Le conflit financier opposant Kylian Mbappé au Paris Saint-Germain (PSG) a atteint un point culminant avec une audience aux prud'hommes de Paris. Ce litige porte sur des sommes impayées que Mbappé réclame à son ancien club, et sur une contre-attaque du PSG qui réclame des dommages et intérêts à l'attaquant.

La Réclamation de Kylian Mbappé : 55 Millions d'Euros
Kylian Mbappé attaque le Paris Saint-Germain aux prud’hommes. C’est un dossier inédit, examiné par le Conseil des prud’hommes de Paris : un litige de 55 millions d’euros, le prix de la séparation entre le PSG et son ancienne star, Kylian Mbappé, à l’été 2024. Selon le footballeur, qui évolue pour sa deuxième saison au Real Madrid, son ancien club lui devrait trois mois de salaire et différentes primes.
Plus précisément, Mbappé réclame 55 millions d’euros de primes et salaires impayés. Depuis son départ du PSG pour le Real Madrid il y a un an, le capitaine de l’équipe de France réclame le paiement des trois derniers mois de salaire de son contrat, ainsi que des primes de signature et d’éthique.
De plus, Kylian Mbappé demande aussi la requalification de son CDD en CDI. Le feuilleton Kylian Mbappé-PSG va connaître un épisode crucial avec une audience aux prud’hommes de Paris où le capitaine des Bleus va réclamer à son ex-employeur le versement de 55 millions d’euros d’impayés ainsi que la requalification de son CDD en CDI.
Le conseiller prud’homme est un juge non-professionnel nommé pour sa connaissance du monde du travail et non un expert du droit. En cas de litige, on saisit le conseil de prud’hommes en remplissant un formulaire, avec des pièces complémentaires.
Ainsi, le montant maximum des indemnités en cas de licenciement abusif est fixé à un mois de salaire en dessous d’un an d’ancienneté et ne peut dépasser 20 mois de salaires, au-delà de 28 ans d’ancienneté.
La Contre-Attaque du PSG : 440 Millions d'Euros
Un PSG qui a riposté en demandant 440 millions à son ancien attaquant. Devant le tribunal des prud'hommes, ce lundi, le joueur (qui n'était pas présent) a réclamé 263 millions d'euros à son ex-employeur, et ce pour plusieurs raisons. A l'audience, le PSG a contre-attaqué en réclamant à son ex-joueur la somme de 440 millions d'euros.
Le PSG, lui, demande à son ancien attaquant un total de 440 millions d’euros de dommages et intérêts en réparation du « préjudice d’image » et au titre de « perte de chance du transfert », celui-ci étant parti libre - donc sans versement d’indemnités - au Real Madrid, à l’été 2024.
En 2023, Kylian Mbappé avait en effet décliné une offre du club saoudien d'Al-Hilal, qui aurait rapporté 300 millions d'euros au PSG, avant de s'engager au Real Madrid une fois libre, un an plus tard.
Les Arguments du PSG
Le Paris Saint-Germain estime que Kylian Mbappé a manqué à un accord tacite. "Le club souhaite rappeler qu’il a tout mis en œuvre, pendant plus d’un an, pour parvenir à une solution amiable afin de permettre à toutes les parties d’avancer, conformément à la relation de coopération et de confiance qui doit exister entre un club et son joueur."

Le club met alors le joueur sur la liste des transferts, à l'été 2023, "comme on espère le transférer en pleine forme, on ne va pas l'envoyer en tournée au Japon et donc le placer dans un deuxième groupe d'entraînement", explique-t-elle. "Il n'est pas du tout mis à l'écart, jamais le PSG ne lui aurait interdit de jouer, le club essaye de le transférer", réaffirme l'avocate.
Elle confirme que le club a reçu la proposition de Kylian Mbappé le 11 août, avec l'acceptation d'abandonner 55 millions d'euros s'il ne prolonge pas. "Une réunion très importante, en présence du président du PSG, du directeur sportif et de l'entraineur. Le président lui dit au cours de cette réunion que ce n'est pas 55 millions d'euros qu'il doit abandonner s'il ne prolonge pas d'un an, mais 79 millions d'euros. Ils sortent de là, et disent 'on a trouvé un accord'. Cet accord existe et est matérialisé par le fait que M. Melero adresse un courrier pour réintégrer Kylian Mbappé à l'équipe première.
