France-Espagne (4-5) : Les Bleus s'inclinent dans un match fou en demi-finale de la Ligue des Nations

Un an après avoir été éliminés en demi-finale de l'Euro, l'équipe de France s'est inclinée face à l'Espagne en demi-finale de la Ligue des nations à Stuttgart (5-4). La Roja rejoint le Portugal en finale dimanche, et les Bleus devront se contenter de la petite finale face à l'Allemagne.

Kylian Mbappé et ses coéquipiers ont chuté face à la sélection espagnole (5-4), ce jeudi à Stuttgart (Allemagne). La Roja rejoint le Portugal en finale de la Ligue des nations, les Bleus eux affronteront l’Allemagne pour la troisième place.

Comme lors du dernier Euro (1-2) et au même stade de la compétition, les Bleus ont chuté face à l'Espagne (4-5), ce jeudi à Stuttgart en demi-finales de la Ligue des nations. Après avoir été menés 4-0 puis 5-1 en seconde période, les vice-champions du monde, qui ont fini fort et même cru en l'exploit après l'entrée décisive de Rayan Cherki (63e), sont finalement tombés au pied du géant ibère dans un combat de titans.

Ils affronteront l'Allemagne, dimanche (15 heures), dans la petite finale, tandis que leurs bourreaux seront opposés au Portugal pour défendre leur titre à 21 heures.

Espagne 5-4 France : Un match DINGUE mais une nouvelle défaite pour les Bleus : le débrief

Vu la tournure des événements, on a failli assister à un moment d'histoire quand les joueurs de Didier Deschamps avaient la tête sous l'eau, écrasés par le poids d'un adversaire pétri de talent et surtout en pleine réussite.

Face à une défense française décimée (Saliba, Upamecano et Koundé absents sur blessure), les Espagnols se sont fait un malin plaisir à remuer le couteau dans la plaie.

Préféré à Dani Olmo en pointe, Mikel Oyarzabal a offert deux merveilles à Nico Williams (1-0, 22e) puis Mikel Merino (2-0, 25e) pour commencer. Mais c'était loin d'être terminé.

Après un but refusé à Dean Huijsen juste avant la mi-temps (43e), la Roja a poursuivi son festival en seconde période.

Le surdoué Lamine Yamal (3-0, 54e s.p. et 5-1, 67e, voir ci-dessous) et Pedri d'un joli ballon piqué (4-0, 55e) ont continué de martyriser des Bleus à l'agonie dès que le ballon franchissait la ligne médiane.

À 0-4, une première pour eux depuis plus de 40 ans (0-4 contre la Belgique, le 31 août 1982), on imaginait le pire. Mais c'était sans compter la réaction d'orgueil d'une équipe autant vexée que déterminée à ne rien lâcher.

Le penalty obtenu et transformé par Kylian Mbappé (4-1, 58e) avait déjà montré la voie. Malgré un nombre incalculable d'occasions manquées (47e, 62e, 66e et 87e) et d'arrêts d'Unai Simon (7e, 31e, 45e et 76e), sans parler d'une frappe sur la transversale de Theo Hernandez (12e) et un tir sur le poteau d'Ousmane Dembélé (72e), les partenaires de Cherki ont insisté.

Et ça a fini par rentrer ! Le Lyonnais a réduit l'écart d'une somptueuse volée pour son premier but en sélection (5-2, 79e). Il a ensuite été à l'origine du but contre son camp de Vivian (5-3, 84e), avant de servir Randal Kolo Muani pour le but de l'espoir (5-4, 90e+3).

Leurs 24 tirs, dont 9 cadrés, n'ont pas suffi aux Bleus pour inverser un scénario à regrets. Ils n'avaient plus encaissé au moins quatre buts depuis 10 ans (3-4 en amical face à la Belgique, le 7 juin 2015). Une éternité.

La France a encaissé au moins cinq buts pour la première fois depuis le 12 mars 1969 lors d'une défaite en amical contre l'Angleterre (0-5).

Lamine Yamal a marqué les esprits lors du match contre la France. (Photo ANP / ICON SPORT)

Le joueur : Yamal à la hauteur de Pelé

Dans son duel à distance avec Ousmane Dembélé (sorti touché à la cuisse gauche à la 76e minute) comme potentiel futur Ballon d'Or France Football, Lamine Yamal a clairement marqué les esprits. Auteur d'un doublé (54e, s.p. et 67e), le phénomène barcelonais de 17 ans a profité des énormes errements défensifs tricolores, sans même avoir l'air de forcer.

Plutôt discret en première période, il lui a suffi de deux coups d'éclat pour marquer, d'abord en obtenant un penalty pour une faute d'Adrien Rabiot puis réalisant un bel enchaînement devant Clément Lenglet.

Grâce à cette performance, le prodige en a rejoint un autre. Après son superbe but en demi-finales de l'Euro l'été dernier, il est devenu le premier joueur mineur à inscrire au moins trois buts contre l'équipe de France depuis Pelé en 1958, en demi-finales de la Coupe du monde perdue face au Brésil (2-5).

