Matthieu Garcia : Biographie d'un Passeur d'Exception

Matthieu Garcia, passeur et capitaine de l'Arago, incarne la passion et la maîtrise du volley-ball. Ce sportif de haut niveau, âgé de 23 ans, se distingue par sa modestie et son dévouement envers les autres, ce qui fait de lui un favori du public. Malgré son apparence d'ange, Matthieu Garcia possède une détermination et un esprit de compétition remarquables.

À l'heure du jeunisme, le Sétois est dans le bon tempo. Sa place, qui n’a pas été occupée par un natif de l’Île Singulière depuis belle lurette, lui va comme un gant. Passeur, c’est l’équivalent du numéro “10” en foot. C’est celui qui reçoit pour donner, justement son leitmotiv.

Il souffle : “Quand on perd, c’est de la faute du passeur, quand on gagne ce n’est jamais grâce à lui…” : aucune amertume dans son propos. Un constat. Du recul. De la tempérance. Sa marque de fabrique. Tout en restant “un gros compétiteur”. Matthieu Garcia. Jeu comme un “Je”. Et vice-versa.

Par rapport aux artistes, aux politiques et aux scientifiques de renom, le sportif tel que lui a un immense avantage : c’est un homme ordinaire, finalement, avec des traits et des caractéristiques dans lesquels tout un chacun peut se reconnaître. Mais il est extraordinaire par ce qu’il arrive à réaliser et le frisson qu’il suscite. On peut s’identifier à lui dans ses valeurs et son comportement bienveillant avec l’autre. Le public, il en tire une certaine force.

À la fin d’un match, rarement décevant en ce qui le concerne, on vient le saluer pour lui envoyer l’énergie des “bravos” rassérénant, on vit un peu par procuration. Matthieu Garcia est un passeur de petite taille (1,83 mètre, ce qui n’est pas grand dans le volley moderne !), tactique. Mais ses qualités sont nombreuses : il joue avec et pour les autres. S’adapte. Calme, serein, posé (“comme mon père et mon oncle, Julien”). Et transmet cela à ses coéquipiers. On y sent une maîtrise de soi.

Un Style de Jeu Inspiré

Les passes lumineuses et millimétrées de Matthieu Garcia ont une filiation évidente avec celles de “Toti”, Benjamin Toniutti, son “idole”. Par la classe de sa passe-velours ; son style de jeu, accéléré, qui chemine beaucoup par les centraux ; ses défenses spectaculaires, son sens du jeu ; son déplacement, rapide ; son calme : par bien des aspects, Matthieu Garcia a une gémellité de style avec son ainé.

Entre deux cafés, dans son logement joliment rénové de Sète, avec parquet brillant, justement, il dit avec une économie de mots : “Je suis quelqu’un de réservé. J’aime prendre du recul sur les situations.” Pas primesautier pour un… saut. Matthieu Garcia se pose sans s’imposer. Rare, là aussi.

“C’est compliqué d’assurer le leadership” dans une situation qui ressemble à un Rubrik’s Cube : avec de vieux grognards du volley dans le vestiaire, des jeunes issus du centre de formation, un entraineur aux choix discutables. “J’ai toujours été leader dans les équipes de jeunes… Là, dans le monde pro, c’est plus compliqué…” Faut faire aussi avec les coulisses où certains peuvent jouer d’influence dans un billard mental à plusieurs bandes. Côté sportif, il ne s’en laisse pas conter : il assure.

On pense immédiatement au film légendaire Little Big Man avec Dustin Hoffman, un antihéros magnifique - petit mais grand par ses qualités ! - capable de s’adapter à toutes les situations, chez les Chéyennes comme chez les cow-boys et qui revisite toute l’épopée du Far West. Matthieu Garcia est un peu comme le héros de ce film, Dustin Hoffman, mais sur un terrain de volley et ce, même quand ne règne pas l’osmose sportive. Même quand les soudures humaines n’ont pas pris entre les hommes ou que le kaléidoscope de caractères n’a pas été assez recherché. Matthieu, c’est un caméléon. À l’écoute de “l’entre-je” de cet entre-jeu si subtil.

