L'histoire du Match des étoiles de la Ligue Nationale de Hockey

Les Boston Bruins représentent bien plus qu’une simple équipe de hockey sur glace, ils incarnent l’âme sportive de Boston. Fondée en 1924, cette franchise fait partie des prestigieux “Original Six”, ce groupe exclusif des six premières équipes qui ont façonné l’histoire de la NHL (National Hockey League).

Les débuts du hockey à New York: Les Americans

L'histoire du hockey à New York ne débute pas avec les Rangers mais avec les Americans. Car il s'agit bien là du premier club de hockey sur glace de Big Apple, qui rejoint en 1925 la National Hockey League.

Thomas Duggan et Bill Dwyer déboursèrent la somme de 75 000 dollars pour racheter l'effectif des Tigers d'Hamilton, la concession quittant la NHL pour un différend salarial. Un an avant, le circuit canadien avait ouvert ses portes au marché américain pour la première fois en invitant Boston avant d'ajouter sur sa liste les Pirates de Pittsburgh et les Americans de New York.

Duggan et Dwyer parvinrent à convaincre George Lewis "Tex" Rickard, promoteur de boxe réputé mais surtout propriétaire du Madison Square Garden, d'utiliser son bel écrin. En 1925, ce bâtiment n'était plus à Madison Avenue puisque la troisième version du "MSG" fut érigée au sud de Central Park, et non plus au nord.

Le premier match des "Amerks" se déroula à domicile le 15 décembre 1925 face aux Canadiens de Montréal. Les résultats des Americans sont convaincants pour une première saison. Mais ce qui étonne le plus, c'est la ferveur populaire que génère le hockey à New York.

La création des Rangers de New York

Cela n'échappe pas au maître des lieux. La relocalisation du "Garden" au centre de Manhattan s'est avérée gagnante, même pour une discipline inconnue jusque-là dans la "grosse pomme". Tex Rickard y voit un filon et veut à son tour sa propre équipe à New York, la NHL accepte.

Rickard se rapprocha alors d'un soldat de l'armée canadienne - qui participa aux deux guerres mondiales - qui exerçait son savoir du hockey à l'Université de Toronto. Conn Smythe est l'homme sollicité et se voit attribuer une mission : traverser les états-Unis à la recherche de talents insoupçonnés qu'il aura à charge d'entraîner.

Smythe parvient à ses fins mais certains de ses choix ne sont pas soutenus par la direction. Conn Smythe quitte le navire - et deviendra par la suite le légendaire propriétaire des Maple Leafs de Toronto. Lester Patrick, vainqueur de la Coupe Stanley en tant que joueur puis entraîneur et pionnier du hockey sur la côte Pacifique, le remplace.

L'équipe est prête et les journalistes l'annoncent en parlant des "Tex's Rangers". Peu importe, pour Tex Rickard, le cœur des New-Yorkais est à prendre et le grand amateur de boxe devenu féru de hockey entend bien mettre K.O. les Americans à ce jeu-là.

Les Rangers débutent le 16 novembre 1926 devant plus de 13 000 spectateurs au Madison Square Garden face aux Maroons de Montréal. Aligné avec son frère Frederick alias "Bun", Bill Cook devient la première grande star - et premier capitaine - des Rangers, finissant meilleur buteur de la ligue à l'issue de cette première saison.

La deuxième sera (déjà) celle de la consécration puisque les fameux "Broadway Blueshirts" remportent leur première Coupe Stanley en 1928 en finale face aux Maroons de Montréal, pourtant favoris. Tex Rickard peut être fier, il a remporté son pari en conjuguant succès sportif et populaire.

Le rôle héroïque de Lester Patrick en 1928

Le coach Lester Patrick marque l'histoire par ses aptitudes tactiques révolutionnaires, également pour avoir pris place devant les filets à... 44 ans.

Lors du match 2 de cette première finale, Lorne Chabot reçoit un palet dans l’œil et doit quitter la partie. Patrick a deux options pour remplacer Chabot : Alex Connell, gardien d'Ottawa présent parmi les spectateurs, et Hugh McCormick, qui exerce dans une ligue mineure. Mais les deux propositions nécessitent l'aval de l'entraîneur adverse, Eddie Gerard, qui refuse.

Lester opte alors pour la seule décision qui lui vient en tête : prendre lui-même place dans les filets... alors qu'il n'avait joué qu'au poste de défenseur durant sa carrière de joueur ! Durant quarante-cinq minutes, le coach n'encaissa qu'un seul but et préserva les chances de son équipe en prolongation, Frank Boucher inscrivant le but gagnant pour les Rangers au Forum de Montréal.

