L'Histoire Épique du Derby Stade Français - Racing 92: Une Rivalité Centenaire

Le rugby français est riche de rivalités, construites sur une concurrence géographique centenaire ou après des finales mémorables. Elles font la joie des supporters, qui adorent détester leurs meilleurs ennemis. Autant que les titres gagnés, elles participent à l'identité des clubs et se perpétuent au-delà des résultats des équipes premières.

Le Racing et le Stade Français se retrouvent pour un derby. C'est l'un des rares vrais derbys, une authentique rivalité du championnat français.

L'opposition entre Stade Français et Racing n’a pourtant pas toujours été un classique du rugby hexagonal. De fait, la rivalité rugbystique entre les deux clubs s'est surtout construite dans la dernière décennie.

Racing-Stade Français, c'est d'abord une opposition entre les deux rives de la Seine. Même si les rugbymen ont migré dans les Hauts-de-Seine au début du XXe siècle, le siège du Racing omnisport reste dans le 7e arrondissement parisien (rive gauche). Deux quartiers très chics, pour des clubs qui ont disputé leurs premières rencontres dans les non moins huppés Bois de Boulogne (Racing) et Parc de Saint-Cloud (Stade Français).

La question de l'identité figure au cœur de l'antagonisme.

Formé au Racing dans les années 1990, Thomas Lombard se rappelle : "Notre rival, c'était le Paris Université Club."

DERBY 2 : Stade Français v. Racing (9 Avril 2022)

Acte de Naissance d'une Rivalité: 1892

Affiche de la première finale de l’histoire du championnat de France en 1892.

Le 20 mars 1892, sur la pelouse du parc de Bagatelle, le Stade Français et le Racing s'affrontent sous les ordres du baron Pierre de Coubertin. Il marque l'acte de naissance du premier Championnat officiel en France. Le Racing l'emportera (4-3). Un an après, le Stade Français aura sa revanche, bien aidé par l'arbitre, poussant les spectateurs mécontents à déclencher une bagarre générale, digne des plus beaux derbys basques.

Au parc de Bagatelle, dans la partie nord du bois de Boulogne, c’est l’affluence des grands jours, en ce dimanche de mars 1892. Deux mille personnes ont profité de l’arrivée du printemps pour se mettre au vert et assister à un après-midi sportif. Sur le pré, le Racing Club de France défie le Stade français pour la première finale du championnat de France de rugby.

Le Petit Journal, le 27 mars 1892, constate alors que, « de l’avis des amateurs présents, parmi lesquels beaucoup d’Anglais, la partie a été la plus intéressante qui ait été jouée en France jusqu’à ce jour ». L’histoire et la rivalité des deux clubs s’expriment désormais avec un ballon ovale !

La finale du championnat de 1892, remporté par la Racing, est suivie l’année suivante d’une nouvelle finale entre les deux clubs. Cette fois, c’est le Stade français qui gagne.

Ces Parisiens qui dominent les premières années du rugby sont peu à peu rejoints par d’autres clubs : l’Olympique, le Stade Bordelais, le Toulousain…

Depuis, le Racing Club de France est devenu le Racing Métro puis le Racing 92, toujours aux couleurs bleu ciel et blanc.

Retour en 1892, le dimanche 20 mars, quand le Racing Club de France battait les Parisiens lors de la première rencontre officielle de rugby dans l'Hexagone.

C'est le premier jour du printemps et il fait un temps d'été sur Paris. Quinze heures vont sonner, les pelouses du parc de Bagatelle, dans le bois de Boulogne, sont piétinées par la foule. Sous leurs chapeaux, deux mille silhouettes tentent de trouver un coin d'ombre autour d'un grand rectangle de verdure. Sur le pré, l'agitation a déjà commencé. Ils s'emmêlent, se cognent, filent à toutes jambes et plaquent à tours de bras. Il s'agit d'un match de rugby, ou plutôt de football comme il se nomme encore à l'époque. Deux équipes seulement se sont inscrites et s'opposent lors de cette finale du championnat de France, le tout premier match officiel dans l'Hexagone. Le Stade Français, en bleu sombre, et le Racing Club de France, en ciel et blanc.

L'événement est attendu. C'est le baron Pierre de Coubertin, secrétaire de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (ancêtre des fédérations) qui d'arbitre la rencontre. L'historien, qui prononcera huit mois plus tard son discours fondateur de la rénovation des Jeux olympiques, a lui-même dessiné le trophée qu'il offrira au vainqueur.

Le baron Pierre de Coubertin.

