C’est l’histoire d’une équipe qui gagne. Des Jeux olympiques de Barcelone, en 1992, au Mondial 2017 en France, le handball français n’a cessé de s’affirmer, titre après titre, exploit après exploit, comme LA référence internationale.

Terrain de handball et positions des joueurs
Les débuts et l'ascension
En 1985, l'équipe de France est loin d’être aussi compétitive qu’aujourd’hui. Les Bleus évoluent au troisième échelon de la hiérarchie planétaire, et disputent le Mondial C. Daniel Costantini, champion de France 1975 et 1984 avec le Stade Marseillais Université Club, reprend les rênes de la sélection et change radicalement de méthodes.
La révolution est en marche : la France réintègre le groupe A mondial en 1990 et se qualifie cette même année pour le championnat du monde.
Les "Bronzés" à Barcelone 1992
Mais c’est en 1992 que les Bleus font leur entrée dans la cour des grands. Et elle est fracassante. Aux JO de Barcelone, les "Bronzés" - en référence au film du même nom et aux teintures blondes des joueurs - décrochent la médaille de bronze, et les mâchoires de beaucoup d’observateurs.
Sèchement battus par la Russie en finale du Mondial, l’équipe doit se contenter d’une médaille d’argent. On ne les y reprendra plus.
Car deux ans plus tard, les Français se donnent un nouveau surnom : les "Barjots". Un peu fous, Stéphane Stoecklin, Jackson Richardson, Pascal Mahé (le père de Kentin, actuel joueur de l’équipe de France) et les autres ne rigolent pourtant pas sur le terrain.
Organisé depuis 1938, le championnat du monde de handball 1995 se déroule pour la première fois en Islande.
Les francais inscrivent leur premier titre à leur palmarès en remportant les mondiaux d’Islande.
Nouvelle médaille pour les Barjots, qui terminent à la troisième place des championnats du monde organisés pour la première fois sur les terres nippones.
L'ère Costantini et les "Costauds"
Il faut pourtant attendre six ans pour que le handball français les sommets. Daniel Costantini entraîne une dernière fois les Bleus au Mondial 2001, disputé à domicile. Ses joueurs renversent la Suède au terme d’une finale légendaire (28-25 après prolongation).
À l’issue de la rencontre, le sélectionneur dira de ses joueurs qu’ils ont été "costauds" : un nouveau surnom est né. Sur le parquet du vieux Palais Omnisports de Paris-Bercy, Didier Dinart et Guillaume Gille, actuels sélectionneurs des Bleus, font la fête. À leurs côtés, deux "jeunots" sont également présents : Thierry Omeyer et Daniel Narcisse, 24 et 21 ans (40 et 37 aujourd’hui). Luc Abalo, alors âgé de 16 ans, regarde le spectacle depuis les tribunes, tout comme Michaël Guigou, 19 ans à l’époque. Nikola Karabatic, 16 ans lui aussi, est devant sa télé.
JEUX OLYMPIQUES - Le replay intégral de la finale France-Danemark en handball à Tokyo (2020)
La transmission et la continuité
"C'est grâce à la génération de 2001 qu'on peut faire ça aujourd'hui, ils nous ont fait rêver", a souligné l'aîné des frères Karabatic, sacré meilleur joueur du Mondial 2017 après la victoire finale, dimanche. Il n'est d'ailleurs pas le seul à évoqué cette continuité à travers les époques. "Les anciens nous ont montré la voie, ils ont montré que le handball français était capable de gagner. Tout est né grâce à eux", a également glissé Michaël Guigou.
Oui, cette victoire est aussi celle de Daniel Costantini, donc. Elle est aussi celle de Claude Onesta, qui prend la relève en 2001 à la tête de la sélection. C’est avec lui que, cinq ans plus tard, les Bleus deviennent une véritable machine à gagner.
Champions olympiques pour la première fois à Pékin, les "Experts" écrasent tout sur leur passage. Entre 2008 et 2017, ils glanent huit trophées sur les douze possibles, faisant de la France la nation la plus titrée du hand masculin mondial, avec onze titres internationaux .
Cette dernière victoire face à la Norvège dimanche est cette fois à mettre au crédit de Didier Dinart. La transmission s’est faite à merveille entre l’ancien et le nouveau coach des Bleus (le troisième seulement depuis 1985, donc).
Cela faisait bientôt quatre ans que le Guadeloupéen, 40 ans et 379 sélections, œuvrait dans l'encadrement de l'équipe de France. Claude Onesta lui a laissé les clefs du camion, fin septembre, pour devenir manager général .