Avec un nouveau gardien engagé pour la suite de la série finale - Joe Miller - les Rangers soulevèrent leur première Coupe Stanley. Jamais une équipe de la NHL n'a gagné le titre à sa deuxième année d'existence.

Patrick, surnommé le "Silver Fox", demeure encore aujourd'hui le gardien le plus âgé de l'histoire à avoir participé à une finale de la Coupe Stanley.

L'ascension des Rangers et le déclin des Americans

Incontestablement, les Rangers se démarquent de leur duel fratricide avec les Americans, sur la glace comme dans les tribunes. Les Blueshirts de Broadway ont conquis Big Apple, notamment grâce à une méthode marketing assez surprenante.

Dans les années 20, les communautés juive et italienne représentaient alors une part importante de la population new-yorkaise. Pour attirer la foule, le publicitaire Johnny Bruno a eu la réflexion suivante : ni juif, ni italien dans l'équipe... autant en inventer ! Le Canadien d'origine finlandaise Oliver Reinikka devint Ollie Rocco et le Québécois Lorne Chabot vit son nom transformer en Chabotsky !

Et les bonnes performances se poursuivent grâce au nouveau gardien John Roach, qui a succédé à Chabot, et toujours au premier trio formé des frères Cook avec au centre Frank Boucher. La "Bread line" régale tout le monde au MSG. Pendant dix ans - et plus de 1000 points accumulés ensemble - ce trio devenu majeur en NHL permettra de nouveau d'atteindre la finale en 1929 puis en 1932.

Les années 1930 et 1940 : Succès et défis

En 1933, les Rangers obtiennent leur revanche face à Toronto un an après l'échec face aux Maple Leafs. L'inévitable Bill Cook marqua le seul but du match 4 en prolongation face à son ancien coéquipier Chabot, qui avait déménagé en Ontario.

Déjà une deuxième coupe mais toujours pas l'occasion de la soulever à la maison. À cette époque, les finales de la Coupe Stanley se déroulaient en avril, au moment où le cirque, alors bien plus rentable qu'une équipe de hockey, débarquait à New York pour monopoliser le Madison Square Garden et l'attention des New-Yorkais, petits et grands.

Bun Cook, puis son grand-frère Bill qui a établi un record de club avec 11 coups du chapeau avec les Rangers, quittent New York. Le gentleman Frank Boucher - récompensé à sept reprises par le trophée Lady Byng, un record - ne s'est jamais éloigné du Madison Square Garden. Après treize années en tant que joueur, Boucher entraînera l'équipe durant douze ans avant de devenir directeur général jusqu'en 1955.

Dès sa première saison en tant que coach, Boucher mène son escouade vers un nouveau triomphe en 1940 : les Rangers déjouent une fois de plus les Maple Leafs de Toronto et remportent leur troisième Coupe Stanley. Dave Kerr, qui a eu la joie de soulever la coupe chez lui à Toronto, devint le premier gardien Ranger à recevoir le trophée Vezina remis au meilleur gardien de la NHL après une saison extraordinaire.

Kerr, porte d'acier qui n'a manqué qu'un seul match entre 1934 et 1941 (!), a connu une série de 19 parties sans connaître la défaite. Entre 1926 et 1942, les Rangers de New York n'auront été exclus des playoffs qu'une seule année (1935-36), participant à six finales dont trois conclues par la coupe. Toutefois, certains joueurs seront par la suite indisponibles, partis en guerre avec les Alliés, dont le talentueux Bryan Hextall (senior). L'un d'entre eux, Red Garrett, ne reviendra pas.

La disparition des Americans et l'ère des "Original Six"

La Grande Dépression suite au krach boursier de 1929 fragilise l'économie américaine, et donc les clubs sportifs. Les Americans résistent mais la terrible concurrence des Rangers et la Seconde Guerre Mondiale éteignent la flamme en 1942.

Entraîneur, manager puis propriétaire des "Amerks", Red Dutton, qui occupera la présidence de la NHL de 1943 à 1946, fut incapable de convaincre la ligue de ressusciter les Americans, accusant l'influence d'un lobby pro-Rangers.

Après la disparition des Americans, il reste six équipes en NHL qui batailleront ensemble pendant un quart de siècle avant la grande expansion de 1967. C'est l'ère des six équipes originales : les Canadiens de Montréal, les Bruins de Boston, les Red Wings de Détroit, les Maple Leafs de Toronto, les Blackhawks de Chicago et donc les Rangers.