À son amoureuse, qu’il a rencontrée dans le restaurant de ses parents, il prépare des petits plats et aime passer du temps et des vacances - “Sans sport ! “. Paloma Michelot, 26 ans, qui a commencé dans l’immobilier et se destine à devenir préparatrice en pharmacie, dit de lui : “C’est quelqu’un de calme, réfléchi, qui a la tête sur les épaules. Il a beaucoup d’humilité. Et surtout une grande lucidité que j’admire, surtout avec la vie qu’il a. Matthieu n’est pas très démonstratif. Quand on ne le connaît pas, on peut ne pas savoir ce qu’il ressent. Il donnerait tout pour les gens qu’il aime.

Pour son ami sétois Arthur Cayuélas, désormais étudiant au Conservatoire de Paris, et qui joua avec Matthieu jusqu’en 2019 avant que celui-ci n’entame sa carrière fulgurante, “c’est aussi pour cela qu’il est arrivé où il en est. Matthieu, c’est quelqu’un de très intelligent, très sensible”. Il a cette formule : “Il n’a pas peur de donner. Ce qui le rend très vif, attentif à ce qui se passe autour de lui.

“Il était très fort dans tous les sports”, souligne son autre ami Adrian Bec, infirmier à l’hôpital de Sète, qui ne cesse de louer ses qualités humaines. “Pro de volley, c’est un parcours logique, dit-il de Matthieu Garcia qui a toujours été “amoureux des sports de balle” et a choisi le volley après s’être notamment essayé à la natation. Dans la famille qu’il semble vénérer jusqu’aux grands-parents, son père, Christian, a joué au volley tout comme son frère, 21 ans, militaire, qui y joue toujours et plutôt très bien. Faustine, sa soeur de 14 ans, montre déjà de belles aptitudes. La maman, Audrey, est infirmière libérale. “Malgré sa vie d’aujourd’hui, il trouve toujours un moment avec son cercle d’amis”, note Adrian Bec.

Que certains le qualifient de “trop gentil”, qualificatif fourre-tout qui ne dit pas la complexité de l’homme, le fait presque bondir : “Non, quand il doit s’affirmer, il le fait. Il a le coeur sur la main, mais quand il le faut…” Mais à sa manière. Poliment. Pas dans l’instant.

“Je crois beaucoup à la destinée. Se sent-il champion, Matthieu Garcia ? Il hésite, réfléchit et répond tout en rondeur comme le sont ses passes-surprise en “fixe” : “Non, pas vraiment, mais un peu au fond de moi, oui… Je crois beaucoup à la destinée. Chaque personne a son destin au sein duquel on a des choix à faire. Moi, je resterai fidèle à moi même et à mes valeurs. À ce que je suis.” Et cette réflexion : “Je n’ai rien volé - vo-lley - dans ma carrière, mon évolution, je ne la dois qu’à moi-même”, dit-il, en substance. Il n’ a pas bénéficié de faveurs ; ça non. Quand, dans les catégories jeunes, il attaquait…

“L’Équipe de France, c’est mon rêve le plus fou”, dit-il. Il y a le colosse-titulaire Antoine Brizard, d’archétype de joueur total, attaquant sans doute contrarié, qui, à la moindre occasion, décoche des attaques rageuses dignes des plus grands pointus de la planète volley mais dont la passe est peu appliquée. Et il y a l’inoxydable et fameux “Toti”, qui habite la moitié du temps à Sète (et qui échange souvent avec Matthieu Garcia). Ce phénomène, lui aussi de petite taille, ne devrait pas tarder à prendre sa retraite internationale, après les JO, probablement. Qui, sait, peut-être que le volley français aura besoin d’un sportif dont les valeurs humaines devront être prépondérantes dans un groupe de volleyeurs purement artificiers.

D’ici-là, il lui faudra créer sa propre alchimie, sa tambouille. Ça tombe bien. Il adore cuisiner, Matthieu Garcia, presqu’autant que déguster les pâtisseries paternelles dont c’est le métier. Atavisme familial. “J’aime beaucoup de choses, dit-il. Salé. Sucré. Mais je mange toujours sain. Pas de plats en sauce comme la macaronade. Et je fais attention à mon corps qui est mon outil de travail avec lequel je dois être à 100 %. Les lasagnes, j’adore, et la tielle aussi, comme celle du Paradiso, grasse à souhait, tant qu’à faire !”, confie-t-il. Il lit beaucoup, dès qu’il le peut (“Ça me fait du bien, ça me déconnecte du volley“). Polar ou biographies.

