Italie vs Angleterre : Une Rivalité Historique du Football

L’histoire des confrontations entre l’Italie et l’Angleterre remonte à 1933, date de leur premier match officiel. Depuis, les deux sélections se sont affrontées à 28 reprises, avec un bilan légèrement favorable aux Italiens : 10 victoires, 9 nuls et 9 défaites.

La rivalité entre l’Italie et l’Angleterre dépasse largement le cadre du football. Elle s’inscrit dans un contexte historique et culturel plus large, marqué par des siècles d’échanges et parfois de tensions entre les deux pays. D’un point de vue diplomatique, les rencontres entre les deux sélections sont souvent l’occasion de renforcer les liens entre les deux pays. Les dirigeants politiques ne manquent pas d’assister à ces matchs, conscients de leur portée symbolique.

Sur le plan économique, l’Italie et l’Angleterre entretiennent des liens étroits, notamment dans le domaine du football. De nombreux joueurs italiens ont fait les beaux jours de la Premier League, tandis que des entraîneurs anglais ont tenté leur chance en Serie A.

L’avenir des confrontations entre l’Italie et l’Angleterre s’annonce passionnant. Les deux sélections traversent une période de renouveau, avec l’émergence de jeunes talents prometteurs des deux côtés. Côté italien, des joueurs comme Federico Chiesa ou Nicolò Barella incarnent la nouvelle génération, alliant technique et intelligence de jeu.

Les prochaines compétitions majeures, comme l’Euro 2024 et la Coupe du monde 2026, seront autant d’occasions pour ces deux équipes de se retrouver et d’écrire de nouvelles pages de leur histoire commune. L’enjeu sera double : sportif bien sûr, mais aussi en termes d’influence sur le football européen et mondial.

Moments Mémorables

Parmi les rencontres les plus mémorables, nous retiendrons la demi-finale de la Coupe du monde 1990, disputée sur le sol italien. Dans un stade San Paolo de Naples en ébullition, les Azzurri s’imposent aux tirs au but après un match tendu et indécis (1-1, 4-3 t.a.b.). Cette victoire marque profondément les esprits et renforce la réputation de l’Italie comme spécialiste des séances de tirs au but.

Comment l'Italie est devenue championne d'Europe - Analyse tactique Angleterre vs Italie

La Bataille de Highbury (1934)

Un an après le premier affrontement de l'histoire entre l'Italie et l'Angleterre, un match amical à Rome terminé sur un score nul (1-1) le 13 mai 1933, ces deux nations s'affrontent à Londres, en 1934. Les Anglais réaliseront une première demi-heure époustouflante, qui avait d'ailleurs coupé le souffle de Lucien Gamblin, envoyé spécial de L'Auto, l'ancêtre de L'Équipe.

« L'équipe anglaise joua le meilleur jeu. Celui-ci atteignit parfois le niveau le plus élevé, écrit-il. Les spectateurs ne pouvaient rester insensibles devant la perfection du football qu'ils contemplaient. Ils manifestaient leur admiration par des "oh", des "ah !" profonds. Ils regardaient sans prononcer une parole et ils vivaient les mêmes minutes de la plus grande satisfaction sportive morale. On peut même dire que beaucoup d'autres découvraient le vrai football. »

Il s'enthousiasmait de la première demi-heure des Anglais contre les champions du monde en titre, pendant laquelle ils avaient marqué trois buts, par Eric Brook (3e, 10e) et Ted Drake (12e). Ce match a pourtant été d'une rare violence et est entré dans la légende sous le nom de « La Bataille de Highbury ». En effet, Luis Monti a été victime d'une fracture au pied dès la deuxième minute. À dix, étant donné que les remplacements n'étaient pas autorisés, les Italiens ne vont pas retenir les coups et les victimes seront nombreuses côté anglais : nez cassé pour Eddie Hapgood, genou amoché pour Ray Bowden et bras fracturé pour Brook. Quant à Ted Drake, il fut frappé. Pour l'anecdote, Giuseppe Meazza réduira l'écart en deuxième période (58e, 62e).