Réactions d'après-match

Didier Deschamps, sélectionneur national (au micro de TF1)

« C'est un mélange de sentiments. Déjà, être menés 2-0 à la fin de la première mi-temps, c'était très sévère, après avoir eu beaucoup de situations, d'occasions. On avait fait de belles choses en termes de qualité de jeu mais on n'a pas été récompensés, on n'a pas eu l'efficacité, alors que eux l'ont eue sur deux actions, mais on peut mieux faire sur ces deux buts encaissés. Ensuite on a été menés 5-1, c'est vrai, mais on n'a pas renoncé et on aurait pu les faire trembler un peu plus sur la fin. Donc, je fais en sorte d'être lucide, il n'y a pas tout à jeter, on fait beaucoup de bonnes choses, on a eu une maîtrise supérieure à cette équipe d'Espagne, c'est très, très rare, on l'a obligée à défendre. Évidemment, si on prend cinq buts, c'est que l'on peut mieux faire sur le plan défensif, mais dans les intentions et sur la qualité de jeu, c'est rageant. En face, on a du très, très haut niveau, dès qu'ils ont une opportunité, ils sont souvent très efficaces. Leur qualité amène à faire des erreurs et on paye cher les petits détails. C'est ça le très haut niveau. Par rapport à la jeunesse du groupe, c'est quelque chose qui va nous servir pour l'avenir. »

Kylian Mbappé, capitaine des Bleus

« À chaud, je dirais que l'on a bien joué aujourd'hui, on a eu des séquences de jeu que l'on n'a pas eues depuis longtemps, on a su garder le ballon, avoir une structure et se créer des opportunités mais le problème, c'est que l'on a eu dix minutes de trou en première période où l'on prend deux buts, puis dix autres en deuxième mi-temps où on prend deux autres buts, et ça se paye cash dans les matches de haut niveau. Mais c'est encourageant, on a un long chemin jusqu'à la Coupe du monde, il faut tirer des leçons de chaque match que l'on joue. C'est encourageant donc mais pas suffisant parce que l'on n'est pas constant sur les quatre-vingt-dix minutes. Quand on ne sort pas avec la victoire, les points négatifs vont ressortir, mais tout n'est pas négatif ce soir, y a du mieux. Bien sûr on a les boules, c'est normal, on voulait gagner, on a joué avec envie, on voulait vraiment remonter le score. On est frustré. »

Rayan Cherki au micro de TF1

"Je ne pense pas que l’on n'a pas démérité. Ils ont été meilleurs que nous dans leurs temps forts. Quand on voit les stats, c’est l’un des meilleurs matchs de l’équipe de France. On aurait dû plus appuyer quand on a eu nos temps forts.Je ne suis pas quelqu’un qui appréhende les matchs. Je savais que quand j’allais rentrer, il y allait avoir beaucoup d’espaces. Je suis rentré pour donner des bons ballons à mes partenaires. Sur le plan individuel, on s’en fout un peu (de sa très bonne entrée). Il nous reste encore un match, on va tout donner dimanche.10 est un positionnement que j’affectionne beaucoup. J’essaye d’ouvrir le jeu quand il est fermé.On savait que les Espagnols avaient des forces offensives très bonnes. On n’a pas à rougir. On a eu beaucoup d’occasions. Ce troisième but nous a fait mal. Ils ont réalisé ce qu’on aurait dû faire, c’est-à-dire mettre des pions dans nos temps forts."

Statistiques clés du match

  • 53 % de possession de balle pour les Bleus
  • 57 attaques tricolores contre 31 espagnoles
  • 26 tirs français, dont 9 cadrés, pour 15 à la Roja, pour 8 cadrés

Match à revoir sur TF1.

Feuille de match

Le jeudi 5 juin 2025 à Stuttgart (MHP Arena, Allemagne)
Ligue des Nations de l'UEFA 2024-2025 - Demi-finale
ESPAGNE - FRANCE : 5-4 (2-0)
Spectateurs : 60 449
Arbitre : Michael Oliver (Angleterre)
Buts : N. Williams (22e), Merino (25e), Yamal (54e, s.pen., 67e), Pedri (55e) pour l'Espagne ; Mbappé (59e, s.pen.), Cherki (79e), Vivian (84e, csc), Kolo Muani (90e+3) pour la France.
Avertissements : Yamal (33e), Gavi (90e+6) à l'Espagne ; Rabiot (51e), T. Hernandez (82e), Kolo Muani (90e+4), Koné (90e+7) à la France.

ESPAGNE : Unai Simon (cap.) - Pedro Porro, Le Normand puis Vivian (77e), Huijsen, Cucurella - Merino puis Gavi (90e+1), Zubimendi, Pedri puis Ruiz (64e) - Yamal, Oyazarbal puis Samu (77e), N. Williams puis Olmo (64e).

FRANCE : Maignan - Kalulu puis Gusto (63e), Konaté, Lenglet puis L. Hernandez (72e), T. Hernandez - Koné, Rabiot - Dembélé puis Kolo Muani (76e), Olisé puis Cherki (63e), Doué puis Barcola (63e) - Mbappé (cap.).

Statistiques du Match
ÉquipePossessionTirsTirs cadrésFautes
France53%26915
Espagne47%15812

tags: #match #jeudi #5 #juin