Musicien, Matthieu Garcia a pratiqué dix ans la batterie. “On n’a plus beaucoup de musique en soi pour faire danser la vie, voilà. Toute la jeunesse est allée mourir déjà au bout du monde dans le silence de vérité”, a écrit l’indépassable écrivain Louis-Ferdinand Céline. Matthieu Garcia, sur lui, renchérit. Lui a assez de musique dans le coeur pour faire danser sa vie.

Depuis son accession à l’élite du volley national en 1966, l’Arago de Sète possède une grande tradition de formation de jeunes joueurs talentueux. Afin de consolider ce savoir-faire, l’Arago a souhaité professionnaliser son cursus de formation et a ainsi obtenu l’agrément ministériel en 2010.

Le jeune passeur de Sète, Matthieu Garcia, tient les rênes du jeu sétois depuis un peu moins de deux mois avec une belle réussite et beaucoup de conviction. C’est évidemment une saison qu’il va inscrire dans le grand calepin de sa toute jeune carrière.

Matthieu Garcia a franchi il y a quelques jours seulement, le 11 mars dernier, le cap des 21 printemps. Depuis le 22 janvier dernier, et une défaite à Paris (3-1), Patrick Duflos a définitivement opéré la bascule, bousculant la hiérarchie, faisant passer le minot du club, l’enfant du sérail, formé et nourri au lait héraultais depuis ses premiers pas de volleyeur, devant l’expérimenté Yoann Jaumel, titulaire pourtant indiscutable en début de saison.

Forcément, Matthieu se souvient de cet «entre-deux Tours», où dans la foulée d’un double revers sur la route, à Tours puis à Paris, et avant de rentrer en Occitanie pour affronter à nouveau le TVB, le coach de l’Arago a pris son jeune passeur par les épaules pour lui annoncer qu’il devait désormais devenir un grand. «Il m’a prévenu que j’allais jouer titulaire, au moins pour le match contre Tours. Il m’a dit de ne pas me mettre de pression, de jouer, de profiter, que le reste, ce n’était que du bonheur. Certes, ce n’était pas du tout écrit ainsi à l’automne dernier. Après une saison 2019-2020 de bribes, avec des rentrées éparses, essentiellement au service, Matthieu était d’abord là pour emmagasiner, pour mettre dans le disque dur, dans les pas du trentenaire chevronné, Yoann Jaumel. «J’étais là pour apprendre, pour prendre de la bouteille, de l’expérience, à côté de Yoann», confie Matthieu.

Mais le début de saison de l’Arago fut très moyen, avec cinq points pris sur les six premières journées. Très vite, le staff technique a dû tenter des choses. Matthieu fut alors propulsé plus régulièrement sur le devant de la scène. On se dit alors que Matthieu est lancé. Mais la Covid passe par là, touche sa famille et l’éloigne des parquets pour raisons sanitaires, à Chaumont et contre Poitiers. Matthieu doit alors tout recommencer. Jusqu’à ce match contre Tours où Patrick Duflos l’installe à nouveau aux commandes fin janvier. Et où l’étudiant en Licence 2 Staps casse la baraque, avec à l’arrivée un succès 3-0 et un premier titre de MVP du match en carrière ! «Je vais être honnête, j’avais une petite appréhension avant ce match forcément. C’était Tours, une grosse équipe, le coach me faisait à nouveau confiance, je ne voulais pas passer à côté du match.

Depuis, Matthieu n’a plus lâché la barre et l’Arago a compilé cinq succès en huit matches, en restant invaincu sur ses terres. Mais cela ne suffira vraisemblablement pas pour accrocher le Top 8 et les Play-Offs. A cinq longueurs de Poitiers, dernier qualifié pour l’instant, Sète qui se déplace à Tourcoing et Toulouse pour finir, doit faire le plein de points et espérer deux défaites du SPVB. Mais à 21, le minot du club aura, quoi qu’il arrive, beaucoup grandi cette saison. Lui qui se définit comme un «passeur plutôt atypique de part ma relative petite taille (1,84 m), un passeur défensif, calme et réfléchi» a encore beaucoup de chemin à faire, notamment sur le volet tactique qui sera son champ d’apprentissage prioritaire dans les saisons qui viennent. Mais il a clairement ouvert sa voie et sera toujours sétois à la rentrée prochaine.

