France-Italie : Une Histoire de Football Épique et Passionnée

Les oppositions entre les Bleus et la Squadra Azzurra, c'est tout un programme. Et c'est notamment des sentiments rarement neutres à l'égard de nos cousins transalpins qu'on accuse de tous les maux en brandissant le cliché de l'Italien truqueur, ou qu'on admire au regard du palmarès de ce pays en matière de football. France-Italie, c'est avant tout une histoire d'amour vache.

En 39 confrontations relativement espacées dans le temps, il y a eu beaucoup de Bleus pour jouer contre l’Italie : pas moins de 294, mais aucun à plus de 6 matchs. Seuls Thierry Henry et Lilian Thuram ont atteint ce total entre 1997 et 2008. Côté italien, ils sont 290 à avoir joué contre les Bleus, le plus fréquent étant Renzo De Vecchi (7 fois entre 1911 et 1925).

Didier Deschamps aime bien l’Italie : en tant que joueur, il l’a rencontrée 4 fois pour 2 victoires (1-0 en 1994, 2-1 en 2000) et 2 nuls (2-2 en 1997, 0-0 en 1998).

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Moments Clés de la Rivalité Franco-Italienne

2 juillet 2000, Les Bleus reviennent de loin

France 2-1 Italie (finale de l'Euro). Un remake du Séville de 1982, mais en mode "reverse" et sans l'agression de Schumacher. L'Italie ouvre le score assez rapidement par Marco Delvecchio. Les minutes s'écoulent jusqu'au temps additionnel. Les Italiens commencent à déboucher les bouteilles de champagne. Mais Sylvain Wiltord brise le rêve de la Squadra Azzurra en égalisant à la dernière seconde. David Trezeguet achève les Italiens en marquant le but en or avant de faire le bonheur de la Juventus pendant dix ans en trouvant le chemin des filets à 171 reprises. Il arrivera ainsi dans le Piémont en qualité de bourreau et sera l'un des rares joueurs tricolores à ne pas avoir eu besoin de faire ses preuves pour se faire un nom de l'autre côté des Alpes comme le veut la tradition : sa réputation de tueur des surfaces était déjà faite avec cette estocade en ce soir de juillet.

Il est cependant pas resté sur cet échec, puisqu’il a transformé un nouveau tir au but trois ans plus tard en finale de la Ligue des champions « J’ai mis une mine, je vous jure ! Je pensais tellement à ce penalty-là, manqué contre l’Italie, que j’ai mis la plus grosse mine que je pouvais. Si Canizares, le gardien de Valence, avait été sur la trajectoire, je pense qu’il serait rentré dans son but (rire). C’est comme ça que j’aurais dû frapper contre l’Italie, mais j’ai réglé mes comptes avec moi-même, trois ans après... Heureusement, Barthez arrête le tir de Demetrio Albertini juste derrière, ce qui permet aux Bleus de ne pas se faire distancer.

De son côté, à l’approche de son tour, Henry se sent de moins en moins confiant. Il raconte « Puis c’est arrivé. OK, c’est à moi. Lors de mes deux premiers pas, je me suis dit : Oh putain, qu’est-ce que tu fais là ? Mais après le deuxième pas, c’était passé, j’étais en mode guerrier. Et je l’ai mis. Pourtant, ça ne m’a pas empêché d’avoir été traversé par la peur à un moment.

Blanc donne l’avantage à la France (4-3) et Luigi Di Biagio a la survie de l’Italie au bout du pied. Il envoie une frappe violente sur la barre, la France est qualifiée. Le gardien italien, Pagliuca, n’est pas vraiment étonné (« J’ai senti qu’il pouvait le manquer »), au contraire de son homologue français qui n’a pas compris que le match est terminé.

Il explique « En fait, sur le coup, je n´ai rien éprouvé. Je m’apprêtais à repartir dans mon coin car je croyais qu’il restait encore des tirs à venir. Je n’ai compris notre qualification que lorsque j’ai vu les autres courir vers moi. Laurent Blanc, qui venait de tirer juste avant, a eu le même étonnement que moi.