Mais qui le soulèvera ? L'empoignade est féroce. Les athlètes s'étripent, dans les règles… plutôt sommaires. On se jette à la gorge de l'autre, on soulève et laisse retomber l'adversaire tête la première. Les joueurs ne font pas dans la dentelle. Des promeneurs, qui sortent des champs de courses, n'en croient pas leurs yeux.

« Le grand public était bien la chose dont nous nous préoccupions le moins et nous jouions simplement, en vrais amateurs, pour nous, et pour la joie d'échanger, entre amis, quelques aménités parlantes et agissantes », a raconté Louis Dedet, avant du Stade Français, alors âgé de 17 ans. Il faut dire que le jeune homme avait des lettres, et une certaine hauteur de vue : il deviendra agrégé de philosophie, arbitre international et président honoraire de la Fédération française de rugby !

Un sport de voyous joué par des gentlemen

Après une série de mêlées, c'est lui qui aplatit un ballon roulant dans l'en-but. L'essai vaut un point. La transformation de Dobrée en ajoute deux. La logique est respectée car les Stadistes sont favoris. Plus costauds, ils ne s'embarrassent pas de fioritures. Les Racingmen, eux, sont épris d'aventures, emmenés par leur capitaine Carlos Gonzalez de Candamo et son frère Gaspar, deux Péruviens qui leur ont appris à avancer en se passant le ballon… ce qui était jusque-là considéré comme une lâcheté ! Ils égalisent sur un essai confus, transformé, puis l'emportent grâce à un tenu dans l'en-but (4-3).

Le Racing Club de France est le premier champion de France de l'histoire. Sans effusions. Au pot d'après-match, Pierre de Coubertin et les capitaines des deux équipes, Heywood et Candamo, se font des politesses. Un sport de voyous joué par des gentlemen… L'adage colle à ces balbutiements nés dans des lycées parisiens sous l'influence d'étudiants anglais, dix ans plus tôt. Condorcet pour le Racing, Saint-Louis pour le Stade Français. De jeunes hommes issus de la bourgeoisie ont d'abord cherché à se rassembler pour courir. Le ballon a été introduit ensuite.

« Nous devinâmes, d'après les comptes rendus de journaux anglais, l'essentiel de la tactique, a écrit Dedet. Moi-même, j'ai appris par une gifle retentissante qu'il valait mieux arrêter (NDLR : plaquer) bas. Nous découvrîmes aussi, comme des régions mystérieuses et suaves, la mêlée et l'art de talonner. » La naissance de tout un monde… ovale.

Brennus, encore et toujours.

Le bouclier, remis chaque saison - le 15 juin prochain au Stade de France, à l'issue de la finale du Top 14 - au champion de France (Castres en 2018), est né de l'imagination du baron Pierre de Coubertin afin de récompenser le vainqueur du premier match officiel de l'histoire dans l'Hexagone, entre le Stade Français et le Racing Club de France, en 1892. Coubertin a confié son dessin à Charles Brennus, maître graveur dans le IIIe arrondissement de Paris, qui a ciselé l'ouvrage fixé sur une planche en bois où est gravée la devise : Ludus pro Patria (des jeux pour la patrie).

Une Rivalité Endormie, Puis Réveillée

Si la tension autour de ce derby francilien semblait être endormie, il suffit parfois d'une étincelle pour relancer une rivalité vieille de plus de 100 ans. C'est le projet de projet de fusion, en 2017, proposé par les deux présidents des deux clubs qui a relancé la flamme. Menace de grève illimitée pour les joueurs du Stade Français, insurrection chez les supporters, Jacky Lorenzetti et Thomas Savarre ont été obligés de faire machine arrière.

L'échec de cette fusion sera même qualifié de « plus belle victoire de l'année » par Jonathan Danty, stadiste à l'époque. Depuis, les deux clubs n'hésitent pas à alimenter la rivalité.

Le 13 mars 2017, main dans la main, les deux présidents franciliens - Jacky Lorenzetti et Thomas Savare - organisent une conférence de presse pour une annonce importante. La raison ? Un projet de fusion est en cours d’élaboration entre les deux clubs d’Ile-de-France. Dans la foulée, le vice-capitaine des Stadistes, l’international Pascal Papé indique que «99,8% des joueurs ont déposé un préavis de grève illimité».

Nombre de supporteurs du Stade français fustigent également l’initiative, croyant déceler un rachat déguisé en fusion. Le comité des anciens joueurs du Stade français démonte l’entreprise : «On ne jette pas l’anathème sur 135 ans d’histoire et 14 boucliers de Brennus. Personne n’a aujourd’hui le pouvoir de refermer un livre que tant d’hommes ont contribué à écrire.»