«Ce qui m’arrive cette saison, c’est formidable, pour montrer ce que je vaux et pourquoi pas lancer ma carrière. J’en profite, je prends beaucoup de plaisir et j’espère vivre encore de belles choses à Sète», clame Matthieu, les yeux fixés sur l’horizon.

Pour Matthieu Garcia, ce match était avant tout marqué par un contexte sportif très défavorable. Ajaccio s’est présenté fortement diminué, notamment dans les secteurs offensifs, ce qui a pesé lourd face à une équipe sétoise bien installée dans sa nouvelle salle : « C’était un match très compliqué. Il nous manquait beaucoup de titulaires et surtout des éléments offensifs très importants, comme Matej Patak ou Daniel Pinho. En plus, Lucas Salles se blesse au dos à l’échauffement, donc on a dû complètement remanier l’équipe. Jouer comme ça contre une équipe solide, dans sa nouvelle salle, c’est très très difficile. Au-delà du résultat (défaite 3-0), cette rencontre avait une dimension particulière pour le passeur, formé et lancé en professionnel par l’Arago de Sète.

Le passeur reste très attaché au club héraultais : « C’est très spécial pour moi. Je ressens encore cette âme de club, cette âme sétoise, même si la salle a beaucoup changé. Elle est magnifique, c’est super pour le club. » Toutefois, découvrir le nouveau Barrou tout en retrouvant l’ambiance sétoise a suscité des émotions contrastées : « J’avais vraiment envie de faire un bon match ici, mais au vu du contexte ce soir, c’était compliqué. Le score est sévère, ce n’est évidemment pas ce qu’on espérait.

Matthieu Garcia a porté les couleurs de l’Arago de Sète entre 2018 et 2024. Après son départ de Sète, Matthieu Garcia a poursuivi sa progression à l’étranger, d’abord en Italie à Trentino, puis en Finlande. Des expériences très différentes mais qu’il considère comme déterminantes dans sa construction personnelle et sportive : « Partir m’a énormément apporté. Déjà parce que cela m’a fait grandir en tant que joueur et en tant qu’homme. À l’étranger, il faut s’adapter à la culture, à la langue, au style de jeu. En Italie, j’ai pu évoluer avec des joueurs parmi les meilleurs au monde, dans des conditions incroyables. En Finlande, c’était totalement différent, plus extrême, notamment au niveau de la langue ou de la culture. Mais ça m’a permis de sortir de ma zone de confort et cela m’a également permis d’apprendre énormément sur moi et sur ma façon de jouer.

La discussion s’est ensuite tournée vers la situation actuelle d’Ajaccio. Malgré une saison jugée positive sur le plan sportif, la pénalité de points infligée au club complique fortement la lutte pour le maintien, dans un championnat particulièrement dense : « Sans les points retirés, on serait à 19 points, ce qui est déjà une belle saison pour une équipe qui vient de Ligue B et qui a peu changé. On a une équipe compétitive. C’est dur de perdre ces trois points qu’on a gagnés sur le terrain. Malgré ça, on n’est pas résignés. On est seulement à trois points de Saint-Nazaire et on continuera de mettre la pression jusqu’au bout. On y croit et on ne lâchera rien.

Ajaccio disputera ses quatre dernières rencontres, dans l’ordre, face à Chaumont, Narbonne, Nice puis Poitiers. Malgré les difficultés, le groupe reste déterminé à sauver sa place dans l’élite, objectif assumé par le passeur ajaccien : « Ce qu’on espère, c’est simplement de maintenir le club en première division. Ajaccio est un club emblématique du championnat et il mérite d’y rester. Nous aussi, on le mérite parce qu’on se bat depuis le début et on a réalisé de belles performances contre de belles équipes. Entre retour aux sources et réalité sportive du moment, cette soirée n’avait donc rien d’anodin pour Matthieu Garcia. Si l’émotion était bien présente, le compétiteur a rapidement repris le dessus, concentré sur la mission qui attend Ajaccio dans cette fin de saison décisive. Matthieu Garcia incarne l’état d’esprit d’un groupe qui refuse d’abdiquer.

Parcours de Matthieu Garcia

Le tableau suivant résume le parcours de Matthieu Garcia dans le monde du volley-ball :

Période Club/Équipe Pays
2018-2024 Arago de Sète France
Après 2024 Trentino Italie
Après Trentino Équipe inconnue Finlande

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