Larry Joe Bird naît le 7 décembre 1956 à West Baden Springs, dans l'Indiana et grandit à French Lick, petite ville d'environ 2 000 habitants dans le sud de l'État, ce qui lui a valu le surnom de « the Hick from French Lick » dans sa carrière de basket-ball professionnel.
Il est le fils de Georgia (née Kerns le 2 juin 1930 dans le Comté de Dubois- décédée le 8 octobre 1996 à West Baden Springs) et Claude Joseph "Joe" Bird (né le 21 septembre 1926- décédé le 3 février 1975 à French Lick) et c'est le quatrième enfant d'une famille de six : Mike, Mark, Linda, Larry, Feff et Eddie. Sa mère, qui occupe un poste de serveuse, finit d'élever seule ses enfants : son mari, un ouvrier, se suicide avec une arme à feu en 1975, alors que Larry a dix-huit ans.

Début de carrière
Il effectue ses premiers matchs en high school au Springs Valley High School alors qu'il est sophomore, ou deuxième année : il dispute alors deux matchs, pour un total de 8 points. La saison suivante, il dispute 22 matchs et sa moyenne atteint désormais 16 points par rencontre. Lors de sa dernière saison, il inscrit 764 points, 30,6 de moyenne, 516 rebonds et 107 passes avec comme meilleure performance 55 points.
Ses performances en lycée lui permettent de recevoir une offre pour rejoindre l'université de l'Indiana dont les Hoosiers de l'Indiana sont dirigés par Bobby Knight. Toutefois, il ne joue pas avec cette équipe : passer d'une ville d'un peu plus de 2 000 habitants à un campus regroupant plus de 33 000 étudiants est un changement trop important pour ce jeune joueur de dix-sept ans et Bird retourne à la maison après moins d'un mois.
En 1975, il retrouve le monde universitaire : il rejoint les Sycamores d'Indiana State de l'université d'État d'Indiana. Il ne peut toutefois pas jouer lors de cette saison 1975-1976, son changement d'université le plaçant alors sous le statut de redshirt. En son absence, les Sycamores terminent cette saison avec un bilan de 13-12.
Pour sa première saison, en 1976-1977, il termine avec des statistiques de 32,8 points, 13,3 rebonds, ce qui se traduit par 918 points, 373 rebonds et 124 passes en 28 matchs (25 victoires, 3 défaites). La saison se termine par une défaite d'un point face à Houston au premier tour du National Invitation Tournament. Durant l'été, il remporte la médaille d'or des championnats du monde universitaire en battant l'URSS 87 à 68.
La saison suivante, les Sycamores terminent avec un bilan de 23-9. Bird inscrit 959 points, capte 369 rebonds et délivre 124 passes en 32 rencontres. Lors de sa dernière saison universitaire, en 1978-1979, Bird conduit son équipe à la victoire lors du tournoi de la Missouri Valley Conference, puis à une participation au tournoi final de la National Collegiate Athletic Association (NCAA).
C'est la première fois de son histoire que l'école dispute le tournoi final de la Division I du championnat de la NCAA. Lors de celui-ci, les Sycamores éliminent Virginia Tech puis Oklahoma et enfin Arkansas en finale régionale pour se qualifier pour le Final Four, disputé à Salt Lake City. Lors de celui-ci, ils s'imposent 76 à 74 face à DePaul et obtiennent le droit de disputer le titre national.
La finale oppose donc une équipe qui dispute son premier tournoi final de Division I aux Spartans de Michigan State, équipe réputée de la Big Ten Conference, l'une des conférences les plus compétitives du pays. C'est également l'affrontement entre deux joueurs qui possèdent un talent énorme, sont de grands passeurs et possède un grand esprit de compétition : Larry Bird et Magic Johnson.
Par contre, sur d'autres critères, tout les opposent : l'un est blanc, l'autre noir ; Magic est expansif alors que Bird communique peu. De plus, Bird évoluant dans une petite université, il est alors un joueur réputé dans la presse locale mais que très peu d'Américains ont eu la possibilité de voir jouer. Cette finale, avec une audience de 24,1 sur l'échelle de Nielsen, est l'événement de basket-ball qui a connu la plus grande audience aux États-Unis, puisqu'environ un quart des Américains se sont rassemblés devant leur télévision.