Barthez tient toutefois à mettre ses coéquipiers qui ont tiré en avant : « Je pense qu’il faut surtout féliciter les joueurs de champ. Les héros, ce soir, ce sont eux. Dans ce genre d’exercice, la pression n’est pas sur le gardien de but mais sur ceux qui vont tirer. La décontraction du gardien français lors de cette séance impressionne. Même s’il n’est pas spécialiste de ce genre d’exercice, il est hilare avant son commencement. Il déclare même à un coéquipier « J’ai la gigitte. Les poils du cul qui s’agitent. » Mais le portier se concentre vite sur son sujet, refusant même les conseils de ses coéquipiers, notamment ceux jouant en Italie. « Avant les tirs, je déteste parler. Je sais ce qui se passe en général, les gars sont là qui te lancent des « Allez, allez Fabien ! » J´aime pas trop ça. Je sais ce que j´ai à faire.

17 juin 1986, le coup parfait

France 2-0 Italie (8e de finale de la Coupe du monde). Le choc de ce mondial mexicain. L'Italie championne du monde en titre contre les Bleus récents vainqueurs de l'Euro 1984. Et pour la première fois de son histoire, la France fait peur à la Squadra Azzurra avec Michel Platini comme principal épouvantail. Le numéro 10 tricolore a mis l'Italie à ses pieds grâce à ses prouesses avec la Juventus de Turin ces dernières saisons. L'intéressé inscrira d'ailleurs le premier but du match. Notre sélection nationale gagne "à l'italienne" et laisse de côté provisoirement son football champagne pour donner une leçon de réalisme aux coéquipiers de Giuseppe Bergomi.

9 juillet 2006, la désillusion

Italie 1-1 France (5 tirs au but à 3). Cette finale de Coupe du monde n'a rien d'un match de football, c'est une pièce de Shakespeare avec Zidane et Materazzi dans les rôles-titres. Le premier marque un penalty sur une panenka, joue les prolongations avec une épaule déboîtée et clôt sa carrière internationale par un coup de tête à Marco Materazzi, lui valant un carton rouge. L'Italien, dans le rôle du méchant, effectue aussi une prestation magistrale. Il provoque la faute du penalty transformé par Zizou, s'occupe lui-même d'égaliser de la tête pour rattraper son erreur. Il parachève son oeuvre en vociférant des amabilités au numéro 10 des Bleus pour provoquer son courroux et transforme sa tentative lors de la séance des tirs au but. Les personnages secondaires sont aussi très inspirés : le gardien transalpin Buffon qui réalise des arrêts spectaculaires, ou bien Patrick Vieira, blessé, qui laisse ses coéquipiers au combat. Une rencontre qui dépasse le cadre du football et qui scelle à jamais la rivalité franco-italienne.

En 2006, lors de la finale à Berlin six Français déjà présents en 1998 sont encore là (Fabien Barthez, Lilian Thuram, Patrick Vieira, Zinédine Zidane, Thierry Henry et David Trezeguet). Deux d’entre eux participent à la séance de tirs au but qui va désigner le futur champion du monde. L’un, Barthez le gardien, n’arrête aucune tentative italienne. L’autre, Trezeguet est le seul joueur à ne pas transformer sa tentative, ce qui offre une quatrième couronne mondiale aux Italiens. « Jusque là, ça n’avait pas été une Coupe du monde très amusante pour moi », relate le buteur français. Il n’est en effet entré qu’en toute fin de partie face à la Corée du Sud et a joué l’intégralité du match face au Togo au premier tour, puis est entré en cours de prolongations face à l’Italie en finale. « J’ai pris mes responsabilités. Chaque penalty a son histoire. Celui face à Buffon, je l’avais bien tiré. Mais malheureusement, c’est comme ça.

Après la finale, Trezeguet est désespéré au point de penser arrêter sa carrière en Bleu, mais Diego Maradona le remet sur pied. Présent dans les tribunes, le génie argentin prend le temps de discuter avec le numéro 20 français après la rencontre. Trezeguet raconte : « C’est un moment extraordinaire. J’étais au fond du trou, la défaite, mon tir manqué, je m’en voulais. Arrivé à l’hôtel, ma mère me dit que quelqu’un veut me voir. C’était Maradona. On a passé la nuit à discuter. C’était la première fois qu’on se parlait. Il me réconfortait, me disait que lui aussi avait vécu des moments difficiles.

La défaite laisse des traces dans les esprits de certains joueurs. Ainsi, William Gallas, prévu comme cinquième tireur mais qui n’aura pas à s’exécuter puisque les Italiens l’emportent avant, n’hésite pas à raconter que certains de ses coéquipiers se sont dérobés au moment fatidique. Deux ans plus tôt, c’est Michaël Landreau, gardien spécialiste des tirs au but, qui avait jeté un peu d’huile sur le feu en expliquant que Raymond Domenech aurait pu le faire entrer pour cette séance s’il avait encore disposé de possibilité de remplacement. « On l’avait évoqué pendant la Coupe du monde 2006 lors de la séance de tirs au but contre l’Italie. Quand les matches à élimination directe avaient commencé Domenech m’avait lancé une brèche : « Fais attention, si jamais il y a une séance et que je n’ai pas fait tous mes changements je pourrais te faire rentrer ».