"On était dans la continuité d'un processus engagé par Claude Onesta. Je me suis rajouté à quelque chose qui fonctionnait déjà très bien », a d’ailleurs noté le co-sélectionneur Guillaume Gille, l’euphorie du sacre passée.
Un avenir prometteur
Un passage de relais parfaitement réussi, à l’image de l’effectif, où tauliers et jeunes pépites cohabitent à merveille. Grâce à la qualité de la formation française, la relève semble assurée. En témoigne la réussite de Nedim Remili, Ludovic Fabregas ou encore Dika Mem .
Le handball est aujourd’hui dans le top 10 des sports les plus pratiqués en France. Aujourd’hui : 197 nations sont membres intégrantes de la Fédératon Internationale de Handball.
Quelques dates clés de l'histoire du handball
D’origine Allemande, ce sport à connu différents évènements en France et à l’international qui ont conduit à sa renommée.
- 1898: Naissance du handball au Danemark sous le nom de « Handbold ».
- 1919: Première compétition de ce jeu à Los Angeles. Un irlandais nommé Casey avait introduit le jeu aux Etats-Unis.
- 1926: A La Haye, la Fédération Internationale d’Athlétisme nomme une commission en charge d’établir un règlement sportif pour la pratique du « Jeu à la main ».
- 1928: Le handball fait son apparition, en tant que sport de démonstration, aux Jeux Olympiques d’Amsterdam.
- 1936: Le hand entre aux Jeux Olympiques, comme sport officiel, aux J.O. de Berlin.
- 1938: Premier Championnat du Monde. Il y en aura 2 cette année-là, un pour le handball à 11 et l’autre pour le handball à 7.
- Années 50: Le handball à 11 disparaît progressivement au profit du jeu à 7.
- Années 80: Le handball est dominé par les pays européens. Cependant, plusieurs équipes non européennes se qualifient régulièrement.
- 1932: Apparition du handball en France.
- 1935: Durant le dernier trimestre de l’année 1935, une première fédération est créée par M.
- 1940: Trois professeurs de gymnastique souhaitent créer une fédération en s’adressant au Haut-Commissaires aux Sports.
- 1941: Sous le régime de Vichy, la Fédération Francaise de Handball est créée avec René Bouet comme président.
- 1952: Première édition du championnat de France à 7 masculin.
- 1964: La présidence est assurée par Nelson Paillou jusqu’en 1982.
- 1990: Date-clé à laquelle la France réintègre le groupe A mondial et se qualifie pour les championnats du monde 1990 en Tchéquoslovaquie, remportés par la Suède.
- 1992: L’équipe de France participe aux Jeux Olympiques de Barcelone. Après leur qualification pour les demi-finales, les joueurs se teignent les cheveux en blond et prennent le surnom des Bronzés.
- 1993: La France gagne une nouvelle médaille, cette fois-ci l’argent, en terminant à la deuxième place des mondiaux de Suède, remportés par la sélection russe.
- 1995: Les francais inscrivent leur premier titre à leur palmarès en remportant les mondiaux d’Islande.
- 1997: Nouvelle médaille pour les Barjots, qui terminent à la troisième place des championnats du monde organisés pour la première fois sur les terres nippones.
- 2001: Les francais décrochent leur second titre mondial face à la Suède. Après le championnat, une grosse partie des cadres prend sa retraite et laisse place à de jeunes pépites, entre autre Fernandez, Gille, Omeyer ou un certain Karabatic.
- 2004: Création de la Ligue Nationale de Handball (LNH) sous le contrôle de la Fédération des Championnats.
- 2005: Troisième médaille de bronze remportée par les Costauds lors des mondiaux de Tunisie (victoire de l’Espagne).
- 2006: Enfin un titre pour les Costauds, le premier titre européen dans l’histoire des l’équipe de France lors des Championnats d’Europe en Suisse.
- 2012: Les tournois s’enchainent, les titres aussi !
- 2014: Encore une médaille pour les Bleus lors des championnats d’Europe face aux hôtes danois.
- 2015: Cinquième titre mondial pour les francais en battant en finale l’équipe surprise du Qatar.
- Aujourd'hui: Aujourd’hui : l’équipe de France est la plus titrée dans l’histoire du handball. En France, avec plus de 500 000 licenciés et 2411 clubs, le handball est le troisième sport collectif pratiqué après le football et le basket-ball.