Michigan s'impose sur le score de 75 à 64 grâce aux 24 points de Magic Johnson. Bird est lui limité à un 7 sur 21 aux tirs, pour un total de 19 points et seulement deux passes décisives. Les statistiques de Larry Bird sur sa dernière saison sont de 973 points, 28,6 de moyenne, 505 rebonds, 14,9 par match et 187 passes. Sur l'ensemble de sa carrière universitaire, il a disputé 94 rencontres, inscrit 2 850 points, capté 1 247 rebonds et délivré 434 passes.
Carrière NBA
Larry Bird est sélectionné en sixième position de la draft en 1978 par les Celtics de Boston. Toutefois, Bird jouant en 1978-1979 sa dernière saison en NCAA, Boston doit signer avec Larry Bird avant la draft suivante pour conserver ses droits sur le joueur. Lors des négociations entre Red Auerbach et Bob Woolf, l'agent de Bird, celui-ci demande un contrat d'un million de dollars. Red Auerbach refuse cette proposition en argumentant qu'un ailier ne peut pas dominer un match, au contraire d'un pivot ou parfois d'un meneur ou d'un arrière.
Dès son arrivée dans la franchise de Boston, l'impact de Larry Bird est immédiat. Il permet aux Celtics, qui restent sur un bilan de 29 matchs gagnés pour 53 matchs perdus, de réaliser le meilleur bilan de la ligue. En effet, Boston obtient 61 victoires en saison régulière et ne concède que 21 défaites, ce qui constitue alors le troisième meilleur bilan de l'histoire de la franchise, derrière les 68-14 de la saison 1972-1973 et 62-18 de la saison 1964-1965. Avec 21,3 points et 10,4 rebonds par rencontre , Larry Bird est déjà le meilleur marqueur et rebondeur de son équipe.
Dès sa première saison, il reçoit ses premières récompenses individuelles. Il est désigné meilleur joueur du mois de février. Il remporte le titre de NBA Rookie of the Year et est élu dans le meilleur cinq des débutants (NBA All-Rookie Team). Il fait également partie du premier cinq NBA (All-NBA First Team) dont les quatre autres joueurs sont Kareem Abdul-Jabbar, Julius Erving, George Gervin et Paul Westphal. Plus tôt dans la saison, il est sélectionné dans l'équipe de la conférence Est pour le All-Star Game qui se détoule le 3 février 1980 dans le Maryland. Son adversaire de la finale NCAA de l'année précédente, Magic Johnson, est également présent dans l'équipe de la conférence Ouest.
Top 10 des actions de Larry Bird au Temple de la renommée NBA | Archives ESPN
La draft 1980 marque un tournant dans l'histoire des Celtics. Au milieu de la saison NBA 1980-1981, les Celtics réussissent une série de 25 victoires en 26 rencontres, bien emmenés par Bird qui marque en moyenne 28 points par match. Avant le NBA All-Star Game 1981, où il est une nouvelle fois sélectionné, Larry Bird se blesse à la cuisse après un choc avec le genou de Darryl Dawkins. Les playoffs de la saison NBA 1981 marquent le retour des Celtics au sommet de la NBA. Larry Bird est un joueur clef de l'effectif. L'apport des deux joueurs intérieurs permet une variation entre jeu intérieur et extérieur qui lui bénéficie.
Suite à leur première place en saison régulière, les Celtics de Boston sont exemptés de premier tour et attendent leur adversaire. Les Bulls de Chicago s'avancent en adversaires de Boston après avoir battu les Knicks de New York. Les Celtics dominent largement les Bulls par 4 victoires à 0. Ils sont ensuite opposés aux Sixers de Philadelphie lors d'une revanche de la précédente finale de conférence. Julius Erving, MVP de la saison régulière, contribue à la victoire des Sixers sur le parquet du Boston Garden lors du match 1. Chaque équipe gagne ensuite dans sa salle et Boston se retrouve mené trois victoires à une.
Dans le cinquième match de la série, les Celtics sont menés de six points à 1 minutes 51 du terme de la rencontre. Ils reviennent et gagnent la partie 111 à 109. À nouveau dominée, cette fois-ci de 17 points, l'équipe de Boston gagne 100 à 98 à l'extérieur le sixième match et s'offre une rencontre décisive au Garden. En finale NBA, la franchise de Bird est opposée aux Rockets de Houston.
