’arrivée de Wembanyama. La franchise texane est même passée tout proche de signer la plus mauvaise saison de son Histoire malgré l’arrivée du Français.

Parce que même s’il est déjà impressionnant et en avance pour son âge, Wembanyama a encore beaucoup à apprendre pour faire gagner son équipe. Des progrès aperçus en fin de saison, quand les Spurs ont décroché 7 victoires sur leurs 11 derniers matches. La suite s’annonce extrêmement prometteuse pour lui, et donc pour l’organisation.

De nos jours, on attend d’un très bon rookie qu’il permette à son équipe d’améliorer son bilan. Victor Wembanyama réalise une saison rookie exceptionnelle sur le plan individuel, avec un ratio production/temps passé sur le terrain quasiment jamais vu auparavant, un impact très fort des deux côtés du terrain et des fulgurances qui ne laissent aucune place au doute quant à la réussite de sa carrière.

L’heure est déjà au bilan. Les statistiques de la saison rookie du Français, qui va profiter d’un peu de repos pendant que les meilleures équipes de la ligue s'écharpent en playoffs, sont désormais figées. L’occasion de les comparer avec ce qui se fait de mieux dans l’histoire de la NBA.

Les statistiques brutes de Wembanyama (21,4 points par match, 10,6 rebonds, 3,9 passes décisives, 3,6 contres et 1,2 interception) sont épatantes et l’invitent incontestablement à la table des meilleurs. Premier constat, aussi implacable que limpide: au niveau des points marqués, seul Blake Griffin a fait mieux que lui au XXI Siècle. Une saison monstrueuse récompensée d’une sélection au All Star Game, contrairement à Wembanyama, non retenu pour le match des étoiles cette année.

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Top 10 des Meilleurs Rookies All-Time

Voici une analyse comparative des saisons rookies les plus marquantes de l'histoire de la NBA :

Wilt Chamberlain

Comme toujours avec « Wilt the Stilt », les chiffres les impressionnants. Ça n’a aucun sens. 37 points, 27 rebonds. Surhumain. Jamais un rookie ne fera mieux. La NBA était bien différente à l’époque (et très raciste). ROY. MVP du All-Star Game. MVP. L’un des deux seuls rookies de l’Histoire à avoir été élu MVP.

Son aventure commence en 1959 chez les Philadelphia Warriors à l’époque, via un territorial pick à l’âge de 23 ans. Alors que le joueur est déjà un peu connu après avoir passé un an avec les Harlem Globetrotters, il fait ses débuts en NBA le 24 octobre 1959. Le début d’une nouvelle ère.

Pour son premier match, The Stilt affronte les Knicks au mythique Madison Square Garden. Existe-t-il une meilleure scène pour réaliser des débuts d’anthologie ? La réponse est non et Chamberlain écrit le premier chapitre de sa légende : 43 points et 28 rebonds, en 48 minutes de jeu ! Bien évidemment, cela est la meilleure performance au scoring pour un premier match en carrière.

Ainsi, dès ses premiers pas dans la grande ligue, Wilt Chamberlain pose des bases sérieuses qui font instantanément de lui le meilleur joueur du monde. Une année record, ses chiffres n’ont depuis jamais été égalés, laissant une trace indélébile dans l’histoire NBA, où il semble seul et intouchable.

Oscar Robertson

Quasiment un triple-double pour sa première saison NBA, ça vous classe un homme. En réalité, Oscar Robertson a même commencé sa carrière chez les pros avec 24 points, 12 rebonds et 10 passes. All-Star et même MVP du match des étoiles mais aussi nommé dans le premier cinq de la ligue à l’issue d’un exercice époustouflant.

L’ex-roi du triple-double a de suite donné le ton en arrivant en NBA : 30,5 points, 10,1 rebonds et 9,7 passes.

