Historique des matchs Nadal Djokovic: Une rivalité légendaire du tennis

Après plus de deux décennies de coups droits liftés, de cris rageurs, et de trophées croqués, Rafael Nadal a tiré sa révérence. Certains affrontements, entrés dans la légende, resteront indélébiles.

Dans l'histoire du tennis moderne, la paire Nadal-Djokovic est celle qui s'est affrontée le plus souvent avec soixante matchs. Le bilan tourne légèrement à l'avantage du Serbe avec un 31e succès. Au total, toutes surfaces confondues, Novak Djokovic a affronté 59 fois Rafael Nadal (30 victoires pour le Serbe, 29 pour l’Espagnol).

Un Nadal-Djokovic reste un classique du circuit. Un incontournable. En Grand Chelem, les duels entre le Serbe et l'Espagnol ont donné lieu à quelques matches de légende.

Pendant plusieurs années (entre 2005 et 2009), Rafael Nadal et Roger Federer prenaient régulièrement rendez-vous en finale des tournois du Grand Chelem. Depuis, le Suisse a perdu un peu de sa superbe et Novak Djokovic l’a remplacé.

Les confrontations entre l'Espagnol et le Serbe ont marqué l'histoire de ce sport. C'est même devenu un rendez-vous incontournable de chaque saison de tennis depuis près de vingt ans.

Près de la moitié de ces matchs se sont déroulés en finale.

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Quelques affrontements emblématiques

Voici quelques matchs emblématiques qui ont marqué cette rivalité légendaire :

Rafael Nadal et Novak Djokovic, deux légendes du tennis.

Open d'Australie 2012 - Finale

Avant même que le premier point soit joué, cette finale avait tout du rendez-vous parfait pour entrer dans les mémoires. 100e finale masculine de l'Open d'Australie, finale entre les deux meilleurs joueurs mondiaux, et troisième finale de suite en Grand Chelem entre Rafael Nadal et Novak Djokovic, déjà vainqueur à Wimbledon et lors du dernier US Open.

Il faudra 5h53 pour les départager. La plus longue finale de l'histoire du Grand Chelem et, avec la quasi-généralisation du tie-break au 5e set, ce record-là pourra bien tenir un bon moment. Le paradoxe tient au fait que Nadal, en menant 4-2 dans le dernier set, est passé tout près de la victoire alors que, globalement, Djokovic était au-dessus.

Rafael Nadal est le premier à imposer son rythme dans le premier set. L'échange se joue en fond de court, et à ce petit jeu, l'Espagnol est le premier à faire mouche. Un break au meilleur des moments (5-5) qui offre le premier set au Majorquin après 1h20 de combat.

Novak Djokovic change son approche, raccourcit les échanges, et avance d'un mètre dans le court. Dépassé, Nadal concède les deux manches suivantes, 6-4 et 6-2.

La quatrième manche fait ensuite basculer le match dans une nouvelle dimension. Par deux fois, le Serbe est proche de remporter le match. À 4-3, lorsqu'il s'offre trois balles de break, finalement repoussées par un Nadal au coeur immense. Puis lors du jeu décisif, lorsque Djokovic mène 5-3. Rafa remporte finalement les quatre derniers points, emmenant cette finale vers une cinquième manche décisive après 4h40 de jeu.

Dans la continuité du précédent, le cinquième set atteint un niveau tennistique dantesque. Le Taureau de Manacor réalise le plus dur en breakant, menant 4-2, avant de se faire rejoindre immédiatement par Nole.

Physiquement, les joueurs sont sur un fil. Après un rallye immense de 31 coups, Djokovic s'écroule de fatigue, pris par les crampes. C'est pourtant Nadal qui semble le plus touché. Les courses défensives à rallonge de l'Espagnol pèsent en cette fin de rencontre.

Breaké à 5-5, Nadal n'abdique pas, et s'offre même une balle pour recoller à 6 partout, finalement sauvée par Djokovic.

Dans une finale interminable, Novak demande une aide divine, touchant sa croix et regardant le ciel. Il sera entendu par les dieux du tennis, qui enverront un revers surpuissant de Rafa hors du court après avoir touché la bande du filet.

La plus longue finale de l'histoire. La première défaite et seule défaite de Nadal après avoir remporté le premier set dans une finale de Grand Chelem.

Les deux hommes, exténués, peineront même à rester debout lors de la cérémonie de remise de trophée.

Rafael Nadal, vaincu par Novak Djokovic pour la troisième fois de suite en finale de Grand Chelem (2012).

US Open 2011 - Finale

Quatre sets, 6-1 au 4e. Dit comme ça, le "pitch" n'incite pas à la légende. Mais c'est vraiment un match hors normes que livrent les deux hommes sur le Arthur-Ashe. Des échanges ahurissants, d'une longueur souvent extravagante.

C'est la très grande année de Novak Djokovic, celle qui l'installe comme le patron du circuit. Pour lui, c'est le match du Petit Chelem. Sur ce match comme sur cette saison, il aura été nettement supérieur à Nadal.