Les Bruins de Boston : Un symbole sportif

L’histoire des Boston Bruins est jalonnée de moments inoubliables et de joueurs légendaires. Des icônes comme Bobby Orr, considéré par beaucoup comme le plus grand défenseur de tous les temps, Phil Esposito, Ray Bourque ou Patrice Bergeron ont porté le fameux “B” sur leur poitrine avec fierté et excellence.

Le style de jeu des Bruins a toujours été reconnaissable : physique, robuste et discipliné. Surnommés les “Big Bad Bruins” dans les années 1970, ils ont cultivé une identité de jeu qui résonne encore aujourd’hui dans leur approche.

La constellation actuelle des Boston Bruins brille de plusieurs étoiles qui électrisent régulièrement les 17 850 spectateurs du TD Garden. En tête d’affiche, David Pastrňák, surnommé “Pasta” par les fans, s’est imposé comme l’un des attaquants les plus prolifiques de la ligue. Ce virtuose tchèque combine vitesse fulgurante, mains magiques et un tir dévastateur qui fait se lever les foules.

Le capitaine Brad Marchand incarne l’esprit combatif des Bruins. Joueur d’intensité qui ne recule jamais devant l’adversité, Marchand s’est métamorphosé au fil des années d’un simple agitateur à un attaquant complet de classe mondiale. Son leadership émotionnel et son talent dans les moments décisifs en font le cœur battant de cette équipe.

La défense s’articule autour de Charlie McAvoy, un arrière américain au style moderne qui excelle dans toutes les facettes du jeu. Cette constellation de talents est complétée par des joueurs de caractère comme Pavel Zacha, Charlie Coyle et Hampus Lindholm, formant un collectif redoutable qui vise chaque année les sommets de la division Atlantique et le précieux trophée de la Coupe Stanley.

Le TD Garden : Temple du hockey à Boston

Le TD Garden, surnommé affectueusement “The Garden” par les locaux, constitue l’épicentre de la passion pour le hockey à Boston. Cette enceinte moderne qui a remplacé le légendaire Boston Garden en 1995 offre une expérience sportive immersive et électrisante.

L’architecture du TD Garden a été pensée pour maximiser l’expérience des fans. Les lignes de vue sont excellentes depuis pratiquement tous les sièges, même dans les sections supérieures. Le système audio puissant et les écrans géants permettent de ne manquer aucun détail de l’action sur la glace.

La configuration du TD Garden offre différentes expériences de visionnage selon l’emplacement choisi. Les sections sont organisées principalement en deux niveaux distincts, chacun proposant une perspective unique sur l’action glacée.

  • Les sections numérotées de 1 à 21 (niveau inférieur) garantissent une proximité inégalée avec la patinoire, vous permettant d’entendre les coups de patins, les impacts contre la bande et les communications entre joueurs.
  • Les sections 300 (balcon) représentent l’option plus économique, avec des tarifs débutant à 75$. Ne sous-estimez pas ces places, la configuration verticale du TD Garden assure une visibilité surprenamment bonne même depuis ces hauteurs.
  • Les sections centrales comme 314-318 et 301-303 offrent une perspective panoramique fascinante qui permet de vraiment apprécier les systèmes tactiques et les mouvements collectifs. Ces places sont particulièrement intéressantes pour observer le travail des gardiens de but et les batailles intenses qui se déroulent devant le filet.

L'expérience immersive d'un match au TD Garden

L’expérience immersive d’un match des Boston Bruins commence bien avant le coup d’envoi officiel. Pour en profiter pleinement, arrivez au TD Garden au moins 90 minutes avant le début de la rencontre. Les portes ouvrent généralement deux heures avant le face-à-face initial, vous permettant d’explorer tranquillement les installations et de vous imprégner de l’atmosphère qui monte progressivement.

Le TD Garden regorge d’attractions annexes qui enrichissent votre visite. Ne manquez pas le Sports Museum situé au niveau 5 et 6 de l’arène (billet séparé requis), qui présente une collection impressionnante de souvenirs et d’artefacts relatant l’histoire des Bruins et des autres franchises sportives de Boston.

Chaque match des Boston Bruins est rythmé par des traditions emblématiques qui enrichissent considérablement l’expérience des spectateurs. Dès votre entrée dans le TD Garden, vous serez immédiatement frappé par la présence massive du noir et or, les couleurs iconiques de la franchise.