Pour calmer la fronde, Jacky Lorenzetti, le président du Racing, s’empresse d’envoyer un courrier à tous les abonnés pour justifier son choix. Sans grand succès.

Sous la pression populaire ainsi que d’anciens et actuels joueurs, les deux présidents décident de faire machine arrière. «Je ne m’attendais pas à une telle résistance, surtout en interne, indique alors Jacky Lorenzetti. En tout état de cause, les conditions sociales, politiques, culturelles, humaines, sportives ne sont pas remplies.»

Même discours du côté de Thomas Savare, le président du Stade français, qui préfère lui aussi reculer. Impossible de balayer plus d’un siècle de rivalité d’un revers de la main. Interrogé par l’Equipe il y a une semaine, le Stadiste Jonathan Danty n’hésitait d’ailleurs pas à qualifier l’échec de ce projet de sa «plus belle victoire pour le club».

La flamme est de nouveau ravivée en mars 2021. Alors que la saison bat son plein, Gaël Fickou, trois-quart centre du Stade français et des Bleus, est transféré chez les rivaux du Racing 92. Le transfert est rendu possible par l’allongement de la période de mutation jusqu’en avril, décidé par la Ligue nationale de rugby en raison du contexte sanitaire.

Interrogé par RMC Sport au mois de mai, Gaël Fickou est revenu sur cet épisode. Si le centre comprend la déception des supporteurs, il rappelle que son avenir a été entériné par les deux parties. Avant d’ajouter sur les conditions de son départ, et le rapport qu’il entretient avec ses anciens coéquipiers : «Le plus dur pour eux, c’était que je parte chez l’ennemi. Et c’est compréhensible.»

Lorsque les clubs se sont retrouvés en barrages de Top 14 en juin, l'ambiance n'était pas si conviviale.

Plus récemment, le transfert de Gaël Fickou du Stade Français vers le Racing au mois d'avril dernier a ravivé les tensions.

Cette saison lors de la conférence de presse après la victoire du Racing au Stade Français (17-13), Laurent Travers est arrivé avec un casque de karting. Il répondait à la provocation du Stade Français qui avait comparé le Racing à un karting face à la Formule 1 du Stade Français.

Les Chiffres de la Rivalité

Avantage Racing, avec 15 victoires sur 25 matchs disputés depuis 2009, dont le dernier en date en barrages du Top 14 2020-2021. Surtout, les Altoséquanais restent sur trois victoires d'affilée à Jean-Bouin, l'antre du Stade Français.

Le Racing 92 est classé deuxième du championnat en ce qui concerne l'efficacité défensive. Et c'est même la quatrième en Europe, derrière Glasgow, Lyon et Edimbourg.

En touche, le Stade français est la troisième équipe française qui vole le plus de lancers adverses (20,5%).

Toujours selon Opta, les deux équipes en Europe les plus à l'aise dans ces moments de flottement sont Northampton (35,1% des essais en proviennent) et les Parisiens (25,2%).

Voici un tableau récapitulatif des titres majeurs remportés par les deux clubs :

Club Titres de Champion de France
Stade Français 14
Racing 92 6

L'Esprit du Derby

Ils seront plus de 14 000 à garnir l'enceinte du 16e arrondissement, pour célébrer le retour des supporters, pour lesquels Thomas Lombard sent "une appétence forte". Parmi eux, des fans du Racing : "Le dernier derby à Jean-Bouin, où l’on gagne dans les derniers instants à Paris (25-27), donne de l’excitation, indique Johanne D'Hoossche. J’espère que le Stade a digéré les derniers événements, et qu’on sera accueillis de façon conviviale, avec du chambrage mais sans agressivité !". La rivalité entre le Racing 92 et le Stade Français, qui s'affrontent dans un derby ce dimanche après-midi (16h50) à Paris-La Défense-Arena, est ancestrale.

A l’occasion d’une triple confrontation historique face au Stade Français en avril, le Racing 92 appelle l’ensemble de la Racing Family à se réunir pour 240 minutes d’émotions sportives. Président, partenaires, anciens joueurs et supporters emblématiques, bénévoles, salariés de Paris La Défense Arena et du club, sans oublier les amateurs des tribunes expériences… Tous sont appelés à venir vibrer pour le Racing 92 au cœur de Paris La Défense Arena. Le Racing 92 recevra son voisin le Stade Français deux fois consécutivement début avril, en Top 14 le week-end du 2 avril, et en Champions Cup le dimanche 17 avril à 16h30. Pour ne rien manquer de cette double confrontation haletante, nous vous proposons un pack derby pour profiter des meilleurs tarifs.