Wimbledon 2018 - Demi-finale

Plus de trois ans que ces deux géants ne s'étaient plus croisés en Grand Chelem. Mais ça valait le coup d'attendre. Ce sera un de leurs plus beaux duels. Sous le toit, et à cheval sur deux jours entre le vendredi et le samedi, il faudra cinq sets et 5h14 pour départager les deux hommes.

Symbole de ce combat acharné : ils finissent tous les deux avec le même nombre de coups gagnants (73) et de fautes directes (42). Le match clé de cette saison 2018, qui a propulsé Djokovic vers un seconde semestre prolifique et signé pour de bon son grand retour au sommet.

Roland-Garros 2013 - Demi-finale

Le plus mémorable de leurs duels parisiens. Le seul, d'ailleurs, qui soit allé à la limite des cinq manches. Il aura fallu trois sets à Novak Djokovic, extrêmement tendu, pour se mettre dedans.

Même le gain du deuxième ne traduit pas une supériorité du Serbe. En revanche, à partir du quatrième acte, arraché au tie-break, il semble en mesure de prendre le dessus sur son rival espagnol.

Bousculé, dominé, Rafa s'impose en guerrier, au courage, au mental. Une des victoires les plus fortes en émotion de la carrière de Nadal, qui sortait d'une blessure au genou dont il craignait de ne pas se relever.

Madrid 2009 - Demi-finale

Pour sa grande première en tant que Masters 1000 terrien, Madrid est gâté en 2009 avec ce qui reste sans doute comme le plus grand match en deux sets gagnants de ces 20 dernières années.

Quatre heures et deux minutes pour trois manches, et une victoire au bout du suspense pour Nadal, 11-9 dans le tie-break du dernier set, après avoir sauvé trois balles de match.

"J'ai joué certains points au-delà de ma limite et, malgré tout, j'ai perdu", lance Djokovic, qui rate là sa première victoire sur terre face à Nadal. Ce dernier paiera ses efforts le lendemain en s'inclinant contre Federer en finale.

Rafael Nadal et Novak Djokovic à Madrid en 2009.

Autres confrontations notables :

  • US Open 2013 - Finale : Victoire de Nadal (6-2, 3-6, 6-4, 6-1)
  • Wimbledon 2011 - Finale : Victoire de Djokovic (6-4, 6-1, 1-6, 6-3)
  • Hambourg 2008 - Demi-finale : Victoire de Nadal (7-5, 2-6, 6-2)
  • Roland-Garros 2014 - Finale : Victoire de Nadal (3-6, 7-5, 6-2, 6-4)
  • Jeux Olympiques Pékin 2008 - Demi-finale : Victoire de Nadal
  • US Open 2010 - Finale : Victoire de Nadal (6-4, 5-7, 6-4, 6-2)
  • Queen's 2008 - Finale : Victoire de Nadal (7-6, 7-5)
  • Roland-Garros 2012 - Finale : Victoire de Nadal (6-4, 6-3, 2-6, 7-5)
  • Montréal 2013 - Demi-finale : Victoire de Nadal (6-4, 3-6, 7-6)
  • Monte-Carlo 2013 - Finale : Victoire de Djokovic (6-2, 7-6)

Style de jeu et personnalité

Dans le jeu, ils sont assez proches (si on oublie que Nadal est gaucher et Djokovic droitier). Leur jeu est basé sur une défense de fer, les deux étant capables d’aller chercher des points comme aucun autre joueur ne le fait.

Ils possèdent tous les deux un bon service sans être pour autant être des matraqueurs comme l’Américain John Isner ou le Canadien Milos Raonic qui balancent des pralines à plus de 200 km/h. Ils ont tous les deux un excellent coup droit et tiennent leur raquette à deux mains en revers.

Seule réelle différence, le Serbe attaque davantage que son adversaire.

Devant un match de "Rafa", regardez bien son attitude au changement de côté. Il place ses bouteilles au même endroit à chaque fois. Une petite gorgée de chaque et celles-ci reprennent leur place initiale. Au centimètre près ! Sa raquette, elle aussi, a une place très précise, au centre de sa serviette. Avant chaque échange sur terre battue, l’Espagnol prend soin de balayer la ligne de fond de court.

À ce jour, on ne connaît pas de petites manies ni de toc à Djokovic. Le Serbe a en revanche un geste bien à lui. Le poing serré et ce regard de "tueur".

Chaque 31 octobre, le n°1 mondial se présente sur les courts (souvent au Masters de Paris-Bercy) avec un déguisement. Halloween oblige, on a déjà vu le Serbe faire le show avec un masque de Dark Vador.

Mais Djokovic n’est pas un fétichiste des soirées costumées, il aime seulement s’amuser. On le voit régulièrement jouer avec les photographes présents sur le court, danser sur la dernière chanson à la mode après un match. "Djoko" est un amuseur public qui fait souvent sensation. L’exact contraire de Nadal.

Un geste "hulkesque" que ne ferait jamais un Nadal, beaucoup plus mesuré. Le joueur espagnol, lui, tombe toujours en arrière après une victoire. Les deux poings serrés. Jamais trop longtemps.

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