Kareem Abdul-Jabbar

Lew Alcindor, à l’époque ! Avant que l’intérieur se convertisse à l’Islam et devienne Kareem Abdul-Jabbar. Sensationnel à UCLA, il était le prospect à ne pas manquer en 1969. Un joyau que les Bucks et les Suns se sont arrachés… sur un coup du sort. Un pile-ou-face, gagné par la franchise du Wisconsin qui a alors bénéficié du premier choix de la draft.

Mais même là, elle s’est retrouvée en concurrence avec les New York Nets, qui ont aussi pioché Alcindor… lors de la draft ABA. Le joueur a demandé aux deux équipes de faire une proposition. Il a accepté la plus juteuse.

Son arrivée a fait des Bucks la place forte de la NBA alors que l’organisation vivait seulement sa deuxième saison. De 27 à 56 victoires sous l’impulsion du deuxième marqueur et troisième rebondeur NBA cette année-là.

Les Bucks sortaient d’une saison médiocre lorsque l’alien de UCLA a fait son apparition sur scène pour les propulser vers une saison avec 29 (!) victoires de plus, où ils ont séché les Sixers de Billy Cunningham au 1er tour et échoué vaillamment contre New York en finale de Division.

Sur cette première année en NBA, celui qui allait devenir KAJ en 1971 après sa conversion à l’islam, tournait à 28.8 points, 14.5 rebonds et 4.1 passes de moyenne, préparant le terrain à une saison sophomore encore plus folle, avec le titre de champion NBA à la clé, en compagnie d’Oscar Robertson.

Magic Johnson

Pas de Bird sans Magic. Deux opposés, deux amis, deux frères et deux adversaires historiques débarqués en NBA la même année. Le meneur emblématique des Lakers est l’un des deux seuls joueurs de cette liste à avoir bouclé sa saison rookie sous les 20 points de moyenne. Mais quelle saison !

Johnson a marqué l’Histoire en devenant le premier débutant à être nommé ROY et… MVP des finales. Certes, il a eu la chance d’atterrir au sein d’une équipe de Los Angeles qui comptait déjà Abdul-Jabbar.

Mais c’est justement après la blessure du pivot lors du Game 5 des finales 80 que Magic a été aligné au poste cinq dans le Game 6. Meneur, ailier, intérieur, il a tout fait sur cette rencontre. Pour finir avec 42 points, 15 rebonds et 7 passes.

Larry Bird

Larry Bird devait débuter sa carrière en pro un an plus tôt, en 1978. Il avait alors été drafté en sixième position par les Celtics. Mais il préférait alors terminer son cursus universitaire avec Indiana.

Et c’est finalement en 1979, après avoir négocié son salaire, qu’il s’est pointé en NBA. Les premiers pas furent brillants.

L’équipe du Massachussetts restait sur deux saisons sans qualification en playoffs. Seulement 29 victoires en 1979. Avec un Bird complet, la formation s’est à nouveau propulsée parmi les prétendants au titre. 61 succès sur l’année et une finale de Conférence perdue contre les Sixers.

Michael Jordan

Le documentaire « The Last Dance » offre une plongée dans l’univers et la carrière de Jordan. Troisième choix de la draft à sa sortie de North Carolina, il s’est retrouvé au sein d’une franchise en perdition, rongée par la drogue (comme le reste de la ligue à cette époque), et très peu populaire à Chicago. Mais MJ a su faire des Bulls une équipe attractive en les ramenant sur le devant de la scène… et en playoffs.

« A Star is born », titrait Sports Illustrated avec Jojo en couverture. Le public était aussi sous le charme. All-Star, le numéro 23 a été élu dans le cinq majeur de la Conférence Est dès sa première saison.

28 points de moyenne pour le MJ de 21 ans, avec aussi 6 rebonds et 6 passes. Peut-être encore un peu trop soliste - même s’il a de suite mené les Chicago Bulls en playoffs (avec un bilan négatif) et ce n’était pas gagné à l’époque - pour vraiment être considéré comme le meilleur rookie de l’Histoire.