17 juin 2008, la France reçoit une claque

Italie 2-0 France (Euro 2008 en poule). La bérézina ! Après avoir pris une raclée 4-1 contre les Pays-Bas, c'est une équipe de France déboussolée qui défie l'Italie pour ce dernier match de poule de l'Euro. Les Bleus ont peu de chances de se qualifier pour les quarts de finale, mais il reste un infime espoir. L'illusion durera un peu plus de 20 minutes. Abidal commet une faute sur Toni dans la surface de réparation : penalty et expulsion pour l'ancien joueur de Lyon. Complètement dépassé par les événements, Domenech s'amuse à faire rentrer Nasri à la 10e minute pour remplacer Ribéry qui vient de se blesser, avant de sortir l'actuel joueur de Manchester City quelques minutes plus tard pour réagir au carton rouge d'Abidal. L'après-match appartient à "l'Histoire" : au lieu de parler et de trouver des explications à cette déroute tricolore, notre Raymond national préfère demander en mariage sa compagne devant les caméras. Du grand art...

Au Letzigrund, la France étale toute son impuissance et s’incline 2-0, sortant de l’Euro helvéto-autrichien avec un but en trois matchs. Côté italien, Pirlo et Gattuso écopent d’un avertissement synonyme de suspension en quart de finale, perdu aux tirs au but face à l’Espagne.

Le suspense est éventé dès la 10e minute, quand Ribéry sort sur blessure. A la 25e, Eric Abidal fauche Luca Toni dans la surface : penalty, carton rouge, but, sortie de Samir Nasri, qui venait d’entrer à la place de Ribéry. La suite est un supplice : l’Italie s’amuse de laisser le ballon aux Français qui n’en font rien.

En Suisse, Raymond Domenech fait déjà preuve d’une frappante déconnexion - qui est aussi, chez lui, une façon de se moquer du monde. Après la rencontre : « Le sentiment que j’ai, c’est de la fierté. Pour moi, cette équipe a de l’avenir, elle a construit quelque chose. » Puis d’embrayer, avec un sourire mièvre : « J’ai juste une chose à dire, là, aujourd’hui. Je n’ai qu’un seul projet : c’est d’épouser Estelle. C’est aujourd’hui que je lui demande vraiment. Je sais que c’est difficile, mais c’est dans ces moments-là qu’on a besoin de tout le monde et, moi, j’ai besoin d’elle. »

Dans l’instant, tout le monde a oublié la bouillie de match qui a précédé. La journaliste raconte, des années plus tard, à Paris Match : « Je suis sidérée, au point de demander à la régie si cette séquence a bel et bien été retransmise. Réponse hésitante de mon patron de l’info : “Je ne sais pas, concentre-toi, on démarre dans une minute.” » A l’antenne, Estelle Denis ignore la demande du sélectionneur et mène l’émission comme si de rien n’était.

Raymond Domenech admettra une erreur de communication (« J’aurais dû rester froid et professionnel ») aux conséquences significatives pour la carrière de sa compagne. « Pendant des années, Estelle m’avait dit : “Si un jour tu demandes ma main, il faudra que ce soit quelque chose d’exceptionnel, je ne veux pas d’un truc bateau.” Donc j’avais ça en tête… », expliquait-il à L’Equipe en 2019.

France en Ligue des Nations : Un Parcours en Dents de Scie

En trois participations à cette nouvelle compétition lancée par l’UEFA, l’équipe de France a connu trois scénarios différents pour son premier matchs de la Ligue A. Or il se trouve que les Bleus ne se sont qualifiés qu’une fois pour le carré final, et c’était après avoir commencé par une victoire. Ils avaient même fait quasiment le plein à l’automne 2020 dans des stades vidés par la pandémie, en remportant cinq matchs sur six (1-0 et 4-2 contre la Suède, 4-2 et 2-1 devant la Croatie, et 1-0 à Lisbonne), ne partageant les points que face au Portugal (0-0). Le match nul en Allemagne en 2018 n’a pas été éliminatoire directement, c’est plutôt la défaite à Rotterdam en novembre contre les Pays-Bas (0-2) qui a condamné les Bleus, qui avaient gagné deux fois à domicile (2-1). La défaite devant le Danemark en juin 2022, avec le tout dernier but de Benzema en sélection, a mal lancé le parcours qualificatif, poursuivi comme une corvée (0-1 à domicile face à la Croatie, deux nuls à l’extérieur).