Première Victoire Italienne (1973)

Près de 40 ans après ce match mythique, les Italiens accueillent les Anglais à Turin pour le 75e anniversaire de la FIGC, la Fédération italienne. Et un petit miracle se produit : après huit matches sans victoires, quatre défaites et autant de nuls, tous en amical, la Nazionale bat enfin les Three Lions. « Non ! le calcio n'est pas mort », titre L'Équipe au lendemain du match.

« Même si l'on est français et par conséquent éternellement neutre en matière de football, on ne peut pas être saisi par la passion qui se dégage d'un tel évènement que celui-ci », écrit notre envoyé spécial Jacques Ferran.

Devant 55 000 spectateurs, les Italiens sont en souffrance jusqu'à la 38e minute et l'ouverture du score de Pietro Anastasi, le Pelè bianco. Dans un stade en délire, Fabio Capello porta la marque à 2-0 grâce à un but d'anthologie : le ballon fusa entre Anastasi, Pulici et Capello, dernier sommet du triangle, qui le logea imparablement dans le but anglais. À l'instar des Italiens en 1934, les Britanniques devinrent de plus en plus brutaux et Pulici fut contraint de sortir, victime d'une agression de Hughes. Mais le score ne bougea plus et les Italiens purent fêter dignement les trois quarts de siècle de leur football.

Premier Affrontement en Compétition Officielle (1980)

Depuis cette victoire, Anglais et Italiens ont continué de s'affronter, et les débats furent plus équilibrés, avec deux victoires chacun en quatre matches, deux amicaux et deux de qualifications pour le Mondial 1978. Ce n'est qu'en 1980, lors de la phase finale de l'Euro organisé en Italie, que ces deux grandes nations s'affrontent en compétition officielle, une rencontre de phase de groupes.

Un match que les deux équipes doivent absolument gagner si elles veulent conserver une chance de se qualifier pour la finale. Elles ont en effet débuté la compétition par un match nul, 1-1 contre la Belgique pour les Anglais et 0-0 face à l'Espagne côté Italie.

« La Squadra force son destin », peut-on lire dans L'Équipe, à propos d'« une victoire pénible, difficile, arrachée par la peau et les dents grâce à un but de Marco Tardelli, le marathonien, à dix minutes de la fin ». Cette prestation au Stadio Comunale de Turin, devant 59 649 spectateurs, n'avait absolument pas convaincu Jacques Ferran : « Cette Italie si elle a vaincu en fin de compte, n'a convaincu que ceux qui croient aveuglément en elle. Elle peut être championne d'Europe, elle le devra plus à son orgueil qu'à son football. » Les Italiens feront match nul pour leur troisième et dernier match du groupe B et affronteront la Tchécoslovaquie en match pour la troisième place (défaite 1-1, 8-9 aux t.a.b.).

Premier Affrontement en Coupe du Monde (1990)

Dix ans plus tard, l'Italie organise la Coupe du monde. Et elle croise à nouveau la route de l'Angleterre pour un match à enjeux : la troisième place. Ces deux équipes ravalaient leur déception. Elles venaient de vivre exactement la même demi-finale : une défaite aux tirs au but après avoir fait match nul (1-1). Les Anglais avaient été éliminés par les futurs champions du monde allemands, les Italiens par l'Argentine de Maradona.

Ce match pour la médaille de bronze fut de qualité. Il est disputé « comme une finale », selon Michel Nait-Challal, envoyé spécial de L'Équipe. « Tout le monde pouvait se montrer satisfait : le public, les joueurs et les entraîneurs. Le spectacle fut de qualité et récompensa la meilleure équipe sur le terrain. »

La Squadra a donc tout fait pour terminer sa compétition invaincue et Toto Schillaci a marqué son sixième but en sept rencontres pour terminer meilleur buteur du Mondial. Il l'a inscrit sur penalty (86e) pour assurer la victoire à l'Italie, après l'égalisation de David Platt (81e) consécutive à l'ouverture du score de Roberto Baggio (70e). Les deux équipes se sont retrouvées en 2014 au Brésil et l'Italie avait aussi gagné, sur le même score (2-1), pour leur premier match dans la Coupe du monde.