David Robinson

La saison rookie de David Robinson est absolument monstrueuse. Peut-être la plus impressionnante de ces quarante dernières années. La deuxième de cette liste en matière de « Win Shares » par exemple. Une statistique qui calcule l’impact d’un joueur sur le succès de son équipe.

Et le pivot dominant a complètement changé les Spurs. Ils sont passés de 21 à 56 victoires avant de s’incliner en demi-finales de Conférence. « L’Amiral » avait cependant 24 ans au moment de son entrée en NBA. Il était déjà mûr mentalement et physiquement.

D’ailleurs, Robinson aurait pu venir en NBA dès 1987, après avoir été choisi en première position par San Antonio. Mais il est allé au bout de son engagement avec la marine américaine.

Cette année-là, tourne à plus de 24 points, 12 rebonds et presque 4 contres de moyenne.

Shaquille O'Neal

Ah, Shaquille O’Neal rookie, et plus largement le Shaq du Magic, c’était époustouflant ! Moins bulldozer que sa version Lakers, un peu plus tard, mais terriblement charismatique. Un athlète surpuissant et agile capable de cavaler d’un bout à l’autre du parquet avant d’arracher l’arceau avec un dunk.

Orlando était une franchise toute jeune - créée en 1989 - quand elle a hérité du premier choix de la draft 1992.

O’Neal est devenu le premier débutant depuis Jordan à être nommé All-Star dans le cinq majeur.

Tim Duncan

Les Spurs savent à quel point ils ont eu de la chance de piocher Tim Duncan. Ils n’étaient pas censés disposer du premier choix de la draft 1997. Ils figuraient constamment parmi les contenders à l’Ouest grâce à la présence de Robinson. Puis le pivot All-Star s’est blessé. Toute l’année, ou presque. Sans lui, des éperons relégués au fin fond du classement. Et qui héritent donc du gros lot.

Duncan a eu un impact immédiat. De 20 à 56 victoires, suite aussi au retour de Dave. Une progression encore plus impressionnante que lors de l’arrivée de « l’Amiral » quelques années plus tôt. Avec un Timmy nommé dans le premier cinq NBA.

Les Texans ne sont pas allé au bout cette année là… mais juste la saison d’après, en 1999. Leur tout premier titre.

LeBron James

La comparaison est intéressante parce que le King est arrivé dans la ligue avec des attentes comparables à celles de Wembanyama. Il avait même un an de moins (19) et sortait directement du lycée.

James a mis de suite tout le monde d’accord en compilant 21 points, 5 rebonds et 6 passes. En revanche, il n’a pas été All-Star et a manqué de peu les playoffs. Son année rookie est moins marquante que celle de l’ancien joueur de Levallois statistiquement parlant mais elle est au moins aussi impressionnante.

Tableau Comparatif des Statistiques Clés des Rookies

Ce tableau met en évidence les performances exceptionnelles de plusieurs rookies légendaires :

Joueur Points Rebonds Passes Contres
Wilt Chamberlain 37.6 27 N/A N/A
Oscar Robertson 30.5 10.1 9.7 N/A
Kareem Abdul-Jabbar 28.8 14.5 4.1 N/A
Magic Johnson 18 7 7 N/A
Larry Bird 21 10 4 N/A
Michael Jordan 28 6 6 N/A
David Robinson 24 12 N/A 4
Shaquille O'Neal 23.4 13.9 N/A 3.5
Tim Duncan 21 12 N/A 2.5
LeBron James 21 5 6 N/A
Victor Wembanyama 21.4 10.6 3.9 3.6

Note: N/A signifie que la statistique n'était pas officiellement comptabilisée à cette époque.

En conclusion, chaque rookie a marqué l'histoire de la NBA à sa manière, laissant une empreinte indélébile sur le jeu et inspirant les générations futures.

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