Rien ne va plus dans le rugby parisien : le Stade français et le Racing 92 ont failli fusionner !

Racing Club et Stade français : une histoire de frères rivaux, une histoire de rugby faite de mêlées, d’essais transformés et de démêlés qu’il faut essayer de démêler !

1882 : fondation du Racing Club

Allez, lisons le journal, Le Figaro, le 19 juin 1882 : « Tous et tout au sport. Jusqu’aux lycéens qui s’en mêlent. C’est ainsi que la brillante jeunesse de Fontanes vient de fonder le Racing Club. » Oui, en 1882, le lycée Fontanes est l’un des plus prestigieux de Paris. Nous le connaissons aujourd’hui sous un autre nom : le lycée Condorcet. Les enfants de la bonne société qu’il accueille aiment le sport mais le quartier de la gare Saint-Lazare n’est pas des plus propices à l’activité physique. Ils se réunissent donc au Bois de Boulogne et fondent, en 1882, le Racing Club, une association multisports avec beaucoup de course à pied mais aussi du tir au pigeon : « Tous nos compliments aux fondateurs du Racing Club. C’est une bonne idée à condition que les coureurs ne se casseront pas les jambes », lit-on dans le Figaro. Ce qu’ignorent encore ces jeunes sportifs, c’est qu’un autre club va bien vite venir leur casser les pieds !

1883 : fondation du Stade français

Un an après la création du Racing Club, d’autres lycéens fonde le Stade français ! En 1883, des gamins du quartier latin, élèves au lycée Louis-le-Grand, se réunissent au Protocope, café historique du quartier de l’Odéon : ils y boivent des coups et créent une association sportive. Dans le quotidien La Presse, le 5 décembre 1884, elle est présenté comme une imitation du Racing Club : le Stade français est une « société de courses à pied » qui « se réunit deux fois par semaine sur la terrasse de l’Orangerie des Tuileries ». Ainsi, à l’origine, ces deux clubs proposent plusieurs sports parmi lesquels il y a le rugby football ! Un sport étrange qui se joue avec un ballon à la forme rigolote et que l’on peut attraper avec les mains. Bizarre…

1892 : premier championnat de France du rugby

Quand les deux clubs parisiens sont fondés dans les années 1880, le rugby est un sport très marginal. Il y avait bien eut un Paris Football Club quelques années plus tôt mais il a disparu : pour ceux qui veulent pratiquer le rugby, il y a désormais le choix, c'est-à-dire deux clubs où, soyons honnêtes, on pratique surtout la course à pieds. Nous voici maintenant en 1892. Le Racing a dix ans et le Stade français, sont cadet, en a neuf… Pour les deux clubs, 1892 est une grande année : ils participent au premier championnat de France de rugby, plus exactement le premier championnat interclubs pour des associations non scolaires. Il est nécessaire nous arrêter quelques instants sur cet événement fondateur, parce que… disons qu’il est assez particulier : il n’y a que deux équipes en compétitions ! Un championnat avec seulement deux clubs se réduit à un match, qui se joue le 20 mars 1892 sur la pelouse de Bagatelle, au bois de Boulogne. Pour ce premier championnat, les deux équipent qui s’affrontent sont celles du Racing Club et celle du Stade français. Impossible de se tromper : le gagnant sera parisien ! Pourtant ce match n’est pas qu’une gentille bagatelle : le public est nombreux au rendez-vous et la presse se fait écho de l’événement. Il faut dire que l’arbitre est le baron Pierre de Coubertin. C’est le Racing qui gagne, quatre points à trois.

Une histoire d'amitié et de rivalité

Le Racing Club et le Stade français : raconter leur relation d’amitié et de rivalité serait retracer l’histoire du rugby français.

Aujourd’hui, espérons que l’avenir reste rose et que le bleu du ciel ne s’assombrisse pas ! Le Racing 92, c’est le vainqueur du bouclier de Brennus en 2016 et le finaliste de la Coupe d’Europe de la même année. Son rival, le Stade Français, sacré 14 fois champion de France était le roi du ballon ovale dans les années 2000.

Alors forcément quand on fusionne deux des clubs les plus prestigieux du rugby français, cela crée des étincelles.

29 avril 2017 - Le Stade Français reçoit le Racing 92, à Jean-Bouin. C’est historique. Le match de Top 14 sera le dernier entre les deux clubs franciliens, sur le point de fusionner. Au niveau de l’ambiance, c’est du jamais vu. Thomas Savare, le président du Stade Français et Jacky Lorenzetti, le dirigeant du Racing, sont assis côte à côte, arborant tous deux une écharpe panachée aux couleurs des deux clubs. Dans le reste du stade, les supporters ne savent pas sur quel pied danser. Alors que certains se résignent à accepter la fusion des deux équipes l’année prochaine, d’autres n’ont toujours pas digéré l’annonce. À la 27ème minute, une bonne partie des mécontents, majoritairement du Stade Français, envahissent le terrain et comptent bien y rester. Les stadiers sont impuissants. Le match est annulé.