Schillaci a marqué face à l'Angleterre en 1990.

Le Premier et Seul Match à Élimination Directe (2012)

La finale de dimanche sera seulement le cinquième affrontement entre ces deux nations en compétition officielle. Il faut remonter près de dix ans en arrière, et l'Euro 2012, pour retrouver leur dernière confrontation. Au stade Olympique de Kiev, les Italiens et les Anglais s'étaient disputé une place en demi-finale.

Les Italiens, dangereux mais maladroits, éliminent aux tirs au but une Angleterre (0-0, 4-2 aux t.a.b.) qui semblait n'attendre que cette séance, marquée par la panenka de Pirlo.

« Les yeux dans le vide, John Terry contemplait la scène, abattu, et il se demandait peut-être pourquoi son équipe s'était montrée si défensive, comme si elle rêvait d'en finir comme ça, encore perdante à la loterie des penalties, écrivait notre envoyée spéciale Mélisande Gomez. Montolivo avait raté le premier, pourtant. Mais Young avait trouvé la barre sur son tir puissant, et Buffon s'était couché du bon côté, devant Ashley Cole. Diamanti n'avait plus qu'à marquer, il a pris son temps et le rideau est tombé, pour les Anglais. » Il faut dire que, depuis 1990, c'était la sixième fois que l'Angleterre quittait une compétition un soir de match nul...

Approches Distinctes du Football

L’opposition entre l’Italie et l’Angleterre met en lumière deux approches distinctes du football. D’un côté, nous avons la tactique italienne, héritière du célèbre catenaccio, un système défensif ultra-rigoureux développé dans les années 1960. Cette philosophie de jeu, basée sur une organisation collective sans faille et des contres rapides, a longtemps fait la force de la Squadra Azzurra.

De l’autre côté, le football anglais s’est longtemps caractérisé par un jeu direct, physique et rapide. Les Three Lions ont bâti leur réputation sur des qualités athlétiques exceptionnelles et un engagement total sur le terrain. Cependant, l’arrivée de Gareth Southgate à la tête de la sélection en 2016 a marqué un tournant. Le sélectionneur anglais a insufflé une nouvelle philosophie de jeu, plus axée sur la possession et l’utilisation intelligente des espaces.

Joueurs Clés

Au fil des années, de nombreux joueurs d’exception ont marqué de leur empreinte les confrontations entre l’Italie et l’Angleterre. Côté italien, nous ne pouvons pas passer sous silence l’impact de Paolo Rossi, héros de la Coupe du monde 1982, dont les performances face aux Anglais ont souvent été décisives.

Du côté anglais, Gary Lineker a longtemps été la bête noire de la défense italienne, inscrivant plusieurs buts importants lors des confrontations entre les deux nations. Dans un passé plus récent, David Beckham a souvent été l’homme providentiel des Three Lions face à l’Italie, que ce soit par ses passes décisives ou ses coups francs millimétrés.

Les Sélectionneurs

Les sélectionneurs jouent un rôle crucial dans l’évolution tactique et mentale des équipes nationales. Mancini a pris les rênes de la Nazionale en 2018, dans un contexte difficile après la non-qualification pour la Coupe du monde 2018. Il a su insuffler un nouvel élan à l’équipe en misant sur un jeu offensif et séduisant, tout en conservant la rigueur défensive propre au football italien.

De son côté, Southgate a transformé la sélection anglaise depuis sa nomination en 2016. Il a mis en place un style de jeu plus moderne, basé sur la possession et l’utilisation intelligente des jeunes talents.

Statistiques des Confrontations Italie vs Angleterre

Voici un aperçu des statistiques clés des rencontres entre l'Italie et l'Angleterre :

Statistique Italie Angleterre
Victoires 10 9
Nuls 9 9
Défaites 9 10
Nombre total de matchs 28

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