Le match entre la France et la Croatie est toujours un événement attendu avec impatience par les fans de handball. Ces deux nations, riches d'une histoire commune dans ce sport, offrent souvent des confrontations passionnantes et disputées. Retour sur une rencontre marquante.

Contexte du Match
«La Croatie a marqué l’histoire du handball et c’est une longue histoire. C’est un vrai plaisir de retrouver la Croatie, à domicile, devant 15000 spectateurs certainement presque tous croates avec très peu de Français, dans un climat, je ne dirais pas hostile, mais très bouillant. Il nous faudra répondre présent par rapport à cette adversité (...) Le fait d’être passé en demi-finale, la pression sera différente. Sur le plan émotionnel, le plus gros est passé. On peut considérer qu’aujourd’hui, le handball français a peut-être un petit peu plus de talents. La Croatie a une identité et une culture fortes. Elle sera présente au rendez-vous dans l’engagement et dans la détermination, en plus de ses individualités.
Il s'agira du quatrième duel entre les deux nations dans cette enceinte bouillante de Zagreb, avec ses 15.600 spectateurs transis d'amour pour les Vatreni (le surnom des joueurs croates).
Souvent au bord du précipice dans ce Mondial, les Croates ont toujours su s’en sortir pour atteindre ce dernier carré.
Comme un parfum de revanche, la Croatie reçoit une nouvelle fois les Bleus dans une Zagreb Arena bouillante. Les Croates démarrent fort, devant un public complètement survolté (1-3, 3’).
Les Moments Clés du Match
Mais la réussite aux tirs se perd, et les Bleus reviennent rapidement au score (3-3, 7’). Les Croates, emmenés par Marin Jelinić (3 buts, 11’), sont en feu (5-7). Comme face à l’Égypte, les Bleus n’arrivent pas à réaliser des stops défensifs (5-9, 12’). Les Croates sont au-dessus dans ce début de match et marquent sur quasiment chaque action, tandis que les Bleus butent sur une défense solide dans le secteur central (7-12, 19’). Guillaume Gille, toujours insatisfait, lance ses remplaçants.
Poussés par tout un pays, les Rouges et Blancs jouent à un niveau très élevé des deux côtés du terrain (8-16, 25’). Dans le même temps, les Bleus ont déjà perdu huit ballons ! Un deuxième temps mort est posé par Guillaume Gille pour tenter de changer la dynamique. Changement défensif avec une 1-5 et un Karl Konan très haut.
Au retour des vestiaires, Guillaume Gille laisse Aymeric Minne en demi-centre et fait glisser Nedim Remili sur la base arrière. Le joueur du H, à l’instar de la fin de première période, marque directement (12-18, 31’). Sur l’action suivante, il est exclu directement pour un coup au visage, un nouveau coup dur pour des Bleus déjà dos au mur.
Après quelques stops défensifs et plusieurs actions favorables, les Bleus recollent légèrement au score, laissant entrevoir un infime espoir (15-19, 36’). Mais tout réussit aux Croates, à l’image de cette lucarne surpuissante d'Ivan Martinovic, qui frôle Charles Bolzinger (16-22, 40’). Poussée dans ses derniers retranchements, la défense française passe en 3-3 pour tenter de freiner des Croates en pleine réussite, emmenés par le duo Srna - Jelinic (19-25, 45’).
À l’aube des dix dernières minutes, l’écart se maintient autour des cinq longueurs d’avance en faveur de la Croatie (22-26, 50’). Fait de jeu qui pourrait avoir son importance : la Croatie se retrouve à cinq contre sept pour deux minutes. Mais même en infériorité, elle trouve la solution au cœur de la défense tricolore (25-29, 55’). Filip Glavas inscrit, à quatre minutes du terme, un jet de 7 mètres qui pourrait être décisif (26-30, 57’).