Le PSG envoie à l'avocate de Kylian Mbappé un avenant. Pas de réponse, et le joueur dit discuter directement avec le président. L'avenant n'a jamais été signé, et le PSG apprend en février 2024 que le joueur ne signera pas cet avenant, et applique à partir de là ce que prévoyait l'accord qui consistait à abandonner 79 millions d'euros en cas de non-prolongation. Ce n'est qu'en mai 2024 que Mbappé réclame le paiement de l'intégralité des sommes.
L'avocate du PSG donne les chiffres de la prolongation de Mbappé en 2022. "Monsieur Mbappé n'était pas la partie faible" dans ce litige, estime l'avocate du club. Elle revient sur l'arrivée de K. Mbappé en 2017, puis la négociation pour sa prolongation en 2022 dont elle dévoile les montants de prime à la re-signature: 176 millions d'euros sur la table de primes diverses pour la prolongation au printemps 2022, auxquels s'ajoutaient 120 millions en plus s'il activait l'année supplémentaire en option.
Pourquoi 2+1 dans cette prolongation? "L'espoir, c'est soit qu'à l'été 2023 il dit ne pas faire la saison supplémentaire et à l'été 2023 on espère faire un transfert pour récupérer les 180 millions d'euros, soit il accepte la prolongation d'une année, cela donnait l'opportunité au PSG de le faire jouer et de le vendre à l'été 2024" explique Me Moyersoen.
Le joueur a ensuite remis en cause un accord conclu avec le club en août 2023, qui prévoyait une réduction de rémunération dans le cas où il déciderait de partir libre, afin de préserver la stabilité financière du club après l’investissement exceptionnel consenti. Cette dissimulation, combinée à la contestation de cet accord clair et documenté, a causé au Paris Saint-Germain un préjudice considérable que le club entend faire reconnaître devant les instances compétentes.
Les Arguments de Mbappé
L'avocate de Kylian Mbappé a répondu au courrier de Victoriano Melero informant de la réintégration immédiate du joueur, par "je vous remercie pour cette information", puis l'avenant envoyé par le club.
Le club attend le mercato d'hiver. Le 3 janvier, Mbappé dit dans la presse comme il le fait au président du PSG ne pas avoir pris sa décision. 15 jours après la fin du mercato d'hiver, publication dans la presse selon laquelle Mbappé annonce au président qu'il ne reste pas. Ils se disent alors qu'ils dérouleront la retenue comme proposé par le camp Mbappé, sur les trois derniers mois et le reliquat de prime à la signature.
"Le joueur ne dit rien fin février quand il ne touche pas la prime, rien fin mars, fin avril. Quand le PSG demande en mai de formaliser le reste des 79 millions auxquels Mbappé avait accepté de renoncer, réponse le 31 mai avec un courrier très violent de la part de Kylian Mbappé." À titre subsidaire, l'avocat du PSG Me Desaint demande en conclusion au conseil de prud'hommes de reconnaître que les 55 millions d'euros ne sont absolument pas dus.
L'autre avocate de Kylian Mbappé, Me Cassereau, reprend la parole pour revenir sur toutes les demandes consécutives du camp Mbappé et notamment la requalification du CDD en CDI, malgré les dispositions du code du sport qu'elle estime contraire au droit européen.
Sur les 55 millions, la prime de signature et les trois mois impayés, le PSG explique avoir fait de la compensation, chose "formellement prohibée par le code du travail, le PSG s'est volontairement abstenu d'émettre des bulletins de salaire", avance l'avocate de Mbappé. Sur le harcèlement moral, "tous les ingrédients sont réunis", estime également Me Cassereau: mise à l'écart du groupe, non-participation à des matches, brimades contre son petit frère Ethan également salarié et "retrouvé en larmes dans les vestiaires" par Kylian Mbappé, le courrier du secrétaire général Victoriano Melero prévenant de sa réintégration immédiate, l'armée numérique constituée "pour que ça devienne la bête noire des supporters du PSG, comme l'a montré une enquête de Mediapart".
Sur le comportement déloyal, elle évoque le dénigrement dans la presse et le non-paiement des rémunérations. Elle répond enfin aux demandes formulées par les avocats du PSG au conseil des Prud'hommes, qui correspondent selon elle à ce que le PSG estime avoir perdu en transfert sur le joueur. "60 millions d'euros car le joueur a osé porté l'affaire en justice, 180 millions d'euros avec une liste de manquements listés alors même que la prime d'éthique a été versée tous les mois. C'est la première fois que je vois un employeur demander le double de ce qu'un de ses salariés demande!", conclue Me Cassereau.