Anecdotes et Chiffres Clés

  • Trois nouveaux joueurs sont candidats pour être les 940, 941 et 942e internationaux français.
  • S’il joue, Marcus Thuram deviendra le 103e porteur du numéro 9, laissé vacant par Olivier Giroud.
  • Antoine Griezmann reste sur 12 matchs sans but avec les Bleus.
  • La dernière victoire italienne contre les Bleus en France remonte au 11 avril 1954 à Colombes.

Match de Rugby : Une Victoire Historique pour les Bleus

Ce dimanche après-midi le XV de France a marqué l’histoire en s’offrant un succès de plus de 70 points (24-73) face à l’Italie dans le Tournoi des 6 Nations 2025. Jamais les Français n’avaient inscrit autant de points à Rome, pas non plus à Paris ou ailleurs d’ailleurs. On peut tourner le problème dans tous les sens, cette victoire 24 à 73 est historique pour les Bleus. Le plus grand nombre de points et le plus large écart dans la compétition remontaient à un succès à Rome 13 à 56 en 2005. À une autre époque, en 1967, les Français avaient battu les Italiens 60 à 13 à Toulon dans un test match. Malgré cet écart abyssal, il ne s’agit pas de la plus grande défaite italienne dans l’histoire du Tournoi. En 2001, alors qu’elle venait juste d’intégrer la compétition la Squadra Azzurra avait subi un cinglant revers 80 à 23 face aux Anglais sans pitié.

Quelques chiffres du match

  • C'est le premier résultat nul de l'histoire entre la France et l'Italie, en 49 rencontres. Les Bleus se sont imposés 45 fois. Les Italiens ont gagné à trois reprises, dont une fois en France (32-40), à Grenoble, en 1997.
  • En première période, l'équipe de France a largement dominé, sans concrétiser son long temps fort. Elle a joué dans le camp adverse 70 % du temps. Après la pause, la tendance s'est inversée : l'occupation des Bleus est tombée à 45 %.
  • La défense italienne a tenu bon face aux Bleus, malgré les nombreuses occasions françaises, notamment en première période. Les joueurs de la Nazionale ont réussi 179 plaquages (contre 128 pour les Bleus).

Face aux Italiens, les Bleus ont concédé 19 turnovers, soit autant de munitions gâchées.

Match de Handball : Préparation pour la Saison 2025-2026

Un match pivot, à la fois le dernier de l’année et le premier de la saison 2025-2026. Forts d’une saison brillante (15 victoires, une seule défaite en demi-finale du dernier Mondial), les Bleus lanceront cette nouvelle saison ce samedi à Pau, face à l’Italie (18h45, en direct sur beIN SPORTS, La Chaine l’Equipe et HandballTV). Guillaume Gille dispose d’un groupe de 18 joueurs et pourrait choisir de tous les sélectionner ou pas ! Après une pause de six mois, il y a une forme d’impatience, une certaine curiosité aussi. Je ne dirais pas que le temps a été long, parce que les athlètes, eux, sont sur le pont depuis un moment. Mais pour l’équipe de France, oui, on sent cette envie de bien représenter, de bien jouer, et surtout de poser les premières petites graines en vue du mois de janvier.

L’équipe d’Italie n’est pas un faire-valoir, d’autant plus que, défensivement, elle a la capacité de proposer différentes organisations et de venir mettre quelques grains de sable dans la machine : que ce soit dans l’alignée, dans la 3-3, aussi en 1-5. On s’attend forcément à un engagement fort de la part des Italiens, mais aussi à une vraie cohérence de jeu. Ils ont des armes, une manière de jouer qui peut nous poser des problèmes, voire nous faire déjouer. À nous de répondre présent, d’abord dans la concentration, la rigueur, et l’envie de bien jouer collectivement. Ce match doit nous servir à capitaliser et à avancer.

Depuis sa 1e sélection le 07 janvier 2016, face à la Norvège à Paris, Nedim Remili a cumulé 149 capes. Voici neuf ans, quasiment jour pour jour (le 03 novembre 2016), que les Bleus n’ont plus investi le Palais des Sports de Pau : ils avaient affronté la Lituanie au début de la campagne de qualifications à l’EHF EURO 2018.

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