Les Bleus ont dominé les Croates par 34 à 32 (18-18) et empochent ainsi 2 points supplémentaires qui les positionnent seuls en tête au tour principal. L’équipe de France a désormais rendez-vous avec l’Islande afin de se rapprocher un peu plus encore du dernier carré. Pour ce premier match du tour principal disputé dans l’immense Lanxess Aréna (19000 places), le coach a choisi de maintenir, sur la feuille de match, les seize joueurs qui ont contribué à la victoire face à l’Allemagne.
Les Bleus donnent le coup d’envoi de ce classico. Luka Klarika ouvre la marque mais Ludovic Fabregas réplique aussitôt (1-1, 2e). Zvonimir Srna inscrit le 3e but croate. L’équipe des Balkans pousse les Bleus à la faute : Ludovic Fabregas écope de la première exclusion de la partie avant, une poignée de secondes plus tard, que le capitaine Luka Karabatic ne subisse la même sanction. Malgré cette double infériorité Yanis Lenne et Nikola Karabatic limitent les dégâts. La Croatie mène 6 à 4, après 9 minutes. Yanis inscrit un second but mais les Croates poursuivent leur festival offensif avec notamment Mario Sostaric, déjà buteur à trois reprises.
Deux fois de suite, la défense récupère les scories croates pour égaliser : d’abord sur grand espace avec Hugo Descat puis avec Dika Mem qui bat Matej Mandic. Pour la première fois de la partie, les Bleus passent devant (8-7, 13e) avec le second but de Nikola Karabatic jamais épargné par les supporters croates. Tin Lucin sort pour deux minutes et les Bleus en profitent pour réaliser un premier break avec deux buts consécutifs de Dika Mem (4 sur 6). Luka Cindric réduit la marque puis au terme d’un beau mouvement, Nedim Remili, en position d’arrière gauche, bat Matej Mandic, pour la 1ère fois de la soirée.
Et +3 (12-9 ; 18e) pour les Bleus avec le 3e but de Nikola Karabatic. Après 20 minutes dans ce premier acte, Guillaume Gille pose son premier temps-mort. Le coach prépare l’entrée d’Elohim Prandi qui sert immédiatement Luka Karabatic, pour le 14e but tricolore. Samir Bellahcene est entré au relai de Rémi Desbonnet mais ne peut rien sur les tirs d’Igor Karacic et de Marin Jelenic (2 fois). Les Croates sont revenus à -1 (15-14, 23e) mais Yanis Lenne et Hugo Descat se distinguent face à Dominik Kuzmanovic. Melvyn Richardson, Karl Konan, Nicolas Tournat et Valentin Porte sont aussi entrés au relais de leurs partenaires.
Le triplé de Mateo Ramas permet à la Croatie d’égaliser (17-17, 28e) et d’annihiler la belle production tricolore. Dominik Kuzmanovic se révèle un choix payant : le jeune gardien croate (22 ans) met en échec les tentatives françaises. Hugo Descat et Igor Karacic sont les derniers buteurs de la 1ère mi-temps. Nicolas Tournat bonifie le premier arrêt de Samir Bellahcene puis Nikola Karabatic marque une 4e fois (100 %). Kentin Mahé est à la mène en ce début de seconde période.
Les Bleus sont repartis devant mais ils peinent à creuser un écart important malgré les premiers arrêts de Samir Bellahcene. Ludovic Fabregas est sanctionné une 2e fois pour une légère touchette sur Karacic, sur une montée de balle. Le 6e but de Dika Mem (6 sur 9) remet la France à +2 (22-20, 38e). Dominik Kuzmanovic se distingue encore, cette fois face à Luka Karabatic. Samir Bellahcene n’est pas en reste. Ludovic Fabregas et Dylan Nahi scorent tour à tour et la France s’offre un avantage de 3 buts (24-21, 41e). Goran Perkovac appelle ses joueurs pour la 3e fois.