L'équipe de France de Handball célébrant une victoire
Quelques mois après le fiasco, les Bleus avaient l'occasion d'être de retour au sommet avec un sans faute depuis le début des championnats du monde. Mais à l'heure des demi-finales le jeudi 30 janvier, le classique, France - Croatie, a tourné court avec une victoire impressionnante des Croates "Il y a de la déception, un peu de tristesse de ne pas avoir montré notre plein potentiel sur ce match" avait expliqué Guillaume Gille avant la rencontre.
Pourtant, durant ce Mondial, les Bleus étaient impressionnants avec une écrasante victoire à chaque tour. La machine s'était un peu enrouée lors des quarts de finale face à l'Egypte avec le but de la qualification à deux dixièmes de la fin, mais les espoirs étaient permis.
Malheureusement, dans le volcan de Zagreb, les Bleus n'ont rien pu faire et ont du jouer la petite finale face au Portugal. Dans un match irrespirable et avec un large turnover, la France a finalement réussi à décrocher le bronze grâce à un immense Aymeric Minne, lançant un nouveau cycle bien mérité.
"Elle représente tout le travail qu'on fournit depuis l'après JO (défaite en quarts contre l'Allemagne, 34-35 a.p.) Elle récompense vraiment la détermination de ce groupe de gagner ensemble. Je suis vraiment content, c'est ma première médaille en équipe de France. C'est la plus belle de ma carrière, je n'en ai pas d'autre. Le tour préliminaire s'est disputé du 14 janvier au 21 janvier avec trois matchs qui été au programme pour l'équipe de Franc.
Une apothéose collectiveAu retour des Jeux olympiques de Sydney où ils ont échoué en quarts de finale dans un climat délétère, les Bleus ont un énorme défi à relever : le championnat du monde 2001 organisé dans l’hexagone.
Les premières à jamais52 minutes de jouées dans la finale. Anita Gorbicz, la diabolique meneuse de jeu aux cheveux rouges de la Hongrie vient de marquer son 3e but de la partie.
Dominateurs en défense, les Bleus de Claude Onesta ont ouvert une nouvelle voie au handball français. Claude Onesta le sert chaque jour à ses joueurs : « Le dire fait rire, le faire fait taire.
L’épopée dorée des Experts s’est principalement construite au fil des semaines qui ont précédé le rendez-vous pékinois et au fil des minutes de ce tournoi olympique.
Jusqu’au Mondial 2017 organisé en France, retrouvez dans HandMag une rétrospective de chacun des championnats du monde disputés par l’équipe de France masculine depuis 1990.
Six semaines après la médaille d’argent des filles lors du Mondial en Chine, les Bleus sont devenus champions d’Europe à Vienne.
Sacrés champions du monde en Suède, les Experts ont conquis leur quatrième titre consécutif après les JO 2008, le Mondial 2009 et l’Euro 2010. C’est aussi le quatrième sacre planétaire de la France qui rejoint la Suède et la Roumanie dans l’histoire.
L’équipe de France masculine a une nouvelle fois démontré toute sa force et son génie. En remportant un troisième titre dans l’épreuve la plus relevée que le handball connaisse.
L’équipe de France a remporté au Qatar le cinquième titre mondial de son histoire. Le couronnement d’une formidable montée en puissance tout au long de la compétition.
Dans un Championnat du monde 2017 remarquablement organisé et bâti sur mesure pour l’équipe de France, les Handballeurs français ont atteint l’objectif souhaité par tous leurs supporters : décrocher une 6e couronne mondiale.
Le dimanche 17 décembre 2017, l’équipe de France féminine est devenue championne du monde à Hambourg (Allemagne), en dominant la Norvège par 23 à 21 (11-10).
Depuis sa pause de 30 mois et son retour en janvier 2016, Olivier Krumbholz n’en finit plus d’accumuler les médailles avec ses femmes de défis. Après la finale des J.O. 2016, la médaille de bronze à l’EHF EURO 2016 et le titre mondial de 2017.
L’équipe de France féminine a exaucé son vœu le plus tenace : remporter les Jeux olympiques, la seule compétition qui lui résistait encore. Après un tour préliminaire complexe, les joueuses d’Olivier Krumbholz ont enchaîné des prestations qui ont renvoyé très loin la concurrence.
L’équipe de France masculine n’avait plus disputé - et donc remporté - de finale depuis 2017 et sa victoire phénoménale dans un Mondial taillé sur mesure. Quatre ans après, dans le glacial Yoyogi National Stadium de Tokyo, les Bleus ont décroché le 3e titre olympique et donné une ampleur phénoménale à leur palmarès inégalé.
Les suiveurs de l’équipe de France avaient levé les sourcils quand Olivier Krumbholz, à l’occasion de la première semaine internationale de la saison, avait lancé que « le championnat du monde n’est pas l’objectif de cette saison.