15 juillet 2017 - C’est officiel. La fusion est désormais effective. Sous la chaleur accablante qui règne au Plessis-Robinson, dans la banlieue huppée du sud-ouest parisien, Jacky Lorenzetti coupe fièrement le ruban d’inauguration du centre d’entraînement dédié à l’ovalie. Le logo du club est également dévoilé à la presse. Enorme surprise dans la salle de presse : le blason du Racing est finalement conservé, si ce n’est que les bandes blanches et bleues deviennent rose et bleues.

3 août 2017 - Comme dirait Jean Claude Van Damme, avec cette fusion, 1+1 =…1. Le regroupement des deux équipes ne permet pas de conserver tous les joueurs. Un match est donc organisé entre les franciliens et les stadistes pour choisir les meilleurs rugbymens. La confrontation tourne court : la tension est à son comble jusqu’à ce que Sergio Parisse, l’ancien capitaine du Stade Français, craque. Sa grande gueule rend les relations difficiles avec son homologue du brassard, Dimitri Szarzewski. Les deux hommes en viendront aux mains, en plein match. Bagarre générale, fin du match. Finalement sur décision des dirigeants, trente joueurs du Racing 92 intègrent l’effectif.

16 Octobre 2017 - Sept mois après l’annonce hivernale de la fusion entre les deux clubs franciliens, la presse dévoile les clauses de l’accord. Outre la mise à l’écart d’un grand nombre de salariés via des plans de départs volontaires et le choix du stade où se joueront les matchs, certains détails n’ont pas échappé aux journalistes d’investigation. Anne Hidalgo est également citée par les médias. Mediapart lui attribue une part de responsabilité dans cette fusion. La maire de Paris souhaitait ce couplage sportif pour illustrer son projet du Grand Paris. Hidalgo aurait même décidé de prolonger la ligne 1 du métro parisien pour mener les spectateurs au pied de l’Arena 92, la nouvelle enceinte du club.

8 Fevrier 2018 - Malgré tout l’argent investi dans le projet, les résultats ne suivent pas. L’ambiance est au plus mal et la découverte de protèges tibia rose à l’effigie de l’ancien club du Stade Français ravive les tensions au sein du vestiaire.

Novembre 2020 - Le Racing 75 est sportivement au bord de l’implosion. Les joueurs, obligés de produire un calendrier érotique mensuel pour arrondir les fins de mois, acceptent également de danser dans la salle de spectacle cabaret de l’Arena. Le club est dissous au mois de décembre, mais une tournée mondiale « Moulin Rose » est organisée. Lorenzetti déclare même « j’ai fait les bons choix, cette fusion est une réussite ». Normal quand on sait que l’homme d’affaire favorise la programmation de concert dans l’Arena 92, sa salle de 32 000 places, plutôt que des matchs de son équipe de rugby.

21 Mai 2021 - Malgré l’échec cuisant de la fusion côté sportif, le concept est vite repris par Toulon. Son sulfureux président Mourad Boudjellal, qui n’est pas du genre à se défiler compte bien montrer au monde de l’ovalie que lui peut fusionner avec succès. Il trouve un accord avec le club de Clermont. Problème, aucun des deux clubs ne veut laisser ni son stade, ni ses supporters à l’abandon. Plutôt que de renoncer à la fusion qui comporte de trop nombreux arguments économiques et financiers pour les dirigeants, les deux clubs décident de jouer sur terrain neutre et établissent leur stade à mi-chemin entre les deux villes.

30 Juin 2022 - Le club Toulonnais dépose à son tour le bilan après un an de galères et une descente en Pro D2. Mourad Boudjellal quitte alors définitivement le monde du rugby et se reconvertit en patron de parc de loisirs d’accrobranche. Il emmènera dans ses bagages le jeune retraité, Mathieu Bastareaud qui deviendra moniteur du club des 7-10 ans, les « Pilou-Pilou ».

3 Septembre 2022 - Au vu de ce chaos général, Bernard Laporte, le président de la fédération française de rugby, veut redresser la barre du navire français. Et priorité à l’équipe nationale ! Il rachète plusieurs internationaux qu’il met sous contrat avec la fédération. Une réussite pour l’équipe de France, qui gagne son premier mondial en 2023 à domicile.

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