Pour avoir le droit de jouer, il propose de renoncer à deux primes qui représentent à elles deux 55 millions d'euros brut, offre valable 48 heures, le PSG ne donne aucune suite. La pression ne baisse pas, il est mis de côté pour la 1ère journée de Ligue 1. Il rencontre le même jour le président, devant l'entraîneur et le directeur sportif, pour lui mettre un autre coup de pression, et lui redire qu'il ne peut pas partir libre.
Après cet ulitme entretien, bien qu'aucun accord n'ait été passé, le lendemain, le club annonce par voie de presse que le joueur est réintégré à l'effectif. Le 14 août, un avenant de prolongation de contrat d'un an est adressé au joueur, pour pouvoir le vendre à l'été 2024. Le club introduit dans cette offre une prime de 110 millions d'euros. Le joueur n'acceptera jamais cette offre, il n'est plus à vendre, il veut jouer, gagner et être libre, et ces échanges vont en rester là. Aucun écrit, aucun avenant.
L'avocate du PSG explique de nouveau que le club ne lui a pas versé une prime dûe en février 2024, dernier tiers de la prime de signature de l'avenant du contrat en 2022 à 36 millions d'euros, et ne lui sont pas versés les salaires des trois derniers mois de la saison. Le 18 juin 2024, le club est mis en demeure de payer.
Mr Verheyden explique que le 12 juin 2023, il envoie le courrier par souci de transparence à son employeur pour annoncer qu'il ne prolongerait pas au-delà des deux années. "Le PSG est un club qui croit que tout à un prix, alors en juin 2023 la décision de Mbappé ne passe pas".
Elle revient sur la mise à l'écart le 21 juillet 2023, "et l'acharnement peut commencer". Elle explique qu'il lui a été dit qu'il ne rejouerait pas de la saison, comme l'affirment alors les articles de presse. Le 22 juillet, un club saoudien propose de racheter Kylian Mbappé pour 300 millions d'euros, offre valable jusqu'au 25 juillet à minuit. "Cette proposition je ne l'ai jamais eu sur mon bureau, elle n'a jamais été proposée au joueur" affirme son avocate.
Elle revient sur l'avenant au contrat signé au printemps 2022, avan... Kylian Mbappé réclame 19 millions d’euros de «rappels de salaires et de congés» sur les trois derniers mois de son contrat parisien, 18,75 millions d’euros pour «exécution déloyale du contrat de travail» et autant pour «manquement à l’obligation de sécurité», 13,65 millions pour les «indemnités compensatrices de préavis» et enfin, 1,65 million d’euros de prime d’éthique.
"Il devait partir", Mbappé aurait dû quitter le PSG en 2021, selon Leonardo
Tableau récapitulatif des demandes financières
| Partie | Demande Initiale | Demande Finale | Motifs |
|---|---|---|---|
| Kylian Mbappé | 55 millions € | 263 millions € | Salaires impayés, primes, requalification du CDD en CDI, harcèlement moral |
| PSG | N/A | 440 millions € | Préjudice d'image, perte de chance de transfert |
L’audience sous tension aura duré plus de deux heures et devrait rester dans les annales du conseil des prud’hommes de Paris. De son côté, le Paris Saint-Germain a réclamé 440 millions d’euros.
Les délais sont extrêmement longs et ce, dans la quasi-totalité des conseils prud’homaux de France. Pour autant, « les délais de traitement continuent à s’allonger », passés en moyenne « de 15,2 mois en 2012 à 17,6 mois en 2022 » dans les procédures de fond.
Et revient l’attente : la notification de la décision est adressée aux parties dans un délai de six à douze mois dans certains conseils.
Ce lundi, les représentants du footballeur ont demandé 263 millions d’euros à son ancien club dans le cadre d’un litige salarial. A l’origine, le joueur réclamait au club 55 millions d’euros de salaires et primes, prévues dans son contrat de travail, mais impayées à l’issue de la saison 2023-2024. Une somme revue à la hausse : les conseils de Kylian Mbappé la fixant finalement à 263 millions d’euros pour la requalification de son contrat à durée déterminée (CDD) en contrat à durée indéterminée (CDI), en reconnaissance du « harcèlement moral » subi par leur client, de « l’exécution déloyale » dudit contrat et du « travail dissimulé », en s’abstenant de lui remettre certains de ses bulletins de salaire.