Ludovic Fabregas, brillant jusque-là, écope d’une troisième sanction synonyme de carton rouge. Mario Sostaric voit son jet de 7m stoppé par Samir Bellahcene. Les 19000 spectateurs, certes la plupart dans l’attente de l’affiche suivante, entre l’Allemagne et l’Islande, ne boudent pas leur plaisir devant l’intensité du spectacle proposé. Après 44 minutes, l’équipe de France mène 26 à 22. Cette fois, Dominik Kuzmanovic sort un jet de 7m d’Hugo Descat et toute la Croatie se remet à y croire.
Avec un petit but d’avance, tout le clan tricolore retient son souffle d’autant que Dika Mem et Veron Nocinov sont exclus en même temps par le duo norvégien. La défense tricolore tient le choc, à 5 contre 6, et exploitent les scories dans le but vide : Dylan Nahi et Nedim Remili portent le score à 30 à 27 (55e). Elohim Prandi renvoie la Croatie à -3 (31-28) dès l’entrée dans le money-time. Yanis Lenne est revenu sur le flanc droit. Klarica et Jelinic ramènent leur équipe à un petit but (31-30) et la pression monte encore d’un cran.
Filip Glavas est exclu pour une faute sur Dylan Nahi. Kentin Mahé marque sur jet de 7m mais l’avance de l’équipe de France est très fragile avec seulement un petit but d’avance. Nicolas Tournat plante une 33e banderille mais ces diables de croates sont toujours aux basques des Bleus. Ce même Nicolas Tournat assène un le coup fatal.
Arbitres : L. Jorum, H.
Gardiens : Bellahcene (5 arrêts / 24 tirs dont 1/3 pén), Desbonnet (2 arrêts / 14 tirs dont 0/1 pén); Lenne (3/4), Rémili (3/5), Prandi (1/3), Richardson (0/2), Mem (6/11), Tournat (4/5), N. Karabatic (5/7), Mahé (2/2 dont 1/1 pén), L. Karabatic (1/2), Fabregas (3/3), Descat (3/5 dont 0/1 pén), Porte (1/1), Nahi (2/3), Konan (0/1) - Exclusions temporaires : Fabregas (6’, 35’, 41’), L.
Côté français, c’est Dika Mem qui s’affiche en tête des buteurs avec 42 buts (71 % de réussite) devant Nedim Remili (33) et Thibaud Briet (28). L’ailier droit Filip Glavas pointe en tête des buteurs croates avec 34 unités, devant Ivan Martinovic et Mario Sostaric (29 buts).
Statistiques Clés
Retrouvez les chiffres marquants en marge de l'affrontement entre les Bleus et la Croatie, trois jours après l'aller:
- Didier Deschamps va diriger son 167e match à la tête de l'équipe de France, ce qui va faire de lui le troisième sélectionneur le plus capé de l'histoire du football international.
- Depuis un an, l'équipe de France n'a inscrit que dix buts sur ses dix dernières rencontres face à un concurrent du top 15 au sein du classement FIFA.
- Les Croates n'ont perdu qu'une fois par deux buts d'écart depuis décembre 2022, soit 25 matchs.
- La Croatie n'a gagné aucun de ses trois derniers déplacements (tous en Ligue des nations).
- Ousmane Dembélé, qui a notamment inscrit treize buts en championnat depuis le début de l'année 2025 (le meilleur total parmi le top 5 européen), est le dernier joueur de l'équipe de France à avoir marqué à domicile.
Voici les stats du match grâce à nos excellents partenaires de Sofascore. Un match disputé entre deux belles équipes.