De Nantes à Cologne, en passant par Düsseldorf et Berlin, les Bleus n’ont pas dérogé à leur objectif : gagner partout, tout le temps. Un nul et huit victoires plus tard, les hommes de Guillaume Gille ont décroché un 4e plateau d’argent et renforcé leur image de machine à gagner, en toutes circonstances.
L'équipe de France est de nouveau au rendez-vous d'une grande finale. L'équipe de France est la grande favorite de la finale du Mondial dimanche (17h15) à Lusail.
Si elle bat le Qatar, finaliste surprise, elle sera championne du monde pour la cinquième de fois de son histoire. Ça serait un record dans l'histoire de la compétition.
Il y a deux ans en Espagne, l’équipe de France avait abandonné son titre de championne du monde. Dimanche, elle a l’occasion de le récupérer et d’entrer (encore davantage) dans la légende de sa discipline.
Si les Experts l’emportent face au Qatar, ils offriront à la France une cinquième couronne mondiale. Du jamais vu jusqu’à présent en handball. Pour l’heure, les Bleus partagent le record de victoires avec la Suède (de 1954 à 1999) et la Roumanie (quatre titres entre 1961 et 1974).
Les Barjots avaient été sacrés en 1995 - une première tous sports collectifs confondus pour la France - suivis des Costauds en 2001 à Bercy. Champions olympiques, Nikola Karabatic et sa bande avaient ensuite décroché l’or en 2009 et 2011.
Et si la France l’emporte à Lusail, elle détiendra alors les titres olympique, mondial et européen, comme cela avait été le cas entre 2010 et 2012. Ce qui avait été un cas unique dans l’histoire du handball masculin.
Face au Qatar, les Français seront largement favoris, eux, qui ont maîtrisé l’Espagne en demie vendredi, après s’être baladé contre l’Argentine et la Slovénie aux tours précédents et livré un premier match-référence dans ce Mondial face à la Suède à la fin du premier tour.
Autre avantage non négligeable, en cas de succès dimanche : les Bleus seront automatiquement qualifiés pour les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016. Et pourront préparer le rendez-vous brésilien en toute sérénité.
Inexistant sur la scène internationale depuis des décennies, les Qatar va jouer une finale de Championnat du monde, à domicile. La méthode des Qataris, à savoir composer une sélection à base de joueurs naturalisés, a donc fonctionné.
L’équipe entraînée par Valero Rivera a d’ores et déjà réussi son tournoi. Elle a battu des équipes plus expérimentées comme l’Allemagne, la Pologne, la Slovénie ou encore le Brésil.
Le Qatar s’est notamment appuyé sur le Bosnien Danijel Saric, le gardien du FC Barcelone, naturalisé il y a seulement quelques mois, l’arrière droit monténégrin Zarko Markovic, deuxième meilleur buteur du Mondial, ou encore le Cubain Rafael Capote, également dans le Top 10 des buteurs de ce tournoi.
Claude Onesta, le sélectionneur de l’équipe de France, qui considérait le Qatar comme une surprise potentielle avant le début du Mondial, n’est toutefois pas impressionné à l’idée d’affronter le pays organisateur. «Quand vous jouez les Croates chez eux, vous jouez ce qui se fait de meilleur dans un environnement hostile, dit-il.
Il n’y a pas besoin de mobiliser les joueurs et de leur dire : il faut y aller groupés. Personne ne s’éparpille. C’était pareil l’an dernier au Danemark. Là, la qualité (de l’adversaire) est presque virtuelle. Les joueurs du Qatar jouent entre guillemets, au-dessus de leurs moyens, dans une certaine euphorie. A nous de la casser et de les faire douter. Que la difficulté qu’on leur impose brise leur rêve.»
Dans son histoire, l’équipe de France n’a perdu qu’une seule finale, au Mondial 1993, la première qu’elle disputait, un an après une médaille de bronze inattendue aux Jeux Olympiques de Barcelone.
Depuis, les Bleus ont accumulé l’or, que ce soit aux JO, au Championnat du monde ou à l’Euro, récolté plusieurs fois du bronze, fini de temps en temps au pied du podium.
Mais point de médaille d’argent au palmarès depuis vingt-deux ans. Et aucun des dix-sept joueurs français engagés dans le Mondial au Qatar n’a perdu une finale avec la sélection nationale, de Jérôme Fernandez et Thierry Omeyer, les plus titrés (huit médailles d’or), au petit dernier, Kentin Mahé (remplaçant l’an dernier à l’Euro).