France - Espagne Coupe du Monde 2006 : Un Classique Inoubliable

L’Espagne est un des adversaires que l’équipe de France a le plus rencontré dans son histoire, en match amical ou en compétition officielle. Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France, ne s’y est pas trompé, à la veille de France - Espagne : « L’Espagne reste une référence ». Mieux que ça, c’est même l’affiche qui reste une référence.

Dans leur histoire, les Bleus ont affronté à 34 reprises les champions du monde (2010) ibériques (12 victoires françaises, 7 matches nuls, 15 défaites), une confrontation qui résonne comme un Classique du football européen, voire mondial. Certaines d’entre elles ont forgé la légende des Bleus.

Histoire d'Espagne en 5 minutes

Contexte du match

Si l'on excepte 2012 et un Euro sans relief, il faut remonter à 2006 pour retrouver trace d'une sélection tricolore au-delà des poules. A l'époque, les Bleus sortaient de leur torpeur au meilleur des moments pour asséner le coup fatal à une Roja bien impudente, en huitième de finale de la Coupe du Monde allemande. Ou quand le coq a fait la peau du taureau.

Procédons tout d'abord à une petite remise en contexte de ce duel entre voisins, un soir de juin à Hanovre. L'Espagne est favorite, forte d'un parcours idéal dans la phase de groupe (3 victoires, 8 buts marqués, 1 seul encaissé). Tout le pays est en ébullition et entre deux tranches de jamón serrano, la presse se permet d'envoyer Zizou à la retraite avant l'heure. La confiance règne donc dans le camp ibérique. Sans doute un peu trop.

Côté tricolore, personne ne s'inquiète, tout du moins au sein du groupe emmené (d'aucuns diront traîné) par Raymond Domenech. Sans faire de bruit, l'Equipe de France prépare son coup.

Une seule victoire en 3 rencontres. Tel est le bilan mitigé des Champions du Monde 98 au moment d'affronter la jeune Espagne. Un premier nul face à la Suisse (0-0), toujours très difficile à manoeuvrer (excepté vendredi dernier). Un deuxième plus inquiétant devant une Corée du Sud sans complexe et portée en ce temps par Ji Sung Park. Un succès dans la douleur enfin, face au Togo d'Emmanuel Adebayor, grâce à Patrick Vieira et Thierry Henry (2-0).

Pas de quoi effrayer un groupe expérimenté, dont les têtes d'affiches ont tout connu, notamment les triomphes de 1998 et 2000. Au crépuscule de son talent, cette Equipe de France s'apprête à boucler sa dernière compétition, avant de laisser la main à la jeunesse.

L'équipe de France lors de la Coupe du Monde 2006

Le match : Un Huitième de Finale Mémorable

Après un premier tour très mitigé, la France rencontre l’Espagne en huitièmes de finale de la Coupe du Monde de football 2006. Les premières minutes du match ne tournent pas en faveur des français, les jeunes et talentueux espagnols monopolisent légèrement le ballon et ouvrent le score à la 28e minute grâce à David Villa.

Plus le match avance et plus les espagnols sont étouffés par le physique des français. Juste avant la mi-temps, Frank Ribéry réduit le score après un terrible une-deux avec Patrick Vieira. La deuxième mi-temps tourne ensuite à l’avantage des français dans un match sans temps mort et avec un rythme très soutenu. L’artiste Zidane vient parachever le travail à la 92e minute du match, avec un troisième but français.

Le but de Ribéry : Le tournant du match

Bien loin des soucis lombaires d'aujourd'hui, Ch'ti Franck avait débarqué dans la sélection de Domenech sans crier gare, du haut de ses 22 ans et de son parcours d'écorché vif. Brest, Metz, Galatasaray, Marseille : une feuille de route en forme de road trip pour un gars du Nord n'ayant pour seul objectif que de tâter du ballon rond. Complètement inconnu de la scène internationale, le natif de Boulogne sur Mer était sur le point d'y monter avec fracas.

En réponse au pénalty de David Villa, l'éternel, Francky réduit le score en jouant sur toutes ses qualités. Suite à un une-deux avec Patrick Vieira, l'ailier prend la poudre d'escampette et s'en va battre Iker Casillas, plein de sang-froid et de détermination (40e, 1-1).

La seconde période : La victoire se dessine

S'ensuit une seconde période tendue, dans laquelle les Bleus se montrent toutefois bien plus à leur avantage. Puis, à la 84e minute, Patrick Vieira surgit et vient sonner les Ibères (2-1). D'une tête rageuse, il catapulte le ballon dans les filets pour donner l'avantage à la France. Comme un gamin, il célèbre ce but avec ses copains, la langue tirée, le sourire jusqu'aux oreilles. Un vent de fraîcheur souffle alors sur les Tricolores. Il les porte, les soulève et les rajeunit.

En témoigne Zinédine Zidane, qui, après une remise de Wiltord, s'en va en solitaire planter la dernière banderille (3-1, 92e). Il Maestro se sent bien dans cette Coupe du Monde, et la retraite n'est pas encore d'actualité. N'en déplaise à Luis Aragones et les siens.

La victoire est savoureuse, la France définitivement lancée. En 90 minutes et trois coups de boutoirs, elle a retrouvé la force qui lui avait tant fait défaut en 2002. Elle est redevenue la bête à abattre.

Pour ceux qui préfèrent les images aux longs discours, voici le résumé de ce France - Espagne 2006 :

Héritage du match

Ce succès est depuis resté dans les mémoires. Il symbolise la renaissance d'une équipe, une cohésion retrouvée au sein d'un effectif décrié. Et il apporte la preuve irréfutable de l'importance d'un état d'esprit sans faille à l'heure de disputer une Coupe du Monde. Celui qui vous transforme une pâle équipe en le plus redoutable des adversaires. Et qui fait désormais de la sélection de Deschamps un candidat crédible au titre.

Quelques confrontations mémorables entre la France et l'Espagne

Voici comment la France est devenu la «RFA» de la Roja…

  • Euro 1984, finale, victoire 2-0: Un coup franc et puis… Arconada
  • Euro 2000, quart de finale, victoire 2-1: Djorkaeff répond à Mendieta
  • Coupe du Monde 2006, huitième de finale, victoire 3-1: Le réveil des Bleus

Ce n’est pas trop tôt ! Il faut attendre le 27 juin 1984 pour voir le premier France-Espagne en compétition. Et quel match : une finale d’Euro, au Parc des Princes.

On se dit que les Bleus ne vont pas y arriver quand une faute sifflée sur Lacombe offre un bon coup-franc à Platini. La suite est entrée dans la légende. Frappe enroulée sur laquelle Arconada se couche, le ballon lui glisse sous le bras et franchit la ligne.

A la 72e, Battiston demande à sortir pour permettre à Amoros de goûter à la fête. A la 85e, les Bleus se retrouvent à dix après l’exclusion de Le Roux. Et à la 90e, Tigana lance dans un ultime contre Bellone qui marque d’une balle piquée.

C’est à l’Euro 2000, à Bruges, que se joue le 25 juin de cette année-là un quart de finale brûlant. Les Espagnols dominent, martyrisent la défense française et égalisent sur pénalty par Mendieta (38e) quelques minutes après que Zidane ait ouvert le score d’un coup-franc platinien (32e). Le coup est dur, mais Djorkaeff redonne l’avantage aux Bleus (44e) avant la pause.

C’est avec une confiance excessive qu’ils abordent le huitième de finale à Hanovre lors de la coupe du monde 2006, promettant d’envoyer Zidane (qui vient de quitter le Real Madrid) à la retraite.

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