Avant l’entrée des joueurs sur la glace, l’obscurité envahit soudainement l’arène. Le spectacle audiovisuel qui s’ensuit, projections sur la glace, montage vidéo sur l’écran géant retraçant les moments forts de la franchise, et l’impressionnant ours qui rugit, crée une montée d’adrénaline palpable.

Une tradition particulièrement émouvante est le “8-Spoked Salute” lors du premier arrêt de jeu. Ce moment honore un héros militaire ou un premier répondant local, provoquant systématiquement une ovation debout de tout le TD Garden.

Si vous avez la chance d’assister à une victoire des Bruins, restez quelques minutes après la sirène finale pour voir les joueurs se réunir au centre de la glace et lever leurs bâtons en signe de remerciement aux fans, un moment de communion authentique entre l’équipe et ses supporters.

Match des étoiles de la LNH 2020

Conseils pratiques pour les voyageurs internationaux

Pour les voyageurs internationaux désireux de vivre l’expérience d’un match des Boston Bruins, quelques considérations pratiques s’imposent. La saison régulière de la NHL s’étend d’octobre à avril, avec 41 matchs à domicile répartis sur cette période. Les mois de janvier et février offrent souvent les meilleures opportunités pour assister à des rencontres à fort enjeu, quand la course aux séries éliminatoires s’intensifie.

La barrière linguistique ne pose généralement pas de problème majeur, même pour les francophones ou visiteurs non anglophones. Le personnel du TD Garden est habitué aux touristes internationaux, et les indications principales sont clairement signalées. Les documents d’identité sont essentiels pour plusieurs aspects de votre visite. Un passeport valide sera nécessaire pour acheter des boissons alcoolisées, l’âge légal étant de 21 ans dans le Massachusetts.

Explorer Boston autour du TD Garden

La position stratégique du TD Garden au cœur de Boston en fait un point d’ancrage idéal pour organiser un circuit touristique efficace. Le célèbre Freedom Trail, ce chemin de brique rouge qui serpente à travers les sites historiques les plus importants de la ville, passe à proximité immédiate de l’arène.

Le charmant quartier du North End, surnommé la “Petite Italie” de Boston, se trouve à moins de 10 minutes à pied du TD Garden. Ce secteur animé regorge de restaurants authentiques, de pâtisseries traditionnelles et de boutiques pittoresques. Programmer un dîner italien avant le match constitue une tradition locale appréciée tant par les Bostoniens que par les visiteurs.

Pour les amateurs d’art, le Museum of Fine Arts et l’Isabella Stewart Gardner Museum représentent des destinations incontournables, facilement accessibles depuis le TD Garden via la ligne verte du métro.

Si votre séjour inclut plusieurs jours, envisagez un package multi-sports en combinant un match des Bruins avec une rencontre des Celtics (NBA) qui partagent la même arène, ou des Red Sox (MLB) au mythique Fenway Park durant les mois où les saisons se chevauchent.

La passion du hockey : Unificateur social à Boston

Le hockey sur glace et Boston entretiennent une relation symbiotique profonde qui transcende le simple divertissement sportif. Cette ville universitaire, intellectuelle et historique trouve dans les Bruins un exutoire collectif parfait pour exprimer sa passion viscérale et son esprit combatif.

Les bars sportifs comme le The Fours, le Sullivan’s Tap ou le Boston Beer Works situés aux abords du TD Garden représentent des institutions quasi-sacrées où les discussions tactiques passionnées et les analyses de performances créent un lien social unique entre habitants et visiteurs.

La passion pour les Bruins transcende les divisions sociales, économiques et culturelles qui peuvent parfois caractériser Boston. Dans les gradins du TD Garden, professeurs de Harvard, ouvriers du port, étudiants et professionnels communient dans une même ferveur, illustrant parfaitement le pouvoir unificateur du sport.

Pour le visiteur temporaire, assister à un match des Boston Bruins n’est donc pas simplement un divertissement touristique parmi d’autres, mais une véritable immersion dans l’âme profonde de Boston.

Tableau récapitulatif des moments clés

Année Événement Détails
1925 Création des Americans de New York Première équipe de hockey sur glace de New York.
1926 Création des Rangers de New York Deuxième équipe de hockey sur glace de New York.
1928 Première Coupe Stanley des Rangers Victoire en finale face aux Maroons de Montréal.
1940 Troisième Coupe Stanley des Rangers Victoire face aux Maple Leafs de Toronto.
1942 Disparition des Americans de New York Fin de la première équipe de hockey sur glace de New York.

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