France-Croatie : l'analyse
Réactions d'Après-Match
Guillaume Gille : Ça a été un match très disputé, où on n’arrive pas forcément à dominer notre adversaire, notamment à cause de la prestation de son gardien. On est en tête, on croit voir le soleil, mais on n’arrive pas à concrétiser. Ce que je retiens, c’est que le match a été moins maitrisé que celui face à l’Allemagne, aussi parce que les Croates font un match très solide. On a un peu fait le yoyo pendant soixante minutes. On a vu un peu de crispation sur la fin, mais on est capable de mettre des buts importants, notamment en allant jouer autour de Nicolas Tournat. Ça nous fait deux points, une entrée parfaite dans le tour principal mais il va falloir vite basculer sur la suite. Les garçons ont vraiment fait preuve d’un bel état d’esprit.
Nikola Karabatic : Comme j’aime bien les stats bien faites, j’aurais bien aimé savoir aussi combien de passes décisives j’ai fait, ou ce genre de choses, mais c’est déjà bien de battre le record de buts. Ma mère m’a mis la pression il y a deux jours, elle m’a appelé en me disant qu’il fallait absolument que je batte le record et qu’il ne me restait que huit buts à marquer. Je lui ait di que je faisais plein d’autres trucs sur le terrain, des passes et des défenses, mais elle a bien insisté qu’il fallait que je le fasse. Après, c’est arrivé et c’est tant mieux, d’autant qu’elle était en plus dans les tribunes avec mes enfants. Mais je retiens surtout notre victoire, le fait qu’on se soit arraché pour aller la chercher tous ensemble. Cette saison, j’essaye vraiment de profiter de chaque moment car je sais que tout ne durera pas. Alors les records, c’est cool, j’ai couru après ce genre de choses toute ma vie, mais ce soir, c’est un peu anecdotique.
Nicolas Tournat : On a eu un match très accroché, mais forcément face à la Croatie, ça n’allait pas être facile. Mais on a su les embêter défensivement et surtout ne jamais les laisser passer devant, y compris en deuxième période. Ça aurait pu être différent si les choses avaient tourné mais bon…Forcément, il y a des fois où je suis un peu frustré par mon temps de jeu, mais j’essaye de répondre présent dès que je suis appelé. Le but est surtout, comme on l’a vu ce soir, d’entrer sur les supériorités numériques. Ça peut être frustrant de ne jouer que quelques minutes, mais quand on voit ce que Ludovic et Luka font, il n’y a rien à redire. Je sais que, de toute façon, je préfère que l’équipe gagne et que je ne joue pas beaucoup que le contraire.
Yanis Lenne : C’est toujours compliqué de revenir de blessure et de trouver ses repères tout de suite, on l’a vu pour moi contre l’Allemagne. J’ai l’impression que, ce soir, ma compétition a vraiment commencé. Je suis content d’être vraiment entré dedans. J’ai senti l’équipe un peu nerveuse par moments, mais on a aussi montré une forme de maturité en étant capable de nous recentrer, sans paniquer. On a pu se reposer sur certaines bases, sur quelques mouvements offensifs qu’on maitrise bien ou sur des bonnes défenses. Après, on sait que ce ne sont que deux points, que c’était un match important mais que le prochain le sera tout autant.
Incidents et Controves
Sur chaque contact, les Croates se tiennent le visage désormais, après l’expulsion de Minne. Incroyable décision des arbitres qui sortent le Nantais pour un coude trop haut en attaque, mais totalement involontaire.
Nicolas Tournat évoque des «propos racistes» pendant le match. «Il y en a dans toutes les salles, c'est grave, mais ça nous a boosté», lâche le pivot nantais
L'importance Tactique du 7 contre 6
Depuis le 1er juillet 2016, une règle permet en effet à une équipe de sortir son gardien de but pour faire entrer un joueur de champ supplémentaire en attaque. Seul désavantage : le but de cette équipe est vide et en cas de perte de balle ou de jeu rapide, il est aisé pour l’équipe adverse de marquer.
Rapidement, cette règle n’a pas fait l’unanimité chez les puristes, en particulier chez les Français qui ne l’utilisent pour ainsi dire jamais (sauf en cas d’infériorité numérique après une exclusion pour deux minutes afin de rester à six en attaque).