Durant le premier match de cette série, Bird réalise ce que Red Auerbach qualifiera de « plus belle action qu'[il n'ait] jamais vue » : il tente un tir depuis le côté droit du terrain mais aussitôt il voit que son tir est manqué ; il anticipe alors le rebond et se déplace rapidement vers le fond du terrain. Dans sa course, il capte le ballon de la main droite mais, toujours en l'air, il se trouve maintenant dans l’impossibilité de tirer de cette main, la planche lui interdisant le tir et il ne peut se laisser retomber au sol, étant désormais derrière la ligne de fond. Il passe alors la balle dans sa main gauche puis lance le ballon vers le panier, le ballon franchissant l'arceau. Les Celtics remportent finalement cette première manche sur le score de 98 à 95.
Les Rockets, dont le joueur majeur est Moses Malone, égalisent en s'imposant, toujours sur le parquet du Boston Garden, 92 à 90 lors du deuxième match. Boston reprend aussitôt l'avantage du terrain en s'imposant à Houston sur le score de 94 à 71 puis voit les Rockets égaliser de nouveau après une victoire 91 à 86. Boston s'impose sur son parquet lors du cinquième match. Lors de la sixième rencontre, les Rockets reviennent à trois points à 1 minute 51 après avoir été menés de 17 points.
Lors de sa troisième saison dans la ligue, les Celtics terminent de nouveau avec le meilleur bilan de la NBA avec 57 victoires pour 25 défaites. En février, il est désigné meilleur joueur du All-Star Game 1982 lors d'une victoire 120 à 118 de son équipe. Lors de cette rencontre, il inscrit 19 points à 7 sur 12 aux tirs, capte 12 rebonds, délivre 5 passes, réussit 1 interception et 1 contre. Lors des playoffs, les Celtics s'imposent quatre à un face aux Bullets de Washington. En finale de conférence, ils sont ensuite opposés aux Sixers comme lors des deux saisons précédentes.
Après une première victoire des Celtics au Boston Garden, les Sixers enchaînent trois victoires pour mener la série par trois à un. De retour à Boston, les Celtics l'emportent 114-85 et les supporters, persuadés que la série, comme celle de 1981, se décidera lors de la septième manche, donne rendez-vous aux Sixers par un « See you Sunday ». Les Celtics sont proches de renouveler cet exploit en s'imposant 88 à 75 à Philadelphie. Toutefois, lors du match sept, les Sixers s'imposent sur le score de 117 à 105, et les supporters des Celtics changent leur clameur au profit d'un « Beat LA », slogan qui est exprimé pour la première fois et qui deviendra un standard dans les années futures.
En 1983, Boston, deuxième bilan de la division atlantique derrière les Sixers, doit disputer le premier tour des séries éliminatoires face aux Hawks d'Atlanta. Après une victoire deux à un, ils sont opposés en demi-finale de conférence aux Bucks de Milwaukee : ils subissent alors ce qui est le premier et le seul sweep (défaite quatre à zéro) des Celtics durant la période où évolue Larry Bird.
Bird termine onzième marqueur de la ligue avec 23,6 points, neuvième avec 11 prises du classement des rebondeurs et dix-septième du classement des passeurs avec 5,8 unités par rencontre. En 1983, la NBA instaure un salary cap, plafond salarial destiné à limiter la masse salariale des franchises, ce qui n'existe alors dans aucune des grandes ligues américaines. Celui-ci ne doit prendre effet que pour la saison 1984-1985. Toutefois, la NBA définit quelques exceptions qui permettent de dépasser ce plafond.
La plus connue d'entre elles, officiellement nommée Qualifying veteran free agents, est appelée Larry Bird Exception : celle-ci permet à une franchise de pouvoir dépasser son plafond salarial en re-signant l'un de ses propres joueurs. Elle porte le nom de Larry Bird car elle aurait été introduite dans le but de permettre aux Celtics de pouvoir le re-signer, Bird devant être agent libre à l'issue de la saison 1983-1984. Les Celtics connaissent alors quelques changements : ils changent de propriétaire au profit d'un groupe mené par Don Gaston. Sur le plan sportif, l'équipe est confiée à un ancien joueur de la franchise, K.C. Jones.
Elle retrouve le premier rang de la ligue en terminant avec le meilleur bilan, 62 victoires pour 20 défaites. Bird termine au premier rang au pourcentage de lancers francs réussis avec 88,8 % et figure dans le top 10 du classement des marqueurs - septième avec 24,2 - et des rebondeurs - dixième avec 10,1 - et présente une moyenne de 6,6 passes. Il présente également une moyenne de 1,8 interception soit un total de 144, terminant également dixième de la ligue dans ce classement.
Après deux élections au titre de meilleur joueur de la semaine durant les mois de février et mars, Bird reçoit son premier titre de NBA Most Valuable Player, meilleur joueur de la ligue, après trois premières saisons à un niveau exceptionnel.
Style de jeu et personnalité
Larry Bird est considéré comme le meilleur joueur blanc de l'histoire de la Ligue et le symbole de la fierté des Celtics. Malgré des qualités physiques très moyennes, son sens du placement a fait de lui un grand rebondeur. Son excellente vision du jeu lui permet d'être un passeur prolifique. Son adresse et son habileté ballon en main font de lui un des meilleurs tireurs de l'histoire de la NBA, comme en témoignent ses victoires au concours à trois points lors du All-Star Game, ses premières places au pourcentage de lancers francs et ses moyennes générales au tir. Également bon intercepteur, il est un joueur complet.
C'est un acharné de l'entraînement : il ne quitte pas la salle avant d'avoir réalisé une série de lancers francs réussis sans que le ballon ne touche le cercle. Larry Bird est quelqu'un de très impliqué dans la vie du groupe. Dès sa carrière universitaire, il regrette souvent que l'attention des médias se porte sur la personne et non sur l'équipe. Cette implication dans l'équipe et son sens de la loyauté sont une des raisons pour lesquelles il dispute une dernière saison avec les Sycamores : il s'estime toujours être redevable envers Bob King - et son assistant Bill Hodges - qui est en partie responsable du retour de Bird dans le basket-ball universitaire.
Malgré son statut de redshirt en 1975-1976, il s’entraîne tous les jours et aide les joueurs de son équipe à s'améliorer. Durant sa carrière professionnelle, il a toujours prêté attention au personnel qui entoure l'équipe, des gardiens aux personnes passant la serpillère.
Larry Bird est également connu pour être un grand trash talker : les épisodes les plus célèbres sont un tir trois points devant le banc des Pacers - Bird, une fois le ballon parti, se retourne aussitôt vers Chuck Person et dit : « Merry fucking Christmas. », celui-ci surnommé the rifleman, ou l'homme à la carabine, avait déclaré auparavant que « The Rifleman is Coming, and He's Going Bird Hunting. », « Le chasseur arrive, et il va aller à la chasse à l'oiseau ». Dans un autre match, face aux Supersonics de Seattle, il désigne un endroit à Xavier McDaniel, qui défend sur lui, d'où il dit qu'il prendra un tir et marquera juste devant lui.
Palmarès et distinctions
Larry Bird dispute 897 rencontres de saison régulière avec les Boston Celtics pour 21 791 points, 8 974 rebonds, 5 695 passes, 1 556 interceptions et 755 contres. Élu parmi les 50 meilleurs joueurs du cinquantenaire de la NBA en 1996, il est introduit au Hall of Fame en 1998, pour sa carrière individuelle et en 2010 en tant que membre de la Dream Team avec qui il a remporté la médaille d’or aux Jeux Olympiques de 1992.
- 3 fois Champion NBA
- Sélectionné 12 fois pour le NBA All Star Game et 9 fois en All NBA First Team
- Élu NBA Rookie of the Year 1980, NBA All Star Game MVP 1982, 2 fois NBA Finals MVP et 3 fois NBA MVP
L'opposition phare entre Larry Bird et Magic Johnson est un facteur clé du renouveau de l'intérêt envers le basket américain .
| Saison | Équipe | Points par match | Rebonds par match | Passes décisives par match |
|---|---|---|---|---|
| 1979-1980 | Boston Celtics | 21.3 | 10.4 | 4.5 |
| 1980-1981 | Boston Celtics | 21.2 | 10.9 | 5.5 |
| 1981-1982 | Boston Celtics | 22.9 | 10.9 | 4.8 |
| 1982-1983 | Boston Celtics | 23.6 | 11.0 | 5.8 |
| 1983-1984 | Boston Celtics | 24.2 | 10.